Depuis des années, de nombreuses femmes ont été mal conseillées et ont cessé d'allaiter à tort. La décision de poursuivre l'allaitement lorsqu'une mère doit prendre un médicament repose sur de nombreux facteurs, et pas seulement sur la présence potentielle du médicament dans le lait maternel. Il est essentiel de considérer les risques associés à l'arrêt de l'allaitement pour le bébé, la mère, la famille et la société. Les avantages de l'allaitement sont tels que la question cruciale devient : la faible quantité de médicament excrétée dans le lait maternel rend-elle vraiment l'allaitement plus dangereux que l'alimentation au lait artificiel ? La réponse est presque toujours non.

Importance de l'allaitement maternel

Le lait maternel est l'aliment idéal pour le nourrisson. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande d'allaiter les enfants exclusivement pendant les six premiers mois de leur vie, soulignant que le lait maternel est sûr, propre et riche en anticorps qui protègent contre de nombreuses maladies infantiles courantes, notamment les diarrhées infectieuses.

Les risques de ne pas allaiter

Ne pas allaiter comporte des risques importants. Il est crucial de se rappeler que l'arrêt de l'allaitement, même pendant une courte période, peut entraîner un sevrage définitif, car le bébé pourrait refuser le sein par la suite. De plus, certains bébés refusent totalement le biberon, rendant une interruption de l'allaitement non seulement injustifiée, mais aussi difficile à mettre en pratique.

Passage des médicaments dans le lait maternel

La plupart des médicaments se retrouvent dans le lait maternel, mais en quantités minimes. Bien que certains médicaments rares puissent causer des problèmes chez le nourrisson, même à faibles doses, cela ne concerne pas la majorité des médicaments.

Pourquoi les quantités sont-elles minimes ?

L'excrétion d'un médicament dans le lait maternel dépend de sa concentration dans le sang maternel. Cette concentration plasmatique est souvent mesurée en microgrammes ou nanogrammes par millilitre, alors que la mère ingère des milligrammes ou des grammes du médicament. De plus, seule la fraction non liée aux protéines du sang maternel est excrétée dans le lait. De nombreux médicaments sont fortement liés aux protéines plasmatiques, ce qui réduit considérablement la quantité de médicament que reçoit l'enfant.

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Médicaments autorisés pendant l'allaitement

De nombreux médicaments sont considérés comme sûrs pendant l'allaitement. Voici quelques exemples :

  • Paracétamol : Il est l'antalgique et antipyrétique de choix chez la femme enceinte et allaitante. Il soulage les maux de tête, les douleurs dentaires et fait baisser la fièvre. La quantité ingérée via le lait est faible, l'enfant recevant jusqu'à 4% de la dose pédiatrique.
  • Ibuprofène : Il est considéré comme sûr pendant l'allaitement, quelle que soit la voie d'administration. L'enfant reçoit moins de 1% de la dose pédiatrique usuelle.
  • Amoxicilline : L'enfant reçoit moins de 1% de la dose pédiatrique via le lait. Son utilisation est possible sauf si l'enfant est allergique aux bêta-lactamines.
  • Antihistaminiques H1 : ZYRTEC, AERIUS, TELFAST, XYZALL, CLARITYNE, ALLERGODIL sont utilisables en cours d'allaitement.

Vaccinations et examens radiographiques

  • Vaccins : Les vaccins administrés à la mère ne nécessitent pas l'interruption de l'allaitement. Au contraire, s'ils passent dans le lait, ils peuvent aider l'enfant à développer son immunité.
  • Examens radiographiques : Les examens radiographiques habituels ne nécessitent pas d'interruption de l'allaitement, même avec un opacifiant. L'opacifiant ne passe pas dans le lait, et même s'il le faisait, il ne serait pas absorbé par l'enfant. Pour la scintigraphie thyroïdienne, il est préférable d'utiliser de l'iode 123, qui nécessite une interruption de l'allaitement de seulement 12 à 24 heures.

Médicaments à éviter ou à utiliser avec prudence

Certains médicaments nécessitent une attention particulière pendant l'allaitement :

  • Fluoxétine (Prozac) : En raison de sa longue demi-vie, elle peut s'accumuler chez le bébé. Il est conseillé d'arrêter le traitement pendant les 4 à 8 dernières semaines de la grossesse ou de prendre un autre médicament après l'accouchement.
  • Codéine : Certaines femmes transforment la codéine en morphine de manière anormalement élevée, ce qui peut entraîner des symptômes de toxicité chez l'enfant. Par mesure de prudence, la codéine ne doit jamais être prescrite chez la femme qui allaite.

Alternatives et précautions

  • Consulter un professionnel de santé : Il est essentiel de consulter un médecin, une sage-femme ou un pharmacien avant de prendre tout médicament pendant l'allaitement, y compris ceux vendus sans ordonnance ou à base de plantes.
  • Vérifier la notice : La notice du médicament apporte des informations précieuses en cas de grossesse ou d'allaitement.
  • Choisir le bon moment : Évitez de prendre un médicament juste avant de nourrir votre bébé afin de minimiser le risque de passage des molécules dans le lait maternel. Le meilleur moment est souvent juste après une tétée.
  • Utiliser le CRAT : Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT) est un outil en ligne qui indique si un médicament est déconseillé ou non pendant l'allaitement.

Situations particulières

  • Maladies chroniques : Les femmes souffrant de maladies chroniques doivent discuter de leur traitement avec leur médecin pendant la grossesse pour évaluer les risques et les bénéfices pour l'enfant et la mère.
  • Maladies courantes : En cas de grippe, bronchite, angine ou gastro-entérite, il n'est généralement pas nécessaire d'interrompre l'allaitement. Au contraire, la mère transmet des facteurs de défense à son bébé. Il est important de se laver les mains et d'éviter les contacts salivaires avec le bébé.

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