Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes, suscitant de nombreuses interrogations et nécessitant des approches thérapeutiques innovantes. Cet article explore les avancées récentes dans le traitement du cancer de la prostate, allant des nouvelles cibles médicamenteuses à la radiothérapie interne vectorisée, en passant par l'importance du dépistage et du diagnostic précoce.

Dépistage et Diagnostic Précoce : Une Nécessité

Le cancer de la prostate est souvent silencieux, ne présentant pas de symptômes cliniques ni de douleurs. La découverte d’un cancer de la prostate fait généralement suite à une mesure du PSA (antigène prostatique spécifique) et/ou à une anomalie de la consistance de la prostate lors d’un toucher rectal. Le PSA est un indicateur pertinent, mais doit être interprété avec prudence car un taux de PSA de 4 (le taux d’alerte actuel) peut varier en signification selon la taille de la prostate du patient. Le diagnostic peut également survenir après un traitement chirurgical d’un adénome de la prostate.

Lorsque ces examens suggèrent la présence d’un cancer, l’urologue peut proposer une biopsie prostatique, sous anesthésie locale ou générale. Le médecin généraliste joue un rôle clé dans la détection précoce en orientant les patients vers des urologues selon certains critères. Chaque cas est discuté lors de réunions de concertation pluridisciplinaire, impliquant divers spécialistes médicaux, afin de déterminer la meilleure approche thérapeutique.

Il est conseillé de commencer à se surveiller dès l’âge de 45 ans pour les populations à risque (antécédents familiaux de cancer de la prostate, du sein, exposition au chlordécone, populations afro-caribéennes) et à partir de 50 ans dans les autres cas. La limite d’âge pour le dépistage est fixée à 74 ans car le cancer peut évoluer lentement et les procédures médicales lourdes peuvent ne pas être appropriées à un âge avancé.

Options Thérapeutiques Diversifiées

Plusieurs options de traitement sont disponibles, adaptées à chaque cas :

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  • Intervention chirurgicale (prostatectomie) : Consiste à retirer la prostate.
  • Radiothérapie ou curiethérapie : Entre 20 et 40 séances sur 2 mois.
  • Hormonothérapie : Peut être couplée à la radiothérapie, durant entre 6 mois et 3 ans.

Des traitements complémentaires peuvent inclure des injections dans le sphincter, la pose de bandelettes sous-urétrales, de ballonnets périuréthraux ou la mise en place d’un sphincter artificiel.

Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV) : Un Espoir Prometteur

La radiothérapie interne vectorisée (RIV) par lutécium PSMA (antigène membranaire spécifique de la prostate) est un traitement prometteur pour les cancers prostatiques métastatiques. Elle utilise du lutécium-177, un isotope radioactif, dirigé spécifiquement vers les cellules cancéreuses de la prostate grâce à une molécule porteuse ciblant le PSMA.

Les patients éligibles doivent avoir reçu au préalable au moins une hormonothérapie dite de seconde génération et une chimiothérapie par taxane. La tomographie par émission de positons (TEP) PSMA est utilisée pour sélectionner les patients. Le traitement consiste en un maximum de six cycles, administrés toutes les six semaines.

Ce traitement porte un solide espoir dans la lutte contre le cancer de la prostate. Il utilise une approche ciblée, où une "tête chercheuse" trouve les cellules tumorales et une "bombe" les élimine. Le médicament injecté parcourt l'organisme, cherche les cellules tumorales et se fixe dessus. Les résultats actuels sont prometteurs, améliorant la qualité de vie et l'espérance de vie des patients.

Focal One ® : Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (HIFU)

Focal One ® est un nouveau traitement utilisant la méthode HIFU (Ultrasons Focalisées à Haute Intensité) pour focaliser les ultrasons sur une zone précise de la prostate. Contrairement aux traitements classiques (radiothérapie), les organes situés à proximité sont épargnés, réduisant ainsi les risques de troubles de l’érection ou d’incontinence urinaire. Ce traitement focal permet aux patients de maintenir leur qualité de vie.

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Nouvelles Cibles Médicamenteuses et Anticorps Conjugués (ADC)

Le laboratoire pharmaceutique GSK a acquis les droits exclusifs d'un anticorps conjugué (ADC) auprès de Syndivia. Les médicaments ADC permettent la destruction ciblée des cellules cancéreuses, en épargnant les cellules saines. La technologie exclusive de Syndivia, GeminiMab, pourrait contribuer à créer de nouvelles générations d'ADC "au profil thérapeutique optimisé", c'est-à-dire plus performants.

Des études précliniques ont montré que la technologie de Syndivia réduit significativement la taille des tumeurs sans augmenter proportionnellement les effets secondaires graves, même à des doses élevées.

Aspects Génétiques et Épidémiologiques

Il existe deux types de prédisposition génétique au cancer de la prostate : l’hérédité monogénique (5 % des cas) et l’hérédité polygénique (95 % des cas). L’hérédité monogénique répond à des critères établis : nombre de cas de cancers de la prostate ou du sein dans la famille, leur répartition et leur âge de survenue. Les gènes en cause sont le plus souvent BRCA2 (et BRCA1) et HOXB13 (variant G84E). Les cancers héréditaires monogéniques se caractérisent par un âge de survenue précoce et une grande agressivité.

L’hérédité polygénique est plus complexe à analyser. Bien que 20 % des cancers de la prostate soient associés à un antécédent familial, plus d’une centaine de variants génétiques ont été associés à une augmentation du risque. Il est recommandé d’adresser les patients en consultation d’oncogénétique en cas d’antécédents familiaux de cancer du sein ou de cancer de la prostate agressif chez un patient de moins de 50 ans.

En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers chez l’homme. Après une forte augmentation de l’incidence entre 1980 et 2005, une baisse nette a été observée en 2011. L’âge moyen au diagnostic est de 70 ans. Le cancer de la prostate se situe au troisième rang des décès par cancer chez l’homme. La mortalité diminue régulièrement depuis la fin des années 1990, grâce à la détection précoce et à l’amélioration de la prise en charge thérapeutique.

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Importance de la Communication et du Soutien Psychologique

Les traitements contre le cancer engendrent souvent une perte de la fertilité. Pour les jeunes patients ayant un projet de paternité, une conservation de sperme peut être proposée avant le début du traitement. Il est essentiel d’aborder les aspects de la sexualité et de l’intimité pour permettre la continuité des relations et la réhabilitation sexuelle après une chirurgie.

Les questions sont nombreuses avant, pendant et après les traitements. Aborder le sujet au sein du couple peut améliorer la communication et favoriser une vie affective et sexuelle épanouie après la maladie. Le soutien psychologique peut être bénéfique.

Recommandations et Stratégies de Détection Précoce

Les recommandations précisent la génétique, l’épidémiologie et les moyens diagnostiques du cancer de la prostate. L’IRM est recommandée avant la réalisation de biopsies prostatiques. La surveillance active est une option thérapeutique de référence pour les tumeurs de faible risque évolutif. La chirurgie et la radiothérapie restent des solutions thérapeutiques majeures.

La stratégie de détection précoce proposée par l’AFU se fonde sur l’information des hommes et sur une stratégie individualisée en fonction des facteurs de risque et de la valeur du PSA. La détection précoce ne s’adresse qu’aux patients ayant un bon état fonctionnel et une probabilité de survie prolongée.

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