Introduction
L'anémie, définie comme une déficience en globules rouges ou en hémoglobine, est un problème de santé courant, en particulier chez les jeunes enfants. Chez les enfants de 0 à 5 ans, l'anémie, le plus souvent causée par une carence en fer, peut avoir des conséquences importantes sur leur développement et leur bien-être général. Cet article vise à explorer les causes, les symptômes et les options de traitement de l'anémie chez les enfants de cette tranche d'âge.
Qu'est-ce que l'anémie ?
L'anémie n'est pas une maladie en soi, mais plutôt un ensemble de symptômes résultant d'une déficience de certains composants sanguins, principalement les globules rouges (érythrocytes) et le pigment rouge du sang (hémoglobine). L'hémoglobine, dont le fer est un composant essentiel, est responsable du transport de l'oxygène dans tout le corps. Une diminution de la concentration d'hémoglobine ou du nombre de globules rouges peut entraîner une oxygénation insuffisante des tissus, provoquant ainsi divers symptômes. En Europe, environ 10 % de la population souffre d'anémie, les femmes étant plus susceptibles d'être touchées que les hommes.
Causes de l'anémie chez l'enfant
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'anémie chez les enfants de 0 à 5 ans. Les causes les plus courantes comprennent :
- Carence en fer : C'est la cause la plus fréquente d'anémie dans ce groupe d'âge. Le fer est essentiel à la production d'hémoglobine, et un apport insuffisant en fer peut entraîner une diminution de la production de globules rouges. Les bébés prématurés, les nourrissons allaités exclusivement au sein après l'âge de 6 mois sans supplémentation en fer et les enfants ayant une alimentation pauvre en fer sont particulièrement à risque. Le lait maternel possède peu de fer, mais il est très bien absorbé par l’enfant. Il remplit donc jusqu’à 6 mois (il contient entre 0,3 et 0,9 mg de fer/litre) les besoins en fer du bébé… si la mère n’est pas carencée ! Si l’alimentation ne suffit pas à combler les besoins en fer, il peut être nécessaire d’apporter soit un apport en lait infantile, soit une supplémentation en fer pour limiter les risques d’un bébé souvent malade.
- Pertes de sang : Des saignements chroniques, même minimes, peuvent entraîner une anémie. Cela peut être dû à des affections telles que des allergies aux protéines du lait de vache, des polypes intestinaux ou des infections parasitaires.
- Maladies chroniques : Certaines maladies chroniques, telles que les infections, les maladies inflammatoires et les maladies rénales, peuvent interférer avec la production de globules rouges ou augmenter leur destruction.
- Troubles génétiques : Dans de rares cas, l'anémie peut être causée par des troubles génétiques affectant la production ou la fonction des globules rouges, comme la thalassémie.
- Anémie hémolytique auto-immune (AHAI) : L’anémie hémolytique auto-immune (AHAI) de l’enfant est une maladie rare dont l’incidence est de 8 cas/1 million d’enfants de moins de 18 ans. Elle se présente le plus souvent sous une forme aiguë et brutale, mettant parfois en jeu le pronostic vital. Dans 75 % des cas, les AHAI de l’enfant sont liées à des autoanticorps dits « chauds », avec un test de Coombs positif (IgG ou IgG et complément) et une hémolyse plutôt intratissulaire. Dans 25 % des cas, l’AHAI est liée à des autoanticorps « froids », avec un test de Coombs de type complément seul positif. L’hémolyse est plutôt intravasculaire.
Symptômes de l'anémie chez l'enfant
Les symptômes de l'anémie peuvent varier en fonction de la gravité et de la rapidité d'apparition de la carence. Certains enfants peuvent ne présenter aucun symptôme, tandis que d'autres peuvent présenter :
- Pâleur : La peau, les lèvres et les ongles peuvent apparaître plus pâles que d'habitude.
- Fatigue : L'enfant peut se sentir fatigué, faible et léthargique.
- Irritabilité : L'anémie peut rendre l'enfant irritable et difficile à calmer.
- Essoufflement : L'enfant peut s'essouffler plus facilement, même lors d'activités légères.
- Manque d'appétit : L'anémie peut entraîner une perte d'appétit et un refus de manger.
- Retard de croissance : Dans les cas graves, l'anémie peut affecter la croissance et le développement de l'enfant.
- Infections fréquentes : Une carence en fer peut affaiblir le système immunitaire, rendant l'enfant plus susceptible aux infections.
- Ongles cassants : Si l’anémie est due à une carence en fer, d’autres symptômes peuvent apparaître, principalement des ongles cassants, une chute des cheveux, des coins de la bouche gercés et des muqueuses enflammées.
Diagnostic de l'anémie
Si l'on soupçonne une anémie, il est important de consulter un médecin. Le diagnostic repose généralement sur un examen physique et une analyse de sang. L'analyse de sang permettra de mesurer la concentration d'hémoglobine, le nombre de globules rouges et d'autres paramètres importants pour déterminer la cause de l'anémie. Le frottis sanguin permet d’éliminer une hémolyse constitutionnelle, une microangiopathie thrombotique ou un accès palustre. Parallèlement, une enquête étiologique est systématiquement réalisée dès le diagnostic (antécédents, contexte clinique…) afin de rechercher une pathologie immunologique sous-jacente, présente dans 30 à 50 % des cas.
Lire aussi: Symptômes de l'anémie gravidique
Traitement de l'anémie
Le traitement de l'anémie dépend de sa cause sous-jacente.
- Carence en fer : La carence en fer est souvent traitée par une supplémentation en fer. Le médecin peut prescrire des gouttes ou un sirop de fer à administrer quotidiennement. Il est important de suivre les instructions du médecin et de donner le supplément de fer pendant toute la durée recommandée. Dans certains cas, une modification de l'alimentation peut également être recommandée pour augmenter l'apport en fer. Vous pouvez supplémenter votre enfant en fer avec des sirops ou des gouttes. En cas de carence en fer, la solution ne réside pas dans l’augmentation des protéines données à l’enfant, car un taux de protéines trop élevé pourrait nuire aux reins de votre bébé. Donc, on ne donne pas plus de viande, œufs, etc, à bébé que les quantités recommandées pour son âge !
- Pertes de sang : Si l'anémie est due à des pertes de sang, il est important d'identifier et de traiter la source du saignement.
- Maladies chroniques : Le traitement de l'anémie associée à des maladies chroniques dépend de la maladie sous-jacente.
- Troubles génétiques : Le traitement des troubles génétiques affectant la production de globules rouges peut être complexe et nécessiter une consultation avec un hématologue.
- AHAI : Dans les AHAI à autoanticorps chauds, l’efficacité de la corticothérapie est évaluée après 2 à 4 semaines de traitement. En cas de rémission complète (Hb > 11 g/dL et taux de réticulocytes < 120 g/L), une décroissance très lente de la corticothérapie par paliers est réalisée, sur une durée de 9 à 12 mois.
Prévention de l'anémie
Il est tout à fait possible de prévenir la forme la plus courante d’anémie chez bébé. Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir l'anémie chez les enfants de 0 à 5 ans :
- Allaitement maternel ou lait infantile enrichi en fer : Les nourrissons doivent être allaités exclusivement au sein pendant les 6 premiers mois de vie, ou nourris avec un lait infantile enrichi en fer si l'allaitement n'est pas possible.
- Alimentation diversifiée et riche en fer : Après l'âge de 6 mois, il est important d'introduire des aliments riches en fer dans l'alimentation de l'enfant, tels que la viande, la volaille, le poisson, les légumes verts à feuilles et les céréales enrichies en fer.
- Supplémentation en fer : Les bébés prématurés et les nourrissons allaités exclusivement au sein après l'âge de 6 mois peuvent avoir besoin d'une supplémentation en fer.
- Dépistage de l'anémie : Un dépistage régulier de l'anémie peut être recommandé, en particulier chez les enfants à risque.
Alimentation et absorption du fer
Pour assurer un apport suffisant en fer, il est important de connaître les aliments riches en fer et les facteurs qui influencent son absorption.
- Aliments riches en fer : La viande (surtout le foie) est l’aliment qui contient le plus de fer. Les autres sources alimentaires sont les céréales, légumes secs et légumes verts, produits laitiers et œufs qui sont des aliments riches en vitamines.
- Fer héminique et non héminique : Le fer provenant des produits d’origine animale (fer héminique) est plus facilement absorbé par le corps que le fer provenant des aliments végétaux (fer non héminique). L’intestin en absorbe 25 à 30% de la quantité ingérée de fer héminique. Malheureusement l’intestin grêle ne conserve qu’une faible quantité de ce fer « non-héminique » (autour de 5%), plus fragile.
- Facteurs favorisant l'absorption du fer : La vitamine C favorise l’absorption du fer au niveau intestinal, c’est pourquoi il est utile d’en consommer, par exemple, du jus d’orange, du brocoli ou des poivrons rouges en même temps que des aliments contenant du fer.
- Facteurs inhibant l'absorption du fer : Certains aliments inhibent l’absorption du fer dans les intestins. Cependant, certaines des substances qui altèrent l’absorption du fer sont détruites lors de la cuisson (épinards) ou du trempage (légumineuses), c’est pourquoi les épinards cuits et les légumineuses trempées restent des fournisseurs de fer.
Lire aussi: Traitement de l'anémie post-partum
Lire aussi: Traitement de l'anémie post-partum
tags: #anémie #chez #les #enfants #de #0
