Introduction

Les pleurs des enfants suscitent de nombreuses interrogations et inquiétudes chez les parents. Sont-ils toujours synonymes de tristesse ? Comment les interpréter et y répondre de manière appropriée ? Cet article se propose d'analyser les différentes facettes des pleurs infantiles, en s'appuyant sur des études scientifiques et des observations cliniques, afin d'aider les parents à mieux comprendre et accompagner leurs enfants.

La Communication par les Pleurs

Les pleurs ne sont pas forcément attribuables à la tristesse. Ils constituent avant tout un moyen de communication essentiel pour les nourrissons et les jeunes enfants. Incapables de s'exprimer verbalement, ils utilisent les pleurs pour signaler une variété de besoins et d'émotions. Ces pleurs peuvent être très désagréables pour les parents car ils « résonnent » en fonction du vécu de chacun. Ainsi si, en tant qu’adulte, nous avons intégré une interdiction d’exprimer nos émotions ou avons subi une non-écoute de nos émotions dans notre enfance, l’écoute des pleurs des enfants pourra être « pénible ».

Les Besoins Essentiels

Parmi les raisons les plus courantes des pleurs, on retrouve :

  • La faim et la soif : Ce sont des besoins fondamentaux que l'enfant exprime naturellement par les pleurs.
  • La fatigue : Des phrases empathiques (« je vois que tu es fatigué » et des exercices d’apaisement (comme une respiration coeur à coeur) et des routines l’aideront à répondre au mieux à sa fatigue.
  • Le besoin d'attention : Les pleurs peuvent être un moyen de signifier un manque d’attention.

Les Émotions et les Douleurs

Les pleurs peuvent également être l'expression d'émotions ou de douleurs :

  • La douleur : « J’ai une douleur » : pour le soulager dans le cas des dents (surtout dans le cas des dents du fond la deuxième année), on peut frotter ses gencives ou lui donner un anneau de dentition refroidi. Pour les autres douleurs, une écoute active et des soins sécurisent parents et enfants.
  • La tristesse : « Je suis triste qu’on se sépare » : l’angoisse de la séparation et la séparation en elle-même sont des sources de grande tristesse pour les enfants.
  • La frustration et le besoin d'autonomie : « Je veux faire tout seul » : entre 2 et 3 ans, les enfants ont soif d’autonomie et ont besoin de s’affirmer.
  • La colère: Pour répondre aux envies des enfants, l’imagination fonctionne très bien.

La Chimie des Larmes : Une Décharge Émotionnelle

Le Dr William Frey, biochimiste au centre médical Saint-Paul-Ramsey du Minnesota, a analysé la composition chimique des larmes et a découvert que celles versées pour des raisons émotionnelles sont différentes de celles occasionnées par un quelconque irritant (comme une pelure d’oignon). Cela confirme le fait que les pleurs sont des décharges émotionnelles qui contribuent à notre équilibre mental et physique.

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L'Impact des Stéréotypes de Genre sur la Perception des Pleurs

Une étude publiée dans BMC Psychology a démontré que les adultes ont tendance à juger les bébés à l’aune de stéréotypes, même en l’absence de différence avérée entre filles et garçons. Les adultes considèrent que les garçons doivent avoir une voix plus grave que les filles, et appliquent ce jugement aux pleurs de bébés de trois mois. Les hommes adultes ont tendance à considérer que les pleurs des « garçons » expriment plus d’inconfort que les mêmes pleurs présentés comme « filles », tandis que les femmes ne prêtent pas attention au sexe indiqué. Il est donc possible que nous passions parfois à côté du besoin réel des bébés en raison de ces stéréotypes.

Ne Pas Laisser un Bébé Pleurer : Un Dogme à Nuancer

Lorsqu’un bébé se réveille, pleure, appelle, la tendance naturelle actuelle des professionnels est de se précipiter pour le lever, répondant en cela au nom du sacro-saint : « on ne laisse surtout pas un bébé pleurer ». Or, il est important de nuancer ce dogme. L’enjeu ne devrait pas être de faire cesser les pleurs d’un petit au plus vite, mais de comprendre ce qui se passe pour lui. Le laps de temps (raisonnable évidement) entre ses pleurs et son « sauvetage » permet à l’enfant de comprendre qu’il n’est pas seul et de développer une figure potentielle d’attachement.

L'Importance de la Juste Mesure

Si l’enfant n’a pas le temps de pleurer car nous agissons dès ses premiers cris, alors comment fait-il pour comprendre et apprendre que nous sommes là pour le « sauver » ? Actuellement, les professionnels ont tendance à tout faire pour éviter que les bébés pleurent, cela devient alors l’objectif de la journée. Or, les petits pleurent de plus en plus, ont du mal à dormir et à se calmer. Si le laps de temps est trop court entre leurs pleurs et l’intervention de l’adulte, ils n’ont pas le temps de comprendre ce qui se passe.

Une Approche Raisonnée

Ainsi, lorsqu’un bébé pleure dans son lit, il convient de ne pas désorganiser l’univers ludique dans lequel le professionnel assure l’accompagnement des enfants, et d’attendre qu’un professionnel de l’équipe soit en mesure d’aller prendre soin de lui, même si cela se fait après le change de la couche d’un autre enfant. Il n’y a pas lieu de se précipiter et dans les 10 ou 15 minutes suivantes nous sommes certains qu’un professionnel de l’équipe sera en mesure de répondre à l’appel de l’enfant….A moins qu’il se soit rendormis entre temps ? En effet, les petits pleurent fréquemment entre deux phases de sommeil et parfois cela leur sert à se rendormir.

Les Erreurs d'Éducation qui Peuvent Engendrer des Comportements Égoïstes

Hormis les parents qui négligent complètement leur progéniture, nous essayons tous -indépendamment de notre méthode de prédilection- d’enseigner à nos enfants non seulement la conscience de leurs besoins propres mais aussi la maîtrise de soi, afin d’être capable de s’intégrer dans un groupe ou une société. Voici les erreurs d'éducation qui peuvent engendrer des "petits cons" ou des "tyrans":

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1. Ne Pas Montrer Ses Véritables Sentiments

Le cerveau d’un enfant doit d’abord pouvoir enregistrer l’éventail des sentiments existants. Quelles sont les expressions et les gestes qu’utilisent les gens qui éprouvent ces sentiments et comment réagit-on de façon appropriée lorsque l’on est récepteur de ces sentiments ? Les enfants doivent apprendre à gérer les sentiments. On prend dans ses bras, on console, on laisse pleurer quelqu’un qui est triste ou qui s’est fait mal. Avec une personne en colère, on se contente d’écouter attentivement, sans proposer de solutions si l’autre ne les a pas demandées. Un enfant apprend à traiter les autres avec compassion en étant lui-même traité avec compassion, dans des situations douloureuses, tristes ou énervantes.

L'Importance d'un Répertoire Expressif Riche

Il est donc très important, une fois adulte, de réagir avec naturel quand les sentiments bouillonnent en nous. Globalement: vous avez tout intérêt à exprimer les sentiments que vous éprouvez à l’aide d’un répertoire expressif et gestuel riche pour favoriser le développement de l’empathie et le travail du cortex préfrontal chez l’enfant.

Les Poussées de Colère Incontrôlée : Un Signal d'Alerte

Les enfants ont peut-être déclenché une crise incontrôlée de cris, de beuglements et d’explosions. Mais ils ne sont pas la véritable cause de vos sentiments extrêmes. Ils ne doivent donc pas en subir les conséquences. Ce qu'il importe de garder à l'esprit, c'est que l'enfant n'est pas responsable des sentiments des parents. Ceux-ci relèvent de notre propre responsabilité. Renoncer à cette responsabilité et reporter la faute sur l'enfant n'est pas un comportement adulte.

2. Tout Faire pour Éviter la Déception

Pour pouvoir faire face à la vie, les enfants doivent apprendre la résilience, apprendre à encaisser les coups durs et les surmonter pour en sortir plus forts. Le développement de la résilience repose principalement sur la capacité d'autocontrôle et d'intégration en société. Si, depuis tout petit, un enfant apprend qu’il peut obtenir et réussir ce qu’il veut par lui-même, il grandit avec cette idée et développe une véritable conscience de soi.

L'Attitude des Adultes : Un Exemple Puissant

Pour le cerveau de l’enfant, il est beaucoup plus marquant de sentir l’adulte agripper avec anxiété l’enfant en pleine escalade que de l’entendre dire: "Tu peux le faire." Il est donc crucial de les laisser, dès le début, essuyer des échecs. La frustration qu’ils éprouvent constitue les prémices de leur motivation à se surpasser et apprendre de nouvelles choses.

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Supporter le Chagrin de Ses Enfants

Les parents doivent supporter le chagrin de leurs enfants, plutôt que d’éponger rapidement la déception. Parce qu'en agissant ainsi, j'ai contribué à affaiblir toujours un peu plus la capacité de leur cerveau à supporter la frustration.

Les Cadeaux Ne Soignent Pas la Déception

Un cadeau coûteux n’est d’aucune aide à l’enfant. Certes, la canne à pêche est belle et chère, mais le père suggère ainsi au cerveau du fils qu’il est inutile de surmonter la déception et la douleur, et qu’il suffit de détourner son attention. Si, au contraire, le père s’assoit un soir pour expliquer la situation à son fils, s’il supporte les larmes et la colère de celui-ci, s’il offre son épaule pour pleurer puis réconforte l’enfant, le cerveau de l’enfant s’en trouve renforcé.

L'Influence de la Culture sur les Pleurs des Bébés

Des anthropologues se sont intéressés à quelques tribus africaines de chasseurs_cueilleurs du Bostwana ( la tribu !Kung par exemple) dont les bébés ne pleurent jamais. De plus, une étude franco-allemande de 2009 a permis d’observer 60 nouveaux-nés (30 français et 30 allemands) de parents parlant une seule langue. Il apparaît qu’en français, on pleure avec des sons de plus en plus aigus ; au contraire des pleurs allemands qui finissent plus grave comme la mélodie de la langue. La reconnaissance et la reproduction des caractéristiques prosodiques (mélodie, intensité, rythme) d’une langue constitue une première étape importante dans l’acquisition du langage.

Combattre les Stéréotypes de Genre Dès l'Enfance

Il est essentiel de combattre les stéréotypes de genre dès l'enfance, car ils peuvent avoir des conséquences néfastes sur le développement émotionnel et social des enfants. Dire aux garçons de ne pas pleurer revient à leur dire : 'ne soit pas une fille'. En d'autres termes, n'exprime pas tes émotions, ce qui est quand même super violent. Résultat, à l'âge adulte, on sait que les hommes sont sous-diagnostiqués dans les cas de dépression parce que justement on leur a appris à cacher leurs émotions !

Ouvrir le Champ des Possibles

Il ne faut pas dire aux garçons qu'ils doivent absolument porter du rose, faire de la danse classique et pleurer. Le message c'est surtout de leur dire que rien ne leur est interdit. Même chose pour les filles. L'idée, c'est d'ouvrir le champ des possibles.

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