Introduction

L'univers musical est en constante évolution, et il est parfois difficile de cerner les influences et les inspirations qui façonnent le travail des artistes. Cet article se propose d'explorer l'univers musical de Housse de Racket, un duo français qui bouscule les codes de l'électro-rock, tout en faisant un parallèle avec le travail de l'artiste Mounir Fatmi, dont les expériences personnelles et les observations du monde ont profondément marqué son œuvre.

Housse de Racket : Racketter la House avec une Touche Française

Housse de Racket, c'est l'histoire de Pierre Leroux et Victor Le Masne, deux jeunes musiciens qui se sont rencontrés au conservatoire au début des années 90. Loin des clichés du tennismen qu'ils arborent sur scène, ils se lancent dans la composition de musique électronique. Leur premier album est malheureusement perdu suite à un crash de disque dur.

Malgré ce coup dur, le groupe ne se décourage pas et sort un premier single, "Oh Yeah", qui crée rapidement un buzz. Le remix de Gonzales contribue à propulser le groupe sur le devant de la scène. Renaud Letang, producteur de renom ayant travaillé avec Manu Chao, Feist et Gonzales, est également séduit et apporte son expertise pour sublimer les textures et les arrangements.

La particularité de Housse de Racket réside dans leur choix de chanter en français, ce qui les distingue de la plupart des groupes électro-rock hexagonaux. Cependant, certains morceaux peuvent sembler moins aboutis, comme "Le Rendez-Vous", qui rappelle un slam de Jean-Michel Jarre, ou "Pacific Sunset".

Malgré ces quelques faiblesses, Housse de Racket apporte une bouffée d'air frais à la scène électro française, aux côtés d'artistes tels que Surkin, Yuksek et Justice.

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datA : Un Espoir Prometteur de la Scène Électro Française

Dans cette même mouvance électro française, datA se démarque comme l'un des espoirs les plus prometteurs. Avec son nouvel EP, il confirme son talent et son originalité. Autant dans les textes que dans les ambiances, datA s'approprie l'esprit des années 80, avec l'aide de Sébastien Grainger, chanteur de Death From Above 1979.

À seulement 22 ans, datA fait preuve d'une maturité impressionnante. Son style disco-pop synthétique et nostalgique fait mouche, comme en témoigne le titre "Rapture", remixé par le duo Pacific! qui lui donne un nouveau charme digital.

The Herbaliser : La Transcendance Électronique Après Quinze Ans d'Existence

Comment un groupe peut-il rester transcendant après quinze ans d'existence, surtout dans le milieu électronique ? La réponse se trouve peut-être dans le nouvel album des darons de The Herbaliser. Chaque sortie du groupe suscite un certain respect chez l'auditeur.

Des influences communes pour le rap old school, puis des samples, puis de l'abstract hip-hop, puis des musiciens, puis des vocalistes, etc. Comme pour passer à autre chose, les londoniens changent de label en passant du glorieux Ninja Tune au non moins prestigieux !K7, et se refont une santé en changeant leur manière de travailler. Effectivement, le noyau passe de deux à cinq personnes. La charismatique vocaliste Jessica Darling (22 ans seulement!) et les collaborateurs de l'Easy Access Orchestra ont largement leur mot à dire dans la composition de Same As It Never Was, plus soulful que jamais. Détail intéressant: Pino Palladino, qui a déjà prêté ses talents de bassiste à De La Soul, Erykah Badu ou The Who, joue sur quatre morceaux.

On est conscient que l'on va passer un bon moment dès la joyeuse ouverture éponyme, bien chargée en cuivres et en scratches. La belle Jessica commence son show sur On Your Knees, une voix incroyablement précoce qui donne un look old school au morceau. Le groupe n'oublie pas ses racines hip-hop: le flow maîtrisé de Yungun représente le rap britannique sur Just Won't Stop et son beat qui roule. L'habituée Jean Grae se fait toujours autant respecter sur Street Karma, et Game Set And Match divulgue le débit supersonique de More Or Les, qui s'élève presque au niveau de Busdriver.

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Deadbeat : Le Dub Minimal Revitalisé

Le label canadien Wagon Repair propose une surprise avec le nouvel album de Deadbeat, qui redonne un sens au dub minimal. Gratifiant avec ses sorties des labels pointus comme Musique Risquée ou ~Scape, le montréalais s'exile à Berlin comme tout le monde, pour préparer ce Roots And Wire écumeux.

Comme pour incarner le come back de Rhythm And Sound, son style l'amène à travailler rationnellement avec le rare Paul Saint Hilaire aka Tikiman, qui est au dub digital ce que Robert Owens est à la house. Ainsi son reggae mystique ouvre le rideau avec la rythmique presque dubstep de Rise Again qui s'apparente aux premiers travaux de Massive Attack avec Horace Andy, puis le referme avec la roots attitude de Babylon Correction, plus proche de Kingston que de Montréal!

Influencé par Basic Channel, Deadbeat est moins sévère avec l'auditeur, lui enfonçant des beats doux mais lourds et des basses profondes comme le grand canyon dans les tympans (Roots And Wire,Sun People (Dub Divisionaire)). Son dub digital est parfois plus proche du dancefloor que du bar: le percussif Grounation invoque les esprits de Plastikman et Fumiya Tanaka et Xberg Ghosts force le danseur à fermer les yeux…

Serge Santiago : L'Italo-Disco Hypnotique

Serge Santiago, ancien compagnon de Matt Edwards (Radio Slave), est connu pour ses remixes hypnotiques pour Tiga, Fischerspooner ou Justin Timberlake, ainsi que pour ses edits de classiques italo pour Kano ou Grace Jones.

A l'origine de ce maxi, deux morceaux de Droids. Le britannique, habitué des scènes d'Ibiza depuis 2006 joue aux Legos avec les deux parties de The Force pour en faire un edit de onze minutes qui possède déjà la qualité notoire de conserver l'attention sur la longueur. Avec un nom aussi italien, les origines de Serge Santiago sont révélées dès la première minute, lorsque cette mélodie italo-disco s'accapare l'espace. Cette nouvelle version de The Force est à ranger entre les productions du suisse Headman pour le punch, la BO de Midnight Express pour le côté épique propre à Moroder et la classe new-wave de New Order!

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John Matthias : L'Expérimentation Musicale Virtuose

Ninja Tune laisse à sa sous-division orientée pop Counter Records, le soin de sortir cet album du virtuose John Matthias. John Matthias est avant tout 'connu' pour avoir collaboré avec l'expérimentateur fou Matthew Herbert. En plus d'être multi-instrumentiste, il n'est pas moins savant puisque membre du centre de recherche sur la musique assistée par ordinateur de l'université de Plymouth, où il a développé 'The Brain', une sorte d'intelligence artificielle avec laquelle il programme des sons de batterie.

Si on se penche un peu sur les acteurs de Stories From The Watercooler, on est surpris de constater que c'est le duo Coldcut qui est à la production, dans un registre qui s'écarte un poil de leur ligne de conduite habituelle. Par dessus les banjos, harmoniums, guitares, clarinettes et autres synthés, John Matthias ne chante pas ses malheurs ni ses déboires amoureux. Il s'agit plutôt de textes anecdotiques portant sur des choses et d'autres comme une histoire de fausse thérapie alternative ou de camps d'internement japonais. Dès Open, la chanson d'introduction, sa voix inébranlable s'accorde sur le charisme du dieu folk John Martyn et sur la fraîcheur de l'artiste maison Fink. Beaucoup de cordes, des machines aussi, comme sur le post country Vipers Nest, la sèche mélancolie de It's Not, la pop enjouée de Blind Lead The Blind, ou la ballade dubby et cuivrée de King Of A Small Town.

Pigeon Funk : Le Funk Avangardiste

Pigeon Funk - The Largest Bird in the History of the Planet… Ever! Soyons clairs, ce pigeon là n’est pas du genre à vous chier sur le pare-brise en se marrant du haut de sa branche pendant que vous faites marcher les essuie-glaces. Par contre, jamais un reportage animalier n’avait spécifié que ce volatile en apparence sans intérêt était aussi funky.

Parti d’un concept en trio, avec la sortie de Proptronix presents: Pigeon Funk! (2004), le groupe revient en tandem sur le label montréalais Musique Risquée. Qui dit Musique Risquée dit Mutek et qui dit Mutek dit Akufen ou Guillaume Coutu-Dumont. Et c’est exactement à ce type de musique avant-gardiste à laquelle il faut s’attendre. Sous ce tas de plumes, ce sont Sutekh et Kit Clayton (qui ont à leur actif des sorties sur Mille Plateaux, Plug Research, ~Scape, Soul Jazz, Leaf, Force Inc,…), pionniers de la scène techno de San Francisco, qui chapeautent ce curieux opus. Mais ont-ils vraiment le droit de s’accaparer de l’appellation contrôlée Funk? Rythmiques complexes, mélodies enjouées, groove imparable… Réponse: oui! Mais d’un genre nouveau.

Le Le : La Kitcherie Française Absurde

Pour ce trio hollandais pour qui la Champagne est une destination utopique, ce ne sont pas "je t'aime", ni "bonjour" ou "rendez-vous" les mots les plus représentatifs de la langue française. Non, c'est "Le", d'où ce pseudo absurde et déjà typique d'une combinaison d'esprits loufoques.

Serge Fabergé (paroles et chant), Pièt Parra (production et design) et Rimer London (production et synthé) se sont rencontrés autour d'une passion commune pour le vin et les chansons de Brigitte Bardot. Sur Breakfast, Le Le chante en anglais, contrairement au prochain album fidèle à leur attirance pour la kitscherie française. Entre Green Velvet et Miss Kittin & The Hacker, l'original fait partie des morceaux qui s'imposent sur un dancefloor comme une invitation au speed-dating. Pour un premier single, Le Le invite déjà pas mal de potes à l'apéro. Les New Yorkais Kill The Noise tournent Breakfast en electro tek, ajoutant des distorsions sur le synthé de base pour en faire un hymne dark. Ignazzio en fait une house plus smooth et tribale, mais la meilleure version est celle de Seymour Bits, où cette mélodie génétiquement modifiée, intelligente et joyeusement funky semble surgir d'une game boy. Le remix d'Aardvarck n'a pas énormément d'intérêt, sauf peut être en DJ Tools avec sa ligne basse pesante et la mise en avant de la partie vocale. Staygold en fait une version carrément happy hardcore ou booty techno, réservée aux avertis.

Various Artists - We Love Afrobeat! : L'Afrobeat à l'Honneur

Demander à Comet Records d'assembler une bonne compilation afrobeat, c'est presque comme interroger Bernard Pivot sur une dictée de CM2. Plus qu'un métier, c'est une passion pour ce label référence en la matière fondé en 1998 par Eric Trosset.

Depuis que l'immense Fela (& fils) et ce fantastique batteur qu'est Tony Allen ont créé le mouvement, celui-ci se répand largement hors du continent africain, de France aux Etats-Unis, d'Israël au Canada, allant même jusqu'à toucher des pays où un éléphant n'oserait même pas y poser sa trompe comme la Suède. Comet Records est surtout connu pour l'album culte de Tony Allen, Black Voices, de son projet Psyco On Da Bus avec le bricoleur Doctor L. , ou pour ses rééditions de classiques des années 70. Ceux qui pensent que la vraie musique black, c'est Magic System, je vous invite vivement à vous mettre ces treize morceaux entre les oreilles, ne serait-ce que pour votre culture. Ici, la technologie rejoint la tradition, les machines répondent aux djembés et il est surprenant de voir que ce son si roots qui commence à avoir de longues racines se mélange si aisément à d'autres styles.

Phospho : Le Rock Énergique Niortais

Faire du rock aujourd'hui relève un peu du défi tant le créneau est saturé par des groupes plus ou moins originaux qui monopolisent la scène. La Baleine entend bien prendre les paris en produisant cet album qui contient quelques arguments irréfutables.

D'abord trio, les niortais de Phospho ont du recruter et s'élargir au stade de sextet pour répondre à ses ambitions: sortir du lot avec le schéma classique basse, guitare, drums, claviers. Bonne nouvelle, il n'y a aucune raison apparente pour qu'un morceau énergique comme Tonight ne cartonne pas autant qu'un tube de Franz Ferdinand! Le mastering d'Alan Douches, qui s'est déjà occupé de !!! (Chk Chk Chk) ou LCD Soundsystem n'est sûrement pas innocent: Nervous développe tranquillement une mélodie bien prononcée qui reste en bouche en laissant exploser une voix inspirée façon Bloc Party. Sans être transcendant à tous les coups, Phospho assure juste ce qu'il faut pour être efficace: She attaque les enceintes sans introduction pompeuse, les guitares de Now! Now! Now! Now! Horse, sommet de l'album, illustre le courant dit punk-funk grâce à un riff de guitare qui ne vous lâchera pas d'une semelle et un David Besson qui sue des gouttes derrière son micro. Et comme on peut le lire dans le livret : Come and say hello – or **** off – to Phospho on www.myspace.com/phospho ; vous faites comme vous voulez mais ça serait ingrat de les envoyer se faire voir après vous être passé ces dix titres de qualité.

Pivot : Le Post-Punk Avant-Gardiste

On se demande vraiment où Warp Records va les chercher. Toujours en quête de sensations inédites, le label met la main sur un groupe qui a le culot d'affronter le rock sur un ring où tous les coups sont permis.

En 2005, le quintet Pivot sort un premier album, Make Me Love you, avant de se séparer. La bande survit grâce aux frères Pike qui s'entourent d'un petit nouveau, l'homme-machine Dave Miller. Il y a deux ans, ils démarrent alors le processus hasardeux d'enregistrement d'album à distance, Laurence Pike et Richard Pike étant australiens, l'autre résidant en Angleterre… Le résultat tombe cette année et le trio peut dire merci à la toile pour avoir assuré le transit de ces données post punk avant-gardistes! Dès l'introduction, on peut anticiper le même constat que l'on a fait sur des œuvres de Squarepusher, Tortoise ou Autechre en qualifiant October de beauté grinçante. Gros beat et synthés spatiaux, l'excellent In The Blood ressemble à une bande-son pour shoot'em up de l'espace. Oui, la musique de Pivot dérange, et la première écoute servira d'étalonnage pour apprécier confortablement les suivantes. Le morceau éponyme O Soundtrack My Heart évolue tout en progression et grandit comme une plante verte sous la pluie. L'electronica tient une place de choix sur certains tracks, comme Fool In Rain qui rend nostalgiques de Tangerine Dream et Vangelis, ou les choeurs idylliques de Sing, You Sinners à la mélodie planante et carrément psychédélique.

L'Influence de Mounir Fatmi : Une Perspective Artistique Façonnée par l'Expérience

Pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de l'inspiration, il est enrichissant d'explorer l'œuvre de Mounir Fatmi, un artiste dont le parcours personnel et les expériences ont profondément influencé sa vision artistique.

Né en 1970 à Tanger, au Maroc, Mounir Fatmi a grandi dans une ville portuaire animée, ouverte sur l'Europe et l'Amérique. Cette ville, riche d'un passé marqué par les influences berbères, phéniciennes, romaines et arabo-musulmanes, a connu au XXe siècle une période faste avec l'arrivée d'artistes et d'écrivains étrangers, tels que Henri Matisse, Francis Bacon et William Burroughs.

Fatmi a passé son enfance dans le quartier de Casabarata, un lieu populaire où sa mère vendait des vêtements pour enfants. Ce marché aux puces, qu'il décrit comme un "cimetière" de produits et d'images, a été pour lui une véritable école du regard. C'est là qu'il a appris à observer, à écouter et à s'imprégner de son environnement.

Les objets qui l'entouraient dans son enfance, tels que la photographie du roi Mohammed V, le verset coranique calligraphié et le Coran lui-même, ont également joué un rôle important dans la construction de son identité et de sa vision du monde.

L'expérience de Fatmi au marché aux puces de Casabarata a été déterminante dans son approche artistique. Il y a découvert une reproduction bon marché de La Joconde, "à l'envers et rognée par un mouton", une image à la fois violente et humoristique qui l'a marqué. Cette scène, ainsi que son rapport à la copie et à la fragilité, sont des thèmes récurrents dans son travail.

La découverte de la Beat Generation, et notamment de l'œuvre de Paul Bowles, a également eu un impact important sur sa vie et son travail. Il admire l'œuvre de Bowles, dont le style d'écriture postmoderne s'accorde avec la théorie de la déconstruction de Jacques Derrida, ainsi que celle de Brion Gysin, Burroughs, Ginsberg et Kerouac - « ces personnes qui ont changé la vie de beaucoup de gens, non seulement en Europe mais aussi ici au Maroc ».

Après avoir étudié à l'Ecole des beaux-arts de Casablanca et à l'Académie des beaux-arts de Rome, Fatmi a travaillé dans une agence de publicité, où il a été témoin de l'impact des images sur le public. Cette expérience l'a conduit à développer une pratique artistique qui confronte l'Orient et l'Occident, le sacré et le profane, la culture intellectuelle et populaire.

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