Le congé maternité est une période cruciale pour la santé de la mère et de l'enfant. Il comprend un congé prénatal (avant l’accouchement) et un congé postnatal (après l’accouchement). Pendant cette période, la salariée peut bénéficier d'indemnités journalières (IJ) pour compenser la perte de salaire. Cet article détaille les conditions d'attribution des indemnités journalières postnatales, les modalités de calcul, les droits et obligations de la salariée et de l'employeur, ainsi que les situations spécifiques pouvant impacter le congé maternité.
Déclaration et Attestation de Salaire
La salariée n’a aucune formalité à accomplir pour déclencher le processus d'indemnisation. C’est à l’employeur qu’il appartient de faire parvenir à l’Assurance Maladie une attestation de salaire dès le début du congé prénatal. Il est important de vérifier auprès de l'employeur qu’il a bien effectué cette démarche. C’est sur la base des éléments portés sur cette attestation que l’Assurance Maladie détermine si la salariée remplit les conditions requises pour avoir droit aux indemnités journalières pendant son congé maternité et, si tel est le cas, en calcule le montant.
Calcul des Indemnités Journalières
L’indemnité journalière est calculée sur les salaires des 3 mois (ou des 12 mois en cas d’activité saisonnière ou discontinue) qui précèdent le congé maternité. Les salaires sont pris en compte dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale de l’année en cours (soit 3 864 euros mensuels au 1er janvier 2024).
Les indemnités journalières sont versées tous les 14 jours par la caisse d’Assurance Maladie. Il est important de noter que le versement de ces indemnités entraîne la suspension du versement de l’allocation chômage, ce qui reporte d’autant la durée des droits à l’allocation chômage versée par Pôle emploi.
La CPAM verse des indemnités journalières (IJ) dont le montant est fixé selon les étapes de calcul suivantes :
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- Calcul du salaire journalier de base : Somme des 3 derniers salaires bruts perçus avant la date d'interruption du travail, divisée par un coefficient de 91,25.
- Montant maximal du salaire journalier de base : Le salaire pris en compte ne peut pas dépasser le plafond mensuel de la sécurité sociale en vigueur lors du dernier jour du mois qui précède l'arrêt (soit 3 925 € par mois en 2025 ou 3 864 € en 2024).
- Taux forfaitaire appliqué par la CPAM : La CPAM retire à ce salaire journalier de base un taux forfaitaire de 21 %.
- Montant minimal et montant maximal des IJ : Le montant ne peut pas être inférieur à 11,02 € ni supérieur à 101,94 € par jour.
Un simulateur est disponible pour estimer le montant des IJ maternité ou paternité. Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir des conditions d'indemnisation plus favorables que celles de la Sécurité sociale, pouvant aller jusqu'au maintien intégral du salaire.
Durée du Congé Maternité
La durée du congé de maternité varie en fonction du nombre d’enfants à naître et du nombre d’enfants à charge. En règle générale, il débute 6 semaines avant l’accouchement pour un premier ou deuxième enfant et peut être plus long dans d’autres situations.
- Pour un ou deux enfants : Le congé maternité dure 16 semaines, réparties en 6 semaines de congé prénatal (avant l’accouchement) et 10 semaines de congé postnatal (après l'accouchement).
- À partir du troisième enfant : Le congé maternité est plus long, s’étendant sur 26 semaines, avec 8 semaines de congé prénatal et 18 semaines de congé postnatal. La condition est d’avoir au moins deux enfants à charge au moment de la naissance du 3e enfant.
- En cas de grossesses multiples :
- Jumeaux : le congé dure 34 semaines (12 semaines de congé prénatal et 22 semaines de congé postnatal).
- Triplés ou plus : la durée est portée à 46 semaines (24 semaines de congé prénatal et 22 semaines de congé postnatal).
Il est possible de renoncer à une partie du congé de maternité, mais il est obligatoire de cesser de travailler au moins 8 semaines dont 6 après l'accouchement. Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir des durées de congé plus importantes.
Ajustements de la Durée du Congé
Dans certaines situations, la durée du congé maternité peut être ajustée en fonction de l’état de santé de la mère, du déroulement de la grossesse ou de la date effective de l’accouchement. Ces ajustements peuvent concerner le report, l’anticipation ou l’allongement du congé.
Transfert du Congé Prénatal vers le Postnatal
Il est possible de reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal sur le congé postnatal, sous certaines conditions médicales. Ce report doit être prescrit par un médecin ou une sage-femme et peut être accordé de deux manières :
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- En une seule fois, pour une durée maximale de 3 semaines.
- Par périodes renouvelables, dans la limite de 3 semaines au total.
Pour demander ce report, il faut envoyer une demande écrite à la caisse primaire d’assurance maladie, accompagnée d’un certificat médical confirmant que l’état de santé permet de prolonger l’activité professionnelle avant l’accouchement. La demande doit être envoyée au plus tard la veille de la date initialement prévue du congé prénatal.
Anticipation du Congé Prénatal
La salariée peut anticiper le début du congé prénatal sous certaines conditions :
- Jusqu’à 2 semaines d’avance si au moins deux enfants sont déjà à charge ou si deux enfants ont déjà été mis au monde viable.
- Jusqu’à 4 semaines d’avance en cas de grossesse gémellaire.
Dans tous les cas, la durée du congé postnatal sera réduite du même nombre de semaines.
Congé Pathologique
Une salariée enceinte peut bénéficier d’un congé pathologique, en cas de complications liées à la grossesse. Ce congé, prescrit par un professionnel de santé, permet de bénéficier de 14 jours supplémentaires d’arrêt de travail rémunéré par l’Assurance Maladie, avant le congé maternité. Il peut être pris immédiatement avant le congé prénatal ou à tout moment si l’état de santé le justifie.
En cas de maladie due à la grossesse ou aux suites de l'accouchement, la durée du congé de maternité est augmentée dans les limites suivantes :
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- 2 semaines avant la date présumée de l'accouchement.
- 4 semaines après l'accouchement.
La demande doit être adressée à la caisse d’assurance maladie, accompagnée d'un certificat établi par le médecin ou la sage-femme qui suit la grossesse, attestant de l'état pathologique et précisant la durée prévisible.
Impact des Naissances Prématurées ou Tardives
- Naissance prématurée moins de 6 semaines avant la date prévue : La durée totale du congé maternité reste la même. Les semaines prénatales non prises sont ajoutées au congé postnatal.
- Naissance très prématurée (plus de 6 semaines avant terme) et hospitalisation immédiate de l’enfant : La durée du congé maternité est prolongée. La prolongation correspond au nombre de jours compris entre la date réelle de l’accouchement et la date initialement prévue du début du congé maternité. Cette période s’ajoute au congé maternité et ne peut pas être prise séparément.
- Accouchement tardif : Si l’accouchement a lieu après la date prévue, le congé prénatal est prolongé jusqu’au jour de l’accouchement. Cette prolongation n’impacte pas la durée du congé postnatal, qui reste identique à celle initialement prévue.
Situations Spécifiques
Certaines situations spécifiques peuvent avoir un impact sur le congé maternité, que ce soit en termes de durée, d’indemnisation ou de conditions d’accès.
- Salariée en congé parental : Une salariée en congé parental ne peut pas cumuler ce dernier avec le congé maternité. Toutefois, elle peut interrompre son congé parental pour bénéficier du congé maternité et percevoir les indemnités journalières correspondantes.
- Salariée au chômage : La durée du congé maternité reste la même pour une salariée en activité ou au chômage indemnisé. Elle est calculée en fonction de la date présumée d’accouchement. Toutefois, les règles d’indemnisation diffèrent selon la situation de la demandeuse d’emploi. Pour en bénéficier, elle doit être inscrite à Pôle emploi et remplir les conditions d’ouverture de droits.
- Grossesse pathologique : Si la grossesse présente des complications médicales ou un risque pour la santé de la mère et de l’enfant, un congé pathologique peut être prescrit par un médecin.
- Décès de l'enfant à la naissance : Des dispositions spécifiques s’appliquent en cas de décès de l’enfant à la naissance. Si l’enfant décède après la naissance, la mère conserve son congé postnatal dans son intégralité. Si le décès survient après une naissance prématurée, la mère a droit au congé maternité complet si l’enfant est considéré comme viable (22 semaines d’aménorrhée ou si le fœtus pesait au moins 500 grammes). Si l’enfant n’est pas né viable, la salariée est placée en congé maladie, et non en congé maternité.
- Décès de la salariée après la naissance de l’enfant : En cas de décès de la mère après l’accouchement, le père peut demander à bénéficier du congé postnatal pour la durée restante et reporter son congé de paternité à la fin de cette période. Si le père ne fait pas cette demande, le congé postnatal peut être accordé à la personne qui vivait en couple avec la mère.
Protection de l'Emploi
Le congé maternité garantit à la salariée une protection spécifique en matière d’emploi.
- Droits de la salariée : Durant toute la durée du congé maternité, la salariée bénéficie d’une protection contre le licenciement. L’employeur ne peut pas la licencier, sauf en cas de faute grave non liée à la grossesse ou en cas d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maternité. À son retour, elle retrouve son poste ou un emploi équivalent avec une rémunération au moins équivalente. Elle a aussi droit aux augmentations générales et individuelles appliquées pendant son absence.
- Obligations de l’employeur : L’employeur doit respecter la législation en matière de maternité, notamment en matière de protection contre le licenciement. Il ne peut pas licencier une salariée enceinte, y compris si la grossesse n’a pas encore été déclarée officiellement, dès lors qu’il en a connaissance. Au retour du congé maternité, l’employeur doit réintégrer la salariée dans son poste ou un emploi équivalent, assorti d’une rémunération au moins équivalente. Il est aussi tenu de garantir les évolutions salariales générales et individuelles intervenues durant son absence. Pendant les 10 semaines suivant la reprise du travail, la salariée bénéficie d’une protection renforcée contre le licenciement.
La rupture du contrat de travail par l'employeur n'est pas possible pendant l’intégralité des périodes de suspension du contrat de travail en raison du congé de maternité. Cette protection s'applique même si la salariée n'utilise que partiellement son droit à congé. Pendant le congé de maternité, la salariée bénéficie d'une protection dite absolue.
Après le congé de maternité, pendant les congés payés pris immédiatement après la fin du congé de maternité, l'employeur ne peut pas licencier la salariée. Elle bénéficie d'une protection dite absolue. Pendant la période de 10 semaines après la fin du congé de maternité et des congés payés pris immédiatement après la fin du congé de maternité, l'employeur ne peut pas licencier la salariée pendant les 10 semaines qui suivent la fin de son congé de maternité ou les congés payés pris immédiatement après celui-ci. La salariée bénéficie alors d'une protection dite relative : le licenciement est possible uniquement en cas de faute grave ou si l'employeur est dans l'impossibilité de maintenir le contrat de travail pