L'infiltration de cortisone est une procédure médicale courante utilisée pour réduire l'inflammation et soulager la douleur dans diverses conditions. Cependant, comme toute intervention médicale, elle peut entraîner des effets secondaires, notamment des perturbations du cycle menstruel. Cet article explore en détail la relation entre l'infiltration de cortisone et les menstruations, en abordant les mécanismes possibles, les risques potentiels et les alternatives thérapeutiques.
Introduction
L'infiltration de cortisone est une technique qui consiste à injecter un corticostéroïde directement dans une zone inflammée ou douloureuse. Les corticostéroïdes sont des médicaments synthétiques qui imitent l'action du cortisol, une hormone produite naturellement par les glandes surrénales. Ils agissent en réduisant l'inflammation et en supprimant la réponse immunitaire. Cette procédure est souvent utilisée pour traiter des affections telles que l'arthrite, la tendinite, la bursite et les douleurs lombaires.
Il est crucial de comprendre que les informations contenues dans cet article ne remplacent pas un avis médical professionnel. Si vous avez des préoccupations spécifiques concernant votre santé ou vos traitements, consultez un médecin ou un autre professionnel de la santé qualifié.
Effets de la Cortisone sur le Cycle Menstruel
Les corticostéroïdes peuvent influencer le cycle menstruel en affectant les niveaux d'hormones impliquées dans la régulation des règles. Les troubles des règles après infiltrations semblent liés à une baisse passagère des taux d’œstradiol, sans modification des taux de FSH et LH. Les hormones FSH (hormone folliculo-stimulante) et LH (hormone lutéinisante) jouent un rôle clé dans le cycle menstruel.
Une patiente a témoigné avoir eu une infiltration à la cortisone dans le dos et a constaté un retard de règles de 10 jours suivi d'une autre période rapprochée. Elle s'interrogeait sur le lien possible avec l'infiltration. Cette expérience souligne la nécessité d'informer les patientes sur les effets secondaires potentiels de la cortisone sur le cycle menstruel.
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Risques et Effets Secondaires des Infiltrations de Cortisone
Bien que les infiltrations de cortisone soient généralement considérées comme sûres, elles ne sont pas sans risques. Les effets secondaires peuvent varier en fonction de la dose, de la fréquence des injections et de la sensibilité individuelle.
Effets Secondaires Locaux
- Douleur au site d'injection : Une douleur temporaire peut survenir immédiatement après l'injection.
- Infection : Bien que rare, une infection peut se développer au site d'injection.
- Atrophie cutanée : Des injections répétées peuvent entraîner un amincissement de la peau.
- Décoloration de la peau : Des changements de pigmentation peuvent survenir au site d'injection.
- Calcifications : Des calcifications des disques coccygiens ont été rapportées après infiltration pour coccygodynies.
Effets Secondaires Systémiques
- Troubles menstruels : Comme mentionné précédemment, la cortisone peut perturber le cycle menstruel.
- Augmentation de la glycémie : Les corticostéroïdes peuvent augmenter le taux de sucre dans le sang, ce qui est particulièrement préoccupant pour les personnes atteintes de diabète.
- Rétention d'eau : La cortisone peut entraîner une rétention d'eau, provoquant un gonflement des jambes et des chevilles.
- Hypertension artérielle : Une augmentation de la pression artérielle peut survenir.
- Troubles du sommeil : Les corticostéroïdes peuvent perturber le sommeil, provoquant de l'insomnie. Dans les états inflammatoires aigus, qui justifient un traitement corticoïde sur quelques jours, il est conseillé de prendre les comprimés le matin. Pourquoi cette précaution ? La prise des comprimés le matin permet d’éviter l’effet des corticoïdes sur le sommeil. En effet, les corticoïdes sont des dérivés de la cortisone, qui est une hormone stimulante.
- Changements d'humeur : Irritabilité, anxiété ou dépression peuvent survenir.
- Syndrome de Cushing : Les patients traités par ritonavir pour une infection à VIH ont un risque très accru de syndrome de Cushing après infiltration péridurale.
Une étude a révélé que même des traitements brefs par corticoïdes peuvent être à l’origine de complications graves nécessitant une hospitalisation.
Effets Secondaires Rares mais Graves
- Sepsis : Le risque de sepsis sur prothèse de hanche et de genou ne paraît pas accru par l’infiltration préalable de l’articulation, du moins si le délai entre le geste et la chirurgie est supérieur à deux mois.
- Choriorétinopathie séreuse et nécrose aiguë de la rétine : Le risque reste méconnu, y compris des ophtalmologistes.
- Dysphonie passagère : Une dysphonie passagère surviendrait chez 12 % des patients infiltrés.
- Accidents neurologiques graves : Les infiltrations C1-C2 devraient être abandonnées du fait de leurs risques neurologiques. Les accidents neurologiques graves après infiltrations foraminales pourraient résulter d’injections trop rapides dans les veines radiculaires artériolisées plus que dans les artères, seules des injections lentes et avec des produits sans risques de complications emboliques ou vasculaires devraient être tolérées.
- Syndromes de Tachon : Les impressionnants syndromes de Tachon sont sans doute l’équivalent pour les veines du syndrome de Nicolau pour les artères.
Alternatives aux Infiltrations de Cortisone
Il existe plusieurs alternatives aux infiltrations de cortisone, en fonction de la condition médicale à traiter.
Traitements Médicamenteux
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Ces médicaments peuvent réduire l'inflammation et soulager la douleur.
- Analgésiques : Les analgésiques, tels que le paracétamol, peuvent aider à soulager la douleur.
Thérapies Physiques
- Physiothérapie : Des exercices et des techniques de réadaptation peuvent aider à renforcer les muscles et à améliorer la mobilité.
- Ergothérapie : L'ergothérapie peut aider à adapter l'environnement de travail ou de vie pour réduire la douleur et améliorer la fonction.
Approches Alternatives
- Acupuncture : Cette technique consiste à insérer de fines aiguilles dans des points spécifiques du corps pour soulager la douleur.
- Chiropratique : La chiropratique se concentre sur la manipulation de la colonne vertébrale pour améliorer la fonction nerveuse et réduire la douleur.
- Suppléments nutritionnels : Certains suppléments, tels que la glucosamine et la chondroïtine, peuvent aider à soulager la douleur articulaire.
Interventions Chirurgicales
- Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour traiter la cause sous-jacente de la douleur.
Corticophobie : La Peur des Corticoïdes
La corticophobie désigne la peur d’utiliser des corticoïdes par voie orale, inhalée ou topique. La corticophobie ne concerne pas que les patients et leurs proches, les soignants sont aussi très souvent corticophobes. Selon les études, la corticophobie pourrait concerner 40 % à 80 % de la population de patients atopiques ou de familles d’enfants atopiques. Malheureusement, la corticophobie peut avoir des conséquences négatives sur la prise en charge et l’évolution de certaines maladies. Il est important de prescrire les corticoïdes pour les bonnes indications avec la bonne posologie et la bonne durée de traitement. Et pour les patients, il est important de respecter la prescription du médecin pour soulager au mieux les symptômes et prévenir leur récidive.
La Maladie Associée aux IgG4
La maladie associée aux IgG4 est une maladie caractérisée par une infiltration (ou envahissement) de certains tissus ou organes du corps par des cellules du système immunitaire. Cette infiltration tissulaire est souvent responsable d’une augmentation de volume des organes touchés réalisant un aspect de pseudotumeurs. Parfois cette augmentation de volume peut retentir sur les organes adjacents en les comprimant. L’infiltration ou envahissement des tissus par des cellules du système immunitaire au cours de cette maladie est de type inflammatoire. Cela veut dire qu’elle est constituée de nombreuses cellules différentes du système immunitaire. Cette maladie est donc très différente des cancers ou un seul type cellulaire prolifère et envahit les tissus. Ici l’infiltration par les lymphocytes est dite polyclonale et comporte à la fois des lymphocytes T, des lymphocytes B et d’autres cellules du système immunitaire. Cette infiltration des tissus est très particulière et caractérise la maladie. En effet parmi les lymphocytes infiltrant les tissus on retrouve de nombreux plasmocytes (lymphocytes qui produisent les immunoglobulines) et ceux-ci produisent préférentiellement des immunoglobulines d’isotype G4 (il existe 4 types différents d’immunoglobuline d’isotype G), d’où le nom de la maladie. Cette présence anormalement importante de plasmocytes secrétant des immunoglobulines G4 dans les tissus malades s’associe le plus souvent à des taux élevés de cette immunoglobuline dans le sang. Ceci peut être facilement dosé sur un prélèvement de sang.
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Mastocytose
Le mastocyte est une cellule de la moelle osseuse capable de circuler dans le sang puis de se loger, après différentes étapes de maturation, dans les différents tissus de l’organisme. Le mastocyte est donc une cellule très importante pour l’équilibre de l’organisme.
Rôle du Mastocyte dans Diverses Maladies
Le mastocyte normal intervient dans diverses pathologies au premier rang desquelles l’allergie. Des données récentes suggèrent qu’il interviendrait aussi dans des maladies inflammatoires chroniques (par exemple de l’intestin ou des articulations comme la polyarthrite rhumatoïde), des processus infectieux, des pathologies cancéreuses, des maladies neurologiques chroniques. Les mastocytes interviennent alors, soit comme acteurs de la défense immunitaire, soit contribuent au processus pathologique, en sécrétant des substances sous le contrôle d’autres cellules. En conséquence, les médicaments ciblant le mastocyte sont susceptibles d’améliorer la prise en charge thérapeutique des maladies dans lesquelles le mastocyte normal participe au processus pathologique.
Allergie et Mastocytose
L’allergie regroupe un ensemble de manifestations pouvant survenir après différentes situations telles que la prise alimentaire, médicamenteuse ou les piqûres d’hyménoptères. L’allergie témoigne d’une « hypersensibilité du système immunitaire » vis-à-vis de substances que l’on nomme alors « allergènes ». Ainsi les symptômes d’une mastocytose sont parfois très proches de ceux d’une allergie. Un même patient peut avoir une mastocytose et une allergie vraie ce qui complique l’interprétation des symptômes et peut justifier une expertise et une prise en charge allergologiques conjointes.
Mastocytose : Maladie Rare
La mastocytose est une maladie rare caractérisée par un dérèglement de l’activité du « récepteur c-Kit » présent à la surface des mastocytes. La mastocytose peut être considérée, à l’origine, comme une maladie de la moelle osseuse mais n’en a aucune des caractéristiques habituelles à l’exception des très rares formes agressives de mastocytose.
Symptômes de Dégranulation Mastocytaire
Spontanément, du fait de l’activation autonome du récepteur c-Kit, ou sous l’influence de divers facteurs tels que aliments, médicaments, frottement, changement brusque de température, les mastocytes vident le contenu de leurs granules. Les symptômes observés peuvent concerner tous les organes.
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Syndrome d’Activation Mastocytaire
Vous pouvez présenter plusieurs symptômes cliniques similaires à ceux dits de dégranulation mastocytaire alors que le nombre de vos mastocytes est soit normal soit insuffisamment augmenté pour pouvoir porter un diagnostic de mastocytose. Dans ce contexte et après l’exclusion des autres pathologies pouvant expliquer vos symptômes, votre médecin pourra vous parler de l’hypothèse d’un syndrome d’activation mastocytaire (SAMA). Le diagnostic est difficile et peut prendre du temps puisqu’aucune prolifération mastocytaire anormale n’est retrouvée. Le traitement symptomatique est le même que celui utilisé dans la mastocytose.
Diagnostic de la Mastocytose
La confirmation du diagnostic de mastocytose passe par l’identification d’une infiltration mastocytaire anormale au sein d’un organe et nécessite donc une biopsie de cet organe. La présence d’une mutation du gène c-Kit est aussi un élément confirmatoire du diagnostic et une aide pour les discussions thérapeutiques.
Syndrome du Canal Carpien et Corticoïdes
Dans les cas débutants ou modérés de syndrome du canal carpien, un traitement médical sera débuté en première intention. Les premières mesures à envisager sont les mesures préventives par la mise au repos du poignet et la diminution des activités ou des postures provoquant les symptômes. Ensuite, le traitement médical inclut le port d'une attelle pour maintenir le poignet en position neutre, notamment la nuit, et la réalisation d’une infiltration de corticoïdes au niveau du canal carpien pour diminuer l’inflammation autour du nerf et ainsi diminuer sa compression.
Syndrome d'Ehlers-Danlos (SED) et Précautions Chirurgicales
Lorsque l’on a un SED, il est nécessaire d’être très prudent lorsqu’il s’agit de chirurgie, de risques de saignements et de fragilité tissulaire. Voici quelques recommandations essentielles du PNDS 2020. En cas de plaie ou d’intervention chirurgicale sur les tissus mous, prendre les précautions qui conviennent : gestes doux, fils non résorbables retirés tardivement et progressivement pour prévenir les lâchages de suture, utilisation de dispositifs de fermeture des plaies, autres que les sutures. En chirurgie osseuse, il faut savoir que les délais de consolidation (fractures, ostéotomies) sont prolongés. Jamais de manipulation cervicale en raison du risque de lésion des artères irriguant le cerveau. Proscrire, sauf nécessité absolue, la ponction lombaire (risque fréquent de brèche méningée).
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