L'intolérance au lactose chez les nourrissons est une préoccupation courante pour de nombreux parents. Cet article vise à fournir une information détaillée et structurée sur le lait sans lactose, son utilité, et comment il s'intègre dans l'alimentation d'un bébé, en particulier pendant l'allaitement et la diversification alimentaire.

Qu'est-ce que l'intolérance au lactose ?

L’intolérance au lactose correspond à une incapacité partielle ou totale à digérer ce glucide, en raison d’une déficience en lactase. Le lactose est un sucre naturellement présent dans le lait (y compris le lait maternel) et les produits laitiers. Pour être digéré, le lactose doit être décomposé en glucose et galactose, deux sucres simples facilement absorbés. Cette décomposition est réalisée par la lactase, une enzyme digestive produite dans l’intestin grêle.

Lorsque la production de lactase est insuffisante, le lactose non digéré fermente dans l’intestin, provoquant divers troubles digestifs. Il ne s’agit pas d’une allergie à proprement parler.

Causes de l'intolérance au lactose

L’intolérance au lactose peut avoir plusieurs origines :

  • Immaturité transitoire du système digestif : Souvent observée chez les nouveau-nés, en particulier les prématurés, cette immaturité peut entraîner une production insuffisante de lactase.
  • Intolérance secondaire : Elle peut survenir à la suite d’une gastro-entérite sévère ou d’une maladie inflammatoire intestinale, qui endommagent la muqueuse intestinale et réduisent la production de lactase. Dans cette situation, l’intolérance au lactose est transitoire. Lors d’un épisode aiguë de diarrhée qui se prolonge au delà de 7 jours, le professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin) pourra lui prescrire un lait infantile sans lactose de façon transitoire.
  • Intolérance congénitale : Bien que rare, une intolérance congénitale au lactose peut survenir dès la naissance en raison d’une mutation génétique héréditaire. Ces bébés ont besoin de laits spécialisés. Oui, dans de très rares cas. En effet, si l’intolérance au lactose a un caractère génétique qui fait qu’elle semble être plus fréquente dans certaines familles, elle n’a cependant aucun caractère héréditaire, mis à part dans le cas très rare d’un déficit congénital en lactase. Les signes de cette maladie exceptionnelle (perte de poids, vomissements, diarrhées…) apparaissent dès les premiers jours de vie.
  • Intolérance primaire : c’est la forme la plus commune. Elle est liée à la diminution de l’activité de la lactase avec l’initiation de la diversification alimentaire dans la petite enfance. Il s’agit d’une réduction génétiquement programmée de l’activité de la lactase après la période de diversification.

Symptômes de l'intolérance au lactose chez le nourrisson

Chez le nourrisson, les symptômes de l’intolérance au lactose peuvent apparaître dès les premières semaines de vie. Les manifestations cliniques ou symptômes de cette intolérance touchent uniquement la sphère digestive. Le lactose non digéré dans l’intestin est fermenté par les bactéries coliques générant des gaz/ballonnements, crampes/douleurs abdominales, diarrhées, nausées ou encore vomissements.

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Les parents doivent surveiller les signes d’intolérance chez un nourrisson, comme des diarrhées répétées, des coliques ou un refus de s’alimenter. Si ces symptômes apparaissent, il est recommandé de consulter un pédiatre ou un médecin pour confirmer le diagnostic.

Lait sans lactose : une solution nutritive

Le lait sans lactose est formulé pour offrir une solution nutritive tout en évitant les troubles digestifs liés à l’intolérance. Dans ce type de lait, le lactose est prédécomposé en glucose et galactose, ce qui facilite son absorption par l’intestin. Ainsi, un bébé sensible peut continuer à bénéficier des nutriments essentiels au développement, comme les protéines, le calcium et les vitamines, sans risque de troubles digestifs. Cela permet de prévenir les complications liées à une mauvaise digestion, comme la perte de poids ou les carences nutritionnelles. Certains produits sans lactose incluent également des compléments pour optimiser la santé digestive et favoriser une bonne croissance des tout-petits. Ils sont souvent disponibles en pharmacie.

Quand utiliser le lait sans lactose ?

Le lait sans lactose n’est pas seulement utile pour les bébés souffrant d’intolérance. Il peut également être adapté en cas de troubles digestifs temporaires liés à une gastro-entérite ou à un inconfort digestif passager. Dans ces cas, bébé peut avoir du mal à digérer le lactose de façon transitoire. En optant pour un lait sans lactose, les parents peuvent aider leur enfant à mieux tolérer son alimentation jusqu’à ce que sa digestion revienne à la normale.

Info culottée : En cas de gastro-entérite chez votre bébé, le lait sans lactose peut être une alternative temporaire pour soulager son système digestif.

Types de laits sans lactose

Pour les bébés intolérants au lactose, il existe des alternatives au lait traditionnel. Le lait sans lactose pour bébé est une option populaire. Ce lait de substitution est spécialement formulé pour être plus facile à digérer pour les bébés intolérants au lactose. Ces laits contiennent tous les nutriments dont votre bébé a besoin, y compris le calcium, la vitamine D et le fer. Il existe plusieurs types de laits sans lactose adaptés aux bébés. En plus d’une composition équilibrée en protéines, lipides et glucides (essentiels à leur croissance), ces laits infantiles spéciaux sont souvent enrichis en nutriments.

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  • Le lait de vache sans lactose : Ce type de lait, le plus courant, est généralement bien toléré par les bébés.
  • Le lait aux protéines végétales : Pour les bébés souffrant d’allergie aux protéines de lait de vache, le lait de riz représente une alternative.
  • Le lait d’hydrolysat de protéines : Conçu spécifiquement pour les bébés ayant une intolérance au lactose sévère, le lait d’hydrolysat de protéines offre une solution adaptée.

D’autres alternatives peuvent être envisagées pour les bébés qui ne peuvent pas consommer de lactose (des hydrolysats de protéines de riz, des formules à base de soja, des laits à base d’acides aminés libres, des laits sans lactose AR…). Mais leur utilisation doit toujours être suivie par un pédiatre, pour garantir une nutrition adaptée.

Lait sans lactose : Composition et valeur nutritive

Oui, ce type de lait est conçu pour être aussi nutritif que les formules classiques. Il contient tous les nutriments indispensables à la croissance des nouveau-nés, notamment des protéines de haute qualité, des lipides, des glucides et des minéraux essentiels comme le calcium.

1ᵉʳ âge, 2ᵉ âge, croissance… Oui, il en existe pour tous les âges et toutes les étapes du développement de l’enfant. Les formules de premier âge sont destinées aux nouveau-nés de 0 à 6 mois. Les formules de deuxième âge conviennent de 6 à 12 mois, et les laits de croissance s’adressent aux tout-petits de 1 à 3 ans. Ces formules garantissent un apport adapté en énergie et nutriments pour soutenir les besoins évolutifs des tout-petits. Certains laits spécifiques à base de riz ou enrichis en prébiotiques peuvent être recommandés pour les tout-petits souffrant d’autres problèmes digestifs ou d’allergies.

Transition vers le lait sans lactose

Une fois l’intolérance identifiée, le passage à un lait sans lactose peut être envisagé. Ce changement doit être progressif pour permettre au bébé de s’adapter et éviter des troubles digestifs supplémentaires. L’introduction du lait sans lactose dans l’alimentation de votre bébé doit se faire progressivement. Commencez par remplacer un biberon par jour par du lait sans lactose. Ensuite, augmentez progressivement la quantité de lait sans lactose que vous donnez à votre bébé. Soyez attentif à tout changement dans son comportement, son appétit ou son sommeil.

Lors de cette transition, il est primordial de préparer correctement le lait en poudre, en respectant les recommandations indiquées sur la boite et en utilisant une eau adaptée à l’alimentation infantile. Préparez chaque biberon juste avant le repas pour préserver ses qualités et éviter toute prolifération bactérienne. Ne conservez pas un biberon plus d'une heure à température ambiante et, s'il a été chauffé, donnez-le dans les 30 minutes pour éviter le développement de germes. Et n’oubliez pas : un biberon entamé ne se conserve pas, même au réfrigérateur.

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Allaitement et intolérance au lactose

Si vous allaitez votre bébé, vous pouvez tout à fait continuer à le nourrir au sein. Si les symptômes de l’intolérance sont modérés, l’allaitement maternel peut être maintenu. Le médecin peut conseiller d’ajouter des gouttes de lactase dans le lait maternel.

Oui. Des mamans ont constaté une nette diminution du Réflexe d'éjection fort (REF) en modérant leur consommation de lait de vache (et autres dérivés : laitages, beurre, crème fraîche…

Les selles vertes peuvent aussi venir du fait de boire surtout le lait de début de tétée, riche en lactose justement, et pas assez le lait de fin de tétée plus gras, j'ai remarqué que mon bouchon avait des colliques dans ce cas là alors je donne plusieurs fois le meme sein.

Lait sans lactose vs. Lait sans protéine de lait de vache (APLV)

Le lait sans lactose cible les bébés intolérants au lactose, alors que le lait sans protéine de lait de vache est destiné aux nourrissons allergiques à ces protéines (APLV). Il est important de noter qu’un lait sans lactose n’est pas la même chose qu’un lait hypoallergénique. Un lait hypoallergénique pour bébé est formulé pour minimiser le risque de réactions allergiques aux protéines de lait de vache (APLV), tandis qu’un lait sans lactose est conçu pour être plus facile à digérer pour les bébés intolérants au lactose.

Dans les formules sans lactose, le sucre est prédécomposé, mais les protéines de lait de vache restent présentes. En revanche, les formules sans protéine de lait de vache sont souvent fabriquées à base de protéines végétales, comme celles du riz, ou d’acides aminés libres. Elles sont spécifiquement conçues pour répondre aux besoins des tout-petits présentant des allergies ou des troubles digestifs plus graves.

L’intolérance au lactose et l’allergie aux protéines de lait de vache (PLV) sont souvent confondues. En cas d’intolérance au lactose, le bébé ne digère pas bien le sucre du lait (le lactose), en raison d’un déficit de lactase (l’enzyme digestive nécessaire). Cela provoque des troubles digestifs (des ballonnements et des gaz, des crampes abdominales, des diarrhées…), mais aucune réaction immunitaire. Cette intolérance alimentaire peut être gérée en consommant des produits sans lactose (du lait sans lactose pour les nourrissons et les bébés). L’allergie aux protéines de lait de vache est une réponse du système immunitaire aux protéines présentes dans le lait (la caséine et le lactosérum). Elle peut provoquer des réactions plus graves, allant d’éruptions cutanées sur tout le corps à l’apparition de troubles respiratoires. Ces symptômes doivent amener à consulter rapidement un médecin !

L’allaitement maternel permet de nourrir idéalement un enfant allergique aux protéines du lait de vache (APLV) et il est conseillé de le prolonger au maximum en fonction les possibilités maternelles. Il peut cependant exister, mais très rarement, une APLV transmise par le lait maternel (des protéines lactées consommées par la mère peuvent se retrouver dans son lait). Dans ce cas la mère peut poursuivre son allaitement en faisant un régime sans PLV.

Évolution de l'intolérance au lactose

Cette intolérance peut évoluer différemment selon les individus. Chez certains enfants, en particulier les nouveau-nés, cette difficulté digestive est souvent temporaire. Elle résulte parfois de l’immaturité du système digestif, notamment en cas de naissance prématurée. Avec l’âge, la production de lactase, l’enzyme nécessaire à la digestion du lactose, peut s’améliorer, permettant à certains de tolérer progressivement les laits contenant ce glucide. Cependant, chez d’autres, cette sensibilité accrue persiste ou devient plus marquée.

Les experts en nutrition infantile et en pharmacie recommandent un suivi attentif pour ajuster les apports en fonction des besoins de l’enfant et de son évolution. Tout va dépendre du seuil de tolérance de l’enfant concerné. En grandissant, il est possible qu’il puisse boire un verre de lait par semaine, ce qui sera impossible pour d’autres. Chaque enfant est différent, avec son propre seuil de tolérance au lactose. Et si ce seuil est peu élevé, il pourra tout de même consommer des produits fermentés comme certains fromages et yaourts.

Diversification alimentaire et intolérance au lactose

La diversification alimentaire d’un bébé intolérant au lactose demande une attention particulière. Dès que l’introduction des aliments solides débute, il est essentiel de maintenir une source de protéines et de calcium dans son alimentation pour soutenir sa croissance. Les purées de légumes verts, riches en calcium, et les céréales adaptées peuvent constituer une base nutritionnelle.

Les experts recommandent également de bien lire les étiquettes pour éviter les sources cachées de lactose, notamment dans les petits pots ou les préparations industrielles. Les aliments enrichis en calcium peuvent compenser l’absence de produits laitiers classiques. Il faut aussi éviter les laitages et les fromages, et tous les produits pouvant contenir du lait ou du lactose (certaines céréales, certains “petits pots”, de nombreux produits industriels, etc.).

Entre 6 et 9 mois, il est conseillé de mettre dans la main de votre bébé un morceau de pain riche en croûte. Les légumes seront cuits de préférence à la vapeur (meilleure conservation des vitamines et du goût), mais ils peuvent être cuits dans une eau peu salée en jetant ensuite l’eau de cuisson. Il est préférable de proposer un seul légume par jour (en plus de la pomme de terre qui sert de liant pour les légumes les plus fluides comme les courgettes ou les tomates) afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque légume. S’il refuse un légume, il faut lui proposer de nouveau un autre jour, sans le forcer. Parmi les légumes, il est possible d’utiliser : betteraves rouges, blanc de poireaux, brocolis, butternuts, carottes, courgettes (épépinées et sans peau), épinards, haricots verts, patate douce, panais, potirons ou potimarrons, tomates, les bettes (vert et blanc), artichauts. Les endives peuvent être utilisées mais leur goût amer peut rebuter les jeunes enfants. Les petits pois peuvent être utilisés s’ils sont extra-fins. La quantité de carottes sera limitée en cas de constipation. Les légumes “à goût fort”, ou trop fibreux : aubergines, cardons, céleris, choux, fenouil, navets, oignons, poivrons, raves, salsifis, vert de poireaux, etc. La qualité des légumes surgelés est au moins égale sinon supérieure à celle des “produits frais” de la grande distribution.

-> Il est conseillé d’ajouter 1 cuillère à café d’huile végétale crue dans les légumes (colza, noix, soja, et parfois olive, en évitant tournesol, maïs, pépins de raisin et arachide).

-> avec 10 g. ou 10 g. de poisson, frais ou surgelé, non pané, soit 2 cuillères à café de poisson mixé, 2 fois par semaine : 1 fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole, etc.), et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), ou du méthyl-mercure : espadon, marlin, siki, requin et lamproie.

Conseils supplémentaires pour les parents

  • Consultez un professionnel de santé : Il est important de consulter le professionnel de santé qui suit votre enfant (pédiatre ou médecin) lorsque votre bébé présente des diarrhées, des coliques, des gaz, des douleurs abdominales, des nausées ou des vomissements afin de ne pas se tromper de diagnostic mais aussi pour définir l’alimentation à proposer à votre enfant. Si vous suspectez ce trouble chez votre enfant, il est important de passer par la case médecin avant d’éliminer le lactose de l’alimentation de votre bébé. Il vous permettra d’avoir un diagnostic précis, et notamment de vous assurer que votre enfant n’est pas allergique aux protéines du lait de vache (APLV).
  • Hydratation : Votre enfant a une diarrhée, pensez à bien l’hydrater. La déshydratation est une complication fréquente de la diarrhée. L’utilisation d’un soluté de réhydratation orale (SRO) est recommandée pour prévenir ce risque.
  • Préparation des biberons : se laver les mains soigneusement, à l’eau et au savon : assurez-vous aussi que le plan de travail, le biberon, la tétine et la cuillère-mesure sont propres. verser le lait en poudre dans le biberon : là encore, vous devez absolument suivre les instructions du fabricant pour le dosage (en général, une cuillère doseuse rase pour 30 ml d’eau).
  • Acceptation des laits thérapeutiques : Certains enfants ont des difficultés à accepter ces « laits » thérapeutiques. Dans ce cas la situation est différente selon que l’enfant est diversifié ou non. Il n’est pas possible de donner d’autres aliments que le lait avant l’âge de 4 mois révolus. Les laits thérapeutiques sont mieux acceptés quand ils sont débutés très tôt, dès les premières semaines de vie. Plusieurs études ont montré que les hydrolysats de protéines lactées bovines sont moins bien acceptés que les hydrolysats de protéines de riz. Essayez de varier la température du biberon : l’idéal est de le donner tiède (autour de 35°) mais certains enfants préfèrent le boire à température ambiante. En cas de refus, ne désespérez pas, ne forcez pas votre bébé à boire, armez-vous de patience et essayez de donner le biberon dans une ambiance calme et détendue (même si cela n’est pas facile…) ; proposez de nouveau le biberon un peu plus tard. Si votre bébé ne boit qu’une partie du biberon pendant un ou deux jours, ce n’est pas dramatique.
  • Surveillance des symptômes : Si votre bébé montre des signes d’inconfort après chaque repas contenant du lait, cela peut être le signe d’une mauvaise digestion du lait. Mais attention, les symptômes de l’intolérance au lactose peuvent parfois ressembler à ceux d’autres troubles digestifs !

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