Introduction
L'Institut de recherche pour le développement (IRD) joue un rôle crucial dans la promotion du développement durable, particulièrement dans les pays du Sud et les territoires d'outre-mer français. Cet article explore les axes de coopération de l'IRD, ses partenariats, et les défis spécifiques auxquels sont confrontés les territoires ultramarins face au changement climatique.
Renforcement de la Coopération Scientifique et Technique
Valérie Verdier, Présidente-directrice générale de l’IRD, et Magda Tomasini, directrice de l’Institut national d’études démographiques (Ined), ont renouvelé l’accord-cadre de coopération scientifique et technique qui lie leurs deux établissements depuis 2013. Ce partenariat vise à renforcer les politiques publiques favorables au développement des pays du Sud par des actions de recherche, de formation et d’innovation. L’Ined, acteur majeur dans le domaine des sciences de la population, collabore avec des instituts de recherche, des organismes de statistiques publiques, des organisations et des associations du monde entier, notamment dans les pays du Sud.
Observatoire Population Santé Environnement (OPSE) au Sénégal
La reconduction de l'accord permet de poursuivre la coopération engagée au Sénégal autour de l’Observatoire Population Santé Environnement (OPSE). Cet observatoire réunit plusieurs institutions sénégalaises et françaises, incluant des universités, des centres de recherches et des agences nationales. L'OPSE regroupe quatre sites d’observation en population et santé, offrant des services d’observation équivalents et servant de plateformes de recherche et de formation dans les domaines de la population, de la santé et de l’environnement. Trois de ces observatoires (Niakhar, Bandafassi, Mlomp) sont parmi les plus anciens au monde, tandis que le quatrième (Dielmo-Ndiop) assure un suivi exhaustif de la population et des maladies infectieuses et parasitaires sur plusieurs décennies. Les recherches menées à partir des données récoltées ont alimenté une littérature scientifique riche et variée, faisant la renommée de ces observatoires et constituant un patrimoine scientifique exceptionnel en Afrique.
Les Défis Climatiques dans les Outre-Mer
Les territoires d’outre-mer sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Les risques incluent l’augmentation de l’intensité des cyclones, les submersions marines, les vagues de chaleur, et les perturbations du cycle de l’eau.
Augmentation des Aléas Climatiques
Selon M. Gonéri Le Cozannet du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les vagues de chaleur, les ressources en eau, les inondations et les impacts en cascade des perturbations du cycle de l’eau, de l’élévation du niveau de la mer et des vagues de chaleur s’aggravent à chaque incrément supplémentaire de changement climatique. L’élévation du niveau de la mer a déjà augmenté de 20 centimètres par rapport à 1900 et devrait augmenter encore de 20 centimètres dans les trente ou quarante prochaines années, avec une possibilité de dépasser 2 mètres à long terme.
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Vulnérabilité et Exposition
Le rapport du Giec évalue également la vulnérabilité des personnes et des écosystèmes exposés, ainsi que leur exposition. On estime que 3 à 4 milliards de personnes vivent dans des contextes hautement vulnérables, où l’accès à l’eau et à l’électricité peut être fortement compromis, ou sans les infrastructures médicales permettant de faire face à des vagues de chaleur massives. Cela concerne les pays du Sud, mais également les personnes marginalisées dans les pays du Nord et dans les outre-mer.
Maladaptation et Adaptation Transformative
La réponse aux risques peut être l’atténuation du changement climatique, mais on observe aussi beaucoup de maladaptation. Par exemple, la climatisation, bien qu’étant une solution d’adaptation face aux vagues de chaleur, devient de la maladaptation si elle est massifiée et dépend de moyens de production d’énergie non décarbonés. Face à ces défis, le Giec préconise une adaptation transformative, impliquant des décisions multiacteurs intégrant les scientifiques et les populations locales.
Le Rôle des Connaissances Locales
Les populations locales, notamment les populations autochtones, possèdent des connaissances précieuses pour la gestion des ressources et l’adaptation aux changements environnementaux. En Guyane française, elles essayent de sauver les tortues marines, tandis qu'en Nouvelle-Calédonie, la population kanak a une relation très forte avec les plantes et les animaux. L’intégration de ces populations dans les analyses de la situation et l’établissement des objectifs peut être un levier pour des décisions couronnées de succès.
Hiérarchisation des Risques et Gestion de l'Eau
Il est crucial d’établir une hiérarchie des risques pour mieux gérer les interventions. Les risques clés identifiés par le rapport du Giec incluent les vagues de chaleur, les sécheresses, les pluies intenses, les risques pour la biodiversité et les risques en cascade qui en découlent. La gestion de l’eau est également un enjeu majeur, comme l’illustre la crise à Mayotte, où la construction d’une troisième retenue collinaire est envisagée.
Erosion Côtière et Adaptation Transformationnelle
L’érosion côtière est un autre défi majeur pour les territoires ultramarins. L’artificialisation des côtes, par exemple avec l’installation de digues, peut être une forme de maladaptation en détruisant les écosystèmes intertidaux. L’adaptation transformationnelle est nécessaire, impliquant la transformation des systèmes énergétiques et alimentaires.
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L'IRD en Bretagne : Un Centre d'Expertise Marine
L’IRD en Bretagne est centré sur les sciences marines, avec des unités mixtes de recherche telles que l’IUEM, le LEMAR et le LOPS. Ces unités sont impliquées dans de nombreux projets européens et internationaux, collaborant avec des partenaires du Sud à travers des Laboratoires Mixtes Internationaux (LMI) au Brésil, au Pérou et au Sénégal. Les grands axes identifiés au sein de l’Ecole Universitaire de Recherche ISBlue trouvent des résonances dans les enjeux de l’IRD, tels que la régulation du climat par l’océan, les interactions Terre/océan, la durabilité des systèmes côtiers et les systèmes d’observation de long terme.
Priorités Géographiques et Thématiques de l'IRD
L’IRD déploie en priorité son partenariat selon des zones géographiques identifiées : les pays de l’APD (aide publique au développement) et les PMA (Liste ONU des pays les moins avancés) ainsi que dans les outre-mers. Les thématiques prioritaires incluent la biodiversité, l’adaptation au changement climatique, et la gestion des ressources naturelles.
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