Les colites, caractérisées par des lésions du côlon, la portion du gros intestin située entre le cæcum et le rectum, peuvent se manifester sous diverses formes, aiguës ou chroniques, selon leur origine et leur évolution. Comprendre les causes et les traitements des colites inflammatoires est essentiel pour une prise en charge adéquate.

Qu'est-ce qu'une colite ?

Une colite est une lésion du côlon, la partie terminale du tube digestif, dont la fonction principale est d'absorber l'eau des déchets alimentaires pour former des selles semi-solides.

Différents types de colites

Plusieurs types de colites existent, chacun ayant des causes et des mécanismes spécifiques :

  • Colites ischémiques : Elles résultent d'un arrêt de l'irrigation sanguine des tissus coliques, souvent chez les personnes atteintes de pathologies cardiovasculaires ou âgées de plus de 60 ans. Les causes précises de cette ischémie restent souvent obscures.
  • Colites infectieuses : Elles sont provoquées par des agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) qui infectent le côlon. Elles sont parfois favorisées par la prise récente d'antibiotiques (dans les 6 à 8 semaines précédant la colite). La colite à Clostridium difficile, souvent consécutive à la prise d'antibiotiques, est une forme sévère, complexe à diagnostiquer et difficile à traiter, touchant principalement les sujets hospitalisés et les personnes âgées sous traitements antibiotiques multiples.
  • Colites ulcéreuses ou inflammatoires : La rectocolite hémorragique (RCH) est la plus connue et la plus fréquente. Avec la maladie de Crohn, elle fait partie des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Ces colites évoluent souvent par alternance de phases de rémission et de poussées avec des symptômes d'intensité variable.

Causes des colites inflammatoires

Les colites inflammatoires chroniques, telles que la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH), se caractérisent par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, due à une dérégulation du système immunitaire. Les causes exactes de la RCH restent mal connues, mais plusieurs facteurs sont évoqués :

  • Facteurs génétiques : Des prédispositions génétiques sont souvent identifiées, augmentant le risque en cas d’antécédents familiaux. L'analyse du génome a permis d'identifier plus de 170 gènes de prédisposition.
  • Facteurs environnementaux : Le tabac a des effets opposés dans la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Le risque de développer une RCH est plus faible chez les fumeurs, alors qu'il est plus élevé chez les fumeurs atteints de la maladie de Crohn. Le rôle de l'environnement, en particulier de la pollution, est également suggéré, avec l'implication possible de micro/nanoparticules ou de métaux lourds.
  • Facteurs immunitaires : Le système immunitaire des patients réagit de façon excessive à la flore intestinale. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, due à une dérégulation du système immunitaire.
  • Microbiote intestinal : Un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) pourrait favoriser l’initiation, le maintien ou la sévérité de l’inflammation. Les causes potentielles de cette dysbiose pourraient être d’origine alimentaire (régime gras et sucré, sans fibre), infectieuse (épisodes aigus de gastroentérite infectieuse), ou environnementale (traitements antibiotiques répétés, exposition insuffisante aux pathogènes pendant l’enfance).
  • Autres facteurs : Le stress n’influence pas l’apparition de la maladie ni même celle des poussées, mais pourraient néanmoins les aggraver.

Symptômes des colites inflammatoires

Les symptômes digestifs, la durée des symptômes et le contexte clinique du patient orientent généralement le médecin vers une colite. La mise en évidence de lésions coliques permet de confirmer la colite, et la nature des lésions et des anomalies éventuelles associées permet de déterminer l’origine de la colite. Lors des poussées inflammatoires, les MICI se caractérisent le plus souvent par :

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  • Douleurs abdominales
  • Diarrhées fréquentes, parfois sanglantes (rectorragies)
  • Atteinte de la région anale (fissure, abcès)
  • Fatigue et parfois fièvre

Dans 20% des cas, les patients présentent des manifestations extradigestives : arthrites, psoriasis, uvéites.

Diagnostic des colites inflammatoires

Le diagnostic des MICI repose sur plusieurs critères cliniques, biologiques et d’imagerie médicale.

