La préparation à l'accouchement est un processus essentiel pour toute future maman. Elle permet non seulement d'appréhender plus sereinement le jour J, mais aussi de mieux gérer la douleur et de favoriser un accouchement physiologique. Parmi les nombreux aspects de cette préparation, le mouvement du bassin occupe une place centrale.

L'importance du mouvement du bassin pendant la grossesse

Pendant la grossesse, le corps de la femme subit de profondes transformations anatomiques. Le bassin, en particulier, joue un rôle crucial. Composé de quatre os essentiels (deux os iliaques, le sacrum et le coccyx), il constitue le passage obligé du bébé lors de sa venue au monde. La rigidité du bassin peut entraver le passage naturel du bébé et prolonger considérablement le travail.

Comprendre les mécanismes de l'accouchement vous aide à mieux appréhender le travail ostéopathique. La synergie diaphragme-périnée joue un rôle fondamental dans la progression du travail. Les mouvements de nutation et contre-nutation constituent les clés de voûte de l'accouchement physiologique. La nutation correspond au basculement du sacrum vers l'avant avec l'écartement du coccyx vers l'arrière, permettant l'élargissement du bassin pour l'engagement du bébé (elle permet spécifiquement l'écartement des ischions et le rapprochement des ailes du bassin).

Préparation ostéopathique du bassin

L'ostéopathie pré-natale est une approche intéressante pour préparer le bassin à l'accouchement. Des études ont montré que les femmes suivies en ostéopathie pré-natale accouchent en moyenne en moins de temps que celles qui n'ont pas bénéficié de cette préparation. De plus, elle diminue les risques de complications telles que le recours aux forceps, ventouses ou épisiotomies.

Le suivi classique comprend généralement 1 à 3 séances, idéalement programmées aux 4e, 6e et 8e mois de grossesse. Cette répartition permet d'accompagner les transformations progressives de votre corps et d'adapter la pratique aux besoins spécifiques de chaque trimestre.

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Exercices pour favoriser le mouvement du bassin

En complément des séances d'ostéopathie, il est possible de réaliser des exercices à la maison pour favoriser la mobilité du bassin.

  • Utilisation du ballon de grossesse : S'asseoir sur un ballon de grossesse pendant 20 minutes par jour permet de mobiliser le bassin en douceur.
  • Rotations des genoux et mouvements du dos : Réaliser des rotations des genoux et cambrer/décambrer le dos permet de sentir le mouvement du bassin.

Conseil : Pour optimiser votre préparation globale à l'accouchement, pensez à intégrer des méthodes complémentaires comme l'haptonomie, l'acupuncture ou le yoga prénatal de l'Institut de Gasquet. Ces approches synergiques renforcent les bénéfices du travail ostéopathique.

Les différentes méthodes de préparation à la naissance

Il existe une multitude de méthodes de préparation à la naissance, chacune ayant ses spécificités. Voici un aperçu des plus populaires :

1. Méthode de Gasquet

La méthode de Gasquet, aussi appelée Approche Posturo-Respiratoire (APR), repose sur le placement du bassin, l’autograndissement et la respiration. Elle comprend des exercices corporels basés sur la respiration, ainsi que des massages, des étirements, des suspensions et des jeux avec divers accessoires de fitness. L’objectif est de préserver au maximum le périnée grâce à des positions adéquates, une poussée sur l’expiration et l’utilisation de la poussée réflexe lorsque c’est possible.

2. Sophrologie

La sophrologie utilise des techniques de relaxation, de respiration et de visualisation pour aider les femmes enceintes à vivre sereinement les différentes étapes de la grossesse et de l’accouchement. Elle aide également à accepter les changements physiques et à mieux gérer la douleur grâce à la visualisation positive de l’accouchement.

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3. Yoga prénatal

Le yoga prénatal est une discipline qui allie des postures, des exercices corporels et des exercices de respiration adaptés à la grossesse. Il permet de tonifier et d’assouplir certains muscles ou zones du corps, de lutter contre les maux de la grossesse et de se détendre en profondeur pour mieux gérer la douleur des contractions. Les mouvements corporels aident également le bébé à progresser dans le canal de naissance.

