Une grossesse gémellaire est une aventure unique qui commence bien avant la naissance. Tout se joue au moment de l'ovulation et de la fécondation, avec des mécanismes différents selon le type de jumeaux. Cet article explore en profondeur les processus de fécondation et de séparation embryonnaire qui mènent à la formation de jumeaux monozygotes (vrais) et dizygotes (faux), ainsi que les cas plus rares et complexes.
Jumeaux Monozygotes (Vrais Jumeaux) : Un Mystère de la Division Cellulaire
Dans le cas des jumeaux monozygotes, un seul ovule est fécondé par un seul spermatozoïde. Cependant, l'œuf unique se divise ensuite en deux embryons distincts. Ces jumeaux partagent exactement les mêmes chromosomes, ce qui se traduit par une ressemblance physique parfaite et le même sexe. La cause exacte de cette division reste un mystère pour la science.
Proportion Stable des Jumeaux Monozygotes
La proportion de jumeaux monozygotes est remarquablement stable, se situant autour de 3 naissances pour 1000 enfants, et ce, quelle que soit l'époque ou le pays. Malgré tout, certaines études suggèrent qu'avoir un enfant très tôt (avant 18 ans) ou très tard (après 40 ans) pourrait être un facteur de risque.
Grossesse Monochoriale Biamniotique et Monoamniotique
Le cas le plus fréquent est la grossesse monochoriale biamniotique. La grossesse monochoriale monoamniotique est très rare. La présence d'un seul placenta indique généralement des jumeaux monozygotes, tandis que deux placentas suggèrent des jumeaux dizygotes dans 9 cas sur 10, et des jumeaux monozygotes avec division très précoce de l'œuf dans 1 cas sur 10.
Jumeaux Dizygotes (Faux Jumeaux) : Deux Ovules, Deux Spermatozoïdes
Les faux jumeaux résultent de la fécondation de deux ovules distincts par deux spermatozoïdes différents. Ils ont des chromosomes différents, ne se ressemblent pas plus que des frères et sœurs ordinaires, mais peuvent avoir le même sexe ou un sexe différent.
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Facteurs Influant sur la Fréquence des Jumeaux Dizygotes
Les faux jumeaux sont plus fréquents, représentant environ les deux tiers des grossesses gémellaires. L'âge de la mère joue un rôle : à 20 ans, la probabilité d'avoir des jumeaux est de 5,8 pour 1000, contre 13 pour 1000 après 35 ans. Les stimulations ovariennes et autres procréations médicalement assistées (PMA) augmentent également le risque de grossesse multiple, en fonction du nombre d'ovocytes arrivant à maturité ou du nombre d'embryons replacés dans l'utérus. Actuellement, c'est la principale cause de grossesse gémellaire.
Hérédité Maternelle
Le facteur héréditaire pour les grossesses gémellaires existe, mais il se transmet uniquement par les femmes, car il s'agit d'une prédisposition à émettre plusieurs ovules susceptibles d'être fécondés simultanément.
Grossesses Triples et Quadruples : Des Scénarios Multiples
Les grossesses triples ou quadruples spontanées sont exceptionnelles (moins de 10 % de l'ensemble des grossesses de triplés/quadruplés). Elles sont le plus souvent la conséquence d'une aide médicale à la procréation, comme la stimulation de l'ovulation avec ou sans insémination artificielle.
Diverses Combinaisons de Fécondation et de Division
Lorsqu'un échographiste annonce des triplés, il peut s'agir de triplés provenant d'un œuf divisé en 3 ("vrais" triplés, grossesse spontanée), de 3 œufs différents ("faux" triplés, suite à une hyperstimulation des ovaires), ou de "vrais" jumeaux provenant de la division d'un premier œuf et d'un troisième embryon issu d'un deuxième œuf. La même logique s'applique aux quadruplés.
Jumeaux Semi-Identiques : Un Cas Exceptionnel de Fécondation Double
Un cas de grossesse gémellaire hors norme a été décrit par des médecins australiens. Cette femme portait des fœtus qui n'étaient ni de « vrais jumeaux », ni de « faux jumeaux », mais quelque chose entre les deux.
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Le Mécanisme de la Sesquizygosité
Les analyses génétiques ont révélé que l'ovule avait été fécondé par deux spermatozoïdes différents. Après la double fécondation, l'œuf s'est retrouvé avec trois jeux de 23 chromosomes, un provenant de la mère et deux issus du père. Seules les cellules qui se sont développées à partir du matériel génétique des deux parents (cellules biparentales) ont été intégrées dans le processus ayant conduit à la gémellité. Ces jumeaux partagent 100 % des gènes maternels, mais seulement 78 % de l'ADN paternel.
Chimérisme et Conséquences
Un des jumeaux avait une formule génétique 46,XX/46,XY, avec 47 % de cellules avec chromosome X et 53 % de cellules avec chromosome Y, se développant en garçon. L'autre, une fille, avait 90 % de cellules avec un chromosome X et 10 % de cellules dotées d'un chromosome Y. Ce phénomène de chimérisme, où des cellules de formule génétique différente coexistent chez un même individu, ne peut s'expliquer que par la fécondation d'un même ovule par deux spermatozoïdes différents.
Grossesses Gémellaires Particulières
Grossesse Combinée
Grossesse gémellaire bi-ovulaire caractérisée par la nidation d'un œuf fécondé (zygote) à l'intérieur de la cavité utérine (grossesse intra-utérine) et la nidation d'un autre l'œuf fécondé (zygote) à l'extérieur de l'utérus (grossesse extra-utérine). La définition exclut les grossesses extra-utérines bilatérales. La grossesse extra-utérine peut être aussi gémellaire ou multiple.
Superfécondation Hétéropaternelle
C'est la fécondation de deux ovules à peu près en même temps (dans le même cycle menstruel) par des spermatozoïdes provenant de deux mâles différents. Dans ce cas, les faux jumeaux ont deux pères différents.
Configurations de Grossesses Gémellaires Monozygotes
Grossesse Diamniotique Monochoriale
Chaque jumeau se développe dans une cavité amniotique propre à lui. La grossesse di-amniotique mono-choriale représente 70 % des grossesses gémellaires monozygotes.
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Grossesse Monoamniotique Monochoriale
Les deux jumeaux se développent ensemble dans une cavité amniotique unique. La grossesse mono-amniotique mono-choriale représente 1 à 2 % des grossesses gémellaires monozygotes.
Jumeaux Conjoints
La théorie la plus récente voit la survenue des jumeaux conjoints par la fusion secondaire et partielle de deux disques embryonnaires monozygotes déjà séparés. La grossesse mono-amniotique mono-choriale avec des jumeaux conjoints représente 1 cas pour 30 000 à 100 000 naissances.
Monozygotes ou Dizygotes : Quelle Différence Entre Vrais et Faux Jumeaux ?
Dès qu’on évoque la grossesse gémellaire, plusieurs termes reviennent. Vrais jumeaux, faux jumeaux, mais aussi monozygotes, dizygotes… Que signifient ces dénominations ? Comment se forment les jumeaux ?
Comme dans toute conception, la grossesse gémellaire commence par une rencontre. Il s’agit bien sûr d’une rencontre entre les deux partenaires, mais surtout entre leurs gamètes, ovule pour la femme et spermatozoïde pour l’homme. Dans le cas des monozygotes (également appelés homozygotes), un seul ovule rencontre un seul spermatozoïde. Ensemble, ils forment un œuf. Mais au lieu de donner un seul embryon, cet œuf va se scinder en deux lors de la première division cellulaire, et aboutir, de division cellulaire en division cellulaire, à la formation de deux embryons. Ces derniers donneront deux fœtus puis deux bébés au patrimoine génétique strictement identique, puisqu’issu du même spermatozoïde et du même ovule.
Lors de l’ovulation, il arrive qu’un ovaire expulse deux ovocytes en même temps. C’est ce qu’on appelle une polyovulation, ou double ovulation, un phénomène qui est de plus en plus fréquent avec l’âge. Et il arrive ensuite que ces deux ovules soient fécondés par deux spermatozoïdes lors d’un rapport sexuel, donnant lieu à deux embryons différents. À noter que les deux spermatozoïdes peuvent être issus de deux hommes différents, si les deux rapports sexuels ont eu lieu de façon rapprochée et autour de l’ovulation. C’est un phénomène très rare, mais qui peut tout de même exister.
Chez les jumeaux dizygotes, à l’inverse des monozygotes, il n’y a pas de séparation de l’œuf en deux embryons, puisqu’il y a deux œufs différents dès le départ. Il s’agit alors de deux individus aussi distincts que des frères et sœurs, à la différence près qu’ils ont évolué en même temps dans l’utérus de leur mère. Les deux embryons évoluent alors dans deux sacs amniotiques et avec deux placentas et deux chorions (couche externe du placenta) différents. Le diagnostic de faux jumeaux est assez simple, mais dépend des configurations. En revanche, s’il s’agit d’une grossesse biochoriale et biamniotique mais que les fœtus sont de même sexe, il peut s’agir de jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) comme il peut s’agir de jumeaux dizygotes (faux jumeaux). Seul un examen approfondi à la naissance permettra de savoir s’il s’agit de vrais ou de faux jumeaux, au vu de leur groupe sanguin, de leur rhésus ou de leur patrimoine génétique.
Issus de deux spermatozoïdes différents, ces embryons ne sont donc pas forcément du même sexe. Lorsque l’œuf initial se divise en deux embryons dès la fécondation (jusqu’à 3 jours après environ), l’implantation des deux embryons se fait séparément dans l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus. En conséquence, on parle de monozygotes bichorioniques et biamniotiques (ou dichorioniques et diamniotiques), pour signifier la présence de deux placentas (le chorion représentant la couche externe du placenta) et de deux poches de liquide amniotique.
Lorsque la séparation a lieu un peu plus tard au cours de la division cellulaire (4 à 8 jours après la fécondation), l’implantation se fait différemment de sorte qu’il y ait un seul placenta, un seul chorion mais deux sacs amniotiques. On parle de monozygotes monochorioniques et biamniotiques.
Enfin, si la séparation des embryons a lieu 8 à 13 jours après la fécondation, on aura des jumeaux monozygotes monochorioniques et monoamniotiques. Ces derniers partagent le même chorion, le même placenta et le même sac amniotique, ou amnios. C’est la configuration la plus rare parmi ces trois-ci.
Grossesse Gémellaire Monochoriale : Risque de Syndrome Transfuseur-Transfusé
Dans le cas d’une grossesse gémellaire monochoriale (un seul chorion, un seul placenta, 20 % des cas de grossesses gémellaires), qu’elle soit mono ou biamniotique, les fœtus doivent « se partager » le même sang. Leurs cordons ombilicaux sont d’ailleurs reliés. Or, cette configuration peut entraîner un syndrome de transfuseur-transfusé, un cas rare qui implique que l’un des deux bébés se retrouve avec tout le sang ou presque (le transfusé), alors que son jumeau est anémié et affaibli (transfuseur).
Ces dénominations de monozygotes et dizygotes s’appliquent à la grossesse gémellaire, mais aussi aux grossesses multiples au-delà des jumeaux. Des triplés peuvent ainsi être monozygotes, issus d’un seul ovule et d’un seul spermatozoïde, ou trizygotes, issus de trois ovules et de trois spermatozoïdes. Et il en va de même pour les quadruplés, les quintuplés, etc.
Vrais et Faux Jumeaux : Une Question de Définition
Il existe une certaine ambiguïté à propos du sens du mot « jumeaux ». Cette ambiguïté apparaît dans cette distinction entre vrais et faux jumeaux. On peut définir les jumeaux soit par le fait qu’ils sont issus d’une même gestation, soit par le fait qu’ils proviennent d’un seul et même oeuf. Dans le premier cas, ce sont les « faux jumeaux » qui n’ont entre eux que les similitudes que l’on peut rencontrer entre n’importe quels frères et soeurs. En effet, pour chacun d’eux, le patrimoine génétique est le fait du hasard de la répartition du génôme du père et de la mère dans celui de l’embryon. Ce sont les jumeaux dits « hétérozygotes », c’est à dire issus d’oeufs différents, donc de fécondations différentes, chaque oeuf étant issu de la rencontre entre un ovule distinct et un spermatozoïde distinct.
Dans le cas de « vrais jumeaux » ou jumeaux homozygotes, le patrimoine génétique est rigoureusement identique: une seule fécondation a lieu entre un ovule et un spermatozoïde et la division en deux individus a lieu après la répartition des génômes paternel et maternel dans le génôme de l’embryon.
La Recherche Biologique et les Jumeaux
La recherche biologique s’interesse à tous les types de jumeaux. Grâce à eux, on peut étudier la similitude des patrimoines génétiques et surtout l’influence de l’environnement et de l’éducation sur la formation de la personnalité. La généalogie et la démographie ont tendance àconfondre les deux types de jumeaux: il est en effet difficile de distinguer, d’après les actes d’état-civil, les naissance gemellaires vraies des jumeaux hétérozygotes.
Les Chiffres de la Gémellité
On pourra retenir, à titre d’approximation du taux de naissances multiples, le chiffre de 1%. On a pu constater en France que ce taux est sujet à certaines fluctuations. Il semble qu’il fut un peu plus élevé au cours des siècles passés qu’il ne l’est aujourd’hui. Au cours des décennies 1940-1970 ce taux fut en baisse pour atteindre 0,9% environ. Il est aujourd’hui en forte augmentation et dépasse 1,2 % depuis 1992. Cette augmentation du nombre de naissances multiples semble être conditionné, en partie du moins, par la généralisation des traitements contre l’infécondité.
Les chiffres les plus récents devraient permettre de revenir, pour la France du moins, à des chiffres voisins de 1%. En effet, les traitements contre l’infécondité ont connu de nos jours de sensibles améliorations et évitent souvent les gestations multiples. D’ailleurs, l’imagerie médicale actuelle permet de connaître rapidement le nombre de foetus et de limiter celui-ci lorsqu’il s’avère particulièrement élevé. Ces précautions ne sont pas observées systématiquement dans d’autres pays puisqu’on a pu observer récemment aux Etats Unis la naissance de septuplés.
Méthode de Weinberg pour Évaluer la Proportion de Jumeaux Vrais
Comment peut-on évaluer, en dehors des statistiques médicales modernes, la proportion de jumeaux homozygotes qui nacquirent dans les siècles passés ? C’est le généticien allemand Weinberg qui put définir, en 1902, une méthode très simple et logique. Lors de naissances gémellaires, on devrait avoir, en appliquant les seules lois du hasard, autant de couples de même sexe que de couples de sexe différent. Or l’expérience montre que les couples de même sexe sont plus nombreux. La différence est, bien sûr constituée par les couples de vrais jumeaux qui sont obligatoirement de même sexe.
Par exemple, si l’on considère une population de 1.000 couples de jumeaux parmi lesquels on compte 400 couples mixtes (garçon-fille), on peut dire que le nombre théorique de couples homogènes (garçon-garçon ou fille-fille) devrait être aussi de 400. Les 200 couples homogènes supplémentaires sont des couples monozygotes. Pour calculer le taux de jumeaux homozygotes dans une population, on multiplie donc le chiffre des couples mixtes par deux, on obtient ainsi le nombre de jumeaux hétérozygotes. Ce chiffre soustrait du nombre total de jumeaux, donne le nombre de jumeaux homozygotes.
Cette méthode de calcul ne peut évidemment apporter qu’une approximation. Mais elle a permis de montrer certaines variations dans les taux de gemellité monozygotes selon les pays considérés. Le rapport MZ/DZ entre les naissance gémellaires monozygotes et hétérozygotes ne dépasse pas 37 % en Suède et en Allemagne, il atteint 43 % en Italie, 52 % en France, 54 % en Espagne et 55 % au Portugal.
Le taux de jumeaux vrais est relativement fixe: il représente environ 0,04 % des naissances. Si l’on compare de chiffre à celui des naissances multiples (1, 2 %) on constate que le taux de gemellité vraie est relativement faible. Il naît un peu plus de couples de jumelles que de couples de jumeaux: pour l’année 1990, en France, on a compté 3.131 naissances de deux garçons pour 3.167 naissances de filles soit un rapport de masculinité de 0,989 au lieu de 1,054 pour l’ensemble des naissances de la même année.
Pour ce qui concerne les naissance gémellaires dites « de haut rang » (3 jumeaux et plus), on peut estimer le taux des naissances triples à environ 1 pour 6.000, celui des naissances quadruples à 1 pour 500.000. On doit à Zeleny une formule simple pour l’évaluation de la fréquence des gemellités multiples: si la fréquence des jumeaux est 1/n, celle des triplés est 1/n2, celle des quadruplés 1/n3, etc…
Il existerait actuellement en France un peu plus d’un million de couples de jumeaux vivants soit près de 2 % de la population.
Facteurs Influant sur la Gémellité
Quels sont les facteurs susceptibles de conditionner les grossesses gemellaires ? En ce qui concerne les gemellités homozygotes, il ne semble pas exister de facteurs évidents susceptibles de les provoquer. Il n’en est pas de même pour les gemellités hétérozygotes. Ces facteurs seraient d’origine ethnique, nutritionnels, etc…
On a constaté par exemple qu’il naît plus de jumeaux en juillet qu’en janvier: ce phénomène serait dû à l’influence de la lumière sur les sécrétions hormonales.L’âge de la mère fait varier le taux des naissances gémellaires: il était, en France dans les années 1990 à1992, de 0,66 % chez les très jeunes femmes, de 0,84 % entre 20 et 24 ans, de 1,18 % entre 25 et 29 ans, de 1,53 % entre 30 et 34 ans, de 1,71 entre 35 et 39 ans. Il retombe à 1,42 % entre 40 et 44 ans.
L’alimentation semble pouvoir jouer un rôle. A la suite d’une étude faite sur les populations Yorubas du Nigéria, on a pu montrer que le taux très élevé de naissances gemellaires ( une sur 22) pouvait être dû à une consommation importante de patates douces. Celles-ci contiendraient des principes hormonaux susceptibles d’induire des ovulations multiples. Quittant la campagne pour la ville, les femmes Yorubas consomment moins de patates douces et le taux des naissances gemellaires diminue dans des proportions significatives.
Enfin, existe-t-il une « hérédité » de la gemellité ? C’est une question qui interesse au premier chef la généalogie. Certaine études ont montré que les jumelles ont deux fois plus de jumeaux que les autres mères. Cet état de choses est plus évident pour les naissances gemellaires en général que pour les jumeaux vrais. Il semble cependant que les vrais jumeaux sont plus fréquents dans certaines familles. Les chercheurs de l’Institut Gregor Mendel estiment que l’excédent des vrais jumeaux atteint 38 % dans les familles ayant déjà eu de vrais jumeaux.
Les Siamois : Un Niveau Extrême de Gémellité
C’est un clivage de l’oeuf après la fécondation qui donne naissance aux jumeaux vrais. Mais ce clivage peut s’effectuer plus ou moins précocement après la fécondation. C’est la précocité du clivage qui conditionne l’intimité des rapports entre les jumeaux au cours de la grossesse.
Si ce clivage a lieu dans les deux premiers jours après la fécondation, un chorion et un amnios se forment pour chacun des deux embryons. Ils possèdent ainsi chacun leurs enveloppes propres. Si le clivage se produit entre le 3º et le 7º jour, ce qui est le cas le plus fréquent (70% des cas), chaque embryon possède son amnios mais ils partagent le même chorion. Si la scission se produit après le 8º jour, chorion et amnios sont communs et les deux embryons ne sont pas séparés par la moindre membrane.
Mais si ce clivage de l’ovocyte a lieu plus tard encore, la séparation entre les deux parties ne peut plus être complète et on aboutit à des siamois. Le fait est heureusement très rare: 1 naissance pour 75.000 soit moins de 1 % des jumeaux homozygotes. Actuellement, grâce à l’échographie systématique, la plupart de ces cas sont dépistés précocement et la grossesse interrompue.
Le Devenir des Jumeaux et les Risques de la Grossesse Gémellaire
Prématurité
C’est la prématurité qui représente le risque le plus important de la grossesse gemellaire. 50% des grossesses gemellaires se terminent avant 37 semaines (8 mois.) Les prématurités importantes ( entre 26 et 30 semaines soit 6 à 7 mois) sont 10 fois plus fréquentes dans les grossesses gemellaires que dans les grossesses uniques.
La prématurité est d’autant plus fréquente et importante que le clivage de l’ovocyte a été tardif. Les prématurités les plus fréquentes et les plus importantes interessent donc les jumeaux dont l’ensemble du placenta est commun (placenta monochorial monoamniotique).
Retard de Croissance Intra-Utérin
Le retard de croissance intra-utérin est aussi un risque majeur de la grossesse gemellaire. Il aboutit à un poids de naissance inférieur qui augmente le risque de mortalité périnatale.
Syndrome Transfuseur-Transfusé
Enfin, il existe chez les jumeaux un risque d’anomalie de la circulation placentaire que l’on désigne sous le nom de syndrôme transfuseur-transfusé. Cette anomalie permet un appel sanguin de l’un des jumeaux (transfuseur) vers l’autre (transfusé). Les apports nutritifs sont alors très différents. L’un des jumeaux naîtra pléthorique et rouge, l’autre anémié et de poids nettement inférieur.
Les difficultés de la grossesse inhérentes à la présence de deux ou plusieurs jumeaux fait que la mortalité in utero est plus importante que lors de grossesses uniques. Ce qui, d’ailleurs, fait que le nombre de naissances gemellaires est nettement moins important que celui des fécondations doubles ou des clivages de l’ovocyte qui, théoriquement, devraient donner des jumeaux.
Mortalité Périnatale
Nous le savons bien par la consultation des registres paroissiaux, la mortalité périnatale globale était autrefois très importante. Elle était plus importante encore pour les jumeaux. Une étude réalisée en Dombes sur les registres du XVIIIeme siècle donne une mortalité globale au cours de la première année de 26% seulement. Celle des jumeaux atteint 70 %. On conçoit bien les difficultés supplémentaires inhérents à la gémellité que rencontraient ces nouveaux nés: insuffisance des moyens sanitaires de l’époque, alimentation maternelle insuffisante pour deux nourrissons,etc…
L’accouchement gémellaire lui même comportait de grands risques pour la mère: la même étude sur les Dombes montre un mortalité maternelle trois fois plus importante que lors d’accouchement unique.
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