Il est fréquent que les parents s'inquiètent lorsque leur bébé régurgite après avoir bu son biberon. Cet article vise à informer les parents sur les causes possibles de ces régurgitations et les solutions à mettre en place pour soulager leur enfant.

Qu'est-ce que la régurgitation chez le bébé ?

La régurgitation, aussi appelée reflux gastro-œsophagien (RGO), est la remontée du contenu de l’estomac vers l’œsophage et/ou la bouche. Il s’agit souvent d’un mélange de lait et de salive qui remonte sans effort après l’ingestion du repas. Les régurgitations sont très fréquentes chez les nourrissons, touchant près de deux tiers des tout-petits, qu'ils soient allaités ou nourris au biberon. Elles apparaissent généralement avant l'âge de 3 mois et sont favorisées par l’alimentation liquide, les changements de position et la compression de l’abdomen.

Régurgitations simples ou RGO compliqué : comment faire la différence ?

Il est important de distinguer les régurgitations simples, qui sont physiologiques et ne représentent aucun danger pour le nourrisson, du reflux gastro-œsophagien compliqué, qui peut affecter le quotidien de l’enfant.

Régurgitations simples

Si votre bébé n’est pas gêné par ces régurgitations, qu’il ne fait pas de crise de pleurs incessants, que son sommeil est calme et qu’il se développe correctement (taille, poids, …), alors il s’agit probablement de régurgitations simples ou légères. Elles sont indolores, n'empêchent pas le bébé de se nourrir correctement, de prendre du poids ou de bien dormir, et tendent à s’estomper avec l'âge, disparaissant généralement entre 6 mois (lorsque l'enfant commence à s'asseoir) et 1 an (lors de l'apprentissage de la marche et de la station debout).

RGO compliqué

En revanche, si vous constatez d’autres troubles (au niveau du sommeil, de la croissance…), il peut être question d’un type de régurgitation plus problématique appelé « reflux gastro-œsophagien compliqué ». Dans des cas rares, l’acidité des remontées gastriques provoque une inflammation de la muqueuse de l'œsophage : c’est l'œsophagite. Cette maladie est souvent liée à une anomalie anatomique (hernie de l’estomac), à un problème pulmonaire chronique (mucoviscidose) ou à un mauvais développement psychomoteur. L'œsophagite peut provoquer un torticolis dû aux contractions du cou.

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Les symptômes qui doivent alerter :

  • Un bébé qui régurgite fréquemment et ne grandit pas, ou qui n’atteint pas le poids attendu.
  • Un bébé qui tousse ou a des difficultés à respirer, ce qui peut être le signe d’un œsophage irrité.
  • Un bébé qui régurgite même quand il n’a rien mangé.
  • Un bébé qui a de violents vomissements.
  • Un bébé qui a de la fièvre ou de la diarrhée, ce qui peut être le signe qu’il est déshydraté.
  • Un bébé dont l’urine est sombre, ou qui n’arrive pas à uriner, ce qui pourrait indiquer une déshydratation.
  • Présence de sang dans les remontées de lait.
  • Refus de s'alimenter.
  • Pleurs et agitation pendant et après la prise des repas.

Si vous constatez ces symptômes, il est important de consulter rapidement un médecin ou un pédiatre.

Causes des régurgitations

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les régurgitations chez le nourrisson :

  • Immaturité du système digestif : Chez le nourrisson, le système anti-reflux se met en place. Le muscle du sphincter cardial, situé à la jonction de l'œsophage et de l'estomac, est encore immature. Plutôt que de se refermer pour favoriser la digestion, il peut se relâcher de façon inappropriée et laisser remonter le liquide gastrique jusqu’à la bouche.
  • Petite taille de l’estomac : Dans les premiers mois de vie, l’estomac du bébé est tout petit. De la taille d’une cerise à la naissance, il va progressivement grossir. Or, à chaque repas, l’estomac se distend par de grands volumes de lait et d’air absorbés en tétant, ce qui peut engendrer un trop-plein difficile à évacuer dans l’intestin grêle.
  • Position et agitation : La position et l’agitation du corps peuvent accentuer les reflux.
  • Prise alimentaire trop rapide ou trop importante : Si bébé est un gros mangeur et avale son lait trop vite, ou s'il mange trop, il recrache donc le trop plein.
  • Allergie ou intolérance aux protéines de lait de vache : En cas d’eczéma ou d’asthme, on va suspecter une allergie aux protéines de lait de vache.
  • Encombrement bronchique : Bébé peut également avoir des renvois car il est encombré au niveau des bronches et a des glaires dans la gorge. Gêné, il recrache alors le lait qu'il avale sous forme de vomissements.
  • Sténose du pylore : Vers trois semaines ou un mois, les enfants peuvent se mettre à vomir à distance des repas et sont alors victimes de la sténose du pylore. La sténose du pylore est l'épaississement progressif du pylore, le muscle qui se trouve à la jonction de l'estomac et du duodénum, entraînant une obstruction partielle ou complète. Par conséquent, la nourriture ne peut pas passer de l'estomac à l'intestin grêle et le bébé renvoie immédiatement le lait tout juste avalé.

Solutions et conseils pour limiter les régurgitations

Heureusement, il existe de nombreuses solutions et astuces pour limiter les régurgitations de votre bébé :

Alimentation

  • Si votre bébé est allaité : Maintenez votre allaitement. Le lait maternel est en effet l’aliment idéal du nourrisson durant les premiers mois de vie : il couvre l’ensemble de ses besoins et assure son bien-être digestif. D’après plusieurs études, les bébés allaités ont moins de régurgitations et seraient donc moins sujets aux régurgitations que les bébés nourris au biberon (manifestations moins fréquentes et moins intenses). D’autre part, le lait maternel est un « antiacide » naturel et se digère plus vite.
  • Si votre bébé est nourri au biberon :
    • Lait épaissi : Dans le cas de régurgitations et si votre enfant n’est pas allaité, l’augmentation de la viscosité du lait consommé peut limiter la fréquence et le volume des régurgitations. D’utiliser une formule épaissie (souvent appelée « gest ») dans le cas de régurgitations légères (disponibles en grandes surfaces et en pharmacies) ou anti-régurgitations (AR) dans les cas de régurgitations modérées à sévères (disponibles en pharmacies). Ces formules simplifient la préparation des biberons puisqu’elles sont prêtes à l’emploi. Elles contiennent de l’amidon ou de la caroube. Un changement de transit peut être observé.
    • Taille de la tétine : La tétine joue un rôle crucial dans les régurgitations. Une taille inadaptée modifie le débit du lait. Une tétine trop grande laisse couler le lait trop vite. Votre petit bout avale davantage d’air en tentant de suivre le rythme. À l’inverse, une tétine trop petite fatigue votre bébé. Il force pour téter et avale également de l’air. Observez attentivement votre enfant pendant qu’il boit. Adaptez la taille selon l’âge de votre bébé. Débit lent pour les nouveau-nés, moyen vers 3 mois, rapide après 6 mois. Chaque enfant évolue à son rythme.
    • Préparation du biberon : La plupart des laits infantiles se présentent sous la forme de poudre à mélanger à de l’eau. Afin de ne pas suralimenter votre bébé, respectez les dosages : une mesurette pour 30 mL d’eau, sans tasser la poudre. La quantité à donner varie avec l'âge et le poids du bébé. La première année, en moyenne, il boit entre 600 et 850 mL de lait par jour, et commence la diversification alimentaire dès 6 mois. Pour déterminer précisément la quantité à donner au bébé, vous pouvez vous baser sur la règle d’Appert. Un lait trop chaud ou trop froid perturbe la digestion. Votre bébé peut alors régurgiter plus facilement. Testez toujours la température sur l’intérieur de votre poignet. Quelques gouttes suffisent pour vérifier. Le lait doit être tiède, ni chaud ni froid. Réchauffez le biberon au bain-marie ou au chauffe-biberon. Évitez le micro-ondes qui chauffe de manière inégale. Secouez bien le biberon pour homogénéiser la température.
    • Rythme des repas : Fractionnez les repas : faites une pause pendant la tétée, faites-lui faire un rot, puis poursuivez le repas. Essayez les tétées plus courtes et plus fréquentes.
    • Ne changez jamais de lait sans avis médical. Chaque formule a ses spécificités nutritionnelles.

Position et manipulation

  • Position pendant le biberon : Lors de la tétée ou de la prise des biberons, corrigez si besoin la posture de votre bébé en privilégiant autant que possible la position verticale. Installez votre bébé dans vos bras avec la tête surélevée. L’idéal est un angle de 30 à 45 degrés. Cette position aide la gravité à maintenir le lait dans l’estomac. Maintenez cette inclinaison pendant tout le repas. Votre bébé doit rester confortablement installé. Utilisez un coussin d’allaitement si nécessaire.
  • Position après le biberon : La position verticale, après la tétée ou le biberon, est également idéale. Ainsi, l’estomac de votre enfant est attiré vers le bas, ce qui limite les remontées. Gardez bébé au calme et contre vous après son biberon ou la mise au sein. Évitez de le coucher aussitôt après. La position allongée favorise les régurgitations. Gardez cette position quelques minutes après la fin du biberon. Le lait a besoin de temps pour descendre dans l’estomac. Évitez de manipuler votre bébé juste après la tétée. Si vous devez changer sa couche, faites-le avant le repas, par exemple. Gardez-le bien droit contre vous après sa tétée. Ne recroquevillez pas ses jambes ; laissez-les dans le prolongement de son corps, comme s’il se tenait debout.
  • Évitez le mouvement après l’allaitement. Pour aider à empêcher le lait d’être régurgité après une session d’allaitement, il est recommandé d’éviter toute agitation ou mouvement brusque jusqu’à ce que le lait soit bien arrivé dans le ventre de votre bébé. Cela peut contribuer à réduire les risques de régurgitation de votre nourrisson.
  • Pendant le sommeil : Une position légèrement inclinée aide pendant le sommeil. La gravité maintient le lait dans l’estomac de votre bébé. Placez une serviette pliée sous le matelas côté tête. L’inclinaison doit rester très légère, quelques centimètres suffisent. Vérifiez que votre enfant reste bien positionné. Sa tête doit rester dans l’axe de son corps. Cette solution convient surtout aux bébés de plus de 3 mois. Pour les plus petits, consultez votre pédiatre avant modification. Vous pouvez l'installer dans un transat ou rehausser un peu son lit pour qu’il soit incliné. Il doit être couché sur le dos avec la tête du lit surélevée de 10 à 15° pour éviter les remontées. Le plan incliné Babysom à 10° peut être utilisé dès la naissance de votre enfant pour lui offrir un meilleur confort durant son sommeil. Le plan incliné Babysom peut également être utilisé si bébé a un gros rhume et qu'il est très encombré. Dormir sur un plan incliné Babysom va l'aider à mieux respirer et à dormir paisiblement.

Autres conseils

  • Le rot : Les pauses permettent à votre bébé de mieux digérer. Elles évitent aussi qu’il avale trop d’air. Arrêtez le biberon toutes les 30 à 60 ml selon l’âge. Redressez votre bébé verticalement contre votre épaule. Tapotez doucement son dos pour l’aider à évacuer l’air. Ces pauses permettent également de vérifier si votre bébé a encore faim. Respectez ses signaux de satiété. Un estomac trop plein favorise les régurgitations. Faites-lui faire son rot régulièrement. En plus de faire faire son rot à votre tout petit après les tétées, vous pouvez essayer de lui en faire faire un lorsqu’il change de sein. Si vous nourrissez votre bébé au biberon, essayez de lui faire faire son rot tous les 30 à 60 ml. Le tenir bien droit au moment du rot permet d’éviter de tâcher vos vêtements et favorise la digestion.
  • Vêtements : Pour limiter les régurgitations de votre bébé, privilégiez dès le réveil et pour toute la journée des vêtements qui ne serrent pas votre enfant au niveau du ventre, cela augmente son inconfort et accentue les remontées. Optez alors pour des pièces larges et peu ajustées (grenouillères, pyjamas confortables…). Veillez à ce que ses vêtements ne soient pas trop serrés : vérifiez notamment que la couche ou son pantalon ne comprime pas trop son abdomen.
  • Environnement calme : Plus votre enfant est calme, moins il s’agiter pendant et après son biberon. Ce qui devrait limiter les régurgitations. Pour cela, si nécessaire, isolez-vous au moment du repas pour être dans une pièce silencieuse ou calme, sans stimulation qui inciterait votre enfant à bouger dans tous les sens pour observer ce qui l’entoure.
  • Évitez le tabagisme passif. Il est conseillé de ne pas fumer en présence de bébé, ni à l'intérieur de la maison.
  • Ostéopathie : Pour soulager votre nouveau-né des effets des régurgitations, vous pouvez prendre rendez-vous avec un ostéopathe. Préférez-le spécialisé en pédiatrie. Après un examen de votre enfant, il va cibler les zones de blocages et de tensions. Puis, il va manipuler bébé en douceur, sans le forcer. Tous les bébés ne réagissent pas à l'ostéopathie, mais sur certains, ces manipulations font des miracles.

Quand consulter un médecin ?

Il est important de consulter un médecin dans les situations suivantes :

  • Si votre bébé présente les symptômes d'un RGO compliqué (voir section "Régurgitations simples ou RGO compliqué : comment faire la différence ?").
  • Si les régurgitations persistent malgré les conseils mentionnés ci-dessus.
  • Si vous êtes inquiet ou avez des questions.

Le médecin pourra réaliser un diagnostic précis et personnalisé, et vous fournir une prescription médicale adaptée aux besoins de votre enfant. En vue d’un examen plus poussé, la pH-métrie peut être nécessaire. Le médecin introduit une sonde dans le nez du bébé afin d’enregistrer les variations du pH au fond du tube digestif. La gastroscopie, ou endoscopie digestive haute, consiste à observer l'œsophage, l’estomac et le duodénum à l’aide d’un tube optique souple, introduit par la bouche ou le nez.

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