L'irrégularité menstruelle est une préoccupation fréquente chez les femmes, particulièrement celles qui prennent la pilule contraceptive. Bien que la pilule soit conçue pour réguler le cycle, plusieurs facteurs peuvent entraîner un décalage des règles. Cet article explore les causes possibles de ce phénomène et propose des pistes pour mieux comprendre et gérer ces irrégularités.

Introduction

La régularité du cycle menstruel est souvent perçue comme un indicateur de bonne santé reproductive. Cependant, de nombreuses femmes constatent des irrégularités malgré l'utilisation de la pilule contraceptive. Il est essentiel de comprendre les raisons de ces décalages pour éviter l'anxiété et prendre les mesures appropriées.

Qu'est-ce qu'un cycle menstruel régulier ?

Avant de parler d'irrégularité, il est important de définir ce qu'est un cycle menstruel « normal ». En général, un cycle dure en moyenne 28 jours, comptés du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. Cependant, la réalité est que beaucoup de femmes ont des cycles plus courts (24 jours, par exemple) ou plus longs (32 jours, voire davantage). Un cycle est considéré comme régulier si les règles surviennent tous les 24 à 35 jours environ.

La notion de règles irrégulières évoque celle de cycles irréguliers, et de changements de durée ou d’intensité des menstruations d’un cycle à l’autre. Lorsque la durée des règles varie de plus de cinq jours d’un cycle à l’autre, on peut parler de règles irrégulières.

Causes des décalages menstruels malgré la pilule

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi les règles se décalent malgré la prise de la pilule.

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Facteurs liés à la contraception hormonale

Type de pilule

Si vous êtes sous pilule œstroprogestative (minidosée) depuis plusieurs années, il n’est pas anormal d’avoir une absence de règles de temps en temps. Sous l’effet de la pilule, l’endomètre, cette muqueuse qui tapisse l’intérieur du corps de l’utérus et où se déroule la grossesse, s’affine. Certains autres moyens contraceptifs comme l’implant, peuvent provoquer l’arrêt des règles, ou affecter leur fréquence.

Oublis et erreurs de prise

L'efficacité de la pilule contraceptive est très grande lorsqu'elle est utilisée de manière parfaite, car supérieure à 99,7 %. Cependant, cette efficacité peut être compromise par plusieurs choses : les oublis, les éliminations de la pilule lors de vomissements ou de diarrhées et les interactions avec certains médicaments. Il peut arriver, dans des cas rares, qu’une femme tombe enceinte.

Changement de contraception

Si vous prenez la pilule, un implant ou un stérilet hormonal, un déséquilibre ou un dosage inadapté peut engendrer des cycles irréguliers ou des saignements excessifs. Parlez-en à votre gynécologue ou à votre sage-femme pour réévaluer si la méthode vous convient vraiment. L'arrêt de la pilule contraceptive après plusieurs mois ou plusieurs années d'utilisation peut aussi être à l'origine d'un retard. Après l'arrêt de la pilule, la reprise des cycles naturels peut prendre du temps et retarder la survenue des règles. Il faut parfois plusieurs mois avant de retrouver un cycle régulier.

Facteurs physiologiques et environnementaux

Stress et facteurs psychiques

Le cycle menstruel peut être perturbé par des facteurs psychiques. Le stress, l’anxiété, un état dépressif ou un choc émotionnel peuvent modifier le cycle menstruel, l’allonger ou le raccourcir. À outrance, le stress nuit au fonctionnement de l’organisme, et peut entraîner des règles irrégulières, voire absentes pendant plusieurs mois. Stress au travail, à la maison, déménagement, changement de vie, enfant malade… Sont autant de facteurs qui peuvent perturber les cycles menstruels d’une femme.

Variations de poids

Perdre du poids rapidement peut mettre le corps à rude épreuve. Par exemple, en cas de régime alimentaire extrême, un manque de calories peut empêcher la production des hormones nécessaires à l’ovulation. Prendre ou perdre beaucoup de poids en peu de temps peut perturber ton équilibre hormonal. Dans certains cas, un indice de masse corporelle (IMC) trop bas ou trop élevé peut provoquer l’arrêt des règles (aménorrhée) ou des cycles très irréguliers.

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Activité physique excessive

Lorsque le corps est soumis à une activité physique intensive, cela peut bouleverser la production d’hormones sexuelles et allonger les cycles. En effet, le taux d’œstrogènes présent dans le corps de la femme est directement lié au taux de masses graisseuse : le sport peut entraîner - via la perte de poids - jusqu’à l’absence de règles. C’est ce que l’on appelle l’aménorrhée de la sportive.

Allaitement

Lorsqu’il est exclusif et répond à plusieurs facteurs précis (bébé de moins de 6 mois, tétées espacées de 6 heures au maximum, avec au moins 6 à 8 tétées par 24 heures…), l’allaitement a un effet contraceptif, et empêche ainsi le retour de couche. Malgré tout, ça n’est pas parce que l’on n’a pas de règles régulières et que l’on allaite que l’on est à l’abri d’une ovulation et donc d’une potentielle grossesse.

Décalage horaire

De la même manière que l’on est souvent désorienté en termes d’appétit lorsque l’on subit un décalage horaire, on peut souffrir d’irrégularité du cycle menstruel face à un jet-lag. Bousculer son horloge biologique interne a des conséquences, notamment sur la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, mais aussi sur les hormones de la reproduction, et donc in fine sur les règles et l’ovulation.

Conditions médicales sous-jacentes

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Avec l’acné, éventuellement le surpoids et une pilosité excessive, l’irrégularité des règles est l’un des principaux symptômes d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une pathologie endocrinienne relativement fréquente. Le SOPK est lié à un déséquilibre hormonal, avec bien souvent un excès de testostérone, hormone dite “masculinisante”. Plusieurs follicules ovariens sont bloqués à un stade intermédiaire, ce qui bloque ou perturbe le phénomène d’ovulation.

Troubles de la thyroïde

Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle important pour l’organisme, notamment dans la régulation du cycle menstruel.

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Autres maladies chroniques

Certaines maladies peuvent provoquer l’arrêt des règles. Des règles irrégulières ou un retard de règles peuvent également évoquer une pathologie plus grave.

Périodes de transition

Puberté

Dans l’année qui suit les premières règles chez une adolescente, une irrégularité des règles peut survenir sans que ce soit anormal ou pathologique. Car le système hormonal reproducteur, constitué d’échanges entre les ovaires et l’axe hypothalamohypophysaire dans le cerveau, peut mettre du temps à se mettre en place. Cela dit, il ne faut pas pour autant considérer que l’on est à l’abri d’une grossesse, car avoir des cycles irréguliers ne veut pas toujours dire qu’il n’y a pas d’ovulation.

Préménopause

Il est normal que le cycle soit irrégulier à certaines périodes de la vie, notamment lorsque les menstruations commencent et lorsque vous entrez en préménopause. Il est en effet fréquent que le cycle devienne irrégulier quelques années avant la ménopause. La ménopause survient généralement vers l’âge de 45-55 ans. Mais certaines femmes plus jeunes peuvent rencontrer une ménopause précoce. Si vous présentez des symptômes de préménopause avant 40 ans, consultez un professionnel de santé.

Quand s'inquiéter et consulter ?

L'aménorrhée est un symptôme fréquent dont il ne faut souvent pas s'inquiéter. Si elle se prolonge au-delà de 4 ou 5 mois, n'hésitez pas à consulter un gynécologue, une sage-femme ou un médecin. En cas de cycle menstruel long ou de changement brusque de votre cycle menstruel, il est important d’en parler avec un médecin (généraliste, gynécologue, endocrinologue) ou une sage-femme. Grâce à différents examens (échographie, bilan hormonal), ils pourront déterminer l’origine de votre retard d’ovulation et comprendre si elle est pathologique ou naturelle. Il est important de consulter un professionnel de la santé car un trouble du cycle menstruel peut être le symptôme de maladies plus graves comme des kystes aux ovaires, des dérèglements hormonaux, ou encore un cancer de l’utérus.

La première étape, c’est de repérer les signes d’irrégularité. Pour ça, rien de mieux que de noter régulièrement ce qui se passe : date de début et de fin des règles, intensité des saignements, douleurs, symptômes associés (maux de ventre, fatigue, maux de tête, etc.).

Solutions et traitements

Si des médicaments peuvent être prescrits pour déclencher les règles, les menstruations irrégulières nécessitent d’en trouver la (ou les) cause(s) pour choisir le traitement approprié. En cas de syndrome des ovaires polykystiques, de fibromes ou d’endométriose, le suivi et les traitements varient d’une personne à l’autre. Cela peut inclure des médicaments spécifiques pour réguler les hormones, réduire la douleur ou limiter l’apparition de kystes. Parfois, une intervention chirurgicale est envisagée (ablation d’un fibrome, par exemple).

Approches naturelles et alternatives

Homéopathie (notamment avec les granules Folliculinum et Pulsatilla), acupuncture, huiles essentielles… Plusieurs approches de médecine douce peuvent aider à réguler les cycles menstruels et venir à bout des règles irrégulières. Côté phytothérapie, plusieurs plantes sont particulièrement intéressantes. Citons notamment les plantes emménagogues, qui stimulent le flux sanguin dans la région pelvienne et l’utérus, et peuvent ainsi aider à déclencher les règles. D’autres permettent de rétablir l’équilibre hormonal. C’est le cas du gattilier, de l’achillée millefeuille et de l’alchémille, ces deux dernières ayant une action progestative.

Conseils de style de vie

  • Gestion du stress: Accorde-toi du temps pour récupérer, et ne néglige pas ton sommeil.
  • Alimentation équilibrée: On limite, voire on évite, les aliments pro-inflammatoires tels que les graisses saturées, les sucres blancs et autres produits raffinés, les excitants comme le café, le sel ou les produits laitiers. A la place, on fait le plein de fibres et de vitamines à travers des légumes et fruits variés, bio et de saison, et d’omégas 3, 9 et 6 grâce aux huiles végétales et aux graines et noix.
  • Activité physique modérée: Évitez l'activité physique excessive.
  • Éviter les perturbateurs endocriniens: Matières plastique, vêtements, cosmétiques… Présents dans différent objets de notre quotidien, ces « agents chimiques (naturels ou artificiels) vont imiter les messagers hormonaux et brouiller les organes en leur envoyant de « fausses » informations. Le message que les glandes communiquent aux organes est ainsi court-circuité », indique Maud Renard. Le mieux est donc de privilégier le naturel et le bio.

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