Introduction
Les malpositions embryonnaires et malformations congénitales, notamment celles affectant les pieds, représentent un sujet de préoccupation pour de nombreux parents. Ces conditions, qui se développent pendant la vie intra-utérine, peuvent avoir des causes variées et nécessitent une prise en charge adaptée. Cet article vise à explorer en profondeur les causes des malpositions embryonnaires, en particulier celles affectant les pieds, les méthodes de dépistage, les traitements disponibles, ainsi que l'importance du rôle des parents dans le processus de guérison. Il est important de noter que cet article se concentrera principalement sur les malpositions et malformations du pied, en raison de la richesse des informations fournies à ce sujet.
Qu'est-ce qu'une Anomalie Congénitale du Pied ?
Les malformations congénitales du pied sont des anomalies qui se développent pendant la vie intra-utérine de l'enfant. Elles sont considérées comme congénitales dès lors que l'enfant naît avec ces malformations. Généralement, ces malformations se constituent pendant les trois premiers mois de la grossesse. La détection peut se faire par échographie pendant la grossesse ou à la naissance.
Il est crucial de distinguer les "malpositions" (déformations du pied liées à une mauvaise position du bébé dans le ventre de la mère) des véritables "malformations" qui affectent les os, les muscles, les articulations, les vaisseaux et les nerfs. La distinction entre ces deux types d'anomalies n'est pas toujours évidente, mais le traitement diffère.
- Les malformations nécessitent une prise en charge orthopédique dès la naissance et parfois un traitement chirurgical.
- Les déformations liées à une malposition peuvent souvent se corriger d'elles-mêmes. Si ce n'est pas le cas, un traitement orthopédique peut être proposé.
Les malformations apparaissent généralement pendant la période embryonnaire (avant la 8ème semaine), tandis que les malpositions surviennent plus tard au cours de la grossesse.
Types de Malformations Congénitales du Pied
Les malformations congénitales du pied sont nombreuses et variées. Elles peuvent être d'ordre qualitatif (comme un pied bot) ou quantitatif (comme la présence d'orteils en excès). Elles sont aussi relativement courantes.
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- Pied bot en varus équin : C'est la plus fréquente. Elle se traduit par un pied tourné vers l'intérieur (varus) et un talon qui ne touche pas le sol (en équin). Cette malformation affecte environ 1 enfant sur 800, en majorité des garçons.
- Pied convexe congénital : Une variété de pied bot qui se traduit par un avant-pied relevé et une plante du pied qui regarde vers l'extérieur. Cette malformation est beaucoup plus rare, mais son pronostic reste sévère.
- Malformations touchant le bout du pied : Elles se traduisent par un nombre d'orteils en excès ou en défaut, ou encore par des anomalies d'orientation, de dimension ou de forme (polydactylies, syndactylie, pied fendu…).
Quant aux malpositions, les plus fréquentes sont les pieds talus (lorsque la face dorsale du pied est exagérément fléchie vers la jambe) et les pieds varus (les pieds sont tournés en dedans) dont l'évolution est généralement favorable.
Causes des Anomalies Congénitales du Pied
Les causes des anomalies congénitales du pied sont souvent mal connues. Elles sont généralement d'ordre génétique, mais il peut aussi s'agir d'une insuffisance de développement. Enfin, la malformation trouve parfois son origine dans la rupture de la membrane amniotique, pendant le premier trimestre de la grossesse (c'est ce qu'on appelle la maladie des brides amniotiques).
L'Importance d'un Deuxième Avis
Un deuxième avis est tout à fait pertinent lorsqu'une malformation est suspectée chez un enfant à naître, car, pour assurer la meilleure des prises en charge, le diagnostic anténatal doit être le plus précis possible. Un traitement rapidement engagé, dès la naissance, permet souvent d'améliorer le pronostic.
De plus, un deuxième avis permet aussi de rassurer la famille en apportant des informations et un éclairage nouveau. Les parents doivent être clairement informés sur la prise en charge qui aura lieu dès la naissance et surtout sur le pronostic fonctionnel et esthétique du pied de leur enfant. Le rôle des parents est essentiel dans la réussite du traitement. Ce sont eux qui accompagneront l'enfant tout au long de son parcours thérapeutique.
Spécialistes de l'Anomalie Congénitale du Pied
Un orthopédiste pédiatrique spécialisé dans les malformations du pied chez l'enfant est le spécialiste le plus approprié pour prendre en charge ces anomalies.
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Traitements des Anomalies Congénitales du Pied
Le traitement peut être double : orthopédique et chirurgical. Avant tout, il a un objectif fonctionnel, qui prime sur l'objectif esthétique.
- Traitement orthopédique : C'est le traitement de première intention. Il doit être commencé dès les premiers jours qui suivent la naissance de l'enfant. Basé sur des manipulations et l'utilisation d'attelles, ce traitement doit permettre de corriger petit à petit les déformations. Il concerne surtout les malpositions et les malformations susceptibles d'être améliorées. Il s'agit notamment des pieds bots en varus équin, des pieds talus valgus, des pieds convexes, ou encore des métatarsus varus. Dans le cas d'une malformation, le traitement pourra être complété par un traitement chirurgical.
- Traitement chirurgical : Il vise les malformations sévères ou non réductibles du pied. Le traitement chirurgical n'est généralement pas proposé avant les 6 premiers mois de l'enfant. Les interventions varient en fonction du type de malformation observée.
Autres Malpositions Embryonnaires et Anomalies Placentaires
Bien que cet article se concentre principalement sur les malformations du pied, il est important de mentionner d'autres malpositions embryonnaires et anomalies placentaires qui peuvent survenir pendant la grossesse.
Anomalies Placentaires
Le placenta, organe essentiel à la vie du fœtus, peut présenter diverses anomalies. Ces anomalies peuvent impacter le développement du fœtus et la santé de la mère.
- Position du placenta : Jusqu’à la 18e semaine de grossesse, de nombreux placentas sont positionnés dans le bas de l’utérus, et cela ne pose aucun problème. La grande majorité « migre » vers le haut, au fur et à mesure que l’utérus grandit. Un petit pourcentage (1/200) s’insère près du col de l’utérus, au niveau du segment inférieur (élément qui se constitue au troisième trimestre entre le col et le corps de l’utérus). Cette position peut non seulement gêner la sortie du bébé, mais est également susceptible d’entraîner des saignements quand surviennent les contractions. Les complications dépendent de la distance du placenta par rapport au col. On parle de placenta antérieur ou postérieur en fonction de la position à laquelle se situe le placenta (s'il est à l'arrière ou à l'avant de l'utérus). Lorsque le placenta est situé au fond de l'utérus, on parle de placenta fundique.
- Infection placentaire : Des germes maternels peuvent atteindre le placenta de différentes manières, par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus lui-même. Les microbes peuvent coloniser la masse du placenta ou siéger au niveau des membranes amniotiques. L’échographie montre parfois l’infection placentaire, mais ce n’est pas toujours évident.
- Anomalies de forme : En fin de grossesse, le placenta se présente sous l’aspect d’un disque de 20 cm de diamètre et de 35 mm d’épaisseur. Il pèse environ 500-600 g. De temps en temps, son aspect est différent. Au lieu de ne former qu’une seule grosse masse, il est divisé en deux parties reliées par le cordon (placenta bi-partita). D’autres fois, c’est un petit lobe placentaire qui se trouve à distance de la masse principale (cotylédon aberrant).
- Décollement placentaire (Hématome rétro-placentaire) : Quand tout se déroule normalement, le placenta se sépare de l’utérus au moment de la délivrance. Lorsque le phénomène a lieu avant l’accouchement, il se crée un hématome (poche de sang) entre la paroi utérine et le placenta qui provoque une interruption des échanges materno-fœtaux. Quand le décollement concerne tout le placenta, on parle d’hématome rétro-placentaire. Cette complication, peu fréquente heureusement, peut avoir des conséquences graves sur la maman et le bébé. Les premiers signes sont généralement caractéristiques : saignements et douleur abdominale brusque, très vite suivis d’une souffrance fœtale. Une fois le diagnostic posé, pas de temps à perdre !
- Placenta accreta : Normalement, le placenta s’insère au niveau de la muqueuse utérine. Ce mécanisme, qui arrive très tôt au cours de la grossesse, peut se dérouler de façon anormale. C’est le cas lorsque l’adhésion d’une partie ou de la totalité du placenta s’étend plus profondément qu’elle ne devrait dans l’utérus. On parle alors de placenta accreta. Cette implantation heureusement rare (1/2 500 à 1/1 000 grossesses) peut se compliquer d’hémorragie au moment de la délivrance.
- Môle hydatiforme : Ce type d’anomalie est rare, de l’ordre d’1 grossesse sur 1 000. On le rencontre dans les grossesses dites môlaires (ou môle hydatiforme). L’origine est chromosomique et survient dès la fécondation. Des saignements en début de grossesse, des nausées ou vomissements importants, et un utérus mou ou plus gros que la normale pour le terme, peuvent mettre la puce à l’oreille. Deux types de môles hydatiformes existent. Après l’évacuation par aspiration de la grossesse môlaire, des dosages réguliers de l’hormone de grossesse (hCG) sont prescrits durant plusieurs mois. En effet, ils sont généralement anormalement élevés dans ce type de maladie, mais doivent se négativer par la suite. Il arrive parfois qu’une môle hydatiforme persiste, ou s’étende à d’autres organes.
Malformations des Membres
Les malformations des membres touchent environ une naissance sur 1500. Les malformations congénitales réductionnelles des membres sont très hétérogènes sur le plan étiologique (causes de la maladie). Les membres apparaissent très tôt dans la vie de l’embryon (26ème jour pour les membres supérieurs, 28ème pour les membres inférieurs), sous la forme de bourgeons.
- Hémimélie transversale : La plus fréquente des malformations réductionnelles des membres. Elle touche les enfants des deux sexes, est isolée et n’atteint qu’un seul membre, majoritairement un membre supérieur, et le plus souvent au tiers moyen de l’avant-bras. Cette anomalie est accidentelle, elle est attribuée à un accident vasculaire très précoce, touchant la petite artériole qui vascularise la crête ectodermique apicale.
- Amélies : Beaucoup plus rares et plus probablement génétiques car souvent bilatérales.
- Hémimélies longitudinales : Elles aussi, le plus souvent, une cause génétique, même lorsqu’elles sont unilatérales. Par exemple, une aplasie (absence) ou hypoplasie (défaut de développement) du radius, qui est responsable d’une malposition de la main (main bote) et qui est, le plus souvent associée à une absence de pouce, peut être liée à de nombreuses causes génétiques différentes, le plus souvent transmises sur un mode autosomique dominant.
Utérus Rétroversé
Chez environ 70 à 80 % des femmes, l'utérus est antéversé, c’est-à-dire qu’il penche légèrement vers l’avant (vers la vessie). Ainsi, l’utérus rétroversé ne correspond pas à la norme, sans être pour autant une anomalie ou une maladie. Lorsqu’il est primaire, ses causes ne sont pas connues. Il arrive également que la position rétroversée de l’utérus puisse impacter le transit intestinal, engendrant notamment des problèmes de constipation. Toutefois, lorsqu’il engendre des douleurs, de l’inconfort ou des troubles du transit intestinal, une prise en charge peut être envisagée. Un utérus rétroversé n’a aucun impact sur la fertilité, la poursuite d’une grossesse ou l’accouchement. Aussi, il est parfaitement possible de mener une grossesse normale avec un utérus rétroversé.
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Syndrome d'Apert
Les personnes atteintes du syndrome d'Apert ont une craniosténose complexe (impliquant plusieurs sutures), le plus souvent bicoronale (fermeture prématurée des deux sutures coronales situées à l'avant du crâne, et qui rejoignent la fontanelle antérieure) à l'origine d'une tête large avec un front plat (on parle de brachycéphalie). La chirurgie va permettre d’avancer la partie du front et des orbites, qui sont aplatis et déplacés vers l'arrière, avec un geste de remodelage et d'avancement fronto-crânien.
Septum Utérin
L’utérus, les trompes et le vagin (ou au moins une partie de celui-ci) proviennent de structures de l’embryon appelées canaux de Müller. Les deux techniques qui aident le mieux à diagnostiquer l’existence d’un septum utérin sont l’échographie 3D et la résonnance magnétique. Elles nous permettent non seulement d’observer s’il existe ou non un septum, mais aussi de déterminer s’il est complet ou partiel, ainsi que sa grosseur en cas d’éventuelle chirurgie. Une autre option serait de réaliser une hystéroscopie diagnostique qui permet d’analyser la cavité et de déterminer une éventuelle chirurgie postérieure. Les patientes avec des septums ne tendent pas à avoir des symptômes au quotidien, comme une douleur lors de la menstruation, l’hyperménorrhée ou le saignement abondant. Dans le cas de l’utérus septum partiel, ces complications, qui peuvent également apparaître, ont une relation qui n’est pas toujours aussi importante. Il convient également de mentionner l’uterus subseptus ou arcuatus, dans lequel ces associations n’apparaissent pas. Il faut signaler qu’une femme avec un septum peut tomber enceinte et accoucher sans avoir ces conséquences. De ce fait, il existe encore un débat sur si TOUS les septums devraient ou non opérés. Le seul traitement correcteur est la septoplastie, qui consiste à supprimer le septum par la procédure appelée hystéroscopie. Il fut observé que la suppression du septum pouvait réduire le risque de fausse couche et de malposition fœtale. Elle serait donc préconisée pour des patientes ayant un dossier de perte gestationnelle récurrente ou des antécédents de complications obstétriques pour position fœtale. Toutefois, il n’a pas été démontré qu’elle améliore le taux d’implantation.
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