Introduction

L'organisation des soins doit impérativement prendre en compte les spécificités de la prise en charge des enfants et des adolescents. Cette prise en charge doit être structurée de manière à répondre au mieux aux principaux enjeux de santé publique de ces classes d'âge, ainsi qu'aux défis posés par la coordination des différents acteurs impliqués et les difficultés démographiques, notamment en pédiatrie et en pédopsychiatrie.

La population considérée s'étend jusqu'à 18 ans, l'âge légal de la majorité étant une référence généralement admise. Toutefois, des organisations locales et concertées peuvent être mises en place pour tenir compte de situations particulières.

Cadre Législatif et Références

La circulaire DHOS/O1/DGS/DGAS n° 2004-517 du 28 octobre 2004 relative à l'élaboration des SROS de l'enfant et de l'adolescent, basée sur la loi n° 89-484 du 10 juillet 1989 relative à la prévention des mauvais traitements à l'égard des mineurs et à la protection de l'enfance et la loi du 17 juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs, définit les principes de l'organisation graduée et coordonnée de la prise en charge des enfants et adolescents. Cette circulaire s'appuie également sur divers décrets et arrêtés, notamment ceux relatifs aux établissements de santé pratiquant l'obstétrique, la néonatologie ou la réanimation néonatale, ainsi que sur les circulaires concernant l'hospitalisation des enfants, l'amélioration des conditions d'hospitalisation des adolescents, et les orientations de la politique de santé mentale en faveur des enfants et adolescents.

Principes Fondamentaux de la Prise en Charge

Les enfants et adolescents ont vocation à être pris en charge, chaque fois que possible, par un médecin spécialiste de l'enfant et du personnel paramédical ayant l'expérience et le savoir-faire nécessaires pour l'accueil et la prise en charge des enfants. Les enfants et adolescents, leurs parents et leur fratrie sont considérés comme des acteurs et partenaires à part entière de la prise en charge. Le SROS doit structurer la prise en charge des enfants et adolescents, organiser la coordination des acteurs et la réponse aux enjeux majeurs de santé publique des enfants et adolescents, en lien avec les programmes régionaux de santé. Cela implique également de rechercher la collaboration active de l'URCAM pour tout ce qui concerne les soins de ville.

Organisation Graduée et Coordonnée des Soins

Le SROS structure la prise en charge des enfants et adolescents en trois niveaux :

Lire aussi: Journal Officiel Interne Pédiatrie

Prise en charge de proximité

Elle doit articuler au mieux les acteurs ambulatoires et hospitaliers. Elle mobilise l'action coordonnée des différents professionnels et structures de santé que sont les pédiatres libéraux et hospitaliers, les médecins généralistes, les cabinets de surspécialités, les pédopsychiatres, les psychologues, les orthophonistes, les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les pharmaciens, les psychomotriciens, les éducateurs, les établissements de santé et les structures médico-sociales, les équipes de PMI et de santé scolaire. Elle doit donner toute leur place aux pédiatres libéraux et aux généralistes, notamment lorsqu'ils sont inscrits dans un réseau, ainsi qu'aux équipes de PMI et de santé scolaire, afin d'assurer le suivi du développement de l'enfant, les actions de dépistage, de prévention et d'éducation à la santé. Les pédiatres libéraux ont tout particulièrement vocation à assurer le suivi ambulatoire des malades chroniques, des grands prématurés et des enfants et adolescents handicapés. Leur investissement également indispensable dans la périnatalité et aux urgences pédiatriques hospitalières doit être reconnu et soutenu, en facilitant notamment leurs conditions d'exercice.

