L'article aborde la question de l'utilisation de l'acide hyaluronique injectable pendant l'allaitement, en tenant compte des préoccupations des mères et des recommandations médicales.

Acide hyaluronique : un allié beauté naturellement présent

L'acide hyaluronique est une molécule naturellement présente dans le corps humain, notamment dans la peau, où il joue un rôle essentiel dans l'hydratation et le maintien de l'élasticité. Avec l'âge, la quantité et la qualité de l'acide hyaluronique diminuent, entraînant une fragilisation du derme et l'apparition de rides et ridules. C'est pourquoi l'acide hyaluronique de synthèse est largement utilisé en médecine esthétique pour combler les rides, redessiner les volumes et hydrater la peau. On le retrouve également dans de nombreux produits de soins cosmétiques.

Rhinoplastie et injections d'acide hyaluronique : le témoignage d'une patiente

Une patiente ayant subi une rhinoplastie il y a deux ans témoigne de son expérience. Suite à l'apparition d'une démarcation sur son nez, son chirurgien lui a injecté de l'acide hyaluronique, ce qui a amélioré son apparence. Cependant, pendant sa grossesse, l'acide hyaluronique s'est résorbé, ravivant son complexe. Elle s'interroge sur la possibilité de recourir à nouveau aux injections pendant l'allaitement, malgré les contre-indications généralement mentionnées.

Contre-indications théoriques pendant la grossesse et l'allaitement

Par principe de précaution, les injections d'acide hyaluronique sont généralement contre-indiquées pendant la grossesse et l'allaitement. Cette précaution est due à un manque de données scientifiques sur les risques potentiels pour la mère et l'enfant, même si l'acide hyaluronique est naturellement présent dans le corps. Certains chirurgiens estiment que de faibles doses d'acide hyaluronique peuvent être utilisées sans danger pendant l'allaitement, mais il est essentiel de recueillir l'avis de plusieurs professionnels de santé.

Risques potentiels et composants des injections

Bien que l'acide hyaluronique soit une molécule naturelle, les ampoules injectables peuvent contenir d'autres composants, tels que des anesthésiants ou du mannitol. De plus, l'acide hyaluronique utilisé dans les produits de comblement dermique est réticulé et stabilisé en laboratoire, ce qui peut modifier sa réaction dans le corps pendant l'allaitement. Il est donc important de se renseigner sur la marque et la composition exacte du produit utilisé.

Lire aussi: Botox pendant l'allaitement

Avis médicaux et principe de précaution

Face à l'absence de consensus clair, la plupart des médecins recommandent d'attendre la fin de l'allaitement avant d'envisager des injections d'acide hyaluronique. Cette approche prudente vise à protéger la santé du nourrisson, même si le risque est considéré comme faible. Il est conseillé de consulter son médecin traitant et un dermatologue esthétique pour évaluer les bénéfices et les risques dans chaque situation individuelle.

Alternatives et solutions temporaires

Pour celles qui souhaitent améliorer l'apparence de leurs lèvres ou de leur visage pendant l'allaitement, il existe des alternatives non invasives. Les produits cosmétiques contenant du menthol ou de la niacine peuvent procurer un effet repulpant temporaire. Une exfoliation régulière et une bonne hydratation peuvent également améliorer l'aspect des lèvres. Après l'allaitement, des options telles que le microneedling ou le PRP peuvent être envisagées pour stimuler le collagène et rajeunir la peau.

Colorations capillaires

Les colorations capillaires sont des produits largement utilisés par de nombreuses cultures et civilisations. Les composants naturels, à faible risque, sont : le henné, le safran, la camomille et les noix, entre autres. Les composants synthétiques sont : l'aniline et autres dérivés du benzène, les métaux lourds comme le plomb. Certains de leurs composants peuvent être absorbés et atteindre le plasma de la mère et le lait maternel. Au cours de la dernière décennie, une grande quantité des produits utilisés ont été retirés du marché car considérés comme toxiques pour l'organisme. Il existe toujours une controverse sur la sécurité des produits existants, même si certaines autorités les considèrent comme sûrs. Certaines études ont trouvé une association entre leur utilisation pendant la grossesse et l'allaitement et certains types de leucémie, ou des tumeurs des cellules germinales chez l'enfant. Il a également été trouvé une relation entre leur utilisation régulière et certains types de cancer chez les femmes qui les utilisent personnellement ou comme coiffeuses. Il existe un risque accru de cancer de la vessie chez les coiffeurs, mais pas chez les utilisateurs. Pendant l'allaitement, on recommande un usage limité, de suivre les conseils figurant sur le produit, de prendre une douche après la teinture pour garder propre la zone de la poitrine et de porter les cheveux courts afin de minimiser l'absorption de produits potentiellement toxiques. Les mères travaillant dans des salons de coiffure devraient respecter toutes les mesures préventives, porter des gants, limiter le temps de travail, etc.

Produits de lissage

Certains produits de lissage, notamment le lissage à la kératine ou lissage brésilien, contiennent du formaldéhyde ou du glutaraldéhyde, ou des libérateurs de formaldéhyde tels que le méthylène glycol ou l'acide glyoxylique. La concentration de formaldéhyde dans ces produits ne doit pas dépasser 2 %. Son utilisation augmente la concentration de formaldéhyde dans l'air des salons de coiffure bien au-dessus du niveau maximum de sécurité de 0,1 ppm. Le formaldéhyde et le glutaraldéhyde ont un pouvoir mutagène, sont cancérigènes, peuvent endommager les reins ou provoquer de l'asthme. Leur utilisation est limitée dans de nombreux pays. D'autres produits de lissage, tels que l'hydroxyde de sodium, l'hydroxyde de lithium, l'hydroxyde de calcium ou le thioglycolate d'ammonium, utilisés dans le lissage dit japonais, ou l'acide acétique, le décylène glycol et le caprylyl glycol ne sont pas mutagènes et sont considérés comme sûrs. Ces produits peuvent également contenir des produits chimiques provoquant une dermatite de contact. Un risque accru (OR 2,43) a été observé entre l'exposition maternelle aux produits de défrisage pendant l'allaitement et la leucémie myéloïde aiguë chez le nourrisson. Un risque accru (OR 1,78) a été observé entre l'exposition maternelle aux produits de défrisage au cours du premier trimestre de la grossesse et la leucémie lymphoïde aiguë de l'enfant. Il est recommandé d'en limiter l'utilisation, d'éviter les produits contenant du formaldéhyde ou qui libèrent du formaldéhyde, fréquemment étiquetés comme "sans formaldéhyde", de respecter les normes de sécurité d'utilisation contenues dans les contenants, de garder la zone de la poitrine propre, et de porter les cheveux courts ou attachés afin d'éviter l'absorption de composés potentiellement toxiques par le nourrisson. Les travailleurs de la coiffure sont plus exposés et doivent respecter strictement les normes de sécurité (utilisation de gants, aération des locaux et limitation de durée, entre autres) et utiliser des produits légalement autorisés.

Crèmes et autres produits topiques

Les crèmes qu'on passe sur la peau ne sont pas censées traverser la peau. Et même si certains produits peuvent avoir une toxicité cumulative après des années d'utilisation, ils n'ont pas de toxicité "immédiate" pour un bébé allaité. Néanmoins, il convient de ne pas appliquer sur les seins, et surtout sur les mamelons, ni sur aucun endroit du corps pouvant être en contact avec la bouche du bébé, des crèmes, gels ou autres produits toxiques en cas d’absorption orale (par exemple ceux contenant de la paraffine, les crèmes "raffermissantes", etc.).

Lire aussi: FIV ICSI : Procédure détaillée

Vernis à ongles

L'utilisation de vernis à ongles (y compris les vernis dits "permanents") est compatible avec l'allaitement, tant qu'on reste dans un usage cosmétique, donc ponctuel, en milieu bien aéré, en veillant à ne pas être avec le bébé pendant l'application et en attendant suffisamment longtemps pour que le vernis ait séché et que les solvants qu'il contient se soient dissipés.

Cabines de bronzage

L’utilisation d’une cabine de bronzage par UVA (en respectant les consignes de sécurité) ne pose pas de problèmes pendant l’allaitement.

Tatouages et piercings

Avoir un tatouage, y compris sur le sein, n’a aucun impact sur l’allaitement. On évitera néanmoins de se faire tatouer pendant la période d’allaitement, étant donné le risque possible de réaction aux produits ou de surinfection. Pour ce qui est des piercings des seins, là aussi on évitera de s’en faire poser pendant la période d’allaitement.

Médicaments et allaitement

Pendant l’allaitement, le bénéfice d’un traitement pour la mère doit être supérieur au risque encouru par le nouveau-né. En règle générale, le médicament est choisi parmi ceux dont le passage dans le lait est limité et dont l’élimination par la mère se fait le plus rapidement. Le médecin évalue la compatibilité entre la poursuite de l’allaitement et un traitement médicamenteux. La maladie permet-elle de continuer d’allaiter ? Si c’est le cas, un traitement est-il indispensable ? S’il faut avoir recours à des médicaments, quels sont ceux qui sont compatibles avec l’allaitement ? Il est néanmoins préférable de le prendre selon un horaire qui limite le plus possible sa présence dans le lait maternel au moment de la tétée. Le meilleur moment de prise se situe le plus souvent juste après une tétée, bien que cette règle ne soit valable que pour les médicaments d’élimination rapide. Votre médecin peut aussi vous conseiller une adaptation des horaires de tétée de façon à ce que votre enfant tète au moment où le médicament est le plus faiblement présent dans le lait. Si le traitement est de courte durée, vous avez la possibilité de choisir un lait de substitution adapté à l’âge de votre enfant pendant la période d’interruption de l’allaitement. Dans le cas d’une interruption après plusieurs semaines d’allaitement, l’arrêt progressif des tétées suffit habituellement à tarir le lait. Pendant toute la période de votre grossesse et pendant l’allaitement, n’hésitez pas à solliciter le conseil de votre pharmacien. S’il le peut, il vous orientera vers des médicaments sans ordonnance et vous donner des conseils d’hygiène et de diététique. Si les symptômes persistent, par exemple une fièvre inexpliquée ou des douleurs abdominales, le pharmacien vous incitera à consulter votre médecin traitant au plus vite.

Allaitement et vaccination

Une étude Cochrane a constaté que l’allaitement avant et pendant l’injection de vaccins aidait à réduire la douleur chez la plupart des nourrissons jusqu’à l’âge d’un an. Les auteurs concluent que « l’allaitement maternel peut aider à réduire la douleur au cours de la vaccination des nourrissons au-delà de la période néonatale. L’allaitement a réduit les réponses comportementales de durée des pleurs et des scores composites de la douleur pendant et après la vaccination.

Lire aussi: Prévention des coliques chez le cheval

tags: #injection #pendant #l'allaitement

Articles populaires: