L'accouchement est une étape cruciale dans la vie d'un couple, et la présence du coparent est devenue une pratique courante. Toutefois, des questions se posent quant à la place de ce dernier, notamment en période de pandémie et face aux recommandations de vaccination. Cet article explore l'évolution de l'accompagnement à l'accouchement, les enjeux actuels liés à la vaccination et au contexte sanitaire, ainsi que les différentes perspectives sur le rôle du coparent.

L'Évolution de la Présence du Coparent à l'Accouchement

Depuis l'arrivée des pères en salle d'accouchement dans les années 1970, leur présence est rarement remise en question. Cependant, certains hommes ne se sentent pas à l'aise dans cette situation. Paul témoigne de sa peur et de son incapacité à communiquer avec sa femme pendant le travail. John a vécu une expérience traumatisante lors de la naissance de son deuxième enfant, se sentant démuni et impuissant.

Malgré ces témoignages, de nombreuses femmes considèrent la présence de leur conjoint comme un soutien essentiel. Viviane affirme qu'elle n'aurait pas pu accoucher sans son conjoint, qui a été sa force et son soutien. D'autres femmes, cependant, préfèrent trouver leur soutien ailleurs ou sont gênées par la présence de leur conjoint. Liliana Hammers, doula, relate des situations où les femmes souhaitent que le père s'éloigne, parfois même en se cachant pour accoucher sans son regard.

L'Impact de la Pandémie de Covid-19

La pandémie de Covid-19 a considérablement modifié les pratiques d'accompagnement à l'accouchement. Le Dr Harvey explique que les hôpitaux sont désormais distingués selon leur densité virale. Dans certains établissements, le conjoint n'est plus admis dans le secteur mère-enfant, ni pour les consultations du dernier trimestre, ni pour les échographies.

Pour l'accouchement en tant que tel, les coparents sont encore admis en salle de naissance, mais y sont confinés. Ils doivent demander l'autorisation de sortir, même pour aller aux toilettes, et se laver rigoureusement les mains. En revanche, si aucun des deux parents ne présente de symptômes, le père peut tenir le bébé dans les bras après la naissance.

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La période du travail, qui précède l'accouchement, se déroule souvent sans la présence du conjoint, qui doit patienter dehors ou dans la salle d'attente. Le gynécologue obstétricien conseille même de rentrer chez soi, car le travail peut durer jusqu'à 24 heures. De plus, le futur papa n'est plus admis au bloc pour accompagner sa femme lors d'une césarienne, ni à son réveil. Le conjoint n'est pas non plus le bienvenu dans la chambre de la maman, et les lits d'accompagnants ont été retirés.

Vaccination et Grossesse : Recommandations Actuelles

La vaccination pendant la grossesse est un sujet qui a évolué au fil du temps. Initialement, la Haute Autorité de santé avait recommandé de ne pas vacciner les femmes enceintes. Puis, elle a autorisé la vaccination, mais par principe de précaution, seulement au deuxième trimestre. Aujourd'hui, la vaccination est recommandée quel que soit le trimestre.

Joëlle Belaisch-Allart, chef du service gynécologie obstétrique du centre hospitalier des Quatre Villes, insiste sur l'importance de la vaccination pour protéger la mère, le bébé et les autres. Elle souligne que les données actuelles sont rassurantes et que les études menées dans d'autres pays n'ont pas révélé d'augmentation des fausses couches, des malformations ou des accouchements prématurés.

Les vaccins à ARNm sont à privilégier pour la vaccination contre la Covid-19 pendant la grossesse, car la Covid-19 peut avoir des conséquences graves pour la femme enceinte. Depuis 2024, les femmes enceintes peuvent également se faire vacciner contre le virus respiratoire syncitial (VRS), responsable de la bronchiolite du nourrisson, entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée. Cette vaccination permet de transmettre des anticorps au bébé, le protégeant ainsi pendant les six premiers mois de sa vie.

En plus de la vaccination contre la Covid-19 et le VRS, il est essentiel pour une femme enceinte d'être à jour de ses vaccinations contre la grippe (avant l'hiver), la coqueluche (pour tous les membres de la famille) et la rubéole (pour la maman, après l'accouchement, si elle n'est pas naturellement protégée).

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Le Pass Sanitaire et l'Accouchement

La question du pass sanitaire pendant le suivi de la grossesse et l'accouchement a également suscité des interrogations. Si le pass sanitaire est obligatoire pour les soins non programmés, les femmes enceintes continueront à être prises en charge, qu'elles l'aient ou non. Pour l'accouchement, qui est une urgence, le pass sanitaire ne sera pas exigé.

L'accompagnant est incité à avoir le pass sanitaire ou à faire un test, mais il est difficile d'imaginer d'empêcher un père d'assister à l'accouchement de sa femme en raison de l'absence de pass sanitaire.

Préparation à l'Accouchement et Soutien aux Coparents

Amy Gilliland souligne que la présence des pères répond à une pression culturelle, mais que ceux-ci n'y sont pas toujours préparés émotionnellement. Les séances de préparation à l'accouchement spécialement destinées aux papas sont encore trop rares en France. Elles leur donneraient pourtant les moyens de comprendre le processus de l'accouchement et d'anticiper leurs émotions.

Il est important de laisser le choix aux hommes de trouver leur juste place à la naissance de leur enfant. Certains hommes peuvent se sentir mal à l'aise ou impuissants pendant l'accouchement, tandis que d'autres peuvent apporter un soutien essentiel à leur partenaire. Il est donc essentiel de respecter les préférences de chacun et de proposer un accompagnement adapté aux besoins de chaque couple.

Suivi de Grossesse et Examens Médicaux

Au-delà de la question de l'accompagnement et de la vaccination, il est important de souligner l'importance du suivi de grossesse et des examens médicaux. La première visite médicale permet de confirmer la grossesse, d'estimer la date du terme et d'évaluer les facteurs de risque. La future mère reçoit une ordonnance pour l'échographie du premier trimestre, réalisée vers 12 SA, qui permet de déterminer la date de début de grossesse et le nombre d'embryons.

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Les consultations de suivi ont lieu tous les mois, et des échographies sont réalisées au deuxième (vers 22 SA) et au troisième trimestre pour vérifier le développement du fœtus et s'assurer que sa croissance est normale. Un rendez-vous avec un anesthésiste est obligatoire au cours du 8e mois afin de s'assurer qu'il n'y a pas de contre-indication à la péridurale et de prévoir une éventuelle césarienne.

Il est également important de pratiquer un contrôle des dents et des gencives auprès d'un chirurgien-dentiste pendant la grossesse. En cas de voyage impératif dans une zone où sévit le virus Zika, il est conseillé d'effectuer un dépistage sérologique de cette infection 28 jours après le retour au domicile.

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