L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision difficile, et les complications potentielles, bien que rares, suscitent des interrogations. Parmi celles-ci, la question d'un bébé survivant à une IVG, bien que peu fréquente, est une source d'anxiété importante pour les femmes concernées. Cet article explore les témoignages et les réalités liés à cette situation délicate, en distinguant IVG et interruption médicale de grossesse (IMG), et en abordant les aspects médicaux et émotionnels.
IVG et IMG : Clarification des Termes
Il est essentiel de différencier l'IVG de l'IMG. L'IVG est une démarche volontaire visant à interrompre une grossesse non désirée, tandis que l'IMG est une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales, généralement en raison d'une pathologie fœtale grave ou d'un risque pour la santé de la mère.
Interruption Médicale de Grossesse (IMG) : Procédure et Suivi
Quand l'IMG est réalisée au premier trimestre de grossesse, et l'origine de la pathologie connue, les médecins procèdent à une aspiration (curetage), comme pour une IVG. En revanche, lorsque la cause reste inconnue, on provoque l'expulsion du fœtus avec des médicaments (antiprogestérone puis prostaglandines), sous péridurale le plus souvent. L'IMG est alors comparable à une fausse couche. Ce mode d'intervention permet de réaliser une autopsie - avec l'accord des parents - pour tenter de comprendre l'origine du problème et de mesurer le risque de récidive.
Réalisée au deuxième ou troisième trimestre, l'interruption médicale de grossesse ressemble à un accouchement, déclenché au moyen des mêmes médicaments, et toujours sous péridurale. Si les médecins le jugent nécessaire, une autopsie sera effectuée. Deux mois plus tard, on fait un bilan avec les résultats de cet examen et ceux des tests génétiques. Une consultation génétique n'est pas systématique : tout dépend notamment de l'anomalie qui a conduit à l'IMG. Si c'est une trisomie, elle n'est pas indispensable.
Les équipes médicales le proposent toujours aux parents. Le bébé est lavé et habillé et le découvrir leur permet de se raccrocher à quelque chose : des traits, une couleur de cheveux… Avec le recul, on s'est en effet aperçu que les parents surmontaient mieux le traumatisme quand l'enfant existe autrement que dans leur imaginaire. De plus, affronter la réalité évite de « fantasmer » sur des pseudo-malformations.
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Depuis le décret de mars 2008, on peut inscrire un fœtus sous son prénom au registre de l'état civil et sur le livret de famille. Et ce, quelle qu'ait été la durée de la gestation. Si les parents le désirent, ils peuvent reprendre le corps du bébé après l'autopsie, organiser des obsèques et une cérémonie religieuse suivant leur croyance. Sinon, et c'est le cas le plus fréquent, il est incinéré. Ses cendres sont alors dispersées dans un « carré des anges », un endroit réservé dans certains cimetières.
IVG Médicamenteuse Ratée : Témoignages et Avis Médicaux
Des témoignages de femmes ayant poursuivi leur grossesse après une IVG médicamenteuse qui a raté existent. C'est "déconseillé" par les laboratoires mais dans les faits les malformations sont très rares.
Une écoutante en pré et post IVG a déjà accompagné 4 femmes qui ont choisi de garder leur enfant après une IVG médicamenteuse ratée. Elles ont depuis accouché et les enfants sont normaux. Elle avait demandé pour elles un avis médical et l'on m'avait expliqué que l'IVG fonctionnait ou ne fonctionnait pas mais que lorsqu'elle n'avait pas fonctionné, donc pas décollé le l'embryon, il continuait son développement normalement.
Une femme témoigne : "Merci pour vos réponses Cela fait du bien de voir tout ces messages positifs En effet j'ai repassé une echo et tout est normal ouf quel soulagement Une ivg ratée arrive seulement à 4% des femmes et moi j'étais dedans mais finalement je me dis que en effet c'est la destiné je devais avoir ce bébé. Il m'ont dit que c'était un garçon mais je trouve ça précoce pour savoir Si c'est vraiment ça alors je suis la plus heureuse des femmes car j'ai déjà une petite fille De toute façon à la base je ne voulais pas faire cette ivg je l'ai fait pour le papa qui n'en voulait pas pour le moment et maintenant finalement il commence à se faire à l'idée de sa paternité.Je souhaite de tout coeur à d'autres femmes dans mon cas autant de bonheur que moi et des bébé en pleine forme et dis à celles qui choisissent de ne pas garder un bébé pour n'importe quelle raison que malgré tout elles font toujours le meilleur choix pour elles ou le bébé non voulu."
Que faire en cas de doute sur l'efficacité d'une IVG médicamenteuse ?
Si une femme a des doutes sur l'efficacité d'une IVG médicamenteuse, il est crucial qu'elle consulte rapidement son médecin ou le centre IVG où elle a été prise en charge. Une échographie de contrôle permettra de confirmer si la grossesse a été interrompue ou si elle se poursuit.
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L'IMG Tardive et les Dilemmes Éthiques
Dans les cas d'IMG tardives, notamment lorsque l'intervention a lieu proche du terme de la grossesse, la question de la viabilité du fœtus se pose avec acuité. Il existe des situations, bien que rares, où l'administration d'un produit létal n'entraîne pas le décès du fœtus avant l'accouchement, comme le relate l'histoire tragique d'un couple du Nord.
Un Cas Récent Souligne la Complexité de la Situation
"Histoire tragique pour un couple du Nord. A 8 mois de grossesse, on diagnostique chez leur bébé un handicap lourd. Terrible drame relaté par La Voix du Nord (article en lien ci-dessous). Un couple, dont la femme est enceinte de 8 mois, apprend après une IRM que son bébé souffre d'une malformation très grave au cerveau. Les médecins de l'hôpital Duchenne de Boulogne (Nord) proposent alors une interruption médicale de grossesse (IMG). Le couple doit encore attendre dix jours avant que l'intervention ne soit pratiquée ; elle est programmée le 24 juillet 2017. Les équipes administrent à la jeune femme une dose de produit létal ; elle doit accoucher quelques heures plus tard d'un bébé mort. Mais rien ne se passe comme prévu et lorsque l'enfant nait, il est bien vivant. En dépit du diagnostic pessimiste, leur bébé boit et bouge, sans qu'un pronostic sur son état futur ne puisse être donné pour le moment. Affligés, les parents pourraient porter plainte. L'hôpital, de son côté, face à une situation qualifiée de "rare et désolante", assure qu'il n'a commis aucune erreur et que c'est la première fois qu'il est confronté à une telle situation. Le cas est pourtant arrivé dans une maternité de Lille tandis que des témoignages de ce type circulent sur le Net."
Ce type de situation, bien que rarissime, soulève des questions éthiques profondes et met en lumière les limites de la médecine. Il est essentiel que les équipes médicales soient préparées à gérer de telles éventualités et qu'elles offrent un accompagnement psychologique adapté aux parents.
Les Conséquences Psychologiques de l'IVG et de l'IMG
L'IVG et l'IMG sont des expériences potentiellement traumatisantes pour les femmes et les couples. Le deuil périnatal, la culpabilité, le regret et l'anxiété sont des sentiments fréquemment rapportés. Il est crucial que les personnes concernées bénéficient d'un soutien psychologique adéquat pour surmonter ces épreuves.
Le Témoignage poignant d'une femme ayant vécu plusieurs IVG
"Je suis une femme de 38 ans. Je suis anéantie et je ne sais plus quoi faire. Moi, j’ai avorté trois fois. J’ai peine à croire ce que j’écris. La première fois, à 25 ans : l’homme avec qui j’étais n’en voulait pas. Moi, je l’aimais, jamais je n’aurais pensé à l’avortement. Mais lui me l’a proposé. Ensuite, à 28 ans, le préservatif s’est brisé. J’ai demandé à cet homme si on pouvait garder l’enfant et il n’a pas voulu. (…) Alors, je ne l’ai pas gardé, encore, j’ai eu peur d’imposer un enfant non-désiré à cet homme et j’ai eu peur qu’il ait une vie où il se sentirait rejeté. Il y a six ans, j’avais 30 ans, j’ai rencontré un homme que j’ai profondément aimé. Après trois ans, je suis à nouveau tombée enceinte, cette fois-ci aussi il m’a abandonnée, mais ne m’a pas demandé de me faire avorter. Comme je savais cet homme bon, j’ai gardé mon fils. J’avais demandé à Dieu de m’envoyer deux enfants pour refaire le mal que j’avais fait, alors il m’envoya Nicolas. J’ai gardé cet enfant envers et contre tous. C’est le plus merveilleux des enfants. (…). Mais, je l’ai eu seule. Ce fut parfois l’enfer, mais ma force de caractère m’a permis de passer au travers. J’avais repris goût à la vie. (…) J’espérais que le père revienne et que nous soyons une famille. Après 4 ans, un jour, j’ai rencontré un autre homme. Il était super, lui-même père de deux enfants. A cause d’un accident de préservatif (…), je suis à nouveau tombée enceinte. Voilà où le drame a commencé. J’étais sûre qu’il voudrait le garder, il était déjà père. Mais lorsque je lui ai dit, il m’a dit de me faire avorter. J’ai voulu mourir. Pourquoi ? Parce que cette fois, je savais ce que c’était d’être mère (….). J’ai eu peur encore d’imposer un enfant à cet homme. Tout le monde me disait de ne pas le garder, que cela pourrait être trop difficile. Je suis allée voir une psy, et aussi des cliniques, pour de l’aide. Je voulais cet enfant, mais on me disait que je mettrais deux enfants dans la merde. Sans père etc. On m’a donné un chèque… et on a payé mon avortement. (…) Moi, encore une fois, j’ai eu peur. Je suis allée trois fois à la clinique d’avortement, je suis allée trois fois sur la table et j’en suis redescendu. J’ai pleuré presque à en mourir. Mais aujourd’hui, je regrette tellement. Je suis morte avec cet enfant sur la table. Je l’avais vu à l’échographie. Il est parti à 7 semaines. Les avortements ont détruit ma vie. Si jamais vous me lisez et que vous êtes enceinte et que dans votre cœur, vous voulez le garder… Je vous supplie de le faire. N’écoutez que vous-même, personne d’autre. Ceux et celles qui m’ont conseillé de ne pas le garder, de bien y penser, le font bien souvent selon leur propre réalité et non la vôtre. Et vous savez, aujourd’hui, il n’y a plus personne. Rien que la dure réalité. Lorsque j’étais enceinte, j’avais peur de décevoir des gens en gardant ces enfants. Mais pire encore, je me suis déçue moi-même. Dans l’angoisse qui m’envahissait, j’ai oublié qui j’étais, mes forces, ma foi et surtout… L’amour que j’ai des enfants. (…) Ce n’est que la peur qui parle, et pas vous. Mon premier enfant, je ne l’ai pas gardé, de peur qu’il n’ait pas de père, et pourtant finalement l’enfant que j’ai gardé, lui, n’a pas de père ! Voilà une histoire bien triste. Je regrette tellement mon cheminement de vie et je ne le souhaite à personne."
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Ce témoignage poignant illustre la complexité des émotions liées à l'IVG et l'importance d'un accompagnement psychologique adapté.
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