L'administration de multivitamines aux nourrissons est un sujet qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents. Si certaines vitamines, comme la vitamine D, sont essentielles à la croissance et au développement de l'enfant, il est crucial de comprendre les avantages et les risques associés à la supplémentation multivitaminique. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète, allant des besoins nutritionnels spécifiques des nourrissons aux dangers potentiels d'un surdosage, en passant par les sources alimentaires de vitamines et les recommandations des professionnels de santé.
Besoins vitaminiques des nourrissons
Les vitamines et les minéraux sont indispensables à la croissance et au développement des enfants. La majorité des vitamines et des minéraux est apportée par l’alimentation : lait maternel ou lait maternisé chez les nourrissons, puis fruits, légumes, viandes, poissons, céréales, à partir de la diversification alimentaire. Une alimentation diversifiée et équilibrée est le gage d’un apport vitaminique suffisant. Toutefois, les carences en fer, en vitamines D et K et en fluor sont parfois observées chez les enfants et certaines font l’objet d’une prévention systématique.
Vitamine D
La vitamine D est indispensable à la croissance des enfants. En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée dès les premiers jours de vie afin de prévenir le rachitisme, une maladie osseuse rare mais grave chez l’enfant. La vitamine D est nécessaire à l’absorption du calcium par l’intestin, à sa fixation sur les os et au métabolisme du phosphore. Même si le lait maternel et les préparations industrielles contiennent de la vitamine D, une prescription par voie orale est parfois nécessaire pour assurer des apports suffisants et prévenir le rachitisme.
Les apports en vitamine D via l’alimentation sont généralement insuffisants, et l’exposition au soleil est souvent limitée, surtout en automne et en hiver. C’est pourquoi la prise de vitamine D sous forme de supplément médicamenteux est systématique chez tous les enfants. La vitamine D est stockée dans le foie, les muscles et les tissus gras. Elle est scindée en 5 formes numérotées de 1 à 5. Celles qui nous intéressent le plus sont la vitamine D3, connue sous le nom de cholécalciférol et la vitamine D2, désignée sous le nom d’ergocalciférol. La vitamine D3 naturelle est fabriquée à partir des rayons solaires par notre peau. La vitamine D2 est apportée par l’alimentation. Leur différence tient à leur provenance, mais elles sont ensuite traitées de la même façon par l’organisme. La particularité du cholécalciférol est de stimuler l’immunité. Outre l’aide qu’elle procure pour la croissance, la vitamine D3 naturelle renforce l’organisme et permet d’éviter de nombreuses pathologies, notamment l’asthme, la grippe ou les pneumonies.
Vitamine K
La vitamine K intervient dans la coagulation du sang. Tous les nouveau-nés en reçoivent les premier et septième jours de leur vie. Pour la femme enceinte : si les apports en vitamine K ont été insuffisants durant la grossesse, une carence est possible à la naissance. Pour le nourrisson : une carence en vitamine K augmente les risques d’hémorragie intracrânienne à partir d’un mois.
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Autres Vitamines Essentielles
- Vitamine A: Essentielle à la croissance, à la vue, au maintien de la souplesse de la peau et au renforcement du système immunitaire.
- Vitamines B (B1, B2, B3, B6, B8, B9, B12): Jouent un rôle crucial dans la production d'énergie, la digestion, la construction des cellules nerveuses, l'assimilation des protéines et la protection de la peau. La vitamine B9 est particulièrement importante pour les femmes enceintes en raison de son rôle dans la multiplication des cellules et le bon fonctionnement des systèmes nerveux et cérébral.
- Vitamine C: Essentielle pour le système immunitaire, la prévention des saignements des gencives et le maintien de la santé des dents.
- Vitamine E: Protège les cellules et a des vertus "antivieillissement".
Risques liés à la supplémentation en multivitamines
Bien que les vitamines soient essentielles, une supplémentation excessive peut entraîner des risques pour la santé des nourrissons. L’automédication par les compléments alimentaires est toujours contre-indiquée chez les enfants. Une supplémentation incontrôlée et des surdosages en vitamines peuvent occasionner des troubles graves.
Surdosage en Vitamine D
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) renouvelle son avertissement : supplémenter un nourrisson en vitamine D à l’aide de compléments alimentaires en vente libre n’est pas dénué de risque. La concentration des gouttes est mal connue, variable selon les produits. Un surdosage est vite arrivé, avec des conséquences potentiellement sérieuses : sous l’action de la vitamine D, le calcium assimilé peut atteindre des taux sanguins trop élevés, au point de compromettre le fonctionnement normal des reins. En 2020, rapporte l’ANSM, deux cas graves d’intoxication ont été signalés suite à l’utilisation d’un complément acheté sur Internet, dont chaque goutte contenait 10 000 UI (unité internationale, soit 0,025 microgramme) de vitamine D. La dose journalière recommandée chez les enfants sans problème de santé est de… 400 UI.
