Tel un poisson dans l’eau, le bébé grandit paisiblement dans un environnement protecteur durant la grossesse. Le liquide amniotique, substance claire et stérile, joue un rôle essentiel dans le développement et la protection du fœtus. Cet article explore en détail la définition, la formation, le rôle et les anomalies potentielles du liquide amniotique, offrant une vue d'ensemble complète de son importance.

Qu'est-ce que le liquide amniotique ?

Le liquide amniotique est le liquide biologique contenu dans le sac amniotique, dans lequel baigne l’embryon puis le fœtus. Il est enfermé dans une poche hermétique constituée d'une double membrane : l'amnios et le chorion. L’amnios est l’enveloppe qui protège l’embryon puis le fœtus ; avec le chorion, l’amnios forme le sac amniotique, autrement dit « la poche des eaux ». Ce liquide clair et limpide peut être comparé à un coussin douillet, qui entoure le bébé.

Composition du liquide amniotique

Principalement constituée d'eau (entre 97 et 99 %), cette substance renferme également des sels minéraux, des cellules fœtales, des matières sébacées ou encore des protéines dotées de propriétés antibactériennes. Le liquide amniotique sera alors essentiellement composé d’eau puis, au fur et à mesure des semaines de grossesse, de sels minéraux, d’acides aminés, de cellules fœtales et bien sûr, de l’urine de notre futur bébé. On y trouve en effet les nutriments issus de l’alimentation de la mère. Ils peuvent emprunter deux voies : par le sang via le cordon ombilical, ou à travers les membranes pour atteindre directement la poche des eaux. Leurs effluves odorants parfument le liquide amniotique. Ainsi, c’est durant sa vie intra-utérine que l’enfant s’habitue aux saveurs des aliments ingérés par sa mère. Le liquide amniotique est essentiellement composé d’eau (97 à 99 %) et de sels minéraux. Mais il contient aussi des cellules fœtales (ce sont elles qui permettent l’étude des chromosomes après amniocentèse), des fragments de matières sébacées, des protéines aux activités antibactériennes et des « flocons » de vernix caseosa, un enduit blanc et graisseux qui protège la peau du fœtus.

Formation et renouvellement du liquide amniotique

Le liquide amniotique est fabriqué dans les premiers temps par les membranes du sac amniotique. À partir du 4e mois de grossesse, c’est le futur bébé lui-même qui le sécrète et le renouvelle. En effet, sa peau devient imperméable (processus de kératinisation) et ne laisse donc plus librement passer l’eau. Dès lors, la bonne quantité de liquide amniotique est garantie par l’équilibre entre ce que sécrète le fœtus et ce qu’il ingère in utero. Perpétuellement renouvelé, le liquide amniotique est avalé, dégluti puis éliminé en urinant. Le fœtus en absorbe entre 200 et 500 ml par jour. Au cours de la grossesse, le fluide contenu dans la poche amniotique est majoritairement composé par l'urine et les sécrétions pulmonaires du bébé. Il faut dire que le fœtus absorbe entre 200 ml et 600 ml de liquide amniotique chaque jour qu'il élimine en urinant. A partir du début du 5ème mois le fœtus déglutit le liquide amniotique (environ 400 ml. par jour) et urine dans la cavité amniotique, contribuant ainsi à une rotation assez rapide estimée 3 à 4 heures. Cette urine fœtale est essentiellement aqueuse car c’est le placenta qui assure l’élimination des déchets métaboliques.

Volume du liquide amniotique

La quantité de liquide évolue au cours de la grossesse. De 20 ml à 2 mois, il passe à 600 ml autour de 6 mois, pour atteindre près de 2 litres vers 8 mois et redescendre à moins d’un litre à terme. Il faut bien laisser de la place à votre bébé, de plus en plus grand et gros ! Le volume du liquide amniotique est un paramètre primordial que votre gynécologue mesurera tout au long de votre grossesse. Si la quantité du fluide fœtal est infime au début de la grossesse, il peut atteindre jusqu'à 1000 ml à la 34e semaine de grossesse avant que son volume ne diminue en vue de l'accouchement. Ce liquide présente une quantité variable à terme entre 500 et 1 500 ml.

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Quant à la texture, elle aussi change. Pendant toute une partie de la grossesse, le liquide est très fluide. Puis lors des deux derniers mois, il se concentre, s’épaissit : il servira de lubrifiant au moment de l’accouchement.

Rôle crucial du liquide amniotique

Le liquide amniotique a un rôle protecteur à différents niveaux. Le liquide amniotique permet non seulement au bébé de bouger facilement dans le ventre de sa mère mais il le protège aussi des chocs extérieurs et des infections. Sa fonction essentielle est d’offrir un nid douillet à votre bébé dans lequel il pourra se développer bien à l’abri.

  • Protection physique: Il le protège ainsi des chocs externes et du froid, en le maintenant à une température constante de 37 degrés. Il empêche l’adhérence du fœtus à l’amnios et permet les mouvements fœtaux.
  • Développement moteur: L’eau permet les mouvements actifs du fœtus, indispensables au développement de sa motricité dans le ventre de sa mère.
  • Protection antibactérienne: Mais le liquide amniotique a surtout un puissant rôle antibactérien. Le liquide sécrète un produit bactéricide capable d’arrêter la prolifération de certaines bactéries et même de les tuer.
  • Maintien de la température: Le liquide amniotique lui permet en effet d’être maintenu à une température constante.
  • Source d'eau et de sels minéraux: Il est aussi « ravitaillé » en eau et sels minéraux.

Anomalies du liquide amniotique

Lors de l’échographie, le/la gynécologue ou la sage-femme évalue le volume de liquide amniotique. Cette estimation lui permet de dire si tout semble normal. Pour le médecin, c’est un critère important : si la quantité de liquide est normale, c’est que le fœtus va bien. Il est assez fréquent que la quantité de liquide subisse de petites variations temporaires mais celles-ci sont la plupart du temps sans aucune conséquence. Le liquide amniotiquedoit être clair. Mais il peut présenter parfois un aspect trouble ou verdâtre, ce qui alerte le médecin. Cette couleur traduit en effet l’émission de méconium (première selle du fœtus), signe d’une souffrance fœtale qui peut justifier le déclenchement de l’accouchement. Si le liquide comporte des traces de sang, il s’agit sans doute d’un hématome rétroplacentaire.

Hydramnios

Lorsqu’elle apparaît vraiment trop importante pour la taille de l’utérus, c’est plus inquiétant. Les médecins parlent alors d’« hydramnios ». L’hydramnios est un excès de liquide amniotique. Ce phénomène peut être dû à une fabrication excessive de liquide, ou à un défaut de résorption par le fœtus. Un examen clinique et échographique minutieux permettra d’en détecter la cause (anomalie fœtale éventuellement associée à un diabète ou une incompatibilité de groupe sanguin entre la mère et l’enfant). Quand il est rapide, il s’accompagne de symptômes tels que des douleurs utérines, des contractions… La cause principale d’un liquide amniotique trop abondant est un diabète gestationnel. Une quantité trop importante de liquide amniotique peut aussi être un signe révélateur de malformations fœtales. Souvent, c’est l’intestin de bébé qui est bouché : il y a un problème au niveau de l’œsophage, qui ne communique pas avec l’estomac. C'est un facteur de risque de l'embolie amniotique.

Car il ne faut pas traiter ce problème à la légère. L’hydramnios peut en effet provoquer une distension de l’utérus et des contractions utérines qui sont parfois à l’origine d’un accouchement prématuré.

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Oligoamnios et Anamnios

Tout à fait. Et c’est parfois préoccupant : l’insuffisance de liquide amniotique - appelée « oligoamnios » -, ou son absence totale - « anamnios » -, peut compromettre le bon développement de l’enfant. Dans le cas d’un liquide amniotique insuffisant, on parle d’oligoamnios, ce qui correspond généralement à une rupture de la poche des eaux. Très précocement. Là encore, le médecin s’emploiera à déterminer la cause de cette diminution et ses conséquences. Il recherchera une pathologie fœtale (comme une anomalie rénale) ou maternelle - soit de type placentaire soit obstétrical (fissuration ou rupture de la poche des eaux). Il s’assurera surtout que le fœtus ne souffre pas.

Muni de toutes ces indications, le gynécologue décidera s’il est raisonnable de poursuivre la grossesse. L'insuffisance de liquide amniotique à l'approche du terme peut être l'indice d'une anomalie de la production fœtale (anomalie rénale), l'excès de liquide est parfois l'indice d'une anomalie de la résorption fœtale (anomalie digestive).

Fissure de la poche des eaux

Il arrive parfois que se produise une fissure, engendrant une petite fuite. Elle peut être causée par une infection vaginale qui fragilise les membranes. Ou bien par une activité trop importante de l’utérus qui se contracte et met l’amnios et le chorion sous tension. La poche des eaux peut effectivement se rompre ou se fissurer avant terme. Ce phénomène se caractérise par un faible écoulement, qu’il ne faut pas confondre avec des pertes d’urine ou des sécrétions vaginales. Pas toujours facile… Si vous avez le moindre doute, surtout n’hésitez pas à consulter.

Deux soucis se posent alors… Sous l’effet de la déchirure des membranes, des prostaglandines sont libérées et elles risquent de déclencher les contractions de travail. D’autre part, le bébé est désormais sans protection contre d’éventuelles infections puisque sa poche n’est plus hermétique. La future maman est alors hospitalisée et alitée. L’équipe médicale peut décider de laisser se faire l’accouchement, si le terme n’est pas trop éloigné, pour ne pas courir le risque d’une infection. Ou bien prendre le parti de retarder encore un peu le travail si la prématurité est trop grande : dans ce cas, on prélève régulièrement un peu de liquide - en général, les écoulements continuent faiblement - pour une surveillance bactériologique. Et comme la nature est bien faite, la rupture des membranes a entraîné la libération de phospholipides dans le liquide amniotique, substances qui accélèrent la maturation des poumons.

Rupture de la poche des eaux et accouchement

Lors de l’accouchement, les contractions utérines percent le sac amniotique qui se vide de son liquide : c’est la rupture de la poche des eaux (la future accouchée « perd les eaux). Lors de la grossesse, la femme enceinte peut avoir des sécrétions vaginales importantes, en particulier lors du dernier trimestre. La future maman peut parfois vivre une rupture de la poche des eaux provoquant un important flot d’eau incolore et inodore. Dans ce cas aucun doute, elle a bel et bien perdu les eaux. Cependant, un petit filet d’eau peut s’écouler de manière discontinue lorsque la poche des eaux n’est que fissurée. Pour savoir si on a un véritablement perdu les eaux, on peut placer une protection hygiénique dans son sous-vêtement. Lorsque celle-ci est régulièrement mouillée, sans effort, ni toux, cela signifie que votre poche des eaux s’est rompue.

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Pour un bon tiers des femmes, la poche des eaux se rompt avant d’être réellement en travail. Comme elles sont à terme, cela ne pose pas de problème particulier : il leur suffit de se rendre à la maternité dans les deux heures. Le plus souvent, le travail se met en route rapidement. Si ce n’est pas le cas, on le provoque dans un délai de 24 à 48 heures maximum : le risque d’infection augmente avec la durée d’ouverture des membranes. Lors du travail de l'accouchement, le liquide amniotique, mis sous pression par les contractions utérines, contribue à former la poche des eaux tant que les membranes restent intactes ; cette poche joue le rôle de coin hydrostatique qui aide à la dilatation du col.

Venons-en au déroulement le plus fréquent : la poche des eaux se déchire spontanément alors que le col a déjà commencé à se dilater (entre 4 et 10 cm). En début de travail, la poche des eaux contribue à la dilation du col. En effet, sous l’effet des contractions, elle se bombe tel un ballon de baudruche à l’avant de la tête du bébé et appuie sur le col. Si la dilatation du col ne progresse pas suffisamment, la sage-femme rompra peut-être elle-même la poche des eaux pour provoquer la descente du bébé. Avec un petit ustensile pointu, elle gratte tout doucement les membranes jusqu’à faire un petit trou. En procédant avec beaucoup de délicatesse, il n’existe aucun risque de toucher la tête du bébé.

Parfois, l’enfant naît « coiffé » des membranes de sa poche. Ce phénomène, assez peu courant, véhicule une forte dimension symbolique. La croyance populaire veut que cette “coiffe” porte chance à l’enfant, lui assure bonheur et invulnérabilité », remarque Marie-Josèphe Wolff-Quenot, embryologiste. A l’image des nourrissons venant au monde avec une dent… comme si la rareté devait forcément être le signe d’un destin extraordinaire.

Mais le plus souvent, les membranes sortent en même temps que le placenta, lors de la délivrance. Elles sont alors inspectées avec beaucoup de soin pour vérifier qu’elles sont entières. S’il en restait un petit morceau à l’intérieur, cela pourrait empêcher l’utérus de se rétracter ou favoriser une infection.

Après neuf mois de bons et loyaux services, l’amnios et le chorion rejoignent avec le placenta une poubelle spéciale réservée aux déchets sanguins. Ceux-ci seront ensuite incinérés.

Examens liés au liquide amniotique

Amniocentèse

L’amniocentèse consiste à prélever 10 à 20 ml de liquide amniotique. Cet examen permet d’isoler et d’étudier quelques cellules fœtales afin de pouvoir dépister des maladies héréditaires ou anomalies chromosomiques, comme la trisomie 21, voire diagnostiquer certaines infections (cytomégalovirus, toxoplasmose…). Il n’est proposé systématiquement (et remboursé à 100 % par la Sécurité sociale) qu’aux femmes de 38 ans et plus ou ayant déjà eu un enfant trisomique (elles ont bien sûr le droit de refuser). L’amniocentèse est aussi indiquée lorsque le test sanguin de dépistage de marqueurs sériques (dosage d’hormones mesurant le risque de trisomie), pratiqué en début de grossesse, s’avère positif.

Amnioscopie

L’amnioscopie, elle, est un autre examen visant à observer le liquide amniotique, mais assez rare, et surtout pratiqué en fin de grossesse, en cas de dépassement de terme. Il permet de contrôler l’aspect du liquide amniotique à travers la poche des eaux. A l’aide d’un tube lumineux introduit dans le col utérin, le médecin note la coloration du liquide, normalement clair.

Conseils pour une bonne qualité du liquide amniotique

Si la quantité de liquide amniotique n’est pas directement liée à l’état d’hydratation de la mère, boire suffisamment au cours de la grossesse (1,5 à 2 litres d’eau par jour) en garantit la bonne qualité. Cela arrive parfois à la suite de d’une vaginite bactérienne ou d’une infection urinaire. Dans ce cas, le virus, les bactéries ou les germes responsables de l’infection peuvent contaminer et détériorer les membranes de la poche des eaux. Celles-ci se percent et laissent passer ces agents pathogènes, qui finissent par altérer le liquide amniotique normalement stérile.

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