Les kystes de l'ovaire sont des formations fréquentes, même chez les nourrissons et les petites filles. Bien que la plupart soient non fonctionnels, il est essentiel de comprendre leurs causes, leurs symptômes et les options de traitement disponibles. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète des kystes ovariens chez les nourrissons, en s'appuyant sur des informations médicales fiables et des études de cas.

Anatomie de l'ovaire chez l'enfant

Chez la femme, les ovaires sont au nombre de deux et sont situés de chaque côté de l’utérus, à l'extrémité des trompes de Fallope. Pendant l’enfance, l’ovaire n’est pas encore fonctionnel. Il n’y a pas d’activation de la folliculogénèse ni de sécrétion de stéroïdes sexuels. Le type de lésion de l'ovaire est fonction de la période considérée. Pendant l'enfance, elles sont majoritairement organiques. Après la ménarche, elles sont fonctionnelles.

Types de kystes ovariens chez le fœtus et le nourrisson

Le kyste ovarien fœtal est la plus fréquente des masses abdominales retrouvées chez le fœtus féminin. On distingue deux types principaux de kystes ovariens fœtaux :

  • Kyste simple : Il est habituellement visualisé sous la forme d’une image anéchogène, homogène, distincte de la vessie et présentant des contours réguliers à parois fines.
  • Kyste compliqué : Il correspond à une image hétérogène présentant des plages hyperéchogènes et des sédiments ou cloisons intrakystiques. Les contours de ce kyste également mobile sont volontiers irréguliers et ses parois épaissies.

Causes des kystes ovariens chez le nourrisson

Les kystes folliculaires qui se développent chez les petites filles peuvent être difficiles à traiter. Les kystes de nature fonctionnelle sont les plus fréquents, avec une prévalence de 20% chez les femmes en période d’activité génitale et 5% après la ménopause. Le kyste folliculaire (lié à des fluctuations du cycle menstruel) résulte du développement anormal d’un follicule (petite poche ovarienne renfermant du liquide, dans lequel se forme et se développe un ovule). Ces kystes sont de cause inconnue et demeurent permanents.

Symptômes des kystes ovariens chez le nourrisson

Le kyste de l’ovaire fœtal, qu’il soit simple ou compliqué, découvert avant ou après la naissance, est très souvent asymptomatique et bien toléré sur le plan général n’entraînant ni complication obstétricale, ni symptomatologie postnatale. La symptomatologie liée aux complications des masses ovariennes est bruyante mais aspécifique. Cependant, certains signes cliniques peuvent être révélateurs :

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  • Douleurs abdominales : La douleur abdominale est le signe inaugural le plus fréquent à tout âge. Il s’agit le plus souvent d’une douleur pelvienne modérée, d'un seul côté du corps, donnant l'impression d'une pesanteur.
  • Signes cliniques hormonaux : Des signes endocriniens peuvent être révélateurs d'une masse ovarienne.
  • Hémorragie intra-kystique : Ce type de saignement s'observe surtout dans les kystes fonctionnels. La douleur de la région pelvienne est intense.
  • Rupture de kyste ovarien : Elle se traduit par une douleur de la région pelvienne intense et brutale qui a tendance à diminuer par la suite.

Dans certains cas, la présence d’une masse ovarienne totalement asymptomatique peut parfois être révélée par une échographie demandée pour une autre indication.

Diagnostic des kystes ovariens chez le nourrisson

Le diagnostic des kystes ovariens chez le nourrisson repose principalement sur l'imagerie médicale :

  • Échographie pelvienne : L'échographie pelvienne est la modalité d'imagerie de choix en cas de masse ovarienne chez l'enfant.
  • IRM pelvienne : L'IRM pelvienne (plutôt que le scanner) peut être utile pour préciser la localisation de la masse et sa nature mais ne doit pas retarder sa prise en charge chirurgicale. L'IRM permet de mieux caractériser la composante tissulaire ou liquidienne de la masse et dépiste la présence de sang.

Traitement des kystes ovariens chez le nourrisson

Les objectifs de la prise en charge sont la sauvegarde du parenchyme de l’ovaire porteur du kyste et la prévention de la survenue d’une lésion kystique sur l’ovaire controlatéral. Le traitement des kystes ovariens chez le nourrisson dépend de plusieurs facteurs, notamment la taille du kyste, son aspect (simple ou compliqué), la présence de symptômes et l'âge de l'enfant.

