L'histoire du peuple juif, inextricablement liée à celle du judaïsme, est un récit complexe façonné par la foi, la généalogie, la loi et les alliances. Cet article explore la genèse et l'évolution de ce peuple, de ses racines bibliques à son identité contemporaine, en passant par les moments clés de son histoire et les fondements de sa foi.

Origines et histoire ancienne

Le peuple juif se définit par une foi monothéiste et une généalogie remontant à Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que par la Loi et l'alliance avec Dieu, qui constituent l'aspect religieux central. La Bible relate la vie des ancêtres supposés du peuple hébreu, dont les trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob (surnommé Israël) et les quatre matriarches Sarah, Rébecca, Rachel et Léa.

Selon le récit biblique, le judaïsme devient une religion à part entière lorsque Moïse conduit les Hébreux au pied du mont Sinaï après les avoir libérés de l'esclavage en Égypte, et que le peuple accepte les « Dix Commandements ». Le judaïsme primitif est la conscience d’un Dieu unique (religion monothéiste) avec une exigence fondamentale de justice.

Après l'installation des douze tribus d'Israël en Terre Promise (Israël/Palestine), le judaïsme devint la religion d'un peuple sédentarisé. La Bible raconte que le roi Salomon, fils de David, fit construire le Temple à Jérusalem. Le Temple fut détruit en 586 avant l'ère chrétienne, puis reconstruit entre 536 et 515. Le second Temple fut détruit par l'empereur romain Titus en 70 après J.C.

L'interprétation de l'Histoire dans la Bible est parfois corroborée par des sources assyriennes, babyloniennes et perses. Les manuscrits de Qumran, rédigés par les Esséniens entre le IIIe siècle avant JC et le Ier siècle après JC, sont des sources majeures retrouvés entre 1947 et 1956 dans 12 grottes.

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Le rôle de la Bible et de la Loi orale

La Bible hébraïque constitue la Loi écrite des Juifs, commentée et explicitée par la loi orale (le Talmud). Le judaïsme est avant tout un engagement dans la pratique des commandements qui régissent la vie privée, la vie sociale et le culte.

Fondements théologiques et éthiques

Le judaïsme conjugue principes universels (Dieu serait le Créateur du monde et de toute l’humanité par un ancêtre unique, Adam) et histoire particulière (les Juifs seraient le peuple témoin, responsable par ses actes devant Dieu et devant l’humanité de la transmission du message divin d’unicité de Dieu et du genre humain).

Le judaïsme est caractérisé par l’espoir que l’humanité soit régie par des lois de justice et fasse ainsi advenir les temps de paix pour tous (temps messianiques). Le croyant est donc appelé à une remise en question permanente afin de faire advenir la justice.

Le lieu de culte des Juifs est la synagogue. Le rabbin (rav, maître) est un leader spirituel choisi par la communauté.

Les fêtes juives

De nombreuses fêtes ponctuent l’année juive. Roch Hachana (Tête de l’année) célèbre l’anniversaire de la Création du monde et d’Adam (l’être humain) d’après le récit biblique. Yom Kippour est un jour de jeûne, de confession collective et de pardon. Pessah (Pâque) commémore la sortie d’Égypte et la fête du printemps. Pendant une semaine, les Juifs observants mangent du pain azyme. Sept semaines plus tard, Chavou’oth (Semaines, la Pentecôte) commémore le don de la Torah (qui comprend les Dix Commandements) sur le mont Sinaï. Souccoth (Cabanes) célèbre le souvenir de l’Exode par la construction de cabanes pour y manger, y dormir et y étudier.

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Le peuple juif à travers l'histoire

De l'exil à la diaspora

Vers l’an mille avant J.-C. le peuple hébreu, qui est un peuple nomade, crée un petit royaume sur le territoire de Canaan. Ce royaume s’épanouit sous les règnes de David et de son fils, Salomon. Cependant, à la mort de Salomon en 931 avant J.-C., le royaume se divise. Au nord, le royaume d’Israël a pour capitale Samarie ; au sud, le royaume de Juda a pour capitale Jérusalem. Les Hébreux croient en un dieu unique : c’est le premier peuple monothéiste de l’histoire.

Au VIe siècle avant J.-C., les Babyloniens envahissent le royaume de Juda. Le royaume hébreu disparaît en 587 avant J.-C. Lors de cet exil à Babylone, puis sous la domination successive des Perses, des Grecs et des Romains, les juifs affirment et consolident de plus en plus leur religion monothéiste. La première Diaspora correspond à la disparition des deux royaumes hébreux, celle du royaume d’Israël en 722 avant J.-C., puis celle du royaume de Juda en 587 avant J.-C.

Après la destruction de Jérusalem par les Romains, les Juifs se soulèvent à plusieurs reprises contre le pouvoir romain. Jérusalem est détruite (en 70 et en 135 apr. J.-C.) et ses habitants sont exilés dans les divers pays où ils sont déjà dispersés depuis plusieurs siècles.

L'exil de l'an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée.

Expansion et diversité du judaïsme

De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen.

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La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe.

Le peuple juif en France

Les Juifs sont présents en France depuis le Ier siècle de notre ère. De nombreuses communautés juives vivent dans l’ensemble des régions de France jusqu’aux persécutions du XIIe siècle et leur expulsion définitive du royaume de France en 1394.

À la veille de la Révolution française de 1789, les Juifs constituent une très petite communauté d’environ 40 000 personnes. Ils ne possèdent pas les mêmes droits (par exemple, leurs déplacements sont contrôlés, ils sont exclus de certaines professions).

Deux ans après la Déclaration des droits de l’homme de 1789, l’Assemblée Nationale vote un décret dit « d’émancipation » qui accorde aux Juifs le statut de citoyens (27 septembre 1791). La France étant le premier pays d’Europe à accorder la pleine citoyenneté aux Juifs, elle acquiert un réel prestige aux yeux des Juifs et attire de nombreux immigrants de Russie, Pologne, Roumanie ou de l’empire Ottoman.

Cependant, l’antijudaïsme de l’Église catholique perdure (les Juifs sont accusés d’avoir tué le Christ) et apparaît une nouvelle forme de rejet : l’antisémitisme racial (les Juifs seraient d’une autre « race » que les Français, donc irrémédiablement étrangers) ou économique (les Juifs sont accusés des’accaparer les richesses ou, au contraire, de diffuser des idées révolutionnaires).

La France connaît deux périodes de montée de l’antisémitisme avec l’affaire Dreyfus (1894-1906) et les attaques contre Léon Blum sous le Front populaire (1936-1939).

À la veille de la Seconde guerre mondiale, on estime la population juive vivant en France à plus de 300 000, soit 0,75 % de la population.

Depuis la fin des années 1950, l’arrivée massive des Juifs d’Afrique du Nord, après la décolonisation, a fait croître le nombre de Juifs français. La population juive française actuelle est estimée à environ 600 000 personnes, dont la moitié résident en région parisienne.

Sionisme et création de l'État d'Israël

Apparu en Europe dans le dernier tiers du XIXe siècle, le sionisme (Sion est l’un des noms de Jérusalem dans la Bible) est un mouvement national militant pour la création d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine.

En conséquence, les membres du conseil national représentant le peuple juif du pays d’Israël et le mouvement sioniste mondial, réunis en assemblée solennelle, et en vertu des droits naturels et historiques du peuple juif, ainsi que de la résolution de l’assemblée générale des nations unies, proclament la fondation de l’Etat juif dans le pays d’Israël, qui portera le nom d’Etat d’Israël.

L'Etat d’Israël sera ouvert à l'immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés; il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d'Israël; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture; il assurera la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations unies.

La Déclaration se réfère ensuite à la reconnaissance internationale du droit du peuple juif à sa patrie historique, depuis la déclaration Balfour (2 novembre 1917), via le mandat britannique, sans faire allusion à l'État palestinien qui devait être édifié dans son voisinage. Enfin, la Déclaration rappelle « le droit naturel du peuple juif d'être une nation », faisant ici référence implicitement à la Charte des nations Unies (26 juin 1945) qui mentionnait le droit des peuples à l’auto-détermination.

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