L'assistance médicale à la procréation (AMP) est une procédure de plus en plus courante, avec environ 60 000 tentatives de FIV et/ou d'ICSI réalisées chaque année, représentant 1 à 4 % des naissances dans les pays industrialisés et 3 % des naissances en France. Bien que l'AMP offre de l'espoir à de nombreux couples, il est essentiel de comprendre les risques potentiels associés à ces traitements, y compris le risque d'infections urinaires. Cet article vise à explorer la relation entre les infections urinaires et la FIV, en soulignant les risques, les considérations et les mesures préventives.
Risques associés à l'assistance médicale à la procréation (AMP)
L'AMP, bien que standardisée, n'est pas sans risques. Les femmes en bonne santé subissent des traitements de stimulation ovarienne et des ponctions ovocytaires, qui peuvent entraîner des complications. Ces risques, bien que rares, varient en gravité et dépendent de la méthode d'AMP utilisée.
Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO)
L'hyperstimulation est la complication la plus fréquente de la FIV, survenant dans 1 à 14 % des cycles. Elle résulte d'une réaction en chaîne suite à l'exposition à l'HCG, avec des niveaux élevés d'œstrogènes circulants dus à la croissance de plusieurs follicules. Le déclenchement par HCG induit l'hyperstimulation. Les femmes atteintes du syndrome des ovaires micro-polykystiques sont plus susceptibles de développer une hyperstimulation en raison de leur forte réponse à la stimulation. Une grossesse débutante pendant le cycle de stimulation peut également entraîner une hyperstimulation en raison de l'augmentation des β HCG.
L'hyperstimulation peut entraîner une augmentation de la perméabilité vasculaire, provoquant une fuite de liquide du secteur vasculaire vers le secteur interstitiel, entraînant des épanchements péritonéaux, pleuraux et péricardiques. La prise en charge varie de la simple surveillance à l'hospitalisation, avec un traitement symptomatique et une prévention par HBPM. La résolution de l'hyperstimulation est généralement spontanée dans les 2 à 3 semaines suivant la ponction.
Risques liés à la ponction ovocytaire
La ponction ovocytaire consiste à piquer l'ovaire très vascularisé avec une aiguille après la stimulation. Bien qu'un petit saignement intrapéritonéal soit courant, une infection peut survenir dans environ 0,2 % des ponctions, se manifestant par des douleurs et de la fièvre dans les jours suivants. Les patientes porteuses d'endométriomes ovariens ou d'hydrosalpinx présentent un risque plus élevé d'abcès ovarien. Une antibiothérapie préventive peut être instaurée après la ponction. Les douleurs pelviennes sont fréquentes après la ponction.
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Autres risques
Le risque de fausse couche spontanée (FCS) est légèrement augmenté par rapport à la population générale en raison de l'âge moyen plus avancé des patientes et des grossesses multiples. La torsion de l'ovaire, une complication rare liée à l'augmentation de la taille des ovaires suite à la stimulation, se manifeste par une douleur brutale latéralisée intense, souvent associée à des vomissements. Une cœlioscopie est nécessaire pour la détorsion de l'annexe.
Le parcours d'AMP peut être long et éprouvant pour la femme et le couple. Le taux de grossesse multiple suite à une AMP est d'environ 15 %. Les politiques visant à diminuer le nombre d'embryons transférés permettent de réduire ce risque. Les études internationales ne montrent pas d'augmentation du risque de cancer gynécologique après traitement pour FIV. Les femmes nullipares, avec ou sans traitements d'AMP, sont plus à risque de développer des tumeurs ovariennes et des cancers de l'endomètre. Après une FIV classique, il n'y a pas plus de risque de malformations. En ICSI, on retrouve une augmentation de l'incidence de malformations congénitales, essentiellement dans les indications de prélèvement chirurgical des spermatozoïdes.