  • Bilan biologique : Il permet de détecter un syndrome inflammatoire et de rechercher la présence de calprotectine dans les selles.
  • Endoscopie digestive : L’examen de référence pour le diagnostic est néanmoins l’endoscopie digestive. Elle permet de rechercher la présence et la localisation de lésions du tube digestif, ainsi que de réaliser des prélèvements.
  • Imagerie médicale : Si nécessaire, une entéro-IRM (ou IRM abdominale) peut compléter l’examen pour étudier plus finement l’intestin grêle. L’utilisation de vidéocapsule, une gélule à avaler munie d’une mini-caméra, permet également d’observer l’intestin grêle inaccessible à l’endoscope.

Dans la rectocolite hémorragique, l’inflammation touche exclusivement le rectum et le côlon. On observe une atteinte continue avec une muqueuse rouge, fragile, saignant facilement, avec des micro-ulcérations et du pus. Dans la maladie de Crohn, l’atteinte est discontinue : des segments de muqueuse touchée alternent la muqueuse saine. L’examen peut également révéler des rétrécissements de la lumière intestinale (sténose) ou une fistule, notamment de la région ano-périnéale. L’ensemble du tube digestif peut être concerné.

Traitement des colites inflammatoires

La prise en charge de la colite dépend de sa nature (ischémique, infectieuse ou ulcéreuse) et de sa durée (aiguë ou chronique). Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif pour les MICI, les médicaments actuels permettent le plus souvent leur contrôle durable et une qualité de vie satisfaisante en dehors des poussées. Les traitements visent à réduire l’inflammation, à prévenir les poussées et à favoriser la cicatrisation des lésions.

  • Traitements médicamenteux :
    • 5-aminosalicylés (5-ASA) : Prescrits dans les formes débutantes et de sévérité faible à moyenne de la rectocolite hémorragique.
    • Corticoïdes : Privilégiés dans la maladie de Crohn, mais leur utilisation doit être limitée en raison de leurs effets secondaires.
    • Immunomodulateurs ou immunosuppresseurs : Utilisés pour stopper les crises et éviter l’apparition de nouvelles lésions. Les biothérapies, en particulier les anti-TNFα, bloquent spécifiquement des facteurs d’inflammation impliqués dans la maladie.
  • Traitement chirurgical : En cas d’échec des traitements médicaux, une intervention chirurgicale peut être nécessaire, consistant en une procto-colectomie totale (ablation de la totalité du côlon et du rectum).
  • Règles hygiéno-diététiques : Des règles de vie simple sont recommandées, et peuvent parfois d’améliorer franchement les symptômes et d’éviter des traitements plus lourds : arrêt du tabac, alimentation équilibrée, régime pauvre en résidus en cas de crise, temps de sommeil suffisant. Aucun régime alimentaire n’a fait la preuve d’un effet bénéfique ou bien néfaste sur la rectocolite hémorragique.

Diagnostic Différentiel

Le diagnostic de MICI peut être complexe, nécessitant d'éliminer d'autres causes possibles telles que les colites infectieuses, médicamenteuses ou ischémiques. Les signes cliniques, l'endoscopie et les biopsies coliques sont essentiels pour différencier ces conditions.

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  • Colites infectieuses: Le diagnostic différentiel entre MICI colique inaugurale et colite infectieuse est facile lorsque la coproculture est positive et que l’évolution sous antibiotiques est rapidement favorable.
  • Colites médicamenteuses: Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont la deuxième cause de colite médicamenteuse après les antibiotiques. Les lésions coliques induites par les AINS sont variables : colites aiguës de novo, colites à éosinophiles, colites ischémiques, colites microscopiques ou diverticulose colique compliquée.
  • Colites ischémiques: Plus de 90 % des colites ischémiques surviennent chez des patients de plus de 70 ans ; elles sont dues le plus souvent à un bas débit dans le territoire de l’artère mésentérique inférieure.

Vivre avec une colite inflammatoire

La RCH est une maladie chronique à évolution imprévisible, alternant entre phases de poussée et périodes de rémission clinique. Un suivi régulier avec un entérologue est indispensable. Un régime alimentaire adapté peut aider à limiter les troubles digestifs. Les personnes atteintes peuvent ressentir une fatigue constante, une altération de l’état général et un repli social.

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