Les éditions du Lombard célèbrent un héritage riche et tentent de donner une nouvelle vie à des héros emblématiques, tout en naviguant entre le poids du passé et les exigences d'un public moderne. Cet article explore l'âge d'or de Ric Hochet, en analysant l'évolution de la série et son impact sur le monde de la bande dessinée franco-belge.
Les Éditions du Lombard: Entre Héritage et Modernité
Les éditions du Lombard, fondées en même temps que le journal Tintin, incarnent un pan important de l'histoire de la bande dessinée. Au sommet d'un immeuble anonyme de l'avenue Paul-Henri Spaak, trônent en effet les visages géants de Tintin et Milou. Le Lombard évolue ainsi entre deux mondes, parfois difficilement conciliables : un patrimoine glorieux, fait de grands noms (Hergé, Jacobs, Martin, Franquin, Macherot, Tibet, Hermann, Greg, Dany…) et de non moins glorieux héros (Blake et Mortimer, Alix, Michel Vaillant, Ric Hochet, Comanche…) issus du journal Tintin, mais qui peut s'avérer aussi quelque peu encombrant lorsqu'il s'agit de parler à la nouvelle génération smartphone et Internet, et de lancer de nouvelles séries ou personnages.
Gauthier Van Meerbeeck, figure clé du Lombard, se revendique du journal Tintin et souligne l'importance de célébrer son soixante-dixième anniversaire. En collaboration avec la Fondation Moulinsart, le Lombard a publié un ouvrage de 777 pages en hommage à l'hebdomadaire. On y trouve bien sûr les figures les plus emblématiques du journal, mais aussi d'autres auteurs ou personnages oubliés depuis (qui se souvient encore de l'aventurier Alain Landier ou du Lieutenant Burton ?). Parmi les rares survivants de l'époque quasi originelle, on a pu croiser lors de ces célébrations Dino Attanasio, l'auteur du Signor Spaghetti (scénarisé à l'époque par René Goscinny), ou André-Paul Duchâteau, l'auteur avec Tibet de l'immarcescible Ric Hochet.
Ric Hochet: Un Héros Immarcescible
Ric Hochet a connu bien plus d'aventures (78 albums au compteur entre 1964 et 2010) qu'il n'a écrit d'articles pour son journal La Rafale, dont il était supposément le journaliste vedette, suivant sur ce point les traces de Tintin, dont les chances de remporter le Pulitzer disparurent après son unique reportage (chez les Soviets). André-Paul Duchâteau, l'auteur de Ric Hochet avec Tibet, se souvient avec émotion de ses compagnons de l'époque, dont Hergé.
L'Âge d'Or du Journal Tintin: Créativité et Audace
Le dessinateur Dany, l'auteur du délicat et pastoral Olivier Rameau, considère que le véritable âge d'or du journal est plutôt à chercher au moment où Greg, le créateur d'Achille Talon, arriva comme rédacteur en chef en 1965. Les années 1960-1970 ont été formidables de créativité, car Greg était arrivé avec des auteurs comme Hermann (qui a obtenu le Grand Prix du dernier Festival d'Angoulême), Vance (futur dessinateur de XIII) ou Dupa (l'auteur de Cubitus). Il s'est détaché du caractère bien-pensant du journal originel pour proposer des œuvres plus audacieuses.
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La Petite Bédéthèque des Savoirs: Un Retour aux Sources Pédagogiques
Gauthier Van Meerbeeck souligne l'importance de revenir de façon intelligente à ce qui faisait l'identité du journal Tintin. Nous avons ainsi créé La Petite Bédéthèque des savoirs, où un dessinateur s'associe à un intellectuel, un savant ou un journaliste, pour parler en images de sujets très différents (le droit d'auteur, l'univers, l'intelligence artificielle, le nouvel Hollywood…), selon une approche pédagogique qui était aussi celle du journal à ses débuts.
Le Reboot de Ric Hochet: Un Coup de Jeune Réussi
Ric Hochet a eu droit à un joli coup de jeune, sous la plume de Zidrou, aujourd'hui l'un des scénaristes les plus bankables de la bande dessinée franco-belge (on lui doit notamment L'Élève Ducobu et il vient aussi de reprendre Léonard le génie). Comme nombre d'auteurs de sa génération, le quinquagénaire a été bercé par le journal Tintin : « Je suis né avec ce journal, et je parle bien du Tintin belge, et non de celui français passé à la moulinette Georges Dargaud. Quand le Lombard m'a proposé de reprendre Ric Hochet, la difficulté était de trouver un environnement qui permette de repenser la série, tout en lui restant fidèle. J'ai donc choisi l'année 1968-1969, qui offre de multiples possibilités pour faire évoluer les personnages et les intrigues. »
Analyse de Quelques Albums de Ric Hochet
La série Ric Hochet, créée par André-Paul Duchâteau et Tibet, est riche en intrigues et en mystères. Voici une analyse de quelques albums qui illustrent la diversité et l'évolution de la série :
Après l'assassinat d'Anne-Elisabeth Van Burg: Ric et le commissaire Brébant cherchent à identifier le commanditaire du meurtre. Les suspects sont malheureusement très nombreux et les fausses pistes s'enchaînent aussi vite que les événements tragiques. Fin du diptyque sur la famille Van Burg et l'héritage que tout le monde semble convoiter. Beaucoup d'action, des décors variés, un enchaînement de situations critiques et un mystère qui s'épaissit à chaque page. Franchement c'est bien mené, on se laisse balader jusqu'à la révélation finale avec un plaisir non dissimulé.
Jimmy, un personnage de films d'horreur: sort de l'écran pour venir perpétrer des crimes dans la vraie vie. Celui (ou celle) qui endosse les habits du personnage s'attaque uniquement à des professionnels de la justice ou des forces de l'ordre et les fait, au sens propre, mourir de peur. Un album évidemment hommage aux films de « slashers » en général et à Freddy Krueger en particulier. Le scénario est truffé d'incohérences mais pour une fois les femmes y jouent un rôle fondamental. Elles n'ont d'ailleurs jamais été aussi nombreuses dans une aventure de Ric Hochet, un Ric pas toujours d'une grande finesse dans ses rapports avec la gente féminine. Cette dernière semble de son côté avoir une multitude de griefs à l'égard des hommes, qu'elles cherchent à la fois à concurrencer et à punir. Une aventure qui se laisse lire et qui s'inscrit dans la moyenne pas folichonne des précédentes. À réserver aux amateurs de la BD franco-belge « à l'ancienne ».
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18e album des enquêtes de Ric Hochet: Une intrigue de bonne facture. Sorti en librairie en 1974, le scénario concocté par André-Paul Duchâteau nous replonge 36 ans dans le passé, soit en 1938. Un personnage ressemblant comme deux gouttes d'eau à Ric Hochet arrive à Arestat, un village normand et se retrouve mêlé à une affaire de meurtre. 1974 (de nos jours, pour le lecteur de l'époque), Ric Hochet et son père reviennent à Arestat. Parce que le Ric Hochet de 1938, évidemment c'était Richard, le père du héros. Et les voilà rappelés par un des protagonistes parce que l'affaire, n'était pas si réglé que ça tout compte fait. Ric et son père entrent en concurrence et chacun essai de damner le pion à l'autre pour comprendre le fin mot de l'histoire et plutôt que de s'associer, ils s'affrontent (très amicalement, bien sûr !). Leurs talents, pourtant complémentaires, est au service de leur égo, plutôt que de la recherche de la vérité. Celle-ci finira bien par se dévoiler au bout des 44 planches réglementaires. L'intrigue est plutôt pas mal ficelé et ressemblerait à un polar digne de certains romans policiers populaires. L'introduction dans les années 30 est excellente, mais j'ai trouvé que celle des années 70 avait un petit coup de mou au démarrage avant de se terminer sur les chapeaux de roue pour notre plus grand plaisir. Les dessins de Tibet sont encore une fois excellents. Même si on sait que lui même ne réalisait surtout que les personnages et laissait à son équipe, Mittéï en tête, la réalisation des décors. Ces décors sont ici de petits chefs d'œuvre (pour l'époque). Dès la première case de la première planche et cette voiture de sport qui descend vers Arestat, une nuit de tempête, on est dans une ambiance qui nous donne un petit frisson à l'ancienne. Toute la première planche est excellemment cadrée, colorisée. Lors des 12 premières planches en 1938, chaque case qui se passe en extérieur est un vrai plaisir des yeux, le bois, le village, les bâtiments anciens, les automobiles, le manoir. Et puis ces scènes au bord de la falaise et cet épouvantail avec sa faux. En 1974, l'atmosphère est plus lumineuse, mais fait, pour le coup, un peu descendre la tension. Le jour remplace la nuit, les bâtiments modernes et propres semblent un peu plus aseptisés. Pourtant 10 planches plus tard, vers la 22e, la tension revient avec la nuit et les virées nocturnes des personnages. Le rythme avance par à coup mais retombe un peu aussi. Jusqu'au final. 10 dernières planches superbes avec cette vue en plongée sur l'épouvantail et sa faux, la falaise, un sentiment étrange de répétition. Au final, un sentiment un peu mitigé.
Au début de l'histoire, on nage en plein brouillard. Le scénariste A.-P. Duchâteau a choisi, pour une fois, de commencer par le milieu. Ric Hochet est en train de fuir au volant de sa porche pour échapper à des coupables qu'il a déjà découvert. On ne sait pas qui ils sont, mais ils sont dangereux. Notre héros ne retrouvant pas ses souvenirs, on enrage pour lui, on veut le secouer, mais on veut aussi comprendre ce qu'il se passe. Dans quelle enquête il s'était lancée, pourquoi il se retrouve dans cette chambre d'hôpital, insulté par les survivants de ces crimes ! Chirurgie esthétique, manipulation, cauchemar ? L'intrigue est plutôt bien ficelée, pour du polar à destination de la jeunesse au début des années 1970 entendons nous et le suspense, les poursuites dans une nature inquiétante, l'atmosphère à la Hitchcock (la maison du docteur Edwardes) prend le pas sur la découverte du coupable, que certain auront peut-être deviné assez tôt mais que d'autres, les plus jeunes, les moins habitués aux ficelles scénaristiques mettront du temps à trouver avant le climax presque final. Au niveau des dessins, Tibet est au top de sa forme et son équipe qui fait pour lui les voitures et les décors réussit encore une fois à créer une ambiance de film noir rural.
Suite au décès du patriarche de la famille Van Burg, la principale bénéficière du testament est assassinée. Les autres héritiers, réunis dans le château du clan, aimeraient tous profiter d'une large part du gâteau laissé par leur aïeul. Guidés par la cupidité, tous adoptent un comportement suffisamment intrigant pour que Ric Hochet les considère comme les suspects potentiels du meurtre et les imagine capables d'en commettre de nouveaux. Premier tome d'un diptyque, cet album possède un rythme différent de ce que la série à l'habitude d'offrir, plus lent, plus psychologique, moins dans l'action que dans une tension liée aux suspicions se portant sur chacun des protagonistes. On lorgne clairement du côté d'Agatha Christie, entre le Cluedo et Hercule Poirot. Et puis la fin ne résout rien, on reste en plein brouillard, toutes les pistes sont ouvertes et aucune ne semble mener à un coupable tout désigné.
Seizième album de Ric Hochet, sorti en 1973, la même année de la retraite cinématographique de Brigitte Bardot. Quel rapport, me direz-vous ? Un album de bonne tenue. Ici, outre Ric Hochet et Bourdon, comme d'habitude, on retrouve avec plaisir Nadine, à qui les auteurs ont du mal a confier un vrai rôle, Hermelin qui apporte, comme souvent, une touche d'humour bienvenue et involontaire (de sa part) et Richard, le père de Ric. L'histoire est, pour la première fois, divisée en chapitre portant chacun le nom d'un film de Brigitte Bardot (BB pour les intimes). En vérité, BB n'apparaît pas dans cet album, juste sa statue de cire du musée Grévin, volée en même temps que celle de JJ (Janice Joël), la grande rivale. D'abord, il y a une tentative d'enlèvement du professeur Hermelin, comme dans un des albums précédents. Le père de Ric est dans le coup, mais prévient son fiston qui peut donc intervenir. Voilà pourtant que la bande « kidnappe » les statues de cire de BB, puis de JJ, sans que Ric, réussisse à arriver à temps, malgré son père, qui finit pas devenir suspect à ses complices. Et puis des statues de cire, pourquoi ? Pourquoi faire ? Mais voilà que la vraie JJ est à son tour enlevée. Les choses deviennent plus grave. Une rançon est demandée et Ric doit la remettre. Évidemment la production du film en cours de tournage est en panique. JJ enlevée, c'est le film qui fait naufrage. Le scénario de André-Paul Duchâteau reste classique sans être très original. Les dessins de Tibet et de toute son équipe sont encore une fois d'un excellent niveau, même si on a un peu moins de morceaux de bravoure que d'habitude.
Le monstre de Noireville est le quinzième album des aventures de Ric Hochet. Il paraît en 1972 après une prépublication dans le journal de Tintin. C'est la grande époque du héros, celle où les histoires imaginées par A.-P. Duchâteau sont, sinon crédibles (il ne faut pas exagérer !) du moins intéressantes, parfois surprenantes et pleine de suspense avec un brin d'humour. Ici, le scénariste reprend la formule de l'album Les spectres de la nuit. Dans un village lugubre de la campagne ardennaise, le bien nommé Noireville, un crime s'est produit. Un étranger est mort de peur alors qu'il se promenait dans les ruines de l'ancien château médiéval. Ric et Bourdon sont arrivés sur place et font semblant de ne pas se connaître. Mais Ric est vite la victime d'un esprit ou d'une bête maléfique qui semble rôder certaines nuits dans la tour sombre et dans la forêt environnante. Et puis, un deuxième étranger, et un troisième, toujours la pleine Lune, toujours un étranger. Pourtant la population du village reste plutôt stoïque et seul Bourdon et Ric Hochet ont l'air de rechercher activement le responsable des meurtres. Mais peut-on arrêter un Loup-Garou ? L'intrigue est vraiment très agréable à suivre, avec des rebondissements et une atmosphère de série B hollywoodienne ou de films (très populaire à cette époque) de la Hammer : les momies, vampires et autres loups-garous, justement. Les dessins de Tibet et de ses aides rendent particulièrement bien ces clairs-obscurs, ces heures entre chien et loups (décidément!), ces ombres inquiétantes de la tour en ruine, des arbres aux branches torturées, ces nuages noirs qui viennent du nord et qui colorent la Terre, les lacs, les rivières … Un bel album de Ric Hochet, une histoire qui fonctionne plutôt bien et des dessins particulièrement efficace.
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Les Films Fixes: Un Angle Mort de la Recherche
Les réserves de la Cité abritent une série de curieuses étagères. Support largement oublié de nos jours, le film fixe a pourtant constitué un objet central dans les pratiques culturelles de l'enfance dans les années 1950-1960. Comme l'indiquent Coralie Goutanier et Julien Lepage dans une synthèse passionnante, "le film fixe est un rouleau de pellicule transparente et noire de 35 mm, d'une longueur d'un mètre environ qui comporte des vues en noir et blanc parfois avec de la couleur. Il est composé de photos (surtout pour les films d'enseignement général), de dessins (surtout pour les films récréatifs et religieux), de cartes parfois accompagnées de textes. C'est une pellicule semblable à la pellicule photographique (…) mais (…) il est composé de vues positives et non de négatifs. Apparus dans les années 1920, les films fixes prennent le relais des projections sur lanternes magiques, qui présentent plusieurs inconvénients : poids et encombrement du support, fragilité, faible qualité de projection… Destinés avant tout à l'enseignement, et plus largement à la transmission des savoirs, les films fixes apparaissent dès 1923, mais ne se généralisent que dans les années 1950. Au début des années 1950, le ministère de l'Éducation nationale se met en effet à subventionner les écoles qui veulent s'équiper de projecteurs, donnant le coup d'envoi à un véritable âge d'or pour le secteur. Dans le cadre scolaire, l'enseignant s'appuyait sur les films fixes lors de séquences d'enseignement diverses. Le film fixe est commenté. Lors des projections, l'enseignant lisait un texte correspondant à chaque vue. Outre l'enseignement, les films fixes ont abondamment été utilisés par l’Église pour la transmission de ses messages. On trouve en effet dans les catalogues des éditeurs - et dans les collections de la Cité - de nombreuses adaptations sur écran de bandes dessinées populaires de l'époque, à travers les "séries récréatives" : Chlorophylle, Blake et Mortimer ou Ric Hochet aux Beaux films, Perlin et Pinpin ou Sylvain et Sylvette chez Filmostat, Pat'Apouf à la Bonne Presse, ou encore Placid et Muzo ou Pif le chien chez O.S.E.F : les adaptations sont innombrables.
Peu connus des amateurs de bande dessinée - à l'exception notable des adaptations de Tintin - ces films fixes constituent un angle mort de la recherche. Ces films s'inscrivent donc dans ces circulations transmédiatiques intenses qui, dans les années 1950-1970, portent la bande dessinée bien au-delà des pages des journaux et des albums.
Les Syndicats de Dessinateurs et la Reconnaissance du Métier
Des années 1950 aux années 1970, les dessinateurs français sont réunis dans différents syndicats qui ont pour but, à terme, la promotion de leur travail et de leur métier. Ces organisations leur permettent de se rencontrer, de faire reconnaître leurs droits, voire d’exposer leurs dessins. Plutôt que de chercher à faire valoir le statut de dessinateur de bande dessinée, ils cherchent donc à avoir accès à la carte de presse délivrée par la commission de la carte d’identité des journalistes de presse (CCIJP) et à être reconnus comme pigistes, ce qui leur permet, depuis 1957, d’avoir accès à tous les avantages sociaux afférents au statut de salarié.
Bédéphiles vs. Professionnels: Deux Visions du Métier
À la même époque, les initiatives des bédéphiles sont d’un autre genre : en se concentrant plutôt sur le médium de la bande dessinée lui-même, elles tendent à minimiser la profession de dessinateur. Les instruments de reconnaissance sociale que les bédéphiles proposent aux dessinateurs ne s’alignent donc pas sur l’organisation corporatiste telle qu’elle se définit pendant les Trente Glorieuses. En 1962 est constitué le Club des Bandes Dessinées (CBD), présidé par Francis Lacassin.
À la lecture comparée de ces sources, il semble que deux mouvements qui participent à la définition du métier de dessinateur de bande dessinée ont donc lieu de manière conjointe. D’une part, la désignation par les bédéphiles des auteurs de bande dessinées comme artistes ; d’autre part, la professionnalisation du métier, liée au journalisme.
L'Évolution du Marché de la Bande Dessinée
Il n'y a quasiment plus de journaux de BDs (Tintin, Vaillant, Pilote, etc) à part Spirou qui a survécu mais est devenu assez médiocre. Or c'est bien LE support qui était accessible financièrement aux plus jeunes, maintenant que tout ne sort qu'en album ce sont les ados et jeunes adultes qui achètent, public différent donc et goûts différents.
La Place de la Bande Dessinée à la Bibliothèque Nationale de France
Il y a un peu moins d’un an, la salle E de la Bibliothèque nationale de France a fait l’objet d’un remaniement, qui a conduit à la suppression du fonds consacré à la bande dessinée qui s’y trouvait. Cela faisait en effet un certain temps que la BNF négligeait sans complexe la bande dessinée, sans doute un peu à la manière du monde universitaire en général. Le coeur du problème est effectivement qu’il n’y ait jamais eu de véritable préposé à la bande dessinée au sein de la Bibliothèque Nationale.
En effet, non seulement la bande dessinée est loin d’être totalement absente de la BNF, mais certaines évolutions récentes laissent penser que sa place ne fera que se renforcer dans les années à venir. Tout d’abord, les expositions de la BNF ne délaissent pas autant la bande dessinée qu’on pourrait le penser au premier abord. Par ailleurs, l’habitude a été prise de placer, à la fin d’autres expositions de la BNF, des bandes dessinées et des ouvrages de fictions en rapport avec le thème de l’exposition.
La Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'Image (CIBDI) à Angoulême
Le musée de la bande dessinée d’Angoulême a rouvert ses portes à la fin de l’année 2009, avec une muséographie nouvelle et dans un bâtiment entièrement renové. Rappelons-le : ce musée est inscrit au sein de la Cité de la Bande Dessinée et de l’Image, CIBDI, qui contient également une bibliothèque, une salle de cinéma, une maison d’auteurs en résidence, une librairie, et une direction technique et audiovisuelle chargée de la coordination du tout, le Centre de Soutien Technique Multimédia. Le musée fait office, entre autres choses, de vitrine touristique et scientifique d’un système beaucoup plus vaste de plusieurs institutions chargées de promouvoir la bande dessinée sous plusieurs de ses aspects : créations contemporaines, commerce, lecture publique et patrimoine.
