Introduction
Le Dr Jérôme Marty, médecin généraliste installé à Fronton, près de Toulouse, est devenu une figure publique, notamment en raison de ses prises de position durant la pandémie de Covid-19. Cette exposition médiatique lui a valu d'être la cible de cyberharcèlement et de menaces, l'obligeant même à engager un garde du corps pour assurer sa sécurité. Cet article retrace le parcours de ce médecin engagé, de son installation à Fronton à son rôle de porte-parole des soignants menacés, en passant par ses interventions médiatiques et ses prises de position durant la crise sanitaire.
Un médecin de terrain en Occitanie
Installé depuis 1995 à Fronton, en Haute-Garonne, le Dr Jérôme Marty est avant tout un médecin de terrain, proche de ses patients. Il exerce la médecine générale et s'est impliqué dans la vie locale. Son cabinet ne désemplit pas, attirant même de nouveaux patients venant de Montauban, signe de la confiance que lui accordent ses patients.
L'engagement syndical et la défense des libéraux
Parallèlement à son activité de médecin généraliste, Jérôme Marty est un syndicaliste engagé. Il est le président du syndicat de l'Union française pour une médecine libre (UFML), une organisation qui défend les intérêts des médecins libéraux. Habitué à monter au créneau, il n'hésite pas à prendre position sur les questions de santé publique et à dénoncer les dysfonctionnements du système de santé.
La crise sanitaire et l'exposition médiatique
La pandémie de Covid-19 a propulsé le Dr Jérôme Marty sur le devant de la scène médiatique. En tant que président de l'UFML et consultant sur RMC Info, il a été régulièrement sollicité pour commenter l'actualité sanitaire, donner son avis sur les mesures gouvernementales et alerter sur les difficultés rencontrées par les soignants. Son franc-parler et sa capacité à vulgariser les informations médicales l'ont rendu populaire auprès du grand public.
En 2020, il publie un livre intitulé "Le Scandale des soignants contaminés" dans lequel il dénonce les défaillances successives des services de l’État tout au long de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Dans cet ouvrage, il évoque notamment la grave mise en danger du personnel médical lorsque l’épidémie de coronavirus faisait rage. Il tenait également à rétablir des vérités et à placer l’État face à toutes ses responsabilités.
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La cible de menaces et de cyberharcèlement
Cette exposition médiatique a eu un revers : le Dr Jérôme Marty est devenu la cible de menaces et de cyberharcèlement. Les attaques ont commencé à pleuvoir « depuis septembre avec les antimasques, quand on a, avec le syndicat et le collectif Du côté de la science, publié des articles sur l’intérêt du port du masque à l’école. Et puis immédiatement derrière, le film Hold up a accéléré le rythme des menaces des antivax ». Insultes sur les réseaux sociaux, lettres anonymes contenant des menaces de mort, appels téléphoniques malveillants, le médecin a subi une vague de haine en ligne et hors ligne.
Certains messages étaient particulièrement violents, comme « Une balle dans la tête » ou « C’est la corde qui t’attend ». Face à cette situation, le Dr Marty a porté plainte et a décidé de médiatiser ces violences pour alerter l'opinion publique et les pouvoirs publics.
L'engagement d'un garde du corps
Face à l'intensification des menaces, le Dr Jérôme Marty a pris la décision d'engager un garde du corps pour assurer sa sécurité lors de ses déplacements. Cette mesure, bien que coûteuse et contraignante, est devenue indispensable pour lui permettre de continuer à exercer son métier et à s'exprimer publiquement en toute sérénité. En 2021, il a décidé de se payer les services d’un garde du corps pour se protéger lors de ses déplacements après que des internautes lui ont laissé entendre qu’ils connaissaient son adresse.
Un symbole de la violence contre les soignants
Le cas du Dr Jérôme Marty est emblématique de la violence à laquelle sont confrontés de nombreux soignants depuis le début de la pandémie. Ces attaques, souvent alimentées par la désinformation et les théories complotistes, visent à discréditer la parole scientifique et à intimider ceux qui s'engagent dans la lutte contre la Covid-19. Le Dr Marty est devenu un symbole de cette violence, mais aussi de la résistance et de la détermination des soignants à continuer à faire leur travail malgré les menaces.
"Il faut revenir à une sacralisation de la blouse !"
Pour le Dr Jérôme Marty, il est essentiel de rappeler le rôle et la valeur des soignants dans la société. « Il faut mettre le bistouri dans l’abcès tout de suite ! Si on reste silencieux, on risque d’avoir une personne fragile qui met un coup de couteau à un généraliste. C’est important de rappeler que ce n’est pas rien de menacer. Et qu’on encourt jusqu’à cinq ans de prison. Il faut revenir à une sacralisation de la blouse ! On n’est pas là pour donner de la violence et en recevoir. On est des soignants. Si on commence à marcher sur les aides-soignantes, les infirmières ou les médecins, c’est qu’on a perdu nos valeurs. »
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Les raisons de cette animosité
Malgré tout, cette animosité, Jérôme Marty la comprend. Pour trois raisons. Tout d’abord la durée de cette crise inédite. « On ne parle que de Covid depuis un an ! Mais on confond les conséquences et les causes de cette crise. La parole des médecins est mise en avant parce que c’est une crise sanitaire. Si c’était une guerre, ce serait les militaires… Certains finissent par se dire : "c’est parce que les médecins parlent qu’on est confiné". » Deuxième raison : l’ampleur de la crise. « Certaines personnes sont très fragilisées. Ceux qui sont en train de tout perdre, qui ont peur pour leur boulot, qui ont vu leur couple exploser, ont besoin de boucs émissaires. On leur sert sur un plateau, notamment par certains politiques qui manipulent l’opinion. »Enfin, il y a l’effet réseaux sociaux. « Il y a des murs qui sont tombés, regrette Jérôme Marty. On a désacralisé la fonction. A partir de là, puisque les soignants sont des hommes et des femmes comme les autres, on a assisté à un déferlement d’insultes et de menaces. »
Un impact relatif sur la vie du cabinet
Malgré les menaces et les critiques, le Dr Jérôme Marty continue à exercer son métier avec passion et engagement. Il affirme que ces attaques n'ont pas eu d'impact significatif sur la vie de son cabinet. « Chien qui aboie ne mord pas !, rassure-t-il. Je ne vais pas commencer à regarder derrière moi dans la rue ou changer ma façon de travailler ! » Il reconnaît que certains commentaires négatifs sur internet peuvent donner une mauvaise image de lui, mais il estime que ses patients savent faire la différence et lui restent fidèles.
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