Introduction

La mortalité embryonnaire pré-éclosion, un phénomène complexe, affecte diverses espèces, y compris les humains et les animaux. Cet article explore les causes de ce phénomène, en se concentrant sur les facteurs génétiques, les conditions maternelles, les pratiques d'élevage, l'hérédité et la physiologie, afin de fournir une compréhension globale de ce problème. De plus, nous examinerons le cas particulier des tortues de mer et des pigeons, en mettant en évidence les défis auxquels ils sont confrontés pendant l'incubation et l'éclosion.

Causes de fausses couches chez l'humain

Les fausses couches chez les humains sont un événement malheureux qui touche de nombreuses femmes. Le plus souvent, elles sont dues à des anomalies génétiques de l’embryon ou à des problèmes de santé de la mère.

Anomalies embryonnaires

Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux).

Oeuf clair

Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair ». Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets.

Maladies maternelles

Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus, etc.

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Facteurs sans influence

Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.

Âge maternel

Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans.

Antécédents de fausses couches

Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle.

Mortalité embryonnaire chez les pigeons

Chez les pigeons, plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi certains œufs n'éclosent pas. La principale cause est l'infertilité pure et simple, mais même un œuf fécondé ne garantit pas un jeune sain et vigoureux. Les échecs sont souvent liés aux conditions d'élevage, à l'hérédité et à la physiologie, sans tenir compte des cas pathologiques.

Conditions d'élevage

Lorsque le taux d'éclosion est insuffisant, il faut d'abord examiner le programme d'alimentation. Pour que les embryons soient suffisamment robustes, les reproducteurs doivent recevoir une nourriture bien équilibrée, riche en vitamines et en minéraux. Dans ces conditions, les pertes au moment du bêchage sont réduites au minimum. Quelle que soit la nature de la ration alimentaire (grains, granulés), il est essentiel que l'œuf contienne tous les éléments nécessaires à la vie et au développement de l'embryon en proportions adéquates. Un programme d'alimentation approprié est donc essentiel.

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Il est également utile de désinfecter et de déparasiter régulièrement le pigeonnier. Il est important de choisir des produits efficaces et reconnus pour leur innocuité afin de ne pas nuire aux embryons.

La tranquillité des reproducteurs est également un facteur important de réussite de l'incubation. Il est préférable que le colombiculteur modère ses déplacements à l'intérieur des parquets de reproduction, tout en observant les pigeons à distance pour ne pas les déranger. Le tempérament des pigeons joue également un rôle important. Certains sont très calmes et ne quittent pas leur nid, tandis que d'autres s'enfuient précipitamment au moindre signe de danger, ce qui peut être préjudiciable aux œufs. Il est impératif de ne pas déranger les oiseaux vifs la nuit, car ils seraient incapables de retrouver leur nid, ce qui entraînerait la perte des couvées.

Il n'est pas rare de voir un couple interrompre une couvée et déserter le nid sans raison apparente, souvent pour entamer un nouveau cycle de reproduction. Le mâle est souvent responsable de cette anomalie. En cas de récidive, il est conseillé à l'éleveur de défaire le couple et de surveiller de près le comportement de ce pigeon avec une autre femelle.

Enfin, la conception du nid est importante. Il faut absolument éviter que les œufs ne soient déplacés, même de quelques centimètres. Contrairement à de nombreux autres oiseaux, le pigeon ne sait pas récupérer un œuf qui a roulé hors du nid.

Hérédité

L'hérédité joue un rôle important dans la capacité des œufs à éclore dans une forte proportion. Il semble que divers gènes interviennent dans ce domaine, ce qui complique les études sur le mode de transmission héréditaire. De plus, l'environnement influence l'épanouissement de divers caractères physiologiques, les gènes étant parfois incapables d'exercer pleinement leurs effets. Ainsi, des œufs qui pourraient très bien éclore dans des conditions normales ne donnent que de médiocres résultats si l'incubation est mal conduite. L'influence du mâle serait apparemment moins marquée, ce qui suggère que le caractère en question est lié au sexe, mais cela doit être confirmé.

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Physiologie

Même dans des conditions d'incubation idéales, tous les œufs fécondés n'éclosent pas. Chez le pigeon, la proportion d'échecs reste plus faible que chez la plupart des oiseaux domestiques, mais il faut en rechercher la cause dans le développement anormal de l'embryon.

Il existe deux périodes critiques au cours desquelles la mortalité des embryons est la plus élevée. La première se situe aux environs des deuxième et troisième jours d'incubation. À ce stade, l'embryon change radicalement sa façon de se nourrir, ce qui peut être fatal à certains germes. Le second moment difficile correspond à la fin de la période d'incubation, lorsque l'embryon modifie sa position pour pouvoir mettre en fonction son appareil respiratoire et commencer à briser la coquille. Si ce processus tarde à se produire, l'embryon meurt. On estime qu'au moins la moitié de la mortalité en coquilles est due à une mauvaise position de l'embryon au moment où il se prépare à éclore. Seule une sélection attentive et suivie peut résoudre ce problème.

Mortalité embryonnaire chez les tortues de mer

Les tortues de mer sont confrontées à de nombreux défis pendant l'incubation et l'éclosion, ce qui entraîne une mortalité embryonnaire élevée.

Développement embryonnaire et éclosion

Quand les embryons ont achevé leur développement grâce aux réserves accumulées dans l’œuf (vitellus ou jaune) et la chaleur de l’incubation naturelle, ils sont devenus des bébés-tortues, modèles réduits des adultes. Avec leur bec corné, ils déchirent alors l’enveloppe coriace des œufs et s’en extraient, enfouis au fond du trou creusé par la femelle et recouvert de sable. Ils ont incorporé dans leur corps, juste avant d’éclore, ce qui restait du jaune de l’œuf et vont vivre sur ces réserves nutritives pendant plusieurs jours avant de commencer à se nourrir par eux-mêmes.

Ils ont besoin d’environ une journée le temps que leur carapace se durcisse. Ils doivent ensuite coopérer pour remonter tous ensemble à la surface, car une seule tortue serait bien incapable de faire remonter tout le sable du plafond de la chambre de ponte et provoquer son effondrement.

Les œufs situés au centre du nid incubent plus vite que ceux à la périphérie et vont donc éclore en premier. Les chercheurs ont montré que les tortues de mer communiquent entre elles dans les nids. Les conclusions obtenues doivent être transposables aux tortues de mer. Des expériences ont montré que les embryons les plus lents peuvent rattraper leur retard et accélérer leur développement en réponse à cette perception. Ils ont pensé aux vibrations sonores. Les jeunes prêts à éclore émettent des sons. Ces signaux émis en profondeur dans le nid servaient à synchroniser les éclosions. Cette synchronisation a une fonction biologique nettement différente. Au petit matin, on peut observer les traces de départ groupé des jeunes tortues caouannes depuis le nid dégagé.

Elles sortent de manière synchrone aussi. Quand les premières tortues atteignent le « couvercle » du nid, elles cessent de creuser. Elles attendent que le sable refroidisse et ne sortent que le soir avec la baisse des températures. La dépense énergétique est de 2,6 kJ/individus. Dans une émergence groupée, la cohorte naissante est plus nombreuse. La dépense individuelle baisse de 50%. Cela facilite la descente vers la mer. Les jeunes entrant dans la mer avec des réserves énergétiques internes moins entamées auront de plus grandes chances de survivre avant de commencer à s’alimenter. Autrement dit, sortir du nid en grandes cohortes induit un meilleur taux de survie et donc un meilleur succès reproductif pour l’espèce. Ceci renvoie par ailleurs à la détermination de la taille des pontes qui dépend des femelles et de leur état physique. La synchronisation des naissances est un paramètre essentiel dans la gestion conservatoire des tortues de mer.

Défis et obstacles

Les activités humaines (plages sur-fréquentées) ont un impact plutôt néfaste pour les chances de survie des jeunes. Revenir à la mer est un véritable parcours du combattant dans le sable. La pollution lumineuse (éclairage public) est un problème majeur. Les tortues ont des ailerons pas vraiment adaptées à ce substrat solide. Le soleil tape fort et le rendent ainsi un peu plus « dur ». Cela représente une longue période de remontée dans le sable du nid. Les tortues s'activent comme elles peuvent pour rejoindre la ligne de rivage. C'est fait de leur agitation. Elles ont une sensibilité.

Prédation

Les chercheurs ont identifié les grandes zones mondiales de ponte des tortues caouannes. Ils ont mis en place des pièges pour observer les prédateurs majeurs à partir des traces laissées ou de pièges photos. Les crabes sont des prédateurs majeurs. Les estimations de cette prédation varient. Des études ont montré que l'abondance de crabes, qui fréquente les milieux humides, étaient inversement corrélées. Les ratons laveurs sont également des prédateurs. Ils ont ainsi la mortalité engendrée par cette perturbation. Les oiseaux sont une autre menace. Certains renards tuent les jeunes tortues mais ne les consomment pas. Les goélands sont redoutables. Ils peuvent les handicaper gravement en piquant par exemple les yeux. Le taux de prédation a varié de 16,5% à 36%. La synchronisation des éclosions est une stratégie anti-prédation. La sortie massive de presque toute la cohorte de jeunes explique cette baisse significative du risque de prédation. Les tortues qui sortent en grand nombre ont moins de chances de subir une prédation. La prédation par effet de dilution.

Dispersion initiale

Après avoir atteint la mer, les jeunes tortues nagent à la manière d’un chien (1 à 5 secondes). Cette activité fébrile suppose une forte dépense énergétique. Elles alternent avec des phases de repos. Elles doivent économiser ces réserves. Elles alternent une activité fébrile et une augmentation des phases de nage moins intense. Elles doivent éviter les prédateurs potentiels. Elles sont repérées lors des quelques jours de cette dispersion initiale.

Fièvre catarrhale ovine

La fièvre catarrhale du mouton (FCO) est une maladie animale qui peut indirectement affecter la mortalité embryonnaire en affaiblissant les animaux reproducteurs. La FCO est une maladie répertoriée dans la liste des maladies du Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et doit à ce titre faire l’objet d’une déclaration obligatoire auprès de l’OMSA. Cette maladie strictement animale n’affecte pas l’être humain et n’a aucune incidence sur la qualité sanitaire des denrées issues des animaux malades : viande, lait, etc. Les symptômes sont : fièvre, troubles respiratoires, salivations, œdème de la face, cyanose de la langue. La maladie peut aussi être asymptomatique.

La transmission de cette maladie ainsi que son extension géographique sont étroitement liées à la présence des populations de moucherons piqueurs du genre culicoïdes, qui jouent le rôle de vecteurs et dont le développement est favorisé par des températures élevées. La mesure de lutte la plus efficace connue à ce jour est la vaccination. Des mesures peuvent aussi être mises en place pour freiner la propagation du virus lors de la détection de foyers. Elles consistent à restreindre la circulation des animaux sensibles à la FCO et présents dans une zone de 150 km autour du foyer.

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