Infections urinaires et FIV
Les infections urinaires sont une préoccupation courante pendant la grossesse, et les femmes subissant une FIV ne font pas exception. Les changements hormonaux et la pression exercée par l'utérus sur la vessie peuvent ralentir l'évacuation de l'urine, créant un terrain favorable aux bactéries.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infections urinaires chez les femmes subissant une FIV :
- Modifications hormonales : Les hormones de grossesse peuvent modifier la flore vaginale et urinaire, favorisant la croissance bactérienne.
- Pression sur la vessie : L'utérus en croissance exerce une pression sur la vessie, ce qui peut entraîner une vidange incomplète et une stase urinaire, favorisant la prolifération bactérienne.
- Cathétérisme urinaire : Dans certains cas, un cathétérisme urinaire peut être nécessaire pendant ou après la FIV, ce qui peut introduire des bactéries dans les voies urinaires.
- Stress : Le stress lié à la FIV peut affaiblir le système immunitaire, rendant les femmes plus vulnérables aux infections.
Symptômes
Les symptômes d'une infection urinaire peuvent varier, mais peuvent inclure :
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- Besoin fréquent d'uriner
- Sensation de brûlure en urinant
- Urines troubles ou malodorantes
- Douleurs abdominales basses ou douleurs dorsales
- Fièvre ou frissons
Diagnostic et traitement
Si vous présentez des symptômes d'infection urinaire pendant votre traitement de FIV, il est important de consulter rapidement votre médecin. Le diagnostic est généralement posé par une analyse d'urine pour identifier les bactéries. Le traitement consiste généralement en des antibiotiques. Il est important de suivre attentivement les instructions de votre médecin et de terminer le traitement antibiotique complet, même si les symptômes disparaissent, afin d'éviter une récidive ou des complications.
Impact potentiel sur la FIV
Les infections urinaires non traitées peuvent avoir un impact négatif sur les résultats de la FIV. L'infection peut se propager aux organes reproducteurs, entraînant une inflammation et des dommages potentiels à l'endomètre, ce qui peut entraver l'implantation de l'embryon. De plus, certaines études ont suggéré que les infections urinaires peuvent augmenter le risque de fausse couche.
Prévention des infections urinaires pendant la FIV
Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir les infections urinaires pendant la FIV :
- Boire beaucoup de liquides : Boire beaucoup d'eau aide à éliminer les bactéries des voies urinaires.
- Uriner fréquemment : Ne pas retenir l'urine et vider complètement la vessie à chaque fois.
- Hygiène périnéale appropriée : S'essuyer de l'avant vers l'arrière après être allé aux toilettes pour éviter la propagation des bactéries de l'anus vers l'urètre.
- Éviter les douches vaginales et les produits d'hygiène féminine parfumés : Ces produits peuvent perturber l'équilibre naturel des bactéries dans le vagin et augmenter le risque d'infection.
- Porter des sous-vêtements en coton : Les sous-vêtements en coton permettent à la peau de respirer et réduisent l'humidité, ce qui peut aider à prévenir la croissance bactérienne.
- Urinez après les rapports sexuels : Cela aide à éliminer les bactéries qui peuvent être entrées dans l'urètre pendant les rapports sexuels.
- Consommer des probiotiques : Les probiotiques peuvent aider à maintenir un équilibre sain des bactéries dans le vagin et les voies urinaires.
Considérations supplémentaires
Outre les risques et les considérations mentionnés ci-dessus, il existe d'autres aspects importants à prendre en compte concernant les infections urinaires et la FIV :
- Suivi médical : Les femmes subissant une FIV bénéficient d'un suivi médical attentif, y compris la surveillance des symptômes urinaires. Il est important de signaler tout symptôme inhabituel à votre médecin.
- Stress et anxiété : Le stress et l'anxiété associés à la FIV peuvent amplifier la perception des symptômes, rendant chaque inconfort plus préoccupant. Il est important de gérer le stress par des techniques de relaxation, un soutien psychologique ou des groupes de parole.
- Personnalisation du traitement : Chaque femme est différente, et le plan de traitement de FIV doit être personnalisé en fonction de ses besoins et de ses facteurs de risque individuels.
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