Pédiatrie générale hospitalière

La pédiatrie générale hospitalière a une fonction de recours pour la prise en charge de proximité de l'enfant et de l'adolescent. Elle est impliquée dans la prise en charge de l'enfant et de l'adolescent hospitalisé dans un établissement accueillant adultes et enfants. Le SROS établit des recommandations afin que :

  • les missions de la pédiatrie générale et de la pédopsychiatrie soient identifiées et leurs nécessaires articulations formalisées ;
  • les équipes de pédiatrie comportent les compétences spécifiques de psychologues, d'assistantes sociales, d'éducateurs, de puéricultrices… ;
  • les services de pédiatrie générale puissent s'appuyer sur un plateau technique permettant de réaliser chez l'enfant examens d'imagerie, fibroscopies digestives et bronchiques, Phmétries, EEG, épreuves fonctionnelles respiratoires et sachant s'adapter à la prise en charge des enfants et adolescents, que ce soit en termes de compétences, d'organisation, éventuellement d'équipement ;
  • le relais de la prise en charge des adolescents passant à l'âge adulte soit organisé, sous forme par exemple de consultations communes de transition entre pédiatres et médecins d'adultes ;
  • l'aval des urgences hospitalières soit organisé conformément aux principes de la circulaire DHOS n° 195 du 16 avril 2003 relative à la prise en charge des urgences et à la circulaire DHOS n° 238 du 20 mai 2003 relative aux urgences pédiatriques : l'établissement comportant au moins un service de pédiatrie générale doit prévoir l'adaptation des capacités en lits et ressources à la fluctuation saisonnière de l'activité pédiatrique.

Prise en charge spécialisée

Elle s'articule avec la prise en charge de proximité et la pédiatrie générale hospitalière. Elle correspond à un niveau d'expertise et de recours, associé à des missions particulières que sont l'élaboration de protocoles de prise en charge et de leurs modalités d'évaluation, le transfert de compétences et la formation auprès des acteurs hospitaliers (médecins en formation, médecins d'adultes amenés à prendre en charge des enfants dans le cadre de coopérations locales définies, personnels paramédicaux…) et ambulatoires, l'animation des réseaux constitués autour de l'une ou de plusieurs pathologies. Les CHU ont également une responsabilité particulière dans le pilotage de la recherche, de l'innovation thérapeutique et du transfert de technologie, en collaboration étroite avec les établissements de santé concernés. Le SROS identifie les centres de prise en charge spécialisée, compte tenu de leurs missions, de leurs compétences respectives, des plateaux techniques et des files actives. Ces centres de prise en charge peuvent être en CHU ou en établissements de santé non universitaires, publics ou privés. L'organisation de la prise en charge des pathologies chroniques doit faire l'objet d'une structuration en réseau de façon prioritaire. Cette structuration concerne en particulier l'asthme, l'épilepsie, l'obésité et le diabète, selon une importance qui peut varier en fonction des territoires et du besoin de santé identifiés au plan régional. Elle doit prendre en compte les établissements de soins de suite et de réadaptation qui développent une activité de soins pédiatriques. L'éducation thérapeutique du patient constitue une priorité de santé publique et doit être soutenue. Le SROS doit soutenir le développement de l'activité d'éducation thérapeutique de groupe, au sein des établissements de santé, pour les patients suivis en milieu hospitalier et en médecine libérale, ainsi que les consultations et hôpitaux de jour d'éducation thérapeutique. L'organisation définie par le SROS prend en compte les prises en charge d'éducation thérapeutique organisées par la médecine libérale et s'articule avec elles.

Pédopsychiatrie

L'offre de soins spécialisée en psychiatrie infanto-juvénile s'organise sur la base de principes généraux fondant la politique de secteur que sont l'accessibilité, la continuité, la qualité des soins, le soutien et l'implication des familles. Il s'agit non plus d'appréhender l'organisation de la pédopsychiatrie en terme de structures, mais de concevoir des modalités de prise en charge centrées sur les enfants et les adolescents, tenant compte de leur environnement et de la diversité des troubles et pathologies rencontrés dans le champ de la santé mentale. L'offre de soins psychiatriques doit proposer une réponse graduée, diversifiée et coordonnée assurant une réelle prise en charge de proximité. Dans le cadre des territoires de santé, il convient d'organiser prioritairement, au regard des besoins localement identifiés, les réponses suivantes :

  • la réponse aux besoins des enfants et adolescents en matière de soins programmés de courte ou de longue durée en pédopsychiatrie ;
  • la réponse aux besoins des enfants et adolescents en situation de crise et d'urgence (tentatives de suicide notamment) et à ceux de leur famille, que ce soit à l'hôpital général ou dans la communauté ;
  • la réponse aux besoins des enfants et adolescents nécessitant une intervention coordonnée de la pédopsychiatrie et de la psychiatrie générale (en périnatalité, en pédiatrie, pour la prise en charge des adolescents ou pour la gestion du passage à l'âge adulte des jeunes suivis en pédopsychiatrie,…) ;
  • la réponse aux besoins de…

Missions et Compétences du Pédiatre

Le pédiatre est un médecin spécialisé dans la santé des enfants, de la naissance à la fin de l'adolescence. Il assure le suivi du développement, le traitement des pathologies infantiles et joue un rôle préventif essentiel. Le pédiatre intervient à chaque instant de la vie de l’enfant, de sa naissance à la post-puberté. Considéré par Pôle emploi comme un médecin généraliste et spécialisé, il obtient le code ROME J1102, et peut être nommé médecin pour enfants.

Lire aussi: Internat en pédiatrie à Caen : Missions et rôle

Missions Préventives

Le pédiatre a une mission préventive. Il rassure les parents de l’enfant, leur préconise des conseils sur l’hygiène, l’alimentation, les risques domestiques, l’éducation à apporter. Il dépiste et traite les pathologies infantiles (oreillons, varicelle, etc.), effectue les vaccins obligatoires et décèle les problèmes psychologiques et comportementaux de l’enfant. Enfin, lors d’incidents graves, il suit la réhabilitation/rééducation de l’enfant (diabète infantile…).

Compétences Variées

Le pédiatre possède un champ de compétences larges : la néonatologie, le suivi du développement psychomoteur et physiologique de l’enfant, la surveillance des pathologies courantes ou rares de l’enfant. Ses compétences lui permettent d’exercer les différentes missions qui lui incombent.

Qualités Essentielles

Pour devenir pédiatre, il faut posséder des qualités essentielles comme l'empathie, la patience et la capacité à communiquer efficacement avec les enfants et leurs parents. Hormis la maîtrise parfaite de ses divers champs de compétences, le médecin pédiatre doit posséder nombre de qualités humaines. Il doit être prévenant, attentif, patient et avoir un sens aigu du dialogue. Il doit gagner la confiance de l’enfant, le comprendre et le rassurer, tout comme il doit gagner la confiance des parents, les conseiller au mieux et leur expliquer de manière pédagogique certaines choses qui peuvent être parfois très techniques.

Formation et Parcours Professionnel

Un diplôme de médecine, spécialisation en pédiatrie, est indispensable pour exercer cette profession médicale. Onze années d’études sont nécessaires pour devenir pédiatre :

  • Après un bac à dominante scientifique, et son acceptation dans une faculté de médecine, le futur pédiatre suit les deux premiers cycles communs d’études médicales, à savoir le PCEM (2 ans), et le DCEM (4 ans, externat).
  • À l’issue de ces 6 années d’études médicales, le futur pédiatre passe des épreuves classantes nationales et, si ses résultats le permettent, se spécialise en pédiatrie lors d’un troisième cycle de 5 ans, l’internat.

Avec la réforme des études de santé mise en place depuis 2020 et la suppression de la PACES, vous devez vous inscrire sur Parcoursup et opter pour une licence option Accès Santé (L.AS) ou une licence Parcours Accès Spécifique Santé (PASS). La sélection des étudiants se fait désormais sur dossier et sur épreuves orales. Puis suivront cinq années généralistes. À la fin de la sixième année, vous devrez choisir votre spécialisation en fonction de votre rang de classement au concours d’internat (où les épreuves dématérialisées nationales comptent pour 60 % de la note). Pour la session 2025/2026, il y a 386 places en pédiatrie, auxquels s’ajoutent 3 postes réservés aux étudiants ayant signé un CESP, contrat d’engagement de service public. Une fois votre thèse soutenue après 4 années en internat, vous obtenez le DE de docteur en médecine, assorti du DES Pédiatrie.

Lire aussi: Comprendre l'autisme infantile

Diplôme d'Études Spécialisées de Pédiatrie (DES)

Le Diplôme d'Études Spécialisées (DES) de pédiatrie est structuré en trois phases :

Phase Socle (2 semestres)

  • Objectifs : Acquérir les connaissances de base en pédiatrie, notamment le développement staturo-pondéral et psychomoteur normal de l'enfant, les particularités pharmacologiques, et les intérêts et limites des principaux examens complémentaires.
  • Stages : Deux stages dans un lieu agréé à titre principal en pédiatrie, de préférence en pédiatrie générale, en urgences pédiatriques, ou en néonatologie.

Phase d'Approfondissement (6 semestres)

  • Objectifs : Approfondir les connaissances spécifiques en pédiatrie, notamment les principes de la prévention du risque infectieux, les principales pathologies néonatales et spécifiques d'organe, et les principes de prise en charge d'un enfant en situation de handicap.
  • Enseignements : Enseignements présentiels, e-learning, séances de simulation, et participation à des réunions scientifiques.

Options du DES

Le DES de pédiatrie offre des options telles que :

  • Néonatologie
  • Neuropédiatrie
  • Pneumopédiatrie
  • Réanimation pédiatrique

Formations Spécialisées Transversales (FST)

Les étudiants peuvent également candidater à une formation spécialisée transversale (FST) dans des domaines tels que :

  • Cardiologie pédiatrique et congénitale
  • Cancérologie
  • Douleur
  • Maladies allergiques
  • Médecine du sport
  • Médecine scolaire
  • Nutrition appliquée
  • Pharmacologie médicale/thérapeutique
  • Médecine palliative
  • Sommeil
  • Urgences pédiatriques

Environnement de Travail

De nombreux pédiatres travaillent dans des hôpitaux (54 %) et des cliniques spécialisées en pédiatrie ou néonatalogie, où ils fournissent des soins aux enfants hospitalisés et en consultation externe. Un pédiatre peut exercer en libéral dans des cabinets (seul ou en association), dans des maternités privées, une PMI, ou en hôpital au sein des services d’urgences pédiatriques ou de néonatologie. Il peut aussi rejoindre un laboratoire de recherche.

Rémunération

Le salaire d’un pédiatre se compose souvent du montant des honoraires qu’il aura encaissés. Ce type de professionnel de la santé des enfants gagne en moyenne entre 3 000 et 7000 euros bruts par mois. Lorsqu’il débute sa carrière, le pédiatre sera souvent payé plus de 2 500 euros bruts par mois. S’il exerce comme employé, son salaire pourra être plus attractif. Il touchera généralement un minimum d’environ 30 000 euros bruts par an lorsqu’il s’installe à son compte. Il faudra éventuellement quelques mois avant de se constituer une patientèle lui permettant de percevoir une rémunération plus élevée. Un pédiatre expérimenté, installé depuis de nombreuses années, peut percevoir un salaire de plus de 6 000 euros bruts par mois. Pour certains pédiatres disposant d’une spécialité, il est possible d’atteindre un salaire proche des 10 000 euros bruts par mois. Cela correspond à une rémunération brute annuelle de 120 000 euros, pour un salaire net mensuel de près de 8 000 euros.

Gestion des Risques et Médiation Médicale

Si le risque médico-juridique en pédiatrie est faible, il n’est pas non plus inexistant. La qualité et la traçabilité des décisions médicales et des informations sont des données médico-légales essentielles et qui sont utilisées comme telles à l’occasion d’une expertise consécutive à une plainte. Le rôle du médiateur médical au sein d’une communauté hospitalière n’est pas en premier lieu de prévenir un engrenage juridique mais se situe le plus souvent comme un exercice qui exige neutralité, écoute, analyse et accompagnement. Autant de qualités qui permettent d’établir la confiance par une communication éthique responsable même si non décisionnelle. Une médiation réussie n’est pas la seule approche de la résolution d’un conflit.

tags: #interne #pediatrie #missions #responsabilités

Articles populaires: