L'accès à l'avortement, un droit fondamental pour les femmes, est de plus en plus menacé, notamment aux États-Unis. Dans ce contexte alarmant, la censure des informations relatives aux pilules abortives sur les plateformes numériques, en particulier celles appartenant à Meta (Facebook, Instagram), suscite une vive inquiétude. Cette censure, dénoncée par des organisations féministes et des défenseurs des droits reproductifs, met en péril la santé publique et l'autonomie des femmes.
Meta accusé de censure et d'invisibilisation
Depuis plusieurs semaines, Meta est accusé de restreindre ou de supprimer les comptes de dizaines d'associations féministes et militantes à travers le monde, notamment celles qui facilitent l'accès à l'avortement, les groupes LGBTQIA+ et les organisations féministes. Une enquête du Guardian a mis en lumière cette vague de censure, recensant 210 incidents de suppressions ou de restrictions cette année, contre 81 l'an dernier. Parmi les organisations touchées, on retrouve Women Help Women, Jacarandas en Colombie et The Sex Talk Arabic au Royaume-Uni.
Ces comptes sont pourtant essentiels pour les femmes, notamment en ce qui concerne l'avortement. Ils accompagnent des milliers de femmes qui souhaitent y avoir accès, notamment via les pilules abortives. L'ONG Women Help Women considère même cette censure comme un "risque potentiellement mortel" pour des milliers de femmes.
Des justifications contestées
Meta affirme que chaque organisation et individu sur ses plateformes est soumis aux mêmes règles, et que toute allégation de censure fondée sur l'appartenance à un groupe ou un militantisme est sans fondement. Cependant, ces explications sont contredites par les faits. Meta a bloqué les campagnes liées aux enjeux sociaux sur ses réseaux en Europe, ce qui comprend les contenus concernant les droits des femmes et des minorités. De plus, des cas de censure ont été recensés par le passé, notamment en janvier, lorsque Meta a été accusé de censurer des contenus sur les pilules abortives aux États-Unis. En 2022, l'entreprise avait fourni des informations privées aux autorités sur une jeune fille qui avait avorté illégalement.
La réélection de Trump et la montée des valeurs conservatrices
La réélection de Trump et la montée des valeurs conservatrices aux États-Unis et dans le monde exacerbent la situation. Trump, qui s'est fait discret sur la question de l'avortement pendant sa campagne, est reparti de plus belle sur le sujet depuis qu'il a remporté l'élection. Il a participé à la Marche pour la vie à Washington, a gracié des personnes poursuivies pour avoir participé à des manifestations contre l'avortement et a fermé un site du gouvernement qui donnait des informations sur l'avortement, la contraception et la pilule.
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Avec Musk et Zuckerberg dans sa poche, l'accès à l'avortement pourrait être de plus en plus compliqué. Les réseaux sociaux sont une source d'information et d'entraide essentielle pour les femmes.
L'offensive des comptes "pro-vie"
Parallèlement à la censure des informations pro-choix, les comptes "pro-vie" intensifient leur présence sur les réseaux sociaux. Conscients du rejet que suscite une opposition de principe à l'avortement, ils avancent souvent masqués. Sur Instagram, ils publient des témoignages non vérifiables de femmes regrettant leur avortement, ou expliquant avoir été forcées à y recourir. Ces contenus culpabilisants peuvent avoir un impact négatif sur les femmes qui envisagent ou ont eu recours à l'avortement.
L'importance de la lutte contre la désinformation
Une fausse information circule six fois plus vite qu'une vraie. Il est donc crucial de lutter contre la désinformation sur l'avortement et de garantir l'accès à des informations fiables et factuelles. Les réseaux sociaux ont un rôle important à jouer dans cette lutte.
L'accès aux pilules abortives menacé
L'accès aux pilules abortives est de plus en plus menacé dans tout le pays. 14 États les ont déjà bannies, en plus de l'avortement chirurgical. La pilule abortive est une méthode d'avortement très utilisée par les femmes. En 2023, plus de 63% des IVG aux États-Unis ont été réalisées de cette façon. C'est une solution plus rapide, moins douloureuse, et qui permet d'avorter jusqu'à 7 semaines de grossesse.
Les demandes anticipées de pilules abortives
Craignant que l'accès à l'IVG soit restreint, un nombre grandissant de femmes ont commencé à commander des pilules abortives en prévention d'une éventuelle grossesse non souhaitée. Selon une étude, près de 50 000 demandes de pilules abortives auraient été adressées entre début septembre 2021 et fin avril 2023 à Aid Access, une organisation à but non lucratif basée en Autriche, qui propose des services d'avortement par télémédecine aux États-Unis.
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