L'anxiété de séparation est une étape normale du développement de l'enfant, mais elle peut être une source de stress pour les parents. Cet article vise à fournir des conseils pratiques et des stratégies éprouvées pour aider votre bébé à surmonter cette phase et à rendre la séparation plus facile pour vous deux.
Introduction
Vous redoutez peut-être le jour où vous devrez laisser votre enfant, vous demandant qui pleurera le plus. L'anxiété de séparation est une expérience courante et tout à fait normale, tant pour l'enfant que pour le parent. Comprendre ce phénomène et mettre en place des stratégies adaptées peut grandement faciliter cette transition.
Comprendre l'anxiété de séparation
Qu'est-ce que l'anxiété de séparation ?
L'angoisse de séparation se caractérise par un sentiment d'anxiété et de détresse intense ressenti par un bébé lorsqu'il est séparé de sa mère ou de toute personne qui s'occupe habituellement de lui. Bébé comprend et exige le sentiment de présence de personnes qu’il connaît, et dès qu’il ne voit plus ses parents, il pense les avoir perdus, ce qui déclenche cette angoisse. En effet, votre enfant ne sait pas pourquoi vous partez et quand vous reviendrez.
À quel âge apparaît-elle ?
L’angoisse de séparation est un phénomène naturel et normal. Il fait partie du développement psycho-affectif du jeune enfant et apparaît aux alentours de 8 mois. Les bébés peuvent également avoir ce type d’angoisse de séparation plus tôt, vers 4 mois ou 6 mois.
Pourquoi cette angoisse ?
L’angoisse de séparation est une étape clé du développement du jeune enfant. Elle correspond à la période que l’on appelle « la peur de l’étranger ». En effet, cette période débute vers 8 mois et arrive bien avant la notion de Permanence de l’objet. Ceci explique ainsi la grande inquiétude, voire la très grande angoisse que peut vivre le bébé.
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L’angoisse de séparation signifie que votre bébé prend conscience de la distinction entre vous et lui. Jusqu’à présent, la relation qui unit le bébé à ses figures d’attachement est une relation très fusionnelle. Cette relation peut concerner les 2 parents de façon identique, mais il est vraisemblable qu’elle soit plus intense avec celui qui s’occupe de l’enfant plus souvent.
En s’occupant de lui quotidiennement, que ce soit au travers de l’allaitement ou du biberon, des temps de jeu et de partage, vous êtes comme la continuité de son propre corps. La notion de permanence de l’objet débute entre 12 et 18 mois. Elle correspond au fait que votre enfant va progressivement comprendre qu’un objet qui disparaît existe toujours.
Au début, il le comprend car il l’a vu disparaître sous ses yeux. Puis entre 18 et 24 mois, il accède définitivement à cette permanence de l’objet, même lorsqu’il n’a pas vu disparaître l’objet.
Combien de temps dure-t-elle ?
Sa durée peut varier selon les enfants, mais elles durent souvent quelques mois seulement et disparaît pendant la 2ème année. A partir de ses 3 ans, ses angoisses ne devraient plus se manifester. Normalement, la durée de la période d’angoisse de séparation ne devrait pas excéder deux ou trois mois.
Les symptômes
Chez l'enfant, l'angoisse de séparation se manifeste souvent par :
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- pleurs et agitation : l'enfant peut pleurer abondamment lorsque le parent ou la personne de référence quitte son champ de vision ;
- réactions physiques : parfois, l'enfant présente des symptômes physiques tels que des maux de ventre, des nausées ou une perte d'appétit ;
- refus d'aller à l'école : une angoisse de séparation marquée peut conduire l'enfant à refuser de se rendre à l'école ou à d'autres activités collectives ;
- comportement collant : l'enfant cherche constamment la proximité et le réconfort de son entourage.
Quand consulter un professionnel ?
Il est recommandé de faire appel à un professionnel lorsque l'angoisse de séparation commence à affecter significativement votre vie quotidienne. Une consultation s’impose si :
- les symptômes sont persistants et intenses ;
- l’angoisse de séparation a une incidence sur les activités quotidiennes ;
- la détresse émotionnelle est sévère ;
- les symptômes physiques (palpitations, insomnie, maux de tête, nausées) sont marqués.
Stratégies pour gérer l'anxiété de séparation
Préparation en amont
- Parler de la séparation : Parler de la rentrée quelques jours avant (pas des mois avant pour respecter la temporalité différente de l’enfant) : en lisant un livre ensemble sur la crèche (les imagiers sont très adaptés) ou en vous projetant ensemble en décrivant ce qu’il va se passer et ce que vous allez pouvoir ressentir. Aider votre enfant à se projeter en parlant de la rentrée en amont. Pourquoi pas formaliser avec votre enfant un rituel de journée grâce à une sorte de frise chronologique en se servant d’images ou de photos à coller pour illustrer chaque étape de la journée ? Il pourra ainsi voir quel sera son rythme.
- Rituel de journée : Faire les préparatifs ensemble pour que votre enfant soit acteur de ce changement, ce qui est particulièrement important à cet âge car il gagnera ainsi en autonomie et se sentira investi.
- Ne pas tout idéaliser : Pour éviter la déception ! Quel que soit l’âge de votre enfant, il est bon de garder en tête et de parler du fait que pour grandir, c’est important d’avoir chacun son univers : maman a ses activités ou son travail, le petit frère a la crèche, le grand frère a l’école, etc.
L'objet transitionnel
Miser sur l’objet transitionnel : c’est un objet (doudou, tétine, écharpe de maman…) qui crée un lien entre le parent et l’enfant. Il peut être très utile de mettre le paquet sur cet objet avant la rentrée pour que le bébé l’investisse au maximum. Depuis sa naissance, votre enfant aura investi son doudou comme objet transitionnel de sécurité. En effet, celui-ci lui sert d’objet d’attachement lors de votre absence. Une pratique à avoir en tête et de pouvoir laisser votre odeur corporelle sur son doudou.
Le jour de la séparation
- Confiance et sérénité : Avoir confiance dans les capacités de votre enfant : la période d’adaptation est pensée par des professionnel·les pour que l’enfant s’adapte de façon progressive. Le premier conseil est de rester soi-même calme afin de pouvoir rassurer l’enfant. Parlez-lui avec une voix douce et sereine pour lui transmettre votre sérénité. Expliquez-lui simplement pourquoi vous le confiez à quelqu’un et quand vous allez revenir.
- Rituel de séparation : Créer un rituel immuable pour le sécuriser : par exemple câlin, coucou à doudou, dire au revoir à la nounou puis faire coucou par la fenêtre. Les rituels rassurent les enfants en rendant la séparation prévisible.
- Le bon moment : Repérer à quel moment on part : se faire confiance pour trouver le moment ni trop tôt… ni trop tard !
- Un départ clair : Ne profitez jamais d’un moment où il ne fait pas attention pour partir : il aurait le sentiment d’être abandonné. Au contraire, partez de façon ostensible en lui disant et faisant « au revoir ».
- Rassurer : Même s’il pleure, rassurez-le, expliquez-lui ce que vous allez faire et que vous allez revenir. Vous pouvez lui dire que vous allez le revoir à tel moment (ex : après sa sieste).
L'adaptation des parents
Rien de plus normal si votre enfant pleure quand vous le confiez ! On parle de l’adaptation des enfants mais il y a aussi l’adaptation des parents ! C’est une grande étape aussi pour vous. C’est normal que cela puisse être émotionnellement compliqué. C’est important de pouvoir exprimer ses émotions à son entourage mais aussi à son bébé tout en lui disant que vous allez y arriver parce que vous formez une super équipe.
Lorsque le moment est arrivé, parvenir à prendre soin de soi ou se recentrer sur soi quand on n’est pas avec son enfant permet d’apaiser ses émotions et de passer un temps de qualité quand on le retrouve. Si la décision est prise et qu’il faut s’en accommoder, vous pouvez essayer de vous dire que le temps passe, que c’est une étape à passer mais que tout va bien se dérouler. Faites-vous bien entourer et essayez de trouver des choses positives pour contrebalancer ce moment difficile : prendre un café, se réinvestir plus dans son travail, etc. Vous essaierez ainsi de trouver du positif dans la situation. Il faut accepter que ce n’est pas grave et qu’on peut se l’autoriser, on gère nos émotions comme on peut ! On peut même en parler en amont avec son enfant pour qu’il ne soit pas surpris. Vous pouvez le prévenir : « je vais peut-être pleurer, pas forcément parce que je serai triste mais parce que je serai très ému·e car c’est une grande étape pour toi et pour moi ».
Communication et confiance
Accepter de se laisser du temps : une relation de confiance s’établit progressivement. Communiquer : il faut se permettre d’expliquer ses attentes ainsi que de décrire les besoins, les habitudes, les particularités de son enfant. Le moment d’échange en fin de journée est aussi important pour tisser un lien de confiance.
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Surveillance et bien-être
La clé est d’observer votre enfant : est-ce qu’il dort bien ? Est-ce qu’il mange bien ? Est-ce qu’il pleure beaucoup, notamment au moment où vous le déposez et où vous le récupérez ? Est-ce que son siège est propre ? Ya-t-il des marques suspectes ? Sa courbe de poids suit-elle sa trajectoire ? Est-ce qu’il est toujours continent ? Voilà autant de questions que vous pouvez vous posez en gardant en tête que des troubles passagers peuvent être dus au moment de transition qu’il traverse. Pour les enfants qui parlent, il n’est pas nécessaire de poser toute une série de questions tous les soirs pour savoir ce qu’il s’est passé.
En cas de séparation parentale
Il arrive que les parents se séparent quelques mois après la naissance de bébé. Il est toutefois indispensable de garder une cohérence éducative, même à distance.
- Photos des parents : En premier lieu, il peut être judicieux de mettre la photo des parents dans la chambre de l’enfant. En effet, même si vous avez décidé de ne plus vivre ensemble, le petit bout qui est né de votre union doit pouvoir sentir l’amour qu’il y a eu entre vous pour sa conception.
- Doudou : Pensez ensuite à bien transmettre le doudou de bébé lors du changement de maison. Cela l’aidera à sentir une continuité dans son sentiment de sécurité et de stabilité. Ce petit objet familier agit comme un lien rassurant entre les deux foyers, en portant avec lui des odeurs et des sensations apaisantes.
- Rituels communs : Si possible, créez des rituels de séparation communs, apaisants et prévisibles, comme une petite chanson, un câlin ou un bisou. Cela aidera votre bébé à sentir une continuité dans la séparation vers le sommeil, par exemple. En répétant ces mêmes gestes ou mots dans les deux foyers, vous renforcez son sentiment de sécurité, car il sait à quoi s’attendre.
- Préparation : Avant de changer de foyer, pensez à préparer votre bébé afin qu’il ne soit pas surpris. Cela rendra la transition plus facile. Vous pouvez, par exemple, lui parler de manière positive de la personne qui l’accueillera, en mettant l’accent sur les activités qu’il y fera ou les moments agréables à venir. Il est essentiel de ne pas laisser transparaître de tensions entre vous, pour le bien-être de l’enfant, car celui-ci est très sensible à l’atmosphère émotionnelle.
Les retrouvailles
Confier votre enfant à son coparent ou à tout autre mode de garde est une étape incontournable pour vous retrouver. Que cela soit après avoir pris du temps pour vous ou vous être rendu(e) au travail, vous serez très souvent impatient(e) de retrouver votre bébé.
Lorsque au retour, vous revenez rechercher votre bébé, rendez-vous bien disponible. Montrez-lui de la joie et de l’enthousiasme de le retrouver, même si parfois, vous pouvez être soucieux. Pour cela, prenez toujours un temps de décompression en sortant du travail, avant de venir le chercher. Cette astuce vous aidera à déposer vos valises professionnelles et à arriver dans les meilleures dispositions.
Souvenez-vous que ces moments de retrouvailles sont précieux pour renforcer le lien parent-enfant. Prenez le temps de lui accorder une attention pleine, sans distractions, afin qu’il sente que même après une séparation, vous êtes toujours là pour lui. Cela contribuera non seulement à apaiser ses angoisses liées à la séparation, mais aussi à renforcer sa confiance en lui et en vous.
Conseils supplémentaires
- Commencer par de courtes séparations : Commencez par de courtes séparations, en laissant votre bébé avec quelqu'un qu'il connaît pendant que vous vous absentez quelques minutes. Essayez d'en faire un jeu comme « coucou-caché ».
- Objet avec votre odeur : Donnez à votre bébé une écharpe, un lange ou un jouet avec votre odeur pendant votre absence.
- Rassurer : Essayez de rassurer bébé, en étant calme et détendue. Expliquez-lui les raisons de votre départ, et à qui vous le confiez. Parlez de ce que vous ferez ensemble plus tard : n'hésitez pas à lui donner des repères temporel ("ce soir", " dans l'après-midi ", etc.) Dites-lui au revoir dans un esprit positif. Votre bébé peut ressentir votre anxiété ou vos difficultés. Un au revoir à l’esprit positif suivi de retrouvailles heureuses peut être une importante leçon de vie.
- Ne pas partir quand il ne se sent pas bien : Ne quittez pas votre bébé quand il a faim, qu'il est fatigué ou qu'il ne se sent pas bien, ou chaque fois que vous sentez qu'il a vraiment besoin de vous.
Angoisse de séparation la nuit
L’angoisse de séparation de bébé peut également se manifester la nuit, si bébé se réveille en pleurant et en vous réclamant.
Pour faire face à l’angoisse de séparation nocturne, vous pouvez rejoindre votre bébé pour le rassurer avec des mots doux et réconfortants. Donnez-lui confiance, en l’habituant à être seul : laissez-le pleurer quelques minutes dans son lit, et ne le prenez pas tout de suite dans vos bras, sinon il ne comprendra pas qu’il ne risque rien à rester seul et continuera à pleurer. Vous pouvez aussi proposer un doudou à votre enfant et se consoler de l’absence du parent : à cet âge, il devrait vite s’y attacher !
Instaurez un rituel du coucher pour aider votre enfant à s’endormir sereinement.
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