Jacques Villeret, né Jacky Boufroura le 6 février 1951 à Loches et décédé le 28 janvier 2005 à Évreux, a marqué le cinéma français par ses rôles à la fois loufoques et touchants. Son parcours personnel, notamment son enfance et sa relation avec son fils adoptif, Alexandre, révèlent une facette plus intime de l'homme derrière l'acteur.
Une enfance marquée par le divorce et la découverte d'un secret
Les premières années de Jacques Villeret sont marquées par le divorce de ses parents, Annette Bonin et Ahmed Boufroura, alors qu'il n'a que neuf mois. Cette séparation entraîne une rupture du contact avec son père biologique. Il est élevé par sa mère et son beau-père, Raymond Villeret. Plus tard, il découvre que Raymond Villeret n'est pas son père biologique, une révélation qui le marque profondément. Malgré cela, il connaît une enfance heureuse et prend conscience de son potentiel comique auprès de ses camarades de classe, nourrissant ainsi le projet de devenir comédien.
L'adoption d'Alexandre Villeret
En 1979, Jacques Villeret épouse la comédienne Irina Tarassov, après deux ans de vie commune. Il adopte Alexandre, le fils d'Irina, et l'élève comme son propre enfant. Alexandre grandit aux côtés de ses parents, qui lui offrent une éducation à la fois sévère et juste. L'adoption, bien que significative, ne change pas fondamentalement le lien qui unit Alexandre à Jacques. "C'était tellement mon père que ce n’était pas très important non plus", confie Alexandre. Ce qui compte avant tout, c'est l'amour et le lien qui les unit. Alexandre, comme son père, développe une passion pour le cinéma, choisissant cependant la réalisation plutôt que le jeu d'acteur. Il explique avoir été marqué par la précision et l'excellence de son père dans son travail d'acteur, ce qui l'a dissuadé de suivre la même voie. En 2013, il réalise son premier long-métrage, En pays cannibale.
Points communs et blessures partagées
Alexandre Villeret révèle que son père et lui partageaient une histoire similaire, marquée par l'absence du père biologique. "Lui avait peut-être cette tristesse là", confie Alexandre, soulignant ainsi une blessure commune qui a pu les rapprocher. Jacques Villeret avait fantasmé la figure paternelle, tandis qu'Alexandre n'en ressentait pas le besoin, ayant eu un père adoptif aimant et présent.
Le Dîner de Cons: Un rôle emblématique
Jacques Villeret a marqué le cinéma français avec son rôle de François Pignon dans Le Dîner de Cons, une pièce de théâtre adaptée au cinéma par Francis Veber. Le film, sorti en 1998, connaît un succès phénoménal, attirant plus de 9 millions de spectateurs dans les salles obscures en France. Il reçoit trois récompenses aux César, dont le César du meilleur acteur pour Jacques Villeret. Alexandre Villeret a publié en novembre dernier le texte du Dîner de cons annoté des mains du comédien, mort il y a 20 ans.
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L'histoire met en scène Pierre Brochant, qui organise chaque semaine un "dîner de cons" avec ses amis, consistant à inviter des personnes naïves pour se moquer d'eux. Un soir, Brochant se retrouve coincé chez lui avec François Pignon, qu'il comptait emmener au dîner. La soirée prend alors une tournure inattendue, Pignon causant une série de catastrophes.
Héritage et succession
À la mort de Jacques Villeret, une guerre de succession éclate au sein de sa famille. Initialement, sa sœur, Ghislaine Villeret, est désignée comme héritière, mais elle renonce à l'héritage, persuadée que son frère était criblé de dettes. Les autres membres de la famille, y compris Alexandre Villeret, font de même. Un homme se présentant comme le demi-frère de Jacques Villeret, Ahmin Boufroura, revendique alors les biens de l'acteur, mais il est condamné en 2013 pour fraude. Finalement, Ghislaine Villeret accepte la succession en 2007. Alexandre Villeret n'a donc pas touché l'héritage de son père adoptif, mais il a hérité de sa passion pour le cinéma.
Une fin de vie difficile
Les dernières années de Jacques Villeret sont marquées par des problèmes de santé et des difficultés personnelles. Il lutte contre l'alcoolisme, comme le révèle son ancienne femme, Irina Tarassov, dans son livre Un jour tout ira bien. Il décède le 28 janvier 2005 à l'âge de 53 ans, des suites d'une hémorragie interne consécutive à une hépatite. Au moment de sa mort, il était en couple avec Seny, une jeune Sénégalaise avec qui il devait emménager à Paris.
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