L'hormone lutéinisante (LH) joue un rôle essentiel dans la fertilité féminine et masculine. Chez les femmes, elle est surtout connue pour son rôle de déclencheur de l'ovulation. Cet article a pour but de fournir des explications claires et factuelles sur le rôle de la LH, ses variations, et leur signification pour la santé reproductive. Comprendre ce marqueur est une étape essentielle pour mieux appréhender son bilan de santé. Il ne s’agit pas d’un code mystérieux, mais d’une information précieuse sur le fonctionnement de votre système hormonal.

Le rôle clé de la LH dans la reproduction

L’hormone lutéinisante, ou LH, est une substance chimique essentielle produite par l’hypophyse. Cette petite glande, située à la base du cerveau, la fabrique sous les ordres de l’hypothalamus. L’hypothalamus libère une autre hormone, la GnRH, pour déclencher la production de LH.

Dans le corps, la LH joue un rôle de chef d’orchestre pour la reproduction. Chez la femme, son action la plus connue est de déclencher l’ovulation. Un pic de LH signale à l’ovaire qu’il est temps de libérer un ovule mature. Ensuite, la LH aide à la formation du corps jaune. Chez l’homme, l’hormone lutéinisante (LH) a une fonction tout aussi cruciale. Elle stimule des cellules spécifiques dans les testicules, les cellules de Leydig, pour qu’elles produisent de la testostérone.

Le cycle menstruel et les variations de la LH

Le taux de LH évolue pendant toute la période du cycle menstruel chez la femme. La durée d’un cycle varie selon les femmes, mais elle est généralement comprise entre 23 et 35 jours. Les éventuelles variations de la durée du cycle ont lieu le plus fréquemment au cours de la partie du cycle qui précède l’ovulation (appelée phase folliculaire). Le premier jour de votre cycle menstruel correspond au premier jour des règles (jour 1). Les règles durent généralement de 3 à 7 jours. Au début de votre cycle, l’hormone folliculo-stimulante (FSH) est fabriquée par l’hypophyse, située dans votre cerveau. C’est la principale hormone impliquée dans la stimulation de vos ovaires, afin que ceux-ci fabriquent des ovules matures.

La phase folliculaire

La phase folliculaire est la première partie du cycle menstruel. Durant cette phase, la LH est relativement basse puis augmente progressivement pour atteindre un pic qui déclenche l’ovulation. Au début de cycle, une autre hormone appelée la FSH, produite par l'hypophyse et elle aussi commandée par la GnRH, est produite à des taux plus forts que la LH. Cette FSH est responsable de la croissance des follicules dans l'ovaire.

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Le pic de LH et l'ovulation

Environ 24 à 36 heures avant le jour de l’ovulation, le taux de LH dans l’urine passe de 5-20 mUI/ml à 25-40 mUI/ml. L’augmentation de l’hormone lutéinisante a d’ailleurs généralement lieu dans la deuxième moitié de la nuit.

Le pic de LH est le déclencheur direct de l’ovulation. L’ovulation, c’est-à-dire la libération de l’ovule par l’ovaire, survient environ 24 à 36 heures après le début de cette montée brutale de LH. Lorsque le follicule ovarien produit suffisamment d’œstrogènes, il va y avoir un rétro-contrôle de la production d’œstrogènes dans l'ovaire sur l'hypophyse, et ce rétro-contrôle positif provoque le pic de LH qui va entraîner l'ovulation.

La phase lutéale

À l’inverse, la phase lutéale, après l’ovulation, se caractérise par une chute du taux de LH, qui reste bas. La progestérone permet de renforcer davantage la muqueuse utérine en vue d’accueillir un ovule fécondé. Pendant ce temps, le follicule vide commence à dégénérer, mais poursuit la production de progestérone ; il commence aussi à sécréter des œstrogènes.

Les tests d'ovulation : un outil de suivi de la LH

Les tests urinaires, qu'il est possible d'acheter en pharmacie, permettent de suivre l'ovulation : la bandelette détecte la LH dans les urines. La concentration de LH augmente 24 à 36 heures avant l’ovulation. Cependant, vous ne devez pas vous fier uniquement à un test de LH positif pour calculer vos jours fertiles.

Afin d’utiliser le test d’ovulation avec précision et obtenir un résultat exploitable, il est important de faire attention au moment choisi. Il est préférable de mesurer entre 10h et 20h. Vous pouvez faire le test deux fois par jour : une fois le matin et une fois le soir, si le test du matin était négatif.

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Si le test d’ovulation est positif, deux lignes colorées apparaissent sur le bâtonnet-test. La ligne de test (T) est tout aussi sombre que la ligne de contrôle (C) ou plus sombre. Contrairement aux tests de grossesse, les tests d’ovulation ne sont positifs que si la ligne de test est tout aussi foncée ou plus foncée que la ligne de contrôle (C).

Interprétation des résultats et facteurs influençant les taux de LH

Plusieurs situations peuvent expliquer les variations de taux de LH dans le sang. Il est essentiel de noter que ces normes varient. Chaque laboratoire peut avoir ses propres fourchettes de référence. Pour lire vos résultats, identifiez votre valeur et comparez-la à la norme correspondant à votre situation personnelle.

Taux de LH élevé

Un taux de LH élevé peut être causé par différents facteurs. Si le taux de LH est trop haut et que la FSH est normale, c'est évocateur du syndrome des ovaires polykystiques. Lorsque la LH est élevée et que la FSH est encore plus élevée, il faut penser à une ménopause.

Un taux élevé de LH chez la femme est souvent observé dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce déséquilibre hormonal perturbe le développement des follicules ovariens et l’ovulation. D'autres causes incluent :

  • Insuffisance ovarienne prématurée : Cette condition, qui touche environ 1 % des femmes avant 40 ans, correspond à un épuisement de la réserve ovarienne.
  • Hypogonadisme primaire chez l’homme : Il s’agit d’un défaut de production de testostérone par les testicules, malgré une stimulation forte par la LH.

Taux de LH bas

Au contraire, un taux de LH bas peut être le signe d’une absence d’ovulation et de règles (aménorrhée), phénomène qui peut se créer en raison d’un blocage de l’hypophyse, et qui peut être expliqué par un problème de thyroïde, une masse grasse trop faible ou encore en cas de stress intense. Si la FSH est également en diminution, mais que les oestrogènes et la progestérone sont élevés, c’est peut être le signe d’une grossesse.

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Un taux trop bas de LH, peut aussi provenir d'une insuffisance de production, ce que l'on peut retrouver chez une sportive de haut niveau ou une personne souffrant d'anorexie mentale. D'autres causes peuvent inclure :

  • Hypogonadisme hypogonadotrope : Ce trouble plus rare vient d’un défaut de production de LH et de FSH par l’hypophyse ou l’hypothalamus. Il peut être d’origine congénitale (syndrome de Kallmann) ou acquis (tumeur, traumatisme).
  • Hyperprolactinémie : Un excès d’une autre hormone, la prolactine, peut freiner la production de LH.
  • Anorexie mentale : La dénutrition sévère met le système hormonal en veille.

Médicaments et autres facteurs

Plusieurs médicaments peuvent modifier les résultats. Les contraceptifs hormonaux suppriment la production de LH. Certains antiépileptiques, des traitements hormonaux (comme les inhibiteurs de l’aromatase) ou les opiacés pris au long cours peuvent aussi affecter les niveaux de LH.

Le stress chronique peut interférer avec les hormones. Environ 2 femmes sur 3 ne consomment pas assez de protéine, selon les recommandations officielles. Peau, cheveux, énergie, cycle menstruel… Les protéines jouent un rôle très important dans l'organisme.

La LH et la ménopause

C’est au cours de la puberté que la LH commence à être sécrétée par l’hypophyse. Avec l’âge, il est normal que les taux d’hormones évoluent. En début de périménopause, le taux de LH augmente, car l’hypophyse cherche à compenser la production d’oestrogènes et de progestérone par les ovaires fonctionnels. La LH et la FSH sont des signaux hormonaux qui indiquent l’arrivée de la ménopause lorsque leurs taux respectifs augmentent. A la ménopause, le taux de LH est supérieur à la normale. En effet, la plupart des femmes ménopausées ont un taux supérieur à 40 IU/L.

Importance du suivi et de l'interprétation des résultats

Le dosage de l’hormone lutéinisante (LH) offre une vision claire du fonctionnement de l’axe reproducteur. Une variation anormale du taux de LH peut être le signe d’une condition sous-jacente. De ce fait, la mesure de la LH est un outil qui guide des décisions médicales importantes. Dans les parcours de fertilité, le suivi du pic de LH permet de programmer précisément certains actes médicaux.

La LH ne peut pas être interprétée toute seule. Sont alors particulièrement analysées la LH, la FSH, l'oestradiol et les androgènes. Il est important de doser la LH dans le sang pour faire le diagnostic d'une anomalie comme un trouble de l'ovulation et déterminer si les causes sont organiques ou fonctionnelles. Le dosage peut être prescrit lors d'absence de règles, d'irrégularité ou encore lorsqu'il y a une difficulté à tomber enceinte. Un retard pubertaire, aussi bien chez l'homme que chez la femme, fait l'objet d'un dosage des hormones sexuelles dont la LH.

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