L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une option pour les femmes souhaitant interrompre une grossesse non désirée. À Angers, comme ailleurs en France, l'accès à cette méthode est encadré par des lois et des protocoles précis, tout en étant sujet à des évolutions constantes pour mieux répondre aux besoins des femmes. Cet article explore les aspects de l'IVG médicamenteuse, en particulier à Angers, en abordant les modalités d'accès, les pratiques médicales, les droits des patientes et les enjeux liés à cette intervention.

Accès à l'IVG médicamenteuse à Angers

À Angers, l'IVG est accessible à toutes les femmes, que ce soit en médecine libérale ou dans les centres IVG. En Maine-et-Loire, il existe neuf centres de santé sexuelle (CSS) qui offrent des informations et des conseils sur l'IVG. Les CSS sont gérés par le Département et assurent également des services médicaux tels que les prescriptions, les examens gynécologiques, les dépistages et les analyses de laboratoire.

Le Planning Familial, une association créée en 1956, milite pour le droit des femmes et l'accès à l'information sur la contraception. En Maine-et-Loire, l'association du Planning Familial propose des actions collectives d'information et des entretiens de conseil conjugal et familial sur ses différentes antennes, mais ne propose pas de consultation médicale. À la rentrée 2022, le Planning Familial sera en mesure d’effectuer des IVG médicamenteuses, ce qui lui était interdit jusqu’ici.

Les professionnels de santé impliqués

L'IVG médicamenteuse peut être prescrite par un médecin libéral ou une sage-femme et réalisée à domicile. Pendant la crise du coronavirus, le décret du ministère de la Santé autorise la téléconsultation avec un médecin de ville, un gynécologue ou une sage-femme pour les IVG médicamenteuses.

Les délais légaux

L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à neuf semaines d’aménorrhées. Pendant la crise liée à la pandémie de coronavirus, l'accès à une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse à domicile est étendu jusqu'à neuf semaines contre sept habituellement. Elle est désormais possible à domicile jusqu'à neuf semaines tant que durera la crise du coronavirus.

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Le déroulement de l'IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse se déroule en deux étapes. La première consiste à prendre un antiprogestatif (mifépristone) qui va arrêter la grossesse. Le second médicament (misoprostol) est administré 36 à 48 heures plus tard après le premier.

Le rôle du médecin

Lorsqu’une femme enceinte demande une IVG à un médecin, celui-ci est censé appliquer des règles établies. « On doit s’assurer que la patiente dispose de toutes les informations, explique le Tifen Bazin, médecin généraliste, praticien hospitalier au centre IVG Simone-Veil du CHU de Nantes, coordinatrice de l’unité. On lui propose de rencontrer une conseillère conjugale et familiale, si elle est hésitante. »

Si la patiente ne souhaite pas échanger avec une conseillère, l’avortement peut intervenir le jour même. Il n’y a plus de délai de réflexion obligatoire entre le premier rendez-vous et la pratique de l’IVG. Le délai de sept jours a été supprimé par la loi de 2016. Pour autant, « on ne va pas lui mettre les médicaments dans la bouche, enchaîne sans détour le Dr Bazin. On est obligés de lui remettre un livret donnant accès à toutes les informations sur le déroulement, la loi.

Autre recommandation de la haute autorité de santé, que défend le Dr Bazin : « Les femmes doivent pouvoir choisir la technique, médicale ou chirurgicale, ainsi que le mode d’anesthésie, locale ou générale. » La technique est au choix de la patiente, sauf au-delà de sept semaines de grossesse où la méthode instrumentale est fortement recommandée.

L'importance de l'information et du consentement

Connaître ses droits, la loi et avoir la liberté de choisir son IVG… Il faut que les femmes soient surveillées pendant l'IVG pour pouvoir être prises rapidement en charge en cas d'hémorragie.

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La téléconsultation

Par crainte d'être contaminées, de nombreuses femmes ne veulent plus se déplacer pour consulter et d'autres ne veulent pas encombrer les services de l'hôpital en occupant un lit de réanimation. "La téléconsultation, c'est mieux que rien" estime Lydia Blet-Guilloteau, sage-femme à l'hôpital de Cognac et militante du Planning Familial de Charente. "Mais les entretiens doivent être menés de façon rigoureuse car ils seront souvent le seul élément permettant d'autoriser l'interruption de grossesse" ajoute-t-elle. La prise en charge de la téléconsultation sera assurée par l’Assurance maladie obligatoire à 100%, comme toutes les téléconsultations pendant la période de l’épidémie.

Les droits des patientes et les recommandations médicales

Les témoignages des femmes sont essentiels. Il faut leur faire confiance. Elles connaissent bien leur vie sexuelle et leur corps.

L'examen gynécologique

Faut-il pratiquer un examen gynécologique à une patiente qui désire avorter ? « Il y a des examens faits systématiquement et qui n’ont pas d’intérêt », constate le Dr Bazin. Des patientes lui ont confié l’avoir vécu comme une violence gynécologique. « Les médecins ne le font pas dans une démarche de violence. Ils ont peur de passer à côté de quelque chose s’ils ne pratiquent pas l’examen. » Elle note toutefois que l’échographie peut être recommandée. « Mais on ne la montre pas aux patientes. »

La dimension psychologique

Les médecins n’ont pas tous été formés à la dimension psychologique de l’IVG. « Pour autant, ces témoignages restent exceptionnels, pense le Dr Bazin. On a certes des confrères très croyants qui ne vont pas être promoteurs de l’IVG. Ils peuvent renvoyer vers un autre médecin.

Les enjeux et les inégalités

À Nantes, l’IVG est accessible à toutes, en médecine libérale, ou en centre IVG : Simone-Veil au CHU, Clotilde-Vautier à Jules-Verne. On obtient une réponse dans la semaine, ou au plus tard, la suivante. « Mais il y a d’importantes inégalités dans la région, assure Sandrine Mansour, directrice du planning familial 44. En milieu rural, par exemple. Des médecins et des sages-femmes demandent à être conventionnées et n’arrivent pas à l’être.

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L’autre combat du planning familial concerne le délai légal des douze semaines de grossesse au-delà duquel il n’est plus possible de pratiquer un avortement. « Les femmes doivent se rendre en Espagne ou en Hollande, où c’est possible jusqu’à quatorze semaines, explique Sandrine Mansour. Au prix de 1 000 € l’acte, cela frappe les plus précaires.

Les centres de santé sexuelle

« J’ai eu un rapport non protégé, que faire ? », « Je rencontre des difficultés dans mon couple », « Je suis enceinte, je m'interroge », « Je souhaite une contraception »… Les centres de santé sexuelle sont des lieux d’écoute, d’information, d’accompagnement, de prévention, et aussi de soins (prescriptions médicales et consultations de gynécologie). Les consultations sont gratuites pour tous, mineurs, majeurs, avec ou sans couverture sociale et sans ordonnance.

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