La maladie d'Osgood-Schlatter est un trouble de la croissance osseuse qui se manifeste au niveau du genou, plus précisément sur la tubérosité tibiale antérieure (TTA). Cette condition, bien que fréquente, est bénigne dans 98% des cas. Elle touche principalement les garçons âgés de 11 à 15 ans, mais peut également affecter les filles et les garçons plus jeunes. Elle est souvent associée à une surutilisation du genou, particulièrement chez les enfants pratiquant des sports impliquant des impulsions importantes comme le basket-ball, le volleyball, le football, le tennis et la gymnastique.
Définition de la Maladie d'Osgood-Schlatter
La maladie d'Osgood-Schlatter est une ostéochondrose de croissance de la TTA sur un genou en croissance. La TTA est la petite bosse située en haut et en avant du tibia où s’insère le tendon rotulien, point d’attache final de l’appareil extenseur composé du quadriceps. Lors d’une pratique sportive intensive, le cartilage de croissance est soumis de façon répétée à des micro-traumatismes, ce qui provoque une inflammation locale douloureuse et des problèmes d’ossification. Elle fait suite à des poussées de croissance qui modifient rapidement la composition du genou.
Facteurs de Risque de la Maladie d'Osgood-Schlatter
Bien que l'origine exacte de la maladie d'Osgood-Schlatter reste inconnue, plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :
- L'âge: La maladie survient pendant les poussées de croissance de la puberté, généralement entre 8 et 15 ans.
- Le sexe: Bien que l’écart entre les sexes se rétrécit, la maladie est plus fréquente chez les garçons.
- Le sport: La maladie se déclare le plus souvent dans les sports qui impliquent la course à pied, le saut et des changements de direction rapide. Toute activité se pratiquant sur un sol dur (plancher, synthétique, glace…) est une activité à fort risque.
- La croissance osseuse rapide: L'os ayant tendance à croître et à se renforcer plus vite que le muscle, une croissance rapide peut alors entraîner des tensions au niveau des insertions tendineuses qui s'y trouvent.
- Les contraintes sportives trop intenses: Une fréquence ou intensité trop importantes des programmes d'entraînement, de la routine d'entraînement hebdomadaire et de la sollicitation répétitive du muscle quadriceps peut favoriser ce type d'atteinte.
- L'obésité: Un index de masse corporelle (IMC) élevé est considéré comme un facteur de risque significatif.
- Les déséquilibres musculaires: Une raideur importante des muscles ischio-jambiers semble participer à l'apparition des douleurs.
- Manque d'étirement ou un échauffement insuffisant: Certaines études proposent aussi un lien entre le manque d'étirement ou un échauffement insuffisant avant l'activité physique.
Une pratique sportive raisonnable diminue le risque de développer cette pathologie. Certains sports vont favoriser les extensions répétées et les sauts, qui occasionnent des microtraumatismes à l’articulation. C’est le cas du football, du basket ou encore du volley-ball.
Symptômes de la Maladie d'Osgood-Schlatter
Les symptômes de la maladie d'Osgood-Schlatter se manifestent essentiellement par une douleur au genou (au niveau de la TTA). La maladie d'Osgood-Schlatter touche souvent un côté plus que l'autre et peut entraîner:
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- Douleur sourde dans le genou au repos.
- Douleur vive et localisée au niveau de la tubérosité tibiale antérieure, juste en dessous de la rotule.
- Une exacerbation de la douleur lors de l'activité physique, en particulier durant les sauts et les flexions du genou. De nombreux patients décrivent des douleurs lors de la descente d'escaliers, après une longue période assise avec les genoux immobiles ou en s'accroupissant.
- Sensibilité au toucher.
- Enflure sous la rotule.
- Une inflammation locale, une sensibilité à la palpation de la tubérosité tibiale et un gonflement.
- Gêne durant la pratique du sport.
- Position à genoux douloureuse.
- Muscles tendus à l’avant ou à l’arrière de la cuisse.
- Flexion du genou difficile en appui, voire impossible.
- Apparition d’une petite bosse osseuse sous la rotule. En effet, certains enfants comblent l’écart par une nouvelle croissance osseuse permanente, mais qui deviendra indolore à terme.
- Une bosse osseuse peut parfois se former à l'endroit de l'inflammation.
La plupart du temps, les symptômes diminuent avec le repos. Le symptôme qui doit alerter est la douleur récurrente au genou, particulièrement après le sport.
Diagnostic de la Maladie d'Osgood-Schlatter
Le processus de diagnostic de la maladie d’Osgood-Schlatter débute par une consultation médicale approfondie, orchestrée par un professionnel de la santé, souvent un orthopédiste/orthésiste mais aussi par un médecin du sport ou médecin généraliste. Le diagnostic se base en premier lieu sur les symptômes rapportés par l’enfant, et l’examen clinique de la zone douloureuse.
Généralement, le diagnostic de la maladie d'Osgood-Schlatter se pose suite à un examen clinique. Le médecin va alors chercher un gonflement à l’avant du genou, accompagné de douleurs à la palpation ainsi qu’à l’effort. Pour confirmer le diagnostic, des radiographies peuvent être faites. Il peut cependant parfois être nécessaire de réaliser des examens complémentaires pour confirmer ou évaluer l'étendue de l'atteinte. Pour cela, l'examen de référence reste la radiographie du genou qui permet de mettre en évidence un agrandissement ou une avulsion (petit arrachement) de la tubérosité tibiale. Dans certains cas, un IRM ou une échographie peuvent être demandés pour observer les atteintes des tissus mous (comme le tendon). Dans ce processus, l’élimination d’autres causes similaires est essentielle. La radiographie permet également de s’assurer de l’absence de fragments d’os au sein du tendon rotulien.
Traitements de la Maladie d'Osgood-Schlatter
Le traitement de la maladie d'Osgood-Schlatter vise principalement à soulager la douleur et à permettre à l'enfant de continuer à être actif tout en minimisant l'inconfort. Un diagnostic précoce de la maladie d’Osgood-Schlatter revêt une importance cruciale, car il permet d’instaurer rapidement des mesures de gestion adaptées. Les parents jouent un rôle déterminant dans ce processus en surveillant attentivement les symptômes de leurs enfants et en consultant un professionnel de la santé dès l’apparition de douleurs persistantes au genou.
Voici les principales approches thérapeutiques:
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Repos et adaptation de l'activité physique: Le traitement s’appuie impérativement sur l’arrêt temporaire de la pratique sportive et le respect d’une immobilisation. La principale difficulté du traitement est de faire accepter l’arrêt du sport par l’adolescent. Le simple repos n'est pas une bonne idée et n'offre pas les meilleures conditions pour récupérer au mieux. Continuez à pratiquer une activité sportive en écoutant votre corps. Réduisez l'intensité et la fréquence de l'activité physique si vous ressentez de la douleur ou de l'inconfort au niveau du genou. Évitez les sports à impact élevé (foot, basket, volley, course…) et privilégiez d'autres sports plus adaptés comme la natation, le vélo, le rameur… Le critère impératif doit être l'absence de douleurs! Des stratégies telles que de courtes pauses lors de la pratique d’un sport d’équipe permettent de laisser le temps à la douleur de se calmer.
Soutien de l'articulation: Le port d’une genouillère peut aider à moins solliciter le genou. Dans certains cas, votre médecin pourra recommander le port d’une genouillère, dans l’objectif de limiter la flexion du genou au quotidien et pendant le sport.
Médicaments: Le traitement médical de la maladie d'Osgood-Schlatter vise principalement à soulager la douleur et à réduire l'inflammation. S'il le considère nécessaire, le médecin pourra prescrire des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Par ailleurs, il est déconseillé de prendre des anti-inflammatoires car ils masquent l’inflammation et pourraient laisser croire à l’enfant qu’il est guéri.
Kinésithérapie: La prise en charge en kinésithérapie est fortement recommandée pour l’adolescent sportif. Le kinésithérapeute accompagne également l’enfant dans la reprise de ses activités sportives, et la correction du geste technique si nécessaire. Des techniques de manipulation manuelle peuvent aider à soulager la douleur et à améliorer la fonction musculo-squelettique. Ils pourront aussi travailler sur de potentiels déséquilibres musculaires parfois responsables de l'aggravation des symptômes.
Exercices: Un programme d’exercices basé sur 3 principes peut être mis en place:
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- Des étirements pour assouplir les muscles et les tissus entourant l’articulation du genou afin de faciliter sa mobilité.
- Des renforcements pour augmenter la force et la puissance des muscles intervenant sur le genou afin de diminuer les déséquilibres musculaires.
- De la proprioception pour améliorer l’équilibre et la stabilité du genou.
Pratiquez-les quotidiennement sur une durée de 1 à 3 mois selon votre douleur. Il est important d’écouter son corps, de ne pas forcer et en cas de douleurs de stopper les exercices pour demander conseil à un ostéopathe.
- Etirements pour la maladie d'Osgood-Schlatter:
- On étire ses muscles quadriceps: Debout avec la main en appui sur le dossier d’une chaise (ou sur un mur) pour s’aider à conserver l’équilibre. Fléchir la jambe à étirer et agripper le pied pour coller le talon au plus proche de la fesse. Conserver le dos droit durant tout l’étirement et maintenir la position 45 secondes avant de changer de côté. Répétitions : 3 répétitions de 45 secondes d’étirements. Bienfaits : Cet étirement relâche les muscles quadriceps situés à l’avant des cuisses pour limiter leurs tensions sur le genou et soulager la maladie d'Osgood-Schlatter.
- On relâche ses muscles ischio-jambiers: Debout face à une marche (ou un petit tabouret). Poser le talon de la jambe à étirer sur la marche et tendre le genou. Pencher progressivement les épaules vers l’avant tout en conservant le dos droit. Une fois l’étirement perçu à l’arrière de la cuisse, maintenir la position 45 secondes puis revenir en position initiale. Répétitions : 45 secondes d’étirement à répéter 3 fois par côté. Bienfaits : Etire les muscles ischio-jambiers situés à l’arrière de la cuisse et du genou pour limiter leur tensions sur le genou et soulager les douleurs de la maladie d'Osgood-Schlatter.
- On détend ses mollets: Debout, mains à plat sur un mur avec les bras tendus. Reculer la jambe arrière tout en veillant à conserver le talon au sol. Fléchir la jambe avant jusqu’à sentir un étirement dans le mollet de la jambe tendue. Maintenir la position entre 20 et 30 secondes puis recommencer avec l’autre jambe. Répétitions : 2 répétitions par côté espacées de 20 secondes de repos. Bienfaits : Etire les muscles des mollets pour soulager les tensions sur le genou et calmer la douleur dela maladie d'Osgood-Schlatter.
- On fléchit les hanches: Allongé sur le dos, fléchir les genoux et poser les pieds au sol. Avec l’aide des mains, ramener un genou vers la poitrine tout en laissant l’autre jambe fléchie avec le pied au sol. Une fois la position maximale atteinte, maintenir 30 secondes puis recommencer. Consignes : 2 séries par côté. Bienfaits: Cet exercice permet d'étirer les muscles fessiers, stabilisateurs du bassin et pouvant intervenir indirectement dans les douleurs de la maladie d'Osgood-Schlatter.
- Proprioception pour la maladie d'Osgood-Schlatter:
- On dessine une étoile: Dessiner un motif étoilé au sol (avec du ruban adhésif par exemple). Se tenir au milieu sur une seule jambe. A l’aide du pied levé, venir toucher les branches de l’étoile une à une le plus loin possible tout en conservant l’équilibre. Durée : 3 répétitions de 1 minute d’exercice par côté. Bienfaits : Améliore la proprioception (perception consciente et inconsciente dans l’espace) et l’équilibre des membres inférieurs pour prévenir les récidives de la maladie.
- Renforcement pour la maladie d'Osgood-Schlatter:
- On fait la chaise: Debout dos à un mur. Faire un squat en fléchissant les genoux jusqu’à 70° de flexion Conserver le dos à plat et maintenir la position pendant 30 à 45 secondes. Répétitions : 2 à 3 répétitions. Bienfaits : Renforce les muscle des cuisses et du bassin pour prévenir la douleur de la maladie d'Osgood-Schlatter.
- On se squat: Debout, les pieds écartés de la largeur des épaules. Plier les genoux et descendre le bassin le plus possible comme pour s’accroupir en gardant le dos bien droit et les genoux alignés avec les pieds (si l’exercice est difficile, pratiquer des 1/2 ou 1/4 de squat pour ne par forcer sur le genou). Maintenir la position basse 3 secondes puis remonter. Répétitions : 3 séries de 10 répétitions espacées par 1 minute de repos. Bienfaits : Renforce les muscles des cuisses et du bassin pour prévenir les douleurs de la maladie d'Osgood-Schlatter.
- On renforce ses quadriceps: Assis sur une chaise avec un élastique au niveau de la cheville (en l'ayant préalablement enroulé sur un des pieds de la chaise) Tendre la jambe devant soi. Répéter 10 à 15 fois en contrôlant le mouvement. Consignes : Entre 10 et 15 répétitions. Bienfaits : Renforce les muscles quadriceps à l'avant de la cuisse pour diminuer les déséquilibres musculaires responsables de la douleur d'Osgood-Schlatter.
- On renforce ses ischio-jambiers 1/2: Allongé sur le dos, plier les genoux et poser les pieds au sol. Tendre les bras devant soi et lever les fesses. Maintenir la position pendant 3 secondes puis redescendre lentement. Recommencer 10 fois. Consignes : 1 à 2 séries. Bienfaits : Ce geste renforce les muscles ischio-jambiers et améliore le gainage pour diminuer les déséquilibres musculaires responsables de la douleur d'Osgood-Schlatter.
- On renforce ses ischio-jambiers 2/2: Allongé sur le dos, plier les genoux et poser les pieds au sol. Poser la cheville gauche sur le genou opposé pour avoir les deux jambes perpendiculaires l’une à l’autre. Tendre les bras devant soi et lever les fesses. Maintenir la position pendant 3 secondes puis redescendre lentement. Recommencer 10 fois puis changer de côté. Consignes : 1 à 2 séries par côté.
Protocole Orthorepass: Le seul traitement recommandé pour la maladie d’Osgood-Schlatter est le protocole Orthorepass. Notre expérience dans le traitement de l’Osgood-Schlatter nous a permis, au fil des années, de construire un protocole de base sur 3 mois qui est ensuite personnalisé à chaque enfant en fonction de son niveau de douleur.
Chirurgie: Si les os et les tendons ne guérissent pas correctement, la chirurgie peut être nécessaire mais n’est presque jamais utilisée. Une intervention chirurgicale n’est nécessaire que dans les très rares cas où un traumatisme entraîne un déplacement osseux, voire un arrachement, ou des calcifications intra tendineuses.
Prévention de la Maladie d'Osgood-Schlatter
En prévention, il convient d’adapter l’activité sportive dès l’apparition des premières douleurs (qui sont un signal d’alerte dont il faut tenir compte), et de ménager des temps de récupération pour éviter que le phénomène ne s’amplifie. Le port d’une genouillère peut également aider à moins solliciter le genou. Enfin, le choix du sport pratiqué pourra avoir une incidence.
Complications Possibles
Les complications sont rares mais peuvent inclure des douleurs chroniques ou un gonflement localisé. Dans de rares cas, on observe un retrait de la plaque de croissance de l’os du tibia. Continuer le sport, en ayant la maladie d’Osgood-Schlatter, peut entraîner un arrachement total de la tubérosité. Cela entraîne une immobilisation définitive de l’enfant jusqu’à l’âge de 15 ans où une intervention chirurgicale sera nécessaire (fixation mécanique de la TTA au tibia). Il arrive parfois que suite à la guérison, on observe une hypertrophie de la TTA, préjudiciable sur le plan esthétique. Également, des calcifications intra-tendineuses du tendon rotulien peuvent être observées, provoquant ainsi une tendinopathie chronique du tendon rotulien. Ces conséquences peuvent se manifester tardivement, à l’âge adulte, après un choc, par exemple.
Évolution et Guérison
La maladie d’Osgood-Schlatter se guérit naturellement à la fin de la croissance de l’enfant. Sans traitement spécifique, l’enfant devra arrêter totalement le sport jusqu’à la disparition de la douleur. La période d’arrêt est comprise entre 6 et 18 mois, selon l’évolution. Un délai qui peut être délicat à gérer pour les sportifs de haut niveau, ou les adolescents particulièrement actifs. Car si l’on ne se met pas au repos, la guérison peut être retardée, et les symptômes gagner en intensité. Il faut respecter la règle de la non-douleur. La résolution se fait normalement dans les 2 ans (80% à 1 an) suivant la fin de la croissance. Les échecs sont souvent liés au défaut d’observance.
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