Les kystes ovariens sont des formations courantes chez les femmes, en particulier pendant leurs années de procréation. Bien que la plupart soient bénins et asymptomatiques, certains peuvent sécréter de l'hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG), ce qui peut entraîner des complications et des symptômes inhabituels. Cet article explore en profondeur les causes, les symptômes et les traitements des kystes ovariens sécrétant de l'HCG.
Qu'est-ce qu'un kyste ovarien ?
Les kystes ovariens sont des poches remplies de liquide qui se développent sur ou dans les ovaires. Les ovaires, au nombre de deux, sont situés de chaque côté de l'utérus, à l'extrémité des trompes de Fallope. Pendant l'enfance, l'ovaire n'est pas encore fonctionnel, il n'y a pas d'activation de la folliculogénèse et pas de sécrétion de stéroïdes sexuels. Le type de lésion de l'ovaire est fonction de la période considérée, elles sont majoritairement organiques pendant l'enfance et fonctionnelles après la ménarche.
Types de kystes ovariens
Il existe plusieurs types de kystes ovariens, notamment :
- Kystes fonctionnels : Ce sont les kystes les plus courants et ils sont liés au cycle menstruel. Ils comprennent les kystes folliculaires et les kystes du corps jaune.
- Kystes folliculaires : Ils se forment lorsqu'un follicule ovarien ne libère pas d'ovule et continue de croître.
- Kystes du corps jaune : Après la libération d'un ovule, le follicule se transforme en corps jaune. Un kyste peut se former si le corps jaune se remplit de liquide.
- Kystes dermoïdes (tératomes matures) : Ce sont des tumeurs bénignes des cellules germinales et la forme la plus commune de tumeur ovarienne des cellules germinales.
- Kystadénomes : Ce sont des tumeurs bénignes qui se développent à partir de la surface de l'ovaire.
- Endométriomes : Ces kystes se forment lorsque du tissu endométrial (le tissu qui tapisse l'utérus) se développe à l'extérieur de l'utérus, y compris sur les ovaires.
Le rôle du corps jaune et de l'HCG
Au cours du cycle menstruel, les deux premières semaines sont consacrées à la phase folliculaire, dans laquelle des follicules ovariens se développent. L'un d'eux arrive à maturité, puis expulse un ovocyte, qui se déplace vers la trompe utérine. C'est alors l'ovulation. Arrive ensuite la phase lutéale, pendant laquelle le follicule ovarien se mue en une glande nommée corps jaune, que l'on appelle également corpus luteum. Le corps jaune contient de la lutéine, un pigment de couleur jaune. C'est un organe très vascularisé, visible à l'échographie.
Lorsque le follicule ovarien a expulsé l’ovocyte, il se transforme donc en corps jaune. Son rôle est alors de permettre au sang de circuler, via ses capillaires, mais également de sécréter des œstrogènes et de la progestérone. Ces hormones permettent de préparer au mieux l’endomètre à accueillir un œuf, si une fécondation a lieu. C’est grâce au corps jaune que la muqueuse utérine devient plus épaisse.
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S’il y a eu une fécondation, la couche externe de l’œuf sécrète l’hormone HCG (gonadotrophine chorionique humaine), qui permet au corps jaune de continuer à fonctionner, sans provoquer la contraction de l’utérus et l’apparition des règles. Le corps jaune continue ainsi à sécréter des œstrogènes et de la progestérone pendant 6 à 8 semaines environ, afin que l’embryon puisse se développer. À partir du 4ème mois de grossesse, le corps jaune régresse, et le placenta prend le relais pour maintenir la grossesse.
Lorsque l’ovocyte n’est pas fécondé, le corps jaune a une durée de vie d’environ 12 à 14 jours. Il arrête de produire de la progestérone pendant la phase lutéale. Avec la fin de l’imprégnation hormonale, l’utérus se met alors à contracter pour expulser la couche superficielle de l’endomètre. Ce sont alors les menstruations, ou règles. Le corps jaune devient fibreux et pâle, on l’appelle donc corps blanc, puis il disparaît, c’est ce que l’on nomme la lutéolyse.
Kystes du corps jaune et HCG
Les kystes du corps jaune sont des kystes fonctionnels qui peuvent parfois persister et même sécréter de l'HCG. Cette sécrétion d'HCG peut survenir même en l'absence de grossesse, ce qui peut entraîner des tests de grossesse positifs et d'autres symptômes associés à la grossesse.
Causes des kystes ovariens sécrétant de l'HCG
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la formation de kystes ovariens sécrétant de l'HCG :
- Grossesse : Dans de rares cas, un kyste du corps jaune peut continuer à sécréter de l'HCG même en début de grossesse.
- Tumeurs trophoblastiques gestationnelles : Ce sont des tumeurs rares qui se développent à partir de cellules qui formeraient normalement le placenta. Elles peuvent sécréter de grandes quantités d'HCG.
- Autres tumeurs ovariennes : Certaines tumeurs ovariennes, telles que les tumeurs des cellules germinales (par exemple, les tumeurs vitellines), peuvent également sécréter de l'HCG.
Symptômes des kystes ovariens sécrétant de l'HCG
Les symptômes des kystes ovariens sécrétant de l'HCG peuvent varier en fonction de la taille du kyste, de la quantité d'HCG sécrétée et de la présence d'autres complications. Les symptômes courants comprennent :
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- Douleurs abdominales : La douleur abdominale est le signe inaugural le plus fréquent à tout âge. Il s’agit le plus souvent d’une douleur pelvienne modérée, d'un seul côté du corps, donnant l'impression d'une pesanteur.
- Retard de règles ou saignements irréguliers : La sécrétion d'HCG peut perturber le cycle menstruel normal.
- Symptômes de grossesse : Nausées, vomissements, sensibilité des seins, fatigue et envies alimentaires.
- Test de grossesse positif : Même en l'absence de grossesse.
- Gonflement abdominal : Une sensation de gonflement et de fortes douleurs, car cette formation de liquide aura tendance à augmenter de volume.
- Complications : Dans de rares cas, le kyste peut se rompre, libérant le liquide qui était présent dans le sac.
Diagnostic des kystes ovariens sécrétant de l'HCG
Le diagnostic des kystes ovariens sécrétant de l'HCG repose sur plusieurs éléments :
- Examen physique : Un examen pelvien peut révéler la présence d'une masse ovarienne.
- Tests de grossesse : Un test de grossesse positif en l'absence de grossesse doit éveiller les soupçons.
- Dosage de l'HCG : Un dosage sanguin de l'HCG peut confirmer la présence d'une quantité anormale de cette hormone.
- Échographie pelvienne : L'échographie pelvienne est la modalité d'imagerie de choix en cas de masse ovarienne chez l'enfant. La présence d’une masse ovarienne totalement asymptomatique peut parfois être révélée par une échographie demandée pour une autre indication. Cet examen précise les caractéristiques de la masse, et son caractère ± suspect, à interpréter selon le statut ménopausique et l’âge de la patiente.
- IRM pelvienne : L'IRM pelvienne (plutôt que le scanner) peut être utile pour préciser la localisation de la masse et sa nature mais ne doit pas retarder sa prise en charge chirurgicale. L'IRM permet de mieux caractériser la composante tissulaire ou liquidienne de la masse et dépiste la présence de sang.
- Autres examens : Dans certains cas, d'autres examens, tels qu'un scanner ou une IRM abdominale, peuvent être nécessaires pour évaluer la taille et la nature du kyste, ainsi que pour rechercher d'autres anomalies.
Traitement des kystes ovariens sécrétant de l'HCG
Le traitement des kystes ovariens sécrétant de l'HCG dépend de plusieurs facteurs, notamment la taille du kyste, les symptômes, l'âge de la patiente et son désir de grossesse future. Les options de traitement comprennent :
- Surveillance : En dessous de 5 cm, une simple surveillance pourra être proposée avec une réévaluation échographique. La disparition du kyste lors du suivi est en faveur d'un kyste fonctionnel (kyste folliculaire ou kyste du corps jaune).
- Médicaments : Des médicaments peuvent être prescrits pour soulager les symptômes, tels que les analgésiques pour la douleur.
- Chirurgie : La prise en charge chirurgicale peut être réalisée par laparoscopie lorsqu'il s'agit d'un kyste unique, sans critère échographique ou macroscopique de malignité, avec des marqueurs tumoraux normaux et sans signe de sécrétion hormonale. Lorsque le kyste ne répond pas aux critères ci-dessus, il est recommandé de faire la résection par laparotomie pour limiter le risque de rupture intrapéritonéale. En cas de découverte lors d'un épisode de torsion ovarienne, la kystectomie peut théoriquement être réalisée.
Complications possibles
Bien que la plupart des kystes ovariens soient bénins, certaines complications peuvent survenir :
- Torsion ovarienne : Le kyste peut provoquer une torsion de l'ovaire, entraînant une douleur intense et une interruption de l'apport sanguin à l'ovaire.
- Rupture du kyste : La rupture d'un kyste peut provoquer une douleur intense et des saignements internes.
- Infection : Un kyste rompu peut s'infecter, entraînant une péritonite.
- Cancer : Dans de rares cas, un kyste ovarien peut être cancéreux.
Kystes ovariens et grossesse
Les kystes ovariens sont fréquents pendant la grossesse. Dans la majorité des cas, les kystes considérés comme « plus communs » n’influencent pas la grossesse. En fait, les chercheurs ont constaté que même en présence de tumeurs ovariennes, les kystes étaient presque toujours bénins. Pendant la première période de gestation, avant la douzième semaine précisément, le corps jaune produit des hormones qui auront pour tâche de tapisser l’utérus et de nourrir l’enfant ; cela jusqu’à ce que le placenta ne soit suffisamment développé et capable de protéger le fœtus de manière autonome.
Généralement, si la taille des kystes est contenue, ils auront tendance à se résorber d’eux-mêmes, sans causer de problèmes particuliers. Cependant, dans certains cas, la future maman pourrait ressentir une sensation de gonflement et de fortes douleurs, car cette formation de liquide aura tendance à augmenter de volume dans les mois suivants de la grossesse. Dans de très rares cas, ceux qui inquiètent le plus le gynécologue, il est possible que le kyste doive se rompre, libérant le liquide qui était présent dans le sac.
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Une fois que le gynécologue a établi que la femme enceinte a un ou plusieurs kystes ovariens, ce qu’il fera sera de surveiller l’évolution de la situation mois après mois. Généralement, il ne devrait pas y avoir de problèmes, en cas de fortes douleurs, la femme devra prendre des médicaments spécifiques qui n’affecteront pas la santé de l’enfant et devra se reposer en prévention. En fonction des dimensions, il devra décider de procéder par laparoscopie ou par chirurgie abdominale classique.
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