La césarienne, qu'elle soit programmée ou imprévue, est une intervention chirurgicale qui peut susciter de nombreuses questions et appréhensions chez les futurs parents. L'une des préoccupations fréquentes est la possibilité pour le père (ou un autre accompagnant) d'assister à la naissance de son enfant par césarienne. De plus en plus de maternités acceptent cette présence, reconnaissant son rôle rassurant et son potentiel à instaurer un climat de confiance dans un environnement médicalisé. Cependant, cette pratique est soumise à certaines conditions et peut parfois être refusée.
Le déroulement d'une césarienne et le rôle de l'accompagnant
Pour comprendre l'importance de la présence du père ou d'un accompagnant, il est utile de connaître le déroulement d'une césarienne. L'intervention se déroule au bloc opératoire, généralement sous anesthésie locorégionale (rachianesthésie ou péridurale), permettant à la mère de rester consciente et d'accueillir son bébé dès sa naissance.
L'accompagnant, souvent le père, se tient derrière le champ opératoire, ne voyant pas directement l'intervention elle-même. Il est présent pour soutenir la mère, lui parler et la rassurer pendant ce moment potentiellement stressant. La perspective de se faire ouvrir le ventre, lorsqu'on n'avait pas envisagé cela avant, est inquiétante. L'accompagnant devient alors un point d'ancrage émotionnel.
Une fois le bébé extrait par le gynécologue-obstétricien, l'accompagnant peut jouer un rôle essentiel. Tout dépend des souhaits des parents et de l'état de santé du nouveau-né. Par exemple, le papa peut faire du peau à peau avec son enfant. Cette pratique permet de faire connaissance en douceur, de réguler la température corporelle de bébé, de stabiliser son rythme respiratoire et tout simplement de l'apaiser! Pendant qu'une puéricultrice prodigue les premiers soins au bébé, l'accompagnant peut rester à ses côtés, assurant ainsi une continuité de présence et de réconfort.
L'accompagnant est le lien entre le bébé et la mère, le seul à pouvoir agir pendant que la mère est allongée sur la table d'opération. Il peut accueillir le bébé suivant les souhaits de la mère, car c'est une personne de sa connaissance qui s'occupera de son enfant. Il est le seul à pouvoir raconter à la mère comment était son enfant à sa sortie, son premier cri… La mère peut parfois avoir un sentiment d'irréalité, se demandant si c'est bien son enfant.
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Après la naissance, la mère est surveillée en salle de réveil pendant quelques heures, où les visites sont généralement interdites. La présence du père lors de la césarienne lui permet de vivre les premiers instants avec son enfant, de même qu'il l'aurait vu naître s'il était né par voie basse, et ce d'autant plus qu'il s'agit d'une césarienne d'urgence suivant un accouchement pénible.
Pourquoi demander la présence d'un accompagnant ?
La demande de la présence d'un accompagnant, le plus souvent le père, lors d'une césarienne répond à plusieurs besoins et motivations :
- Soutien émotionnel : La césarienne peut être une expérience angoissante pour la mère. Avoir une personne de confiance à ses côtés apporte un soutien émotionnel précieux, permettant de réduire le stress et de favoriser un sentiment de sécurité.
- Partage de l'expérience : La naissance d'un enfant est un événement unique et important dans la vie d'un couple. La présence du père permet de partager pleinement cette expérience, de vivre ensemble les premiers instants avec le bébé et de renforcer les liens familiaux.
- Création du lien parent-enfant : La présence du père favorise la création du lien parent-enfant dès la naissance. Le contact peau à peau, le réconfort et les premiers soins prodigués par le père contribuent à établir une relation affective forte avec le bébé.
- Rôle d'intermédiaire : L'accompagnant peut servir d'intermédiaire entre la mère et l'équipe médicale, posant des questions, relayant les souhaits de la mère et s'assurant que ses besoins sont pris en compte.
Pourquoi refuser la présence d'un accompagnant ?
Malgré les bénéfices indéniables de la présence d'un accompagnant, certaines maternités ou équipes médicales peuvent refuser cette pratique pour diverses raisons :
- Manque de place dans le bloc opératoire : L'espace dans un bloc opératoire est limité, et la présence d'une personne supplémentaire peut gêner la circulation et le travail de l'équipe médicale.
- Asepsie : Le bloc opératoire est un environnement stérile, et la présence d'une personne non formée aux protocoles d'asepsie peut augmenter le risque d'infection.
- Crainte du malaise de l'accompagnant : Assister à une césarienne peut être impressionnant, et il existe un risque que l'accompagnant fasse un malaise, nécessitant une prise en charge médicale et perturbant le déroulement de l'intervention.
- Potentielles complications : En cas de complications (hémorragie, difficulté lors de l'extraction du bébé), la présence d'une personne non impliquée dans l'intervention peut être perçue comme une source de stress supplémentaire et potentiellement entraver le travail de l'équipe médicale.
- Expériences négatives passées : Certains chirurgiens peuvent avoir vécu des expériences négatives avec la présence d'accompagnants lors de césariennes et préfèrent éviter que cela ne se reproduise. Vous êtes ici face au vécu de chaque chirurgien, qui a peut-être eu un jour à vivre une telle situation, et qui n'a pas envie que cela se représente.
Il est important de noter que ces refus ne sont pas toujours argumentés et peuvent parfois être perçus comme arbitraires. Vous pouvez vous heurter à ce type de refus, qui n'est pas argumenté, et qui sera quasiment impossible à contourner s'il est érigé en système.
Comment faire valoir son souhait ?
Si vous souhaitez que le père (ou un autre accompagnant) soit présent lors de votre césarienne, il est essentiel d'en parler ouvertement avec votre gynécologue et l'équipe médicale qui vous suit, et plus généralement avec l'équipe médicale qui vous suit.
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Voici quelques conseils pour faire valoir votre souhait :
- Évoquez votre projet de naissance : Intégrez votre souhait de présence de l'accompagnant dans votre projet de naissance et discutez-en avec l'équipe médicale dès le début de votre suivi de grossesse.
- Informez-vous sur la politique de la maternité : Renseignez-vous sur la politique de la maternité concernant la présence d'accompagnants lors des césariennes. Certaines maternités ont des protocoles spécifiques à respecter.
- Exprimez vos motivations : Expliquez clairement à l'équipe médicale les raisons pour lesquelles la présence de l'accompagnant est importante pour vous. Mettez en avant les bénéfices émotionnels et le rôle de soutien qu'il peut jouer.
- Soyez prêt à négocier : Soyez conscient que votre demande peut être soumise à certaines conditions et soyez prêt à négocier avec l'équipe médicale pour trouver un compromis acceptable.
- N'hésitez pas à demander un deuxième avis : Si vous rencontrez un refus catégorique, n'hésitez pas à demander un deuxième avis auprès d'un autre professionnel de santé ou à envisager de changer de maternité. Cependant, il se peut que tous vos efforts soient vains, et votre seule option sera alors changer de maternité.
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