Introduction
Jacques Hélias, figure marquante du Pays de Montbéliard, a laissé une empreinte indélébile en tant que médecin, homme politique et bâtisseur. Son parcours, riche et complexe, est marqué par un engagement profond envers sa ville et ses habitants. De son mandat de maire de Montbéliard à sa présidence de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA), Hélias a œuvré pour le développement de son territoire, tout en restant fidèle à ses convictions socialistes.
Un Héritage Familial et un Engagement Précoce
Issu d'une famille de militants socialistes, Jacques Hélias a été imprégné dès son plus jeune âge par les valeurs de justice sociale et de service public. Fils de Roger Hélias, adjoint d'André Boulloche, il a puisé dans cet héritage familial la force de son engagement.
Avant de se lancer dans la politique, Jacques Hélias était un médecin proctologue respecté. Son humanité et son dévouement envers ses patients étaient reconnus par tous, en particulier par les infirmières de l’hôpital qui se souvenaient de son respect discret mais inébranlable. Son engagement ne se limitait pas à son cabinet médical : il était également un fervent défenseur des droits des femmes, se tenant à leurs côtés à une époque où elles devaient se battre pour disposer de leur corps.
Maire de Montbéliard : Un Mandat de Réalisations (2008-2014)
Élu maire de Montbéliard en 2008 sous l'étiquette du Parti Socialiste, Jacques Hélias a marqué son mandat par plusieurs réalisations structurantes. Il a notamment initié des projets tels que la halle couverte de la Petite-Hollande, le parking des Blancheries et la mise en place des bus à haut niveau de service (THNS). La passerelle sur le canal, reliant la Petite-Hollande au centre-ville via le Près-la-Rose, a également été inaugurée sous son mandat, tout comme le nouveau centre de loisirs à l’école maternelle Debussy, concrétisant le projet « L’Île en mouvement ».
Il était attentif au développement harmonieux de la ville, aux ponts que nous devons établir entre les quartiers. Il est aussi à l’origine du quartier des Blancheries. C’était un maire qui croyait profondément en sa ville.
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En tant que maire, Jacques Hélias s'est également investi dans le développement économique de Montbéliard. Il a favorisé l'implantation de l'hôtel Ibis du centre-ville, le retour de Littera et l'implantation de la BioCoop, après des aménagements au sein des halles et des Bains Douches. Il s'est également opposé à la fusion des hôpitaux de Belfort et de Montbéliard, craignant que cette fusion ne se fasse au détriment des Montbéliardais et des plus fragiles.
Président de Pays de Montbéliard Agglomération (2012-2014)
Parallèlement à son mandat de maire, Jacques Hélias a présidé Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) de 2012 à 2014, succédant à Pierre Moscovici, appelé à des fonctions gouvernementales. À la tête de PMA, il a œuvré pour le développement de l'ensemble du territoire, en mettant en place un plan de développement économique qui a permis l'implantation d'Hermès.
Jacques Hélias avait ensuite détaillé ses priorités jusqu'en 2014. Il souhaite maintenir les investissements en faveur de l'emploi, contenir la dette, le tout en baissant les dépenses de fonctionnement de la collectivité. Précision importante : cette politique devrait être conduite sans toucher au personnel de la communauté d'agglomération. Jacques Hélias a conclu son intervention en tendant la main à ceux qui à droite "refusent toute compromission avec le Front National".
Il souhaitait maintenir les investissements en faveur de l'emploi, contenir la dette, le tout en baissant les dépenses de fonctionnement de la collectivité, sans toucher au personnel de la communauté d'agglomération. Il avait également tendu la main à ceux qui, à droite, "refusent toute compromission avec le Front National".
Un Parcours Semé d'Embûches et une Fin de Mandat Douloureuse
Malgré ses réalisations et son engagement, le parcours politique de Jacques Hélias n'a pas été sans difficultés. En 2014, il est battu aux élections municipales par Marie-Noëlle Biguinet (LR) et se retire de la vie publique.
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La fin de son mandat fut douloureuse… Mais c’était un homme de convictions. Il aimait passionnément sa ville. Il la vivait dans ses tripes. Quelques jours après la disparition de sa compagne, Jocelyne Robin, qui fut elle aussi de nos combats, je ressens effectivement beaucoup d’émotion ». Puisque l’actuel président de la Cour des comptes l’évoque à demi-mot, comment passer sous silence cette triste sortie de la vie politique ? Comme le sparadrap du capitaine Haddock, l’autre homme à la pipe ne parvint jamais à faire oublier les paroles qu’il lâcha, sous le coup de l’amertume de la défaite. Il accusa, en des termes particulièrement virulents, un autre candidat d’avoir conduit à sa perte. Ce qui lui valut, au regard de la polémique générée, d’abord un désaveu de son propre parti et, au final, une condamnation au pénal pour injures raciales. Depuis mars 2014, la silhouette de Jacques Hélias se fit discrète dans les rues de la cité des Princes et sa parole publique extrêmement rare.
Son parking, sa pépiteLe proctologue avait pourtant fait une entrée fulgurante en 2008. À la surprise quasi générale, le pas encore sexagénaire parvenait à déboulonner un Louis Souvet qui détenait pourtant les clés de la ville depuis près de deux décennies (N.D.L.R. : 1989, pour être précis). Sous sa mandature, il impulsa des projets. À l’image du parking en silo « la pépite de la ville », se plaisait-il à déclarer à l’époque avec une pointe de provoc’, au regard des autres atours de la ville. À commencer par son château. Eric Lançon, aujourd’hui considéré comme l’héritier du dernier maire PS de la ville, parle d’un « homme entier, qui disait ce qu’il pensait sans prendre de raccourci mais qui faisait avancer la ville ». Pour illustrer son propos, il cite l’implication de son mentor pour favoriser l’installation de l’hôtel Ibis du centre-ville, le retour de Littera, l’implantation de la BioCoop, après des aménagements au sein des halles, les Bains Douches ou encore son ardent combat contre l’hôpital médian, militant pour le maintien du Mittan. Jacques Hélias succéda aussi à Pierre Moscovici à la tête de PMA, durant deux années, quand ce dernier fut appelé à remplir des fonctions au sein du gouvernement Hollande. En 2014, le vent tourna, la Droite revint aux affaires avec l’avènement de Marie-Noëlle Biguinet et l’ancien maire se retira. Sans doute n’avait-il pas tous les codes pour réussir en politique. Ses partisans comme ses adversaires lui reconnaissent une certaine droiture d’esprit. Un homme qui n’aura, assurément, laissé personne indifférent.
Il avait été condamné pour injures raciales en 2015, après avoir traité l'un de ses adversaires politiques de "saloperie de Turc". Cet épisode malheureux avait marqué la fin de sa carrière politique et l'avait conduit à se retirer de la vie publique.
Hommages et Souvenirs
Le décès de Jacques Hélias, survenu le 11 décembre, a suscité de nombreuses réactions et hommages. Charles Demouge, actuel président de l'agglomération du Pays de Montbéliard, a salué sa mémoire, soulignant son rôle dans le lancement d'un plan de développement économique ayant permis l'implantation d'Hermès.
Dans la voix de Pierre Moscovici, on sent poindre un certain émoi. « Jacques fut, pour moi, un compagnon, un collègue, un ami. Côte à côte, nous avons bataillé pour que la gauche parvienne à reconquérir la ville et l’Agglo. C’était un homme attachant, parfois bourru, mais constructif. C’était un bâtisseur qui manquait peut-être de rondeur. Cela explique sans doute pourquoi il n’a pas été réélu.
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Eric Lançon, aujourd’hui considéré comme l’héritier du dernier maire PS de la ville, parle d’un « homme entier, qui disait ce qu’il pensait sans prendre de raccourci mais qui faisait avancer la ville ». Pour illustrer son propos, il cite l’implication de son mentor pour favoriser l’installation de l’hôtel Ibis du centre-ville, le retour de Littera, l’implantation de la BioCoop, après des aménagements au sein des halles, les Bains Douches ou encore son ardent combat contre l’hôpital médian, militant pour le maintien du Mittan.
De nombreux témoignages ont souligné son engagement, sa droiture et son amour pour Montbéliard. Il restera dans les mémoires comme un homme de convictions, un bâtisseur et un défenseur de l'intérêt général.
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