L'expression « Je ne contracte pas », popularisée par une vidéo virale montrant un couple refusant un contrôle routier, est devenue un symbole d'un mouvement conspirationniste en pleine expansion : celui des « citoyens souverains ». Cette idéologie, née aux États-Unis, remet en question la légitimité de l'État et de ses lois, considérant que la France, comme d'autres pays, est une entreprise privée avec laquelle ils refusent de contracter.

L'origine de la vidéo virale

La vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, met en scène un couple arrêté par des gendarmes près de Dunkerque. Le conducteur et sa passagère refusent de se soumettre au contrôle, arguant qu'ils « n'appartiennent plus à l'entreprise République française présidence » et que la France est une société depuis 1947. Ils affirment également que les gendarmes sont enregistrés à Washington DC, les qualifiant de « mercenaires sur le sol français ». Le dialogue de sourds se poursuit jusqu'à ce que les gendarmes, exaspérés, brisent la vitre de la voiture et procèdent à l'arrestation du couple.

Les fondements de l'idéologie des "citoyens souverains"

Le mouvement des « citoyens souverains » est né aux États-Unis dans les années 1950. Ses adeptes croient en la « fraude au nom légal », selon laquelle l'État « volerait secrètement à chacun de ses administrés son nom légal, autrement dit sa personnalité juridique, le tout avec la complicité des fonctionnaires chargés d’enregistrer l’état civil, des magistrats, des banquiers et des médias », explique le site Conspiracy Watch.

Selon cette mouvance, chaque individu ayant fait l’objet d’une déclaration de naissance serait transformé en bon du Trésor. Pour mettre fin à cet « esclavage », il suffirait de se déclarer souverain en refusant de respecter les lois, en n’honorant pas les contrats signés et en cessant de payer impôts et taxes diverses.

Les ramifications du mouvement

Depuis sa création, le mouvement des « citoyens souverains » a intégré diverses idées conspirationnistes. En France, il est lié au mouvement anti-système One Nation, impliqué dans l'affaire de la petite Mia, enlevée dans les Vosges en 2021. Alice Pazalmar, figure de proue de One Nation, a été arrêtée et condamnée à de la prison ferme en 2022. Elle a par la suite fait « acte de contrition » en 2023, reconnaissant s'être « trompée ».

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L'expansion et les dangers du mouvement

Le mouvement des « citoyens souverains » s'est répandu dans le monde entier, notamment en France où il a été ravivé dans les années 2010. Il a trouvé un écho auprès des gilets jaunes et des mouvances complotistes liées au Covid-19.

Le FBI considère les membres les plus radicaux de ce mouvement comme une « menace terroriste intérieure ». De 1983 à 2020, vingt-sept policiers américains sont morts dans des affrontements armés avec des adeptes de cette idéologie.

Les techniques des "citoyens souverains"

L'arme principale des « citoyens souverains » est la répétition de mots-clés et une dose de mauvaise foi. Ils répètent à l'envi des expressions comme « je ne contracte pas », « tribunal du peuple » ou « fraude au nom légal » pour refuser d'obtempérer aux demandes des autorités. Ils pensent que ces mots sont la clé pour échapper à l'État.

Les conséquences de l'idéologie

Si les techniques des « citoyens souverains » ne leur permettent pas d'échapper à l'État, elles peuvent avoir des conséquences dramatiques sur leur vie personnelle. En 2023, un homme de 63 ans a été abattu aux États-Unis après avoir ouvert le feu sur la police, venu le déloger d'une maison qui ne lui appartenait pas. Il adhérait aux thèses des citoyens souverains.

Un cas concret en France

Un homme partageant les convictions de la mouvance des citoyens souverains a comparu devant le tribunal de Dunkerque pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle de gendarmerie. Il affirmait que la France était une entreprise dont les lois n'auraient qu'une valeur de règlements intérieurs auxquels il ne serait pas soumis. Il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

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