Administrer à son enfant trop de vitamine D peut être aussi dangereux que de ne pas en administrer assez. Un apport excessif en vitamine D risque d’entraîner un taux excessif de calcium dans le sang, à l’origine d’une hypercalcémie sévère. Parallèlement, un surplus de calcium dans les urines pourrait engendrer des calculs rénaux. Pour atteindre un seuil critique, il faudrait absorber la plus haute dose prescrite chez les adolescents de 200 000 UI pour une année entière, tous les 5 jours ! Pour les plus petits qui prennent des doses quotidiennes, il faudrait multiplier par plus de 10 pendant plusieurs jours pour arriver à une dose critique.
Risques liés aux compléments alimentaires
L’utilisation de compléments alimentaires à base de vitamine D n’est pas dénuée de risque chez les adultes, tout comme chez les enfants. À titre d’exemple, en 2020, deux cas graves d’intoxication à la vitamine D ont été rapportés à l’Anses, à la suite de la prise par des nourrissons d’un complément alimentaire acheté sur Internet, dont le dosage était particulièrement élevé (10 000 UI par goutte).
Les agences sanitaires ont, en effet, pris connaissance que des professionnels de santé ou des parents préfèrent parfois substituer certains médicaments à base de vitamine D par des compléments alimentaires qui en sont enrichis, en raison des conservateurs ou des huiles essentielles que les médicaments peuvent contenir. La première étant que la concentration en vitamine D par goutte est parfois très élevée (jusqu’à 10 000 UI), avec, qui plus est, une possible absence de recommandation de doses en fonction de l’âge. Le second risque concerne une erreur de dosage lors du passage du médicament au complément alimentaire ou d’un changement de complément alimentaire. Enfin, les compléments alimentaires peuvent contenir d’autres vitamines, comme la vitamine K, pour laquelle il n’existe pas de recommandation pour une administration quotidienne à des enfants, ou du calcium provoquant un risque aggravé d’atteinte rénale.
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Autres risques
Un surdosage de fluor provoque des troubles osseux et laisse des traces brunes définitives sur les dents.
Sources alimentaires de vitamines
Répétons-le, une alimentation diversifiée fournit naturellement toutes les vitamines en quantités suffisantes. Mieux vaut suivre les conseils du pédiatre concernant le régime alimentaire du bébé afin d’obtenir un régime équilibré, que de multiplier les nutriments sous forme de médicaments ou d’aliments dits « enrichis en vitamines »… D’abord, il n’est pas certain que le corps de votre enfant stocke une quantité importante de ces vitamines (la plus grande partie étant de toute façon éliminée par les urines).
- Vitamine A: Se trouve dans les aliments que nous consommons et sont indispensables pour faire fonctionner notre organisme.
- Vitamine D: La principale source naturelle de vitamine D provient de l’exposition au soleil. Le contact des rayons UV sur la peau permet à l’organisme de fabriquer la vitamine D dont il a besoin. Selon le mode et lieu de vie, votre bébé sera plus ou moins exposé. Les hivers longs, la vie en appartement et/ou dans des régions les plus au nord peuvent engendrer davantage de carences. L’alimentation est l’autre source de vitamine D. Vous la trouvez dans les poissons gras (maquereau, thon, truite, hareng, saumon, etc.) et, dans une moindre mesure, dans les œufs à la coque, les champignons, le beurre et le lait. L’huile de foie de morue constitue l’une des sources les plus denses de vitamine D.
Recommandations et précautions
Afin d’assurer leurs besoins en toute sécurité, l’ANSM conseille de s’en tenir aux médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM), prescrits par les médecins et délivrés sur ordonnance. Avantage, ces spécialités disposent, contrairement aux compléments alimentaires, d’une notice conçue pour cadrer l’usage quotidien. Trois sont actuellement disponibles sous forme de gouttes pour les plus petits : Adrigyl, Deltius et ZymaD. Il convient de s’assurer avec le médecin qui prescrit que le nombre de gouttes donné correspond bien aux apports recherchés.
Les agences sanitaires insistent par ailleurs sur le fait d’éviter les achats sur Internet, qui peuvent s’avérer être non-conformes à la réglementation, et concluent sur l’importance « de bien contrôler les doses données à son enfant et de ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D, pour éviter des surdosages qui pourraient perturber sa fonction rénale. »
Administration de Vitamine D
Elle doit toujours être donnée en position semi-assise : tête fléchie, posée sur le bras. Bébé doit être bien réveillé. Placez la pipette contre l’intérieur de la joue et laissez bébé téter. S’il ne tête pas, administrer le produit lentement (goutte à goutte) pour lui laisser le temps d’avaler naturellement. Pour éviter les fausses routes et les risques de malaise, les vitamines sous forme de gouttes doivent être administrées à l'enfant en position semi-assise. Le bébé ne doit pas être allongé après la prise.
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Exposition au soleil
En parallèle, essayez le plus possible de favoriser l’exposition à la lumière naturelle ! Une petite demi-heure suffit pour avoir une synthèse suffisante de vitamine D au niveau de la peau. La majorité de la vitamine D (80 à 90 %) est synthétisée par notre corps grâce à l’exposition au soleil. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, cette exposition étant limitée, leur apport en vitamine D est donc insuffisant, d’où l’importance de la supplémentation. Avant l’âge d’un an, il est préférable de garder bébé à l’abri du soleil. Lors des sorties, assurez-vous qu’il reste à l’ombre sous un parasol, une visière de poussette ou un arbre.
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