Le Zoo de Montpellier se distingue par son engagement constant envers la conservation des espèces animales, illustré par de nombreuses naissances au sein de ses installations. Ces événements heureux témoignent du travail acharné des équipes animalières et de l'importance des programmes de conservation ex situ.
Naissances de guépards : Un espoir pour une espèce vulnérable
Le Zoo de Montpellier a annoncé avec joie la naissance de trois bébés guépards, un événement d'autant plus significatif qu'il s'agit de la première portée viable en Europe en 2025 pour cette espèce classée « Vulnérable » sur la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
Bastet et Baci : Une histoire de coopération
Bastet, née au zoo en 2018, a donné naissance à cette portée le 24 janvier. Les trois guépardeaux, deux mâles et une femelle, se portent très bien, leur mère étant très attentionnée envers eux. Le père, Baci, est arrivé du Safari de Peaugres en Ardèche en juillet 2024 dans le cadre du programme de reproduction de l'EAZA. Cette coopération entre parcs zoologiques français, incluant également l’African Safari de Plaisance-du-Touch, permet de faciliter les mouvements des individus et d'augmenter les chances de reproduction.
Un programme de conservation essentiel
Le Zoo de Montpellier participe activement au Programme de conservation Ex-situ de l’EAZA (EEP) des guépards d’Afrique australe (Acinonyx jubatus jubatus) depuis sa création en 1992. Ce programme vise à maintenir une population ex situ génétiquement diversifiée et viable, susceptible de permettre à long terme la mise en place de programmes de réintroduction si les conditions le permettent.
La portée de ce début d'année 2025 vient renforcer la population de l’EEP pour cette espèce. Il s'agit d'une naissance importante car le nombre d’individus en captivité décroit depuis 2020 suite au désistement de plusieurs établissements dans la reproduction de cette espèce. Seule une dizaine d’institutions en Europe continuent de reproduire les guépards d'Afrique australe. En 2024, sur les 41 naissances du programme européen, seuls 23 guépards étaient viables, d'où la nécessité d’amplifier les efforts pour que la population perdure.
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Les défis de la reproduction en captivité
La reproduction des guépards en captivité est un défi constant. En 2024, Bastet a donné naissance deux fois à un seul petit, ce qui provoque systématiquement un arrêt de lactation par manque de stimulation et un désintérêt de la mère pour le petit. Le premier est décédé, le second a donc été envoyé très tôt à Safaripark Beekse Bergen, un zoo néerlandais où la petite femelle a été adoptée par une autre adulte qui avait mis bas quelques jours auparavant.
L'avenir des jeunes guépards
Les trois jeunes guépards resteront avec leur mère jusqu’à l’âge de leur émancipation, un an et demi pour les mâles et deux ans pour la femelle. Ils pourront ensuite être transférés dans d’autres parcs zoologiques ou conservés sur au Zoo de Montpellier, selon les instructions du coordinateur de l’EEP. Leurs noms seront choisis dans les semaines qui viennent par les équipes animalières et commenceront par la lettre "G" car c’est la 7ème portée viable née au zoo depuis 2018.
Une espèce menacée
Autrefois présent de l’Afrique au Moyen-Orient et en Inde, le guépard est aujourd’hui une espèce menacée d’extinction classée « Vulnérable » sur la Liste Rouge de l’UICN. On retrouve ainsi moins de 8000 guépards dans la nature et la population iranienne compte moins de 100 individus, faisant de cette dernière la population de guépards la plus menacée au monde (classée « en danger critique » d’extinction par l’UICN).
Ce chasseur spécialisé est vulnérable face à d’autres prédateurs plus imposants (hyènes, lions, léopards) qui peuvent voler ses proies et tuer les jeunes guépards. La mortalité des petits est ainsi élevée : près de 90% meurent avant l’âge de trois mois dans les zones de présence de grands prédateurs. L’espèce a également connu une importante perte de diversité génétique il y a environ 10 000 ans lors de la dernière période de glaciation : suite au décès de nombreux individus, la population actuelle serait issue d’un faible nombre de survivants, entraînant une augmentation de la consanguinité. Les conséquences d'une perte de diversité et de l’augmentation de la consanguinité sont une plus forte vulnérabilité face aux maladies et une augmentation de la mortalité juvénile.
Certaines activités humaines menacent la survie de l’espèce, notamment :
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- La réduction et la fragmentation de son habitat au profit de zones de pâturage, de routes ou d’autres constructions ;
- Les conflits avec les éleveurs qui peuvent tuer l’animal pour protéger leurs troupeaux ;
- Le commerce illégal au profit de personnes souhaitant en faire un animal de compagnie apprivoisé ;
- Le braconnage pour la peau ou d’autres parties du corps de l’animal.
La réussite de la conservation in situ de cette espèce, comme de nombreuses autres, passe par la préservation de son habitat et de sa diversité génétique, et la participation active des populations locales dans les projets de conservation.
Autres naissances notables au Zoo de Montpellier
Outre les guépards, le Zoo de Montpellier a enregistré d'autres naissances importantes ces dernières années, témoignant de la diversité des espèces qu'il abrite et de son engagement envers leur conservation.
Le rhinocéros blanc : une première historique
Ce samedi 20 juillet, après 16 mois d’attente, les équipes du parc ont eu le bonheur de découvrir la naissance de ce petit rhinocéros. Nola, femelle âgée de 8 ans ½, et Troy, mâle de 13 ans ½, s’étaient accouplés il y a plus d’un an, et toute l’équipe était aux petits soins pour suivre de près cette gestation incroyable.
Cette naissance est une véritable récompense de tous les efforts réalisés au sein du Zoo de Montpellier pour assurer le bien-être animal. En effet, d’importants travaux ont été réalisés depuis fin 2022 pour transformer l’enclos et le bâtiment et ainsi améliorer la qualité de vie des animaux : augmentation de la surface, végétalisation, système de brumisation, bauge, espace dédié pour la mise-bas, etc. L’investissement de toutes les équipes a ainsi été récompensé par cette naissance, la 1ère naissance viable d’un rhinocéros blanc au Zoo de Montpellier.
Le casoar à casque : une éclosion rare
Quelques jours auparavant, le 10 juillet, c’est l’éclosion d’un casoar qui a enchanté les équipes du zoo. Le jeune casoar est sous la protection de Mankurpa, mâle de 17 ans, puisque chez cette espèce, ce sont les pères qui assurent la couvaison et l’élevage des jeunes. Là encore un grand chantier de rénovation s’était achevé en 2023, toujours dans un souci d’améliorer le bien-être animal. Cette éclosion précieuse pour l’espèce, seulement 2 en 1 an dans toute l’Europe, met à nouveau en lumière le professionnalisme des équipes du Zoo de Montpellier.
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Le coendou : un porc-épic arboricole
Enfin, le 23 juin, ce sont les coendous, ou porc-épic arboricoles, qui avaient ouvert la saison. En effet, l’accouplement de Vida, femelle de 2 ans ½, et Dagoo, mâle de 2 ans ½, a eu une issue heureuse avec la naissance d’un petit après environ 200 jours de gestation. Seuls 8 coendous sont nés en Europe au cours des 12 derniers mois.
Autres naissances
- Addax: Mardi 20 Août 2019, l'équipe animalière du Parc de Lunaret a capturé ce bébé Addax pour la première fois afin de faire un bilan de santé et l'identification de son sexe. Il s'agit donc d'un mâle et il va parfaitement bien.
- Nandous: Quelques nouvelles des 8 petits Nandous qui ont été sortis de leur enclos (enclos N°8 : Nandou et Tapir).
- Amazonette du Brésil: Des œufs d’Amazonette du Brésil ont éclos ! Vous pouvez désormais voir ces petits avec leur maman, dans leur loge vitrée, à la nouvelle nurserie.
- Vigogne: Le dimanche 6 Octobre 2024, la naissance d’une petite vigogne a eu lieu devant les visiteurs.
- Bucorve d’Abyssinie: Comme presque chaque année, notre couple de Bucorve d’Abyssinie a accueilli un nouveau venu. C’est après environ 40 jours d’incubation, le 23 juillet 2024, que le petit Smaug est sorti de son œuf.
Le rôle essentiel des zoos dans la conservation
Les zoos modernes, comme celui de Montpellier, jouent un rôle crucial dans la conservation des espèces menacées. Ils participent à des programmes de reproduction, sensibilisent le public à la protection de la biodiversité et soutiennent financièrement des projets de conservation in situ.
Les EEP : des programmes européens pour les espèces menacées
Un EEP est un programme européen de gestion de populations d’une espèce animale menacée et élevée en captivité. Les EEP sont encadrés par l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums) et mis en oeuvre par des parcs zoologiques membres de l’association. Ils ont pour objectifs de conserver des populations génétiquement diversifiées et viables pouvant, à long terme, permettre la mise en place de programmes de réintroduction si les conditions le permettent.
La gestion de la population d’une espèce en EEP est réalisée par un coordinateur à l’échelle européenne. Cette personne possède le registre généalogique et génétique de tous les individus de l’espèce placée en EEP. Elle a également accès aux données démographiques de la population gérée : naissances, transferts, décès. Le coordinateur peut ainsi donner des directives aux zoos participant à l’EEP : transferts, reproduction recommandée ou à arrêter etc.
Les animaux reçus et échangés dans le cadre d’un EEP n’appartiennent pas aux zoos et ces derniers doivent suivre les directives du coordinateur pour mener à bien le programme de conservation de l’espèce.
La coopération avec le Cheetah Conservation Fund
La Ville de Montpellier, à l’initiative du zoo, soutient financièrement le Cheetah Conservation Fund (CCF) sous forme de dons annuels. Fondé en 1990 par le Dr Laurie Marker (biologiste vétérinaire), le CCF mène un ensemble de programmes visant à s’attaquer aux principales menaces pesant sur le guépard. Située à Otjiwarongo, en Namibie, elle est la principale organisation mondiale dédiée à la sauvegarde du guépard dans la nature.
Le CCF héberge un laboratoire de génétique entièrement équipé et mène des programmes de recherche sur la biologie, l’écologie et la génétique des guépards. Ces recherches, partagées et menées avec des équipes de chercheurs et de parcs zoologiques du monde entier, permettent de mieux connaître l’espèce et ainsi améliorer les programmes de conservation la concernant.
L’avenir du guépard ne pouvant être dissocié de celui des communautés humaines locales, le CCF propose un véritable projet de développement durable en s’inscrivant dans une démarche de conservation et de restauration de l’habitat tout en travaillant en collaboration avec les éleveurs de bétail. Ils développent et mettent en oeuvre ensemble des techniques de gestion d’élevage permettant de limiter les conflits avec la faune sauvage et faciliter la cohabitation avec les prédateurs comme le guépard.
L’association est également très impliquée dans l’éducation et l’information des éleveurs, des enseignants et des enfants dans les écoles en mettant l’accent sur les méthodes de sauvegarde de la biodiversité et le rôle du guépard au sein des écosystèmes locaux.
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