Le verbe « contracter » est un terme polysémique largement utilisé dans la langue française. Ses définitions et usages varient en fonction du contexte, allant du domaine juridique à la santé, en passant par les relations sociales et même la grammaire. Cet article explore les différentes facettes de ce verbe, en s'appuyant sur des définitions lexicographiques et des exemples concrets.
Contracter : Terme juridique
Dans le domaine du droit, « contracter » signifie s'engager par un contrat ou une convention. Il implique un accord formel entre deux ou plusieurs parties, créant des obligations réciproques. Bossuet, dans son Histoire, mentionne l'alliance que Dieu avait contractée avec une race, illustrant l'engagement solennel que peut représenter un contrat.
Molière, dans Dom Juan, utilise également le terme pour souligner la facilité avec laquelle certains personnages peuvent s'engager dans un mariage, sans que cela représente un coût émotionnel ou moral significatif. Ainsi, « contracter » dans ce contexte juridique, met l'accent sur l'aspect formel et obligatoire d'un accord.
Contracter : Acquisition et association
Le verbe « contracter » peut également signifier joindre à soi, attacher à soi, ou acquérir quelque chose. Cela peut concerner des habitudes, des amitiés, ou même des vices. Montesquieu, dans ses Lettres persanes, souligne le risque de contracter des souillures morales dans certains contextes. Condillac, dans son Traité des sensations, note que les habitudes une fois contractées influencent nos actions sans que nous en soyons toujours conscients. Barthélemy, dans Anacharsis, met en garde contre les vices et la férocité que le peuple peut contracter sous l'influence de démagogues corrompus.
L'usage de « contracter » dans ces contextes souligne l'idée d'une acquisition progressive, souvent involontaire, qui modifie notre comportement ou notre état.
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Contracter : La maladie
Un autre usage courant de « contracter » est celui lié à la maladie. Contracter une maladie signifie en être atteint. Pascal, dans ses Provinciales, utilise une tournure particulière pour dénoncer des actions qui, paradoxalement, ne font contracter ni péché ni irrégularité.
Cet emploi du verbe « contracter » met en évidence la passivité du sujet face à l'acquisition de la maladie, souvent par contagion ou exposition à des agents pathogènes.
Se contracter : Réflexion et obligation
La forme pronominale « se contracter » signifie être fait par obligation. Cet engagement se contracte au pied des autels, soulignant le caractère sacré et obligatoire de certains engagements. Par extension, « se contracter » peut signifier être acquis ou survenir, en parlant de maladies.
Contracter : Réduire de volume
Dans un sens physique, « contracter » signifie réduire de volume ou resserrer par rapprochement des parties. On peut contracter les muscles. Martin du Gard, dans Les Thibault, décrit un personnage contractant et détendant les jambes, illustrant l'action physique de contraction. Cuvier, dans ses Leçons d'anatomie comparée, utilise le terme dans un contexte scientifique pour décrire la réduction de volume.
Bernardin de Saint-Pierre, dans Harmonies de la nature, utilise également « contracter » pour décrire un phénomène naturel de réduction.
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Contracter : Expression des émotions
Par extension, « contracter » peut décrire l'expression physique d'un état émotionnel. Crisper les traits du visage ou rendre la voix rauque sont des exemples de la manière dont les émotions peuvent contracter le corps. Malègue, dans Augustin, décrit comment la timidité et la haine peuvent contracter la gorge. Duhamel, dans Chronique des Pasquier, utilise « contracter les lèvres » pour décrire une expression de souffrance.
Amiel, dans son Journal intime, utilise une métaphore pour opposer la dilatation du cœur à la contraction de l'égoïsme, illustrant comment les émotions peuvent influencer notre état physique.
Contracter : Grammaire
En grammaire, « contracter » signifie faire subir une contraction. L'Académie française donne l'exemple de la contraction de « À le » en « Au » et de « De le » en « Du ».
Cet usage de « contracter » est spécifique au domaine de la grammaire et concerne la modification de la forme des mots par réduction.
Se contracter : Diminution de volume
La forme pronominale « se contracter » peut également signifier diminuer de volume. Cela peut concerner des corps solides ou gazeux. Lapparent, dans son Abrégé de géologie, mentionne que le noyau igné doit se contracter avec le temps. Cournot, dans Essais sur les fondements de nos connaissances, utilise également « se contracter » dans un contexte scientifique.
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Herdner, dans Construction et conduite des locomotives à vapeur, utilise le terme pour décrire un phénomène physique lié à la chaleur. Carrel, dans L'Homme, cet inconnu, mentionne que les artères et les veines modifient automatiquement leur calibre, se contractant et se dilatant.
Stendhal, dans Lucien Leuwen, utilise « se contracter » dans un contexte plus général pour décrire une diminution.
Contracter : Conclure un accord
Dans un sens plus large, « contracter » signifie conclure une convention par laquelle on s'engage vis-à-vis de quelqu'un. Cela peut concerner une alliance, un engagement, ou un mariage. Barante, dans Histoire des ducs de Bourgogne, utilise « contracter une alliance ». Nodier, dans La Fée aux Miettes, utilise « contracter » dans un contexte narratif.
Le Code civil mentionne plusieurs exemples de contrats que l'on peut contracter, tels qu'un affrètement, une assurance, un emprunt, un engagement militaire, un mariage, ou des obligations.
Contracter : Obligations morales
Au figuré, « contracter » peut signifier s'engager dans un lien pour des raisons morales ou sentimentales. Cela peut concerner des dettes, des liens, ou des obligations envers quelqu'un. Balzac, dans Physiologie du mariage, utilise « contracter amitié ». Jouy, dans L'Hermite de la Chaussée d'Antin, mentionne la dette de reconnaissance que les contemporains contractent envers la postérité. Zola, dans Son Excellence Eugène Rougon, utilise « contracter une dette ».
Dorgelès, dans Les Croix de bois, évoque la dette de reconnaissance envers les poilus, soulignant l'importance des obligations morales que nous contractons.
Contracter : Acquisition par contact
Dans un sens plus vieilli et péjoratif, « contracter » peut signifier prendre ou acquérir par contact les propriétés de quelque chose. Dusaulx, dans Voyage à Barège, mentionne une liqueur qui contracte l'odeur de la poix. Les Grandes heures de la cuisine française mentionnent la saveur et l'odeur désagréables qu'un aliment peut contracter s'il est brûlé.
Cet usage de « contracter » met l'accent sur l'acquisition de propriétés indésirables par contact direct.
Contracter : Habitudes et manies
Enfin, « contracter » peut signifier prendre une manière d'être, souvent fâcheuse, par répétition fréquente d'un même acte ou par imitation. Cela peut concerner une manie, une habitude, ou un tic. Chateaubriand, dans Les Natchez, mentionne des individus ayant contracté tous les vices des blancs. Taine, dans Notes sur Paris, mentionne des personnes ayant contracté des tics. Villiers de L'Isle-Adam, dans sa Correspondance, mentionne avoir contracté l'accent belge.
Maine de Biran, dans De l'influence de l'habitude sur la faculté de penser, explore la manière dont les habitudes se contractent et influencent notre pensée.
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