Introduction

Isabelle Fouillot est une figure publique malgré elle, devenue le symbole de la douleur d'une mère après la perte tragique de sa fille, Alexia Daval. L'affaire Alexia, du nom de sa fille assassinée par son mari, Jonathann Daval, a profondément marqué la France. Depuis ce drame, Isabelle Fouillot s'est engagée dans une quête de vérité et de justice pour Alexia. Elle a notamment co-écrit un livre, "Alexia, notre fille", dans lequel elle relate son expérience et livre sa vérité sur les événements.

Un deuil impossible

La vie d'Isabelle Fouillot a basculé le 28 octobre, il y a quatre ans, jour de la disparition d'Alexia. Ce jour marque également la publication du livre "Alexia, notre fille", co-écrit avec Jean-Pierre Fouillot, le père d'Alexia. L'ouvrage retrace l'affaire telle qu'ils l'ont vécue de l'intérieur, ainsi que l'histoire d'Alexia elle-même.

La douleur de la perte est omniprésente dans le témoignage d'Isabelle Fouillot. Elle exprime son incompréhension face à la dissimulation de Jonathann Daval et se demande comment elle a pu être dupée à ce point. "Quand on est dedans, on ne s’en rend pas compte", soupire-t-elle. Elle confesse également son regret de ne pas avoir vu les signes avant-coureurs de la tragédie : "La seule chose que je regrette, c’est de ne pas avoir vu avant. Je m’en veux, je voyais bien qu’elle s’amaigrissait".

La présence constante de l'affaire dans les médias est une source de souffrance supplémentaire pour Isabelle Fouillot. Elle décrit l'impact violent de la couverture médiatique : "Depuis le premier jour de notre drame, la chaîne d'information en continu raconte notre histoire en direct quasiment minute par minute. C'est très impressionnant, très violent aussi."

"Alexia, notre fille" : un livre pour témoigner et comprendre

La rédaction du livre "Alexia, notre fille" a débuté après le procès de Jonathann Daval, où il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Alexia. L'initiative est venue de Thomas Chagnaud, qui a souligné l'absence d'Alexia dans le récit médiatique de l'affaire.

Lire aussi: L'histoire inspirante d'Isabelle Yacoubou

Le livre est co-signé par Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, et est écrit à la première personne du singulier. Les voix des deux parents s'y succèdent et se complètent, offrant une perspective intime et poignante sur les événements.

Isabelle Fouillot y raconte comment elle a vécu les trois mois de dissimulation de Jonathann Daval, comment elle n'a rien vu de ses mensonges. Elle cherche à décrypter les "petits cailloux", les mensonges de son gendre.

L'ouvrage prend parfois des allures de roman policier, notamment dans les chapitres attribués à Isabelle Fouillot, où le prénom de Jonathann est constamment cité. Pourtant, la mère d'Alexia ne le prononce jamais dans la vie réelle : "Je n'arrive plus, j'ai trop de colère", confie-t-elle.

La conviction d'un empoisonnement

Une des thèses défendues par Isabelle Fouillot dans le livre est que Jonathann Daval aurait empoisonné Alexia avant de la tuer. Elle est convaincue que les changements d'attitude de sa fille dans les derniers mois de sa vie ne peuvent s'expliquer que par la prise de médicaments.

Isabelle Fouillot s'appuie sur les résultats de l'autopsie, qui a révélé la présence de trois molécules ingérées régulièrement par Alexia pendant près d'un an avant sa mort : du zolpidem, du tétrazépam et du tramadol. Elle se demande si Alexia a ingéré ces produits d'elle-même, ou si Jonathann les lui a administrés à son insu. "Il n'a pas reconnu qu'il la droguait", or "il y a la préméditation de part les médicaments qu'il lui donnait", déclarait-elle à France 3.

Lire aussi: Rugby : L'histoire d'Isabelle Ithurburu

Pour Isabelle Fouillot, sa fille a été assassinée par un homme qui voulait sa mort. Elle est convaincue que Jonathann Daval a minutieusement manigancé la disparition de sa fille.

L'absence de vérité

Malgré le procès et la condamnation de Jonathann Daval, Isabelle Fouillot vit avec l'insupportable absence de vérité. "Nous savons que Jonathann a tué notre fille, mais nous ne savons toujours pas pourquoi et nous ne le saurons certainement jamais. Nous devons vivre sans vérité. C'est insupportable."

Elle se raccroche à ses souvenirs, qui parfois s'embrouillent et se mélangent, pour tenter de tirer le fil de la vérité. Elle se souvient des derniers moments passés avec Alexia, de son baiser de la main en partant : "Je suis partie courir, je passerai peut-être vous voir si j'en ai la force. À tout à l'heure."

Elle est hantée par l'image de Jonathann Daval participant aux recherches d'Alexia, alors qu'il savait déjà qu'il l'avait tuée. "C'est impressionnant de savoir aujourd'hui que Jonathann a été témoin de la lecture par Stéphanie de ce faux message qui lui a lui-même envoyé pour nous laisser croire que sa femme était encore en vie, alors qu'il avait trois heures plus tôt déposé son corps dans la forêt d'Esmoulins. Comment a-t-il pu faire cela ? Comment a-t-il pu en avoir le cran ? Où a-t-il trouvé la force pour inventer cette histoire et nous la raconter, comme s'il y était étranger ? C'est fou !"

L'impossibilité du pardon

Isabelle Fouillot ne peut pardonner à Jonathann Daval. "On ne pardonne pas en cinq minutes. Il faut du temps, et nous savons aujourd'hui que nous ne le pourrons jamais. Car en revivant notre drame comme nous venons de le faire, en repensant à la souffrance d'Alexia et aux manipulations de son meurtrier, comment pourrions-nous pardonner cela ? Nous aurions l'impression de banaliser l'horreur et d'oublier notre fille."

Lire aussi: L'ascension d'Isabelle Gélinas au cinéma

Pour elle, Alexia est toujours présente : "Or, Alexia vit toujours avec nous. Elle est là, à nos côtés, à chaque instant comme si elle n'était pas partie. Comme si Jonathann ne nous l'avait pas arrachée. Elle est dans le regard de sa sœur Stéphanie, dans les rires de James, son filleul, qui parle d'elle tout le temps. Elle est dans nos larmes aussi."

tags: #Isabelle #Fouillot #biographie

Articles populaires: