Dans le domaine de la santé reproductive, un certain nombre de termes médicaux sont couramment utilisés, mais peuvent souvent sembler obscurs pour ceux qui ne sont pas familiers avec le jargon médical. Parmi ces termes, on retrouve "nullipare", "primipare" et "multipare". Cet article vise à clarifier la définition de "nullipare", à explorer ses implications et à dissiper certaines idées reçues qui y sont associées.
Définition de Nullipare et Termes Connexes
Le terme "nullipare" est dérivé du latin, combinant "nullus" (aucun) et "parere" (enfanter). Une femme nullipare est donc une femme qui n’a jamais vécu d’accouchement. Il est important de distinguer ce terme de "nulligeste", qui désigne une femme qui n'a jamais été enceinte (à rapprocher du mot “gestation”).
Voici une clarification des termes connexes :
- Nulligeste : Femme qui n'a jamais été enceinte.
- Primigeste : Femme enceinte pour la première fois. Le terme primigeste signifie qu'il s'agit de la première grossesse de la patiente.
- Multipare : Femme qui a accouché de plusieurs enfants (généralement plus d'un). Une femme devient multipare lorsqu’elle a accouché de son deuxième enfant.
- Primipare : Une patiente devient primipare quand elle a mis au monde son premier bébé.
Il est essentiel de noter que le nombre de grossesses (gestes) ne correspond pas nécessairement au nombre d'accouchements (pares), en raison de facteurs tels que les fausses couches spontanées et les interruptions volontaires de grossesse. Les grossesses suivantes sont appelées deuxième geste, troisième geste. Une femme ayant eu plusieurs grossesses est dite multigeste.
Nulliparité et Stérilet : Démystification d'une Idée Reçue
Une idée reçue courante est qu'une femme nullipare ne peut pas utiliser un stérilet (dispositif intra-utérin ou DIU) comme méthode de contraception. Cependant, cette affirmation est fausse.
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La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un document en mars 2013 précisant que « les DIU sont proposés à toutes les femmes, quelle que soit la parité (nullipares comprises), dès lors que les contre-indications à la pose, les risques infectieux, le risque de grossesse extra-utérine et les situations à risque ont été écartés ».
De même, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique depuis 2005 que les DIU peuvent être posés chez les femmes n'ayant jamais eu d'enfant.
Implications Psychosociales et Culturelles de la Nulliparité
Si la nulliparité est un état biologique, elle peut aussi avoir des implications psychosociales et culturelles importantes. Dans certaines sociétés, la maternité est fortement valorisée, et les femmes nullipares peuvent être confrontées à des pressions sociales ou à des stéréotypes négatifs.
Un ouvrage collectif intitulé « Nullipares, et alors ? Etre sans enfants », dirigé par Chloé Delaume, explore ces questions. L'ouvrage témoigne d'un changement en cours : celui d'assumer publiquement le choix de ne pas avoir d'enfants. Chloé Delaume souligne à quel point il est « impensable, jusque dans la langue, de ne pas du tout avoir d’enfants ».
Le phénomène de la nulliparité concerne « de tout temps, entre 10 % et 15 % des femmes françaises » à l’issue de leur vie fertile, indique l’autrice Bettina Zourli, en s’appuyant sur des études démographiques.
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Les raisons avancées par les femmes qui choisissent de ne pas avoir d'enfants sont multiples et singulières : effroi face à l’amour absolu pour son enfant, traumatismes de famille, non-désir construit à partir d’une réflexion féministe…
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