4. Hypnose prénatale

L’hypnose prénatale associe des techniques de respirations spécifiques et de visualisations positives qui favorisent la détente du corps et l’apaisement mental. L’objectif est de réussir à se plonger soi-même dans un état de profonde détente et de confiance pour faciliter le travail et la naissance. Cette méthode vise à réduire le stress et les peurs, à créer une relation avec bébé in utero, à avoir confiance en son corps et à apprendre à gérer les contractions.

5. Méthode Bonapace

La méthode Bonapace est destinée au couple et allie la neurophysiologie, le relationnel, l’émotionnel et le spirituel pour réduire les sensations douloureuses de l’enfantement. Elle associe trois techniques : la digitopression, les massages et la relaxation. Le partenaire apprend à stimuler certains points précis du corps par des pressions digitales pour favoriser la sécrétion d’endorphines.

6. Préparation à la naissance en piscine

La préparation à l’accouchement à la piscine permet de soulager les tensions au niveau des lombaires et du pelvis, de renforcer, assouplir et étirer les muscles. Grâce à différents exercices, elle stimule la circulation sanguine et la respiration. Une sage-femme spécialement formée en préparation aquatique propose des exercices d’étirement et d’assouplissement permettant de réduire certaines tensions liées à la grossesse, de préparer le corps aux efforts liés à l’accouchement et de se détendre pour mieux traverser les contractions.

7. Préparation à la naissance classique

Les maternités et les sages-femmes libérales proposent des séances de préparation à la naissance plus classiques, qui permettent d’aborder différents thèmes en fonction des besoins : les étapes de l’accouchement, le moment de se rendre à la maternité, les signes d’alerte, les positions d’accouchement, le projet de naissance, l’allaitement, les premiers jours de vie…

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8. Préparation à l’accouchement physiologique

Pour les femmes qui souhaitent vivre un accouchement physiologique, certaines sages-femmes proposent des séances de préparation à la naissance spécialement conçues pour les aider à accoucher sans péridurale. La plupart du temps, ce type de préparation n’utilise pas une méthode particulière, mais allie différentes méthodes.

9. Préparation à l’accouchement à domicile

Si vous avez comme projet de donner naissance à votre bébé chez vous, vous devrez contacter des sages-femmes pratiquant l’AAD (accouchement assisté à domicile). Au cours des différentes séances de préparation à la naissance, vous aborderez la physiologie de l’accouchement ainsi que les particularités de la naissance à domicile.

10. S’auto-préparer à la naissance

Il est possible de se préparer à enfanter sans avoir recours à un professionnel, en utilisant des ressources gratuites ou payantes pour se préparer. Cependant, il est recommandé d’avoir un suivi médical tout au long de sa grossesse auprès d’une sage-femme ou d’un(e) gynécologue.

11. Haptonomie

L’haptonomie est une méthode de préparation à la naissance qui vise à entrer en relation avec le bébé in utero par le biais du toucher. Avec des caresses et des pressions légères, vous allez pouvoir interagir avec votre bébé. L’haptonomie aide à communiquer avec le bébé au cours de la grossesse, mais aussi de l’accouchement.

12. Chant prénatal

Le chant prénatal est une méthode qui associe des exercices de respiration à des mouvements, favorisant le bien-être et la détente. Grâce aux sons, vous pourrez (vous et votre partenaire) entrer en relation avec le bébé. Le chant prénatal vous apprend à localiser, solliciter et détendre les muscles utilisés au cours de l’accouchement.

Pelvimotion® : Une approche innovante

Pelvimotion® est une méthode innovante de préparation à l’accouchement créée à Paris. Elle se concentre sur l'importance de préparer le corps pour les transformations anatomiques liées à la grossesse et pour favoriser une expérience d'accouchement dynamique en totale autonomie pour la patiente et le co-parent. L’objectif est de préparer les parents à faire face à l'accouchement dans des structures hospitalières traditionnelles en fournissant les compétences et les outils nécessaires.

Mobilité du bassin pendant l'accouchement

Au cours de l’accouchement, la tête foetale s’adapte souvent en se déformant légèrement, grâce à la souplesse de ses os. Le bassin maternel, lui, est rigide, mais possède cependant de petites possibilités de mobilités entre les os qui le composent, au niveau des articulations propres du bassin. Celles ci induisent une modification de sa forme interne, au niveau de l'excavation pelvienne. Lors de l'accouchement, ces mobilités sont exceptionnellement augmentées. Le bassin maternel peut ainsi adapter sa forme au passage foetal.

Anatomie du bassin et mouvements clés

Il est essentiel de comprendre l'anatomie du bassin osseux et articulaire pour appréhender les mouvements qui s'y produisent. Le bassin est composé de ligaments ainsi que de quatre os : les deux os iliaques (sur les côtés), le sacrum (à l’arrière) et le coccyx (partie postérieure).

Les mouvements de nutation et contre-nutation sont cruciaux. La nutation est ce qui se produit lorsque vous pivotez les cuisses vers l'intérieur : les ischions s'éloignent et les ailes du bassin se rapprochent. A l'inverse, la contre-nutation s'obtient lorsque vous vous positionnez "les pieds en dehors" : les ischions se rapprochent et les ailes du bassin s'écartent.

La position du bassin (cambré ou décambré) entre aussi en ligne de compte dans ce mouvement du bassin; pour dé-cambrer (rétroversion) le bassin il suffit de plier les cuisses contre votre torse, à l'inverse, tendre les jambes cambrera votre dos (anté-version). Lorsque vous rétroversez le bassin, la symphyse pubienne remonte (vous pouvez sentir ce déplacement), les ischions se rapprochent et les ailes du bassin s'écartent (contre-nutation). C'est l'inverse lorsque vous cambrez le dos.

Le chemin du bébé dans le bassin

Lors de l’accouchement, le passage de bébé dans le bassin se déroule en trois temps. D’abord, il doit franchir le détroit supérieur, ensuite le détroit moyen et enfin le détroit inférieur. Le détroit supérieur a la forme d’un cœur, ce qui implique que bébé se positionne en diagonale pour franchir cet espace. Le détroit moyen et inférieur constituent la partie la plus étroite du bassin.

Il est à noter que selon la position du corps de la maman, le bassin bénéficie de plus ou moins d’espace. Ainsi, lorsque la future maman bascule son bassin en position de rétroversion (c’est-à-dire décambrée) avec les cuisses tournées vers l’extérieur, bébé aura davantage d’espace pour passer que dans le cas contraire. C’est pourquoi le mouvement est crucial durant toutes les étapes de l’accouchement.

Le bébé ne “tombe” pas, il cherche son chemin. Au fur et à mesure des contractions, le bébé s’engage dans ton bassin, puis descend en suivant les courbures naturelles de ton corps. Il ne s’agit pas de force brute, mais d’ajustements permanents. Le bébé se fléchit, se tourne légèrement, s’incline : ce sont de micro-mouvements, invisibles de l’extérieur, mais très organisés.

Chaque contraction exerce une pression sur le bébé, qui est “guidé” vers le bas. Mais cette pression n’est efficace que si le bébé peut trouver un angle favorable. C’est là que le mouvement, la gravité et tes positions font une vraie différence : se pencher en avant, s’appuyer, se balancer légèrement, tout cela modifie subtilement les dimensions du bassin.

La pelvimétrie : un outil d'évaluation ?

La pelvimétrie est un examen radiologique qui vise à apprécier les dimensions du bassin dans le cadre de la préparation de l’accouchement. Elle tente de mesurer les passages les plus étroits du bassin. Cependant, son intérêt est limité et elle ne permet pas de prédire avec certitude la réussite d'un accouchement par voie basse. En effet, certaines femmes ont accouché par voie basse avec un indice de Magnin considéré comme très faible, tandis que pour d'autres, leur bébé ne s'est jamais engagé malgré un Magnin indiquant un bassin large.

De plus, la pelvimétrie est en général effectuée avec la mère allongée sur le dos, jambes tendues. On a donc une photo du bassin, dans une position donnée. L'impact des changements hormonaux, qui détendent les ligaments et augmentent donc la mobilité du bassin n'est, là non plus, pas évalué.

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