L'insémination intra-utérine (IIU) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui consiste à introduire directement le sperme dans l'utérus d'une femme. Cette procédure est souvent envisagée lorsque des problèmes de fertilité sont identifiés chez l'homme ou lorsque d'autres méthodes de conception n'ont pas abouti. Cet article explore en détail la définition de l'IIU, ses techniques, ses alternatives et les perspectives religieuses associées, en particulier dans le contexte de l'islam.

Définition et Techniques de l'Insémination Intra-Utérine

L'insémination artificielle intra-utérine (IAC) est une technique qui consiste à injecter des spermatozoïdes sélectionnés pour leur qualité et leur mobilité directement dans l’utérus de l’épouse le jour de l’ovulation, après que celle-ci a reçu un traitement hormonal. Cette méthode est utilisée pour augmenter les chances de fécondation en rapprochant les spermatozoïdes de l'ovule.

Alternatives à l'IIU

Lorsque l'IIU n'est pas suffisante, d'autres techniques de PMA peuvent être envisagées :

  • Fécondation In Vitro (FIV) : Cette technique consiste à mettre en contact in vitro le sperme de l’homme avec les ovocytes de l’épouse qui ont été prélevés après qu’elle a subi une stimulation ovarienne. En général, deux à trois embryons sont transférés dans l’utérus de la femme et le reste des embryons est conservé par cryoconservation.
  • ICSI (Injection Intra-Cytoplasmique de Spermatozoïde) : Cette technique consiste à injecter directement à l’aide d’une pipette un seul spermatozoïde sélectionné pour sa qualité et sa mobilité dans le cytoplasme d’un des ovocytes de l’épouse qui a préalablement subi une stimulation et une ponction ovariennes.

Le choix de la technique dépend du degré de sévérité de l’oligo-asthéno-térato-spermie, une condition masculine caractérisée par un nombre insuffisant de spermatozoïdes, une mobilité réduite et des anomalies morphologiques.

Oligo-Asthéno-Tératospermie (OATS)

L’oligo-asthéno-tératospermie (ou OATS) désigne un ensemble d’anomalies détectées lors de l’analyse du sperme de l’homme. Classiquement, l’OATS sévère est associée à une concentration inférieure à 1 million par millilitre avec des anomalies significatives de la mobilité et de la morphologie des spermatozoïdes.

Lire aussi: Chances de succès de l'insémination

Diagnostic et symptômes

Il n’y a pas de symptôme spécifique de l’OATS. L’absence de grossesse après une période prolongée (en général 1 an) de rapports sexuels réguliers et sans contraception doit faire suspecter des anomalies du spermogramme et nécessite un bilan uro-andrologique avec prescription d’examens complémentaires. Le spermogramme est l’examen qui permet d’analyser le sperme de l’homme. Il mesure le nombre de spermatozoïdes, leur mobilité et leurs éventuelles anomalies morphologiques.

Spécialistes de l'OATS

L’andrologue est le spécialiste de l’appareil génital masculin. C’est donc lui qui prend en charge toutes les maladies liées à l’infertilité masculine et en particulier l’OATS. En cas de décision d’une assistance médicale à la procréation, un(e) gynécologue spécialisé(e) en fertilité et un(e) biologiste seront des acteurs complémentaires de la prise en charge.

Traitement de l'OATS

Le choix du traitement dépend en grande partie de la cause de la maladie. Si le traitement de première instance n’apporte pas les résultats escomptés, une procréation médicalement assistée (PMA) peut être envisagée.

Perspectives Religieuses sur l'Insémination Artificielle

Les techniques de procréation médicalement assistées ont rapidement été adoptées par de nombreux pays musulmans. La rapidité avec laquelle les autorités religieuses de ces pays ont accepté ces nouvelles techniques témoigne que le fait de dissocier la procréation de la sexualité n’est pas en soi un problème en islam dans la mesure où la sexualité, comme dans le judaïsme, peut avoir une finalité non procréative mais hédoniste.

Position Sunnite

La position sunnite à l’égard des procréations médicalement assistées, exprimée entre autres par l’université d’al-Azhar au Caire, consiste à autoriser toute technique procréative réalisée dans un cadre intraconjugal, mais à interdire l’utilisation de gamètes d’une personne étrangère au couple.

Lire aussi: Insémination artificielle : Procédure et indications

La Masturbation et le Recueil de Sperme

Les procréations médicales intraconjugales ne posent pas de problème majeur en islam, sauf à cette étape du recueil de sperme qui fait appel à la masturbation. Quoique ne requérant aucune technique sophistiquée, la pratique de la masturbation peut se révéler psychologiquement compliquée pour l’homme qui s’y adonne, du fait qu’elle est directement associée à un plaisir sexuel interdit.

À Paris, où des recherches ont été menées, certains musulmans demandent à entrer dans la cabine avec leur épouse au moment du prélèvement pour ne pas avoir à se masturber par eux-mêmes. La plupart des juristes musulmans admettent en effet la masturbation si elle n’est pas solitaire, mais effectuée par la femme dans un cadre conjugal.

Si cette solution conjugale au recueil de sperme n’est pas possible, alors certains juristes musulmans admettent que l’homme se masturbe lui-même pour recueillir son sperme dans la mesure où il le fait non pour le plaisir, mais pour avoir un enfant.

Cryoconservation des Embryons

Concernant la question de la cryoconservation des embryons qui survient à la suite d’une FIV ou d’une ICSI, le couple ayant le plus souvent produit des embryons dits « surnuméraires » relativement au nombre de ceux qui peuvent être réimplantés dans le corps de la femme, en général deux à trois, l’islam n’interdit pas leur conservation. Il ne prohibe pas non plus leur destruction s’ils ne correspondent plus au projet parental du couple, ou si leur mariage a été dissous.

Comparaison avec le Judaïsme et le Catholicisme

L’intérêt des musulmans pour ces techniques de procréation s’explique par le fait qu’elles représentent un moyen de pallier le problème majeur que constitue la stérilité. Dans les sociétés musulmanes où la généalogie est très importante, il est crucial d’avoir une descendance, et en particulier des garçons, pour perpétuer la lignée patrilinéaire et faire revivre la chaîne généalogique de ses ascendants.

Lire aussi: IIU et Stimulation à l'Œstradiol

Contrairement au catholicisme romain, qui lie de façon très étroite la sexualité à la procréation et interdit toute forme de procréation médicalement assistée, l’islam et le judaïsme peuvent avoir une finalité non procréative mais hédoniste.

Dans le judaïsme, ces techniques sont vues comme un moyen de respecter le commandement de la Genèse (I, 28).

Autres Techniques de Reproduction Assistée

Outre l'IIU, la FIV et l'ICSI, d'autres techniques de reproduction assistée sont utilisées, notamment le transfert d'embryon chez les équins, une pratique qui illustre la diversité des approches en matière de reproduction assistée.

Transfert d'embryon chez les équins

Le transfert d'embryon est une technique de reproduction qui consiste à transférer un embryon d’une jument dite « donneuse », mère génétique, dans l’utérus d’une jument dite « receveuse » ou « porteuse » qui assurera la gestation, la mise-bas et l’élevage du poulain jusqu’au sevrage.

Historique

Les premiers transferts d'embryons équins ont été réalisés au Japon, en 1972, par Oguri et Tsutsumi. Depuis 1997, dans la plupart des races de chevaux et poneys de selle, le nombre de produits par donneuse à naître par an n'est plus limité.

Procédure

Pour pouvoir pratiquer le transfert d'embryon, il faut être titulaire de la licence de chef de centre d'insémination artificielle équine. La technique se pratique par une équipe de collecte agréée, sous la responsabilité d'un chef de centre et d'un vétérinaire.

  1. Suivi gynécologique et insémination de la jument donneuse : La chaleur de la donneuse est suivie de très près à l'échographie pour savoir à quel moment il faut inséminer, et surtout à quel moment précis la jument ovule. La collecte est généralement réalisée entre 7 et 8,5 jours après l'ovulation.

  2. Choix de la jument receveuse : Le choix de la jument receveuse est important pour augmenter le taux de réussite du transfert d'embryon. Il faudra choisir soit une jument dont la fertilité est connue, possédant de bonnes qualités maternelles, soit une jeune maiden (jument qui n’a jamais été saillie) d’un gabarit au moins équivalent à celui de la jument donneuse, pour un meilleur développement du poulain.

  3. Synchronisation de la (des) receveuse(s) avec la donneuse : La (les) jument(s) receveuse(s) doi(ven)t être synchrone(s) avec la donneuse, c’est-à-dire qu’elle(s) doi(ven)t ovuler dans la même période que la donneuse.

  4. Collecte de l'embryon : Après avoir introduit une sonde dans l’utérus de la jument, 3 à 4 siphonages successifs sont ainsi effectués avec un milieu tampon. L'utérus est ensuite massé afin de répartir le liquide jusque dans les cornes utérines. Le liquide est alors récupéré, puis filtré soit directement derrière la jument soit au laboratoire. Vient enfin l’étape de recherche de l’éventuel embryon, effectuée sous une loupe binoculaire, dans les milieux récupérés et filtrés.

  5. Transfert de l'embryon : Le transfert de l’embryon dans la receveuse est l’étape la plus délicate et qui demande le plus d'expérience. Il existe deux techniques possibles :

    • Le transfert cervical : L’embryon est déposé dans l’utérus de la receveuse en passant par le col de l’utérus. Conditionné dans une paillette, l’embryon est transféré avec un pistolet spécial. Il s’agit actuellement de la technique la plus utilisée sur le terrain.
    • Le transfert chirurgical : L’embryon est injecté directement dans la corne utérine après incision du flanc de la receveuse et extériorisation d’une corne utérine. Des traitements post-opératoires de la receveuse sont nécessaires.
  6. Réfrigération de l'embryon : Il est possible de procéder à une réfrigération de l’embryon, ce qui permet de le transporter. L'embryon doit cependant être transféré dans l'utérus de la receveuse dans les 24 heures maximum.

Limites

Les principales limites sont d’ordre financier et technique :

  • Le suivi gynécologique de la donneuse et de la (des) receveuse(s) est lourd et doit être très précis (synchronisation…).
  • La technique requiert du personnel qualifié et expérimenté.
  • La technique nécessite des équipements adéquats et du matériel de laboratoire sophistiqué.

En raison de son coût élevé, cette technique s'adresse essentiellement à des reproducteurs de haute valeur génétique.

Contraception Chirurgicale : Une Alternative Définitive

Parallèlement aux techniques de procréation assistée, il existe des méthodes de contraception chirurgicale, comme la ligature des trompes, qui offrent une solution permanente pour les femmes ne souhaitant plus avoir d'enfants.

La Ligature des Trompes

La ligature des trompes est une méthode contraceptive chirurgicale. Jusqu’à récemment, une autre méthode hystéroscopique était utilisée, consistant à placer un ressort dans chaque tube (Essure).

Avantages

Le principal avantage de la ligature des trompes est sa grande efficacité : la fiabilité de la technique offre un taux de réussite allant jusqu’à 99,5%, en augmentation après la première année. Un autre avantage, non moins important, est la relative simplicité de l’intervention, qui permet à la patiente de rentrer chez elle par la suite sans avoir à rester à l’hôpital plus de quelques heures. La procédure n’affecte pas la fonction ovarienne ou utérine, par conséquent, le cycle menstruel est maintenu et la période continue.

Réversibilité

Sa réversibilité est complexe et pas toujours efficace. Cela dépend de la technique qui a été utilisée pour l’occlusion et du temps qui s’est écoulé depuis la chirurgie. Cela implique que cela ne pourrait pas être fait dans tous les cas, et en supposant également que cela soit fait, la probabilité de concevoir à nouveau naturellement est très faible. Ainsi, lorsque vous souhaitez redevenir mère, le plus conseillé est de recourir à la fécondation in vitro.

Efficacité et Alternatives

Comme le reste des méthodes contraceptives existantes, son efficacité n’est pas de 100%. Il est considéré comme une méthode très fiable, mais pas infaillible. La plupart des études récentes rapportent un taux d’échec inférieur à 1%. Bien que cela soit très rare, il peut arriver que les extrémités des trompes se rejoignent et conduisent à une grossesse non désirée. Il existe de multiples méthodes contraceptives alternatives, certaines d’entre elles sont des méthodes très efficaces comme le DIU (dispositif intra-utérin) ou l’implant hormonal sous-cutané placé dans le bras, qui sont durables et peuvent être retirés facilement.

tags: #insémination #intra-utérine #en #arabe #définition

Articles populaires: