L'hormone lutéinisante (LH) est une hormone gonadotrophine essentielle, produite par les cellules gonadotropes du lobe antérieur de l'hypophyse, une glande endocrine située à la base du cerveau. Associée à l'hormone folliculo-stimulante (FSH), la LH joue un rôle crucial dans le fonctionnement des glandes sexuelles chez la femme et chez l'homme. Chez la femme, elle est responsable du pic ovulatoire, tandis que chez l'homme, elle stimule la production de testostérone. Le dosage plasmatique de la LH est donc un outil diagnostique important dans le cadre de troubles de la fertilité et de la mise en place de traitements de fécondation in vitro (FIV).

Rôle de la LH dans le Cycle Hormonal Féminin et Masculin

Chez la femme, la LH est un acteur clé du cycle hormonal. En début de cycle, la FSH est produite à des taux plus élevés que la LH, stimulant la croissance des follicules dans l'ovaire. Lorsque le follicule ovarien produit suffisamment d'œstrogènes, un rétro-contrôle positif s'exerce sur l'hypophyse, entraînant le pic de LH qui déclenche l'ovulation. Après l'ovulation, la LH est responsable de la transformation du follicule en corps jaune, qui produit de la progestérone.

Chez l'homme, la LH stimule la production de testostérone dans les cellules de Leydig contenues dans les testicules. Cette hormone est essentielle au développement des caractères sexuels masculins et à la production de spermatozoïdes.

Dosage de la LH plasmatique : Indications et Interprétation

Le dosage de la LH plasmatique est prescrit pour diagnostiquer des anomalies telles que les troubles de l'ovulation et déterminer si leurs causes sont organiques ou fonctionnelles. Il est particulièrement indiqué en cas d'absence de règles, d'irrégularités menstruelles ou de difficultés à concevoir.

L'interprétation du taux de LH ne peut se faire isolément. Elle est analysée conjointement avec d'autres hormones telles que la FSH, l'œstradiol et les androgènes. Dans le cadre d'une FIV, ce dosage est crucial pour adapter le traitement hormonal. Un retard pubertaire, chez l'homme comme chez la femme, justifie également un dosage des hormones sexuelles, incluant la LH.

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Les tests urinaires disponibles en pharmacie détectent la LH dans les urines et permettent de suivre l'ovulation. Cependant, le dosage sanguin reste la méthode de référence pour une évaluation précise. Chez la femme, le dosage sanguin est généralement réalisé en début de cycle, vers le cinquième jour, pour éviter de se trouver pendant le pic ovulatoire. Avant la puberté, la LH doit être inférieure à 1,5/2 U/L.

Taux de LH trop bas

Un taux de LH trop bas oriente vers une cause "centrale", c'est-à-dire un problème au niveau de l'hypothalamus ou de l'hypophyse, où la LH est produite et commandée.

  • Causes organiques : Elles impliquent une atteinte de l'hypothalamus ou de l'hypophyse, pouvant être due à une tumeur ou à un problème congénital affectant les cellules productrices de LH. Ces causes sont généralement irréversibles.
  • Insuffisance de production fonctionnelle : Elle peut être observée chez les sportives de haut niveau ou les personnes souffrant d'anorexie mentale, en raison d'insuffisances hypothalamo-hypophysaires.

Taux de LH trop haut

Un taux de LH trop élevé, associé à une FSH normale, est souvent évocateur du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ces femmes ont des difficultés à ovuler car leur LH est trop élevée et ne présente pas de pic ovulatoire. Lorsque la LH est élevée et que la FSH l'est encore plus, une ménopause doit être envisagée.

LH et Fécondation In Vitro (FIV)

Dans le contexte de la fécondation in vitro (FIV), le dosage de la LH plasmatique est un élément essentiel du bilan de fertilité. Il permet d'évaluer la réserve ovarienne et de prédire la réponse à la stimulation ovarienne.

Blocage des ovaires

Afin de contrôler totalement les cycles ovarien et menstruel de la patiente, une phase de blocage de l'ovaire est mise en place, inhibant la production hormonale par l'hypophyse (FSH et LH). Ce blocage peut être réalisé à l'aide d'agonistes ou d'antagonistes du GnRH. Une échographie et une prise de sang sont effectuées 15 à 20 jours après le début du traitement pour s'assurer que les ovaires sont au repos.

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Stimulation ovarienne

La stimulation ovarienne vise à optimiser la phase folliculaire du cycle ovarien. Un traitement hormonal, dont les doses sont adaptées à la patiente, est administré quotidiennement par injection sous-cutanée. Ce traitement est particulièrement important pour les femmes présentant des troubles de l'ovulation (dysovulation) ou une absence totale d'ovulation (anovulation).

Dans les protocoles de FIV classique ou de FIV-ICSI, l'objectif est de stimuler au maximum les ovaires afin de recueillir le plus grand nombre d'ovocytes possible. Cette stimulation est contrôlée par des échographies et des dosages hormonaux réguliers.

Différents types de médicaments peuvent être utilisés pour la stimulation ovarienne :

  • Anti-œstrogènes : Ils bloquent l'action des œstrogènes, induisant une augmentation de la sécrétion de GnRH, LH et FSH par le cerveau.
  • Gonadotrophines : La FSH est administrée pendant la phase folliculaire pour stimuler la croissance des follicules ovariens et éviter leur dégénérescence.
  • Pompe à GnRH : Ce dispositif libère des microdoses de GnRH dans le sang, stimulant la libération de LH et FSH par l'hypophyse.

Déclenchement de l'ovulation

Lorsque les follicules ovariens ont atteint un nombre et une taille satisfaisants, l'ovulation est déclenchée par une injection unique d'hormone chorionique gonadotrope (Ovitrelle®), qui mime le pic de LH spécifique de l'ovulation. La ponction ovocytaire est réalisée avant l'ovulation, c'est-à-dire avant que l'ovaire ne libère les ovocytes dans les trompes de Fallope.

Monitorage de la stimulation ovarienne

La phase de stimulation hormonale n'a pas de durée précise et dépend de la réponse de la patiente au traitement. Le bon déroulement de cette période est contrôlé toutes les 48 heures par le gynécologue grâce à un monitorage des ovaires. Une échographie permet de quantifier le nombre de follicules ovariens en croissance et de mesurer leur taille. Une prise de sang permet de doser le taux de certaines hormones, notamment l'œstradiol, reflet de la maturation folliculaire. L'ovulation est déclenchée lorsque le taux d'œstradiol atteint un seuil jugé satisfaisant.

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Risques de la stimulation ovarienne

L'un des principaux effets secondaires de la stimulation ovarienne est l'augmentation du risque de grossesse gémellaire. Le plus gros danger demeure l'hyperstimulation, observée en cas de réponse excessive de l'ovaire aux traitements. Elle se manifeste par une augmentation du volume des ovaires, qui contiennent un nombre élevé de corps jaunes. Les traitements hormonaux peuvent également être responsables de différents symptômes désagréables.

Autres Hormones et Marqueurs de la Fertilité

Outre la LH, d'autres hormones et marqueurs sont importants dans l'exploration de la fertilité féminine :

  • FSH (Hormone Folliculo-Stimulante) : Elle stimule la maturation des follicules ovariens au cours de la phase folliculaire.
  • Œstradiol (E2) : Principal œstrogène sécrété par les follicules ovariens, il est mesuré par une prise de sang entre le 1er et le 3ème jour du cycle. En grandissant et en mûrissant, les follicules produisent de l'E2, faisant épaissir l'endomètre.
  • Progestérone : Toujours réalisé pendant la seconde moitié du cycle, le dosage de la progestérone renseigne sur le fonctionnement du corps jaune.
  • AMH (Hormone Anti-Müllérienne) : Le dosage sanguin de l'AMH contribue au diagnostic des troubles de l'ovulation et constitue un bon marqueur de la réserve ovarienne. Son taux est relativement stable au cours du cycle et varie peu d'un cycle à l'autre. Il est utile dans les situations où le comptage folliculaire antral (CFA) n'est pas facilement réalisable par échographie.
  • Comptage Folliculaire Antral (CFA) : Réalisé par échographie, il permet de dénombrer les follicules en développement à la surface de chacun des ovaires.

Assistance Médicale à la Procréation (AMP)

L'assistance médicale à la procréation (AMP) regroupe les pratiques cliniques et biologiques qui, par la manipulation des gamètes, permettent de répondre à un projet parental. Elle comprend l'insémination artificielle et le transfert d'embryons conçus par fécondation in vitro (FIV) sans micromanipulation ou avec micromanipulation (injection intracytoplasmique de spermatozoïde [ICSI]).

Insémination Artificielle (IA)

L'insémination artificielle consiste à déposer une préparation de spermatozoïdes au niveau des voies génitales féminines, généralement dans la cavité utérine (insémination intra-utérine [IIU]), afin de favoriser la rencontre des gamètes mâles et femelles. Le protocole de stimulation doit être adapté et permettre le développement d'un nombre limité de follicules en croissance (1 ou 2 follicules, au maximum 3) afin de réduire les risques de grossesse multiple.

Fécondation In Vitro (FIV)

La fécondation in vitro (FIV) consiste à prélever des ovocytes matures, à les féconder in vitro avec des spermatozoïdes, puis à transférer les embryons obtenus dans l'utérus de la femme.

Étapes de la FIV

  1. Stimulation ovarienne : Elle vise à produire une croissance multifolliculaire en limitant le risque d'hyperstimulation ovarienne.
  2. Ponction ovocytaire : Elle est réalisée trente-quatre à trente-huit heures après le déclenchement de l'ovulation.
  3. Fécondation in vitro : Les ovocytes sont mis en présence de spermatozoïdes dans des conditions d'asepsie et en atmosphère contrôlée.
  4. Culture embryonnaire : Les embryons sont cultivés en incubateur pendant plusieurs jours.
  5. Transfert embryonnaire : Un ou deux embryons sont transférés dans la cavité utérine à l'aide d'un cathéter adapté.
  6. Congélation embryonnaire : Les embryons surnuméraires peuvent être congelés par vitrification pour une utilisation ultérieure.

Fécondation In Vitro avec Micromanipulation (ICSI)

La fécondation in vitro avec micromanipulation (ICSI) consiste à injecter un spermatozoïde directement dans le cytoplasme de l'ovocyte. Cette technique est utilisée en cas d'insuffisance spermatique sévère.

Risques de l'AMP

Les risques de l'AMP incluent :

  • Augmentation du risque de grossesses multiples en cas d'insémination artificielle réalisée après une stimulation ovarienne non contrôlée.
  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (HSO).
  • Accidents thromboemboliques.
  • Torsion d'annexe sur des ovaires augmentés de volume.
  • Légère augmentation du risque de malformations, d'anomalies chromosomiques ou de pathologies génétiques.

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