Surveillance

En dessous de 5 cm, une simple surveillance pourra être proposée avec une réévaluation échographique. La disparition du kyste lors du suivi est en faveur d'un kyste fonctionnel (kyste folliculaire ou kyste du corps jaune). Un kyste simple, liquidien strict en anténatal et qui le reste en post-natal, est de principe surveillé cliniquement et échographiquement jusqu’à sa disparition.

Ponction-aspiration

La ponction-aspiration est souvent proposée et doit être discutée avec les futurs parents devant un kyste simple dont le diamètre est supérieur à 40 mm. Lorsque sa taille est importante (> 40 mm) et qu’il est facilement accessible à une ponction percutanée sous contrôle échographique, le geste est proposé et réalisé sous anesthésie locale après accord de la famille.

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Chirurgie

La prise en charge chirurgicale peut être réalisée par laparoscopie lorsqu'il s'agit d'un kyste unique, sans critère échographique ou macroscopique de malignité, avec des marqueurs tumoraux normaux et sans signe de sécrétion hormonale. Lorsque le kyste ne répond pas aux critères ci-dessus, il est recommandé de faire la résection par laparotomie pour limiter le risque de rupture intrapéritonéale. En cas de découverte lors d'un épisode de torsion ovarienne, la kystectomie peut théoriquement être réalisée. Un kyste compliqué est le plus souvent secondaire à une torsion ovarienne et la détorsion chirurgicale n’a habituellement aucune chance de permettre la récupération du parenchyme ovarien. Le plus souvent celui est malheureusement retiré et la trompe ovarienne est laissée en place si cela est possible.

Particularités de la prise en charge anténatale

Le kyste ovarien fœtal dépisté ou confirmé dans le Centre de Diagnostic Prénatal va être suivi régulièrement jusqu’à la fin de la grossesse. Les parents rencontrent le chirurgien qui les informera des risques évolutifs et des propositions thérapeutiques qui en découleraient lors du suivi pluridisciplinaire. Lorsque le kyste est bilatéral avant la naissance, l’éventualité, après l’acquisition de la maturité pulmonaire, d’un déclenchement de la naissance est discutée afin d’envisager avec la famille une ponction percutanée des 2 kystes. Il n'y a pas d'indication à hâter la naissance puisque, si elle est confirmée en postnatal, la complication est déjà existante. Le traitement actuel favorise l'accouchement à terme par les voies naturelles avec surveillance postnatale et éventuelle ponction ovarienne échoguidée. Les contrôles échographiques successifs attestent de la réduction, puis de la disparition du kyste qui était fonctionnel.

Risques liés au traitement chirurgical

Il existe des risques liés à l’anesthésie et aux médicaments utilisés lors de l’intervention. Ce sont des risques allergiques et toxiques, souvent imprévisibles mais exceptionnels. Ces complications non exhaustives peuvent nécessiter une réintervention.

Études de cas

Plusieurs observations soulignent la difficulté de la prise en charge thérapeutique des kystes folliculaires chez les petites filles.

  • Observation 1 : Un nourrisson de 6 semaines a été hospitalisé pour un syndrome abdominal aigu. L'échographie a montré l'existence d'une masse pelvienne hétérogène sans calcification. La laparotomie a montré qu'il s'agissait d'une torsion de l'ovaire droit avec nécrose d'un kyste nécessitant une ovariectomie.
  • Observation 2 : Une fille âgée de 4 ans 10 mois a été hospitalisée pour un syndrome abdominal aigu. Une ovariectomie a été nécessaire du fait de la découverte opératoire d'une torsion de l'ovaire droit avec nécrose d'un kyste.
  • Observation 3 : Une fille âgée de 19 mois a été hospitalisée pour survenue d'une hémorragie génitale avec développement récent de caractères sexuels secondaires. L'échographie a montré un élargissement du fond de l'utérus et un kyste ovarien gauche, hétérogène avec présence de calcifications. Une ovariectomie a été réalisée suivie par la disparition des caractères sexuels secondaires.

Kystes ovariens et syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal touchant entre 6 et 10% des femmes. Il se caractérise par une augmentation anormale de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires (pilosité excessive), perturbant ainsi la production d’ovules. Au lieu d’être libérés au moment de l’ovulation, les ovules se transforment en kystes, des petites poches remplies de liquide. Bien que le SOPK soit plus fréquent chez les femmes en âge de procréer, il est important de le considérer dans le diagnostic différentiel des kystes ovariens chez les jeunes filles.

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Surveillance et suivi

Après l’intervention, une analyse de la substance ponctionnée permet de savoir si des cellules cancéreuses sont présentes. Aucun soin infirmier à domicile n’est habituellement nécessaire.

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