Introduction

La mythologie est riche en récits de femmes, mortelles ou déesses, dont la vie est intimement liée à la fécondité et à la divinité. Ces figures, souvent fécondées par un dieu, incarnent des aspects essentiels de la vie, de la mort, et de la renaissance. Cet article explore les différentes facettes de ces femmes dans la mythologie, en mettant en lumière leur rôle, leur pouvoir, et leur signification culturelle.

Les Déesses de la Fécondité dans la Préhistoire

Avant l'avènement de l'agriculture, des figurines féminines étaient sculptées et interprétées comme des déesses de la fécondité. Ces représentations, reproduisant souvent le modèle d'une femme nue se pressant les seins, témoignent de l'importance accordée à la fertilité dans les sociétés préhistoriques. Il est possible que la représentation féminine, sculptée en ronde bosse, découverte près de Lespugue et dont la signification se perd dans la nuit des temps (Paléolithique supérieur), soit une idole de la fécondité, rôle qui serait également dévolu à la Vénus de Laussel et à la Vénus de Willendorf, qui remontent toutes deux à l'Aurignacien supérieur.

La Terre Mère dans les Religions Antiques

Dans la religion grecque, Déméter représente par excellence la déesse de la Terre Mère, un rôle également attribué à Isis en Égypte, Cybèle en Asie Mineure, Astarté en Syrie et en Phénicie, et Tanit à Carthage. L'un de ses surnoms, Karpophoros (celle qui porte fruit), souligne l'importance de cette déesse de la glèbe, dont la légende assure qu'elle s'est unie à Jason dans un champ labouré pour engendrer Ploutos, le dieu de la Richesse. Chez les Romains, Junon, déesse de la Lumière, exerce également de grands pouvoirs sur l'enfantement et, sous le nom de Caprotina, est une déesse de la Fécondité.

Figures Celtiques de la Maternité

Les trois grands dieux des Celtes, Brian (gaulois Brenos), Luchar et Lucharba, sont nés, selon la légende irlandaise, de la « triple Brigite », qui porte également les noms de Dana et Ana. Selon les rites celtiques, Dana est simultanément vierge et mère, cumulant les fonctions de Junon (épouse) et de Minerve (vierge) à Rome. En Gaule, au temps de César, quatre divinités masculines sont connues, équilibrées par une seule mais importante divinité féminine.

La Religion de la Mère en Asie et en Afrique

Les mythes, les théologies et les rites entourant le culte de la déesse indienne Umâ, Pârvatî, Kâlî ou Kumarî témoignent d'une « religion de la Mère » qui s'étendait jadis sur une aire égéo-afro-asiatique très vaste. En Afrique noire, la mentalité primitive a enraciné et perpétué, dans les aspects de sa culture, le rapport magique établi entre fertilité du sol et sexualité.

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Artémis: Vierge et Protectrice de la Maternité

Artémis, déesse grecque de la chasse, de la nature sauvage, et de la lune, est également associée à la protection de l'enfance et de la jeunesse. De manière étonnante, cette vierge est la déesse protectrice des femmes enceintes, des accouchées et des nourrissons. Elle demande à son père Zeus que les femmes, au cours de l'accouchement, l'invoquent car sa mère Léto l'a porté et mise au monde sans douleurs, et parce que les trois Parques l'ont assignée, en raison de sa naissance sans douleurs, à être la déesse protectrice des naissances.

Mythes et Attributs d'Artémis

Artémis est souvent représentée avec un arc et des flèches, symboles de sa puissance et de sa précision. Zeus promet à Artémis de lui donner tout ce qu'elle a demandé, et en plus trente cités au lieu qu'une seule et il la nomme la gardienne de toutes les routes et tous les ports. On lui offre des sacrifices d'animaux sauvages et domestiques.

Artémis et Niobé

La colère d'Artémis est manifeste dans l'histoire de Niobé, reine de Thèbes, qui se vante d'être plus féconde que Léto. Artémis et son frère Apollon tuent alors les quatorze enfants de Niobé. Niobé, désespérée, s'enfuit pour se réfugier à Sipyle en Lydie, en Asie-Mineur, chez son père ; là elle est transformée en une pierre coulant des larmes jour et nuit.

Artémis et Actéon

La virginité d'Artémis est jalousement gardée. Actéon, après avoir surpris Artémis nue au bain, est transformé en cerf et dévoré par ses propres cinquante chiens.

Artémis et Callisto

Callisto, une nymphe d'Artémis, est transformée en ourse par Héra pour avoir rompu son vœu de chasteté après avoir eu une relation avec Zeus et d'avoir porté un enfant de lui, puis Artémis fait appel à ses chiens pour la traquer et la tuer, mais Zeus la protège en la plaçant sur la voûte céleste parmi les étoiles.

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Artémis et Orion

Plusieurs versions existent quant à la mort d'Orion. Selon une version, Orion meurt de ses flèches suite à une erreur de chasse provoquée par la jalouse Héra, épouse de Zeus. Encore une autre légende explique que c'est Apollon, voulant se débarrasser d'Orion, il répète devant la déesse Terre-Mère que ce dernier s'était vanté de tuer, sur la terre tous les animaux fauves et des monstres ; la Terre-Mère, décidant de se venger d'Orion, elle lance un monstrueux scorpion à sa poursuite ; voyant qu'il n'arrive pas à tuer le scorpion en utilisant ses flèches et son épée, Orion plonge dans la mer en direction de l'île de Délos. Le rusé Apollon, montre à sa soeur Artémis, la présence d'un corps noir flottant sur la mer, il lui explique qu'il s'agit de la tête d'un méchant au nom de Candaon (c'est le surnom d'Orion en Béotie qu'Artémis ignorait), et qu'il vient de séduire sa prêtresse Opis ; Apollon et Artémis se mettent d'accord pour faire un concours de tir à l'arc avec comme cible la tête de Candaon ; c'est Artémis qui gagne, mais quand elle nage pour voir sa victime, elle constate qu'il s'agit d'Orion, alors elle implore Asklépios de le ressusciter ; Zeus mécontent, il anéantit définitivement Orion par la foudre avant qu'Asklépios ait du temps d'intervenir. Artémis, triste, place Orion et son poursuivant éternel, le scorpion, au ciel parmi les étoiles.

Artémis et Iphigénie

Artémis exige le sacrifice d'Iphigénie, la fille d'Agamemnon, pour apaiser sa colère et permettre à la flotte grecque de partir pour Troie.

Héra: Épouse et Protectrice du Mariage

Héra est l’Épouse par excellence. C’était avant la chute de Kronos, quand ils étaient tout jeunes. De leur union naquirent alors plusieurs enfants : Héphaïstos, Arès et les déesses grecques Eileithyia et Hébé. C’est le hieros gamos, le coït divin, le mariage sacré. Les Grecs mettent en exergue ce motif, car il est synonyme autant de plaisir que de fécondité. Héra est alors représentée par une statue parée en nymphe. Cette statue est conduite en procession comme une jeune mariée à la maison de son époux et au lit nuptial. Héra est la protectrice des femmes et de l’institution du mariage.

Déméter et Perséphone: Le Cycle de la Vie

Déméter est la Mère féconde et fécondante. Le lien qui unit celle-ci à sa fille, Koré, est absolument indestructible, dans un sens comme dans l’autre. Koré est le prototype de la Jeune Fille. C’est même le sens de son nom. Elle est la fille de Déméter et de Zeus. Mais voilà qu’elle est enlevée par son oncle Hadès, qui la cache dans son royaume souterrain. Déméter, sa mère, la cherche partout. Sa colère est inextinguible et elle frappe aussi bien les dieux que les hommes. La terre devient stérile : c’est son châtiment. Koré a mangé un pépin de grenade : elle est désormais liée au dieu des Enfers. Désormais, elle s’appelle Perséphone. Déméter réclame toujours sa fille. Ce mythe illustre l’opposition entre virginité et fertilité.

La Grande Déesse et les Archétypes Féminins

La GRANDE DÉESSE a dominé pendant des millénaires sous la forme de nombreuses divinités. Ces déesses-mères sont nées dans des sociétés où la conception de la femme et du féminin était radicalement différente de celle de nos sociétés patriarcales. La DÉESSE-MÈRE DES ORIGINES est un puissant ARCHÉTYPE né dans l’inconscient collectif. Elle est le principe et l’essence du féminin et de la psychologie féminine.

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Les Déesses Grecques et la Société Misogyne

Dans la société grecque, les déesses occupent des positions fortes qu’elles défendent. Le taux de femmes présentes dans le panthéon grec est important, même si leur représentation baisse entre le milieu du IIe millénaire av. J.-C. et l’époque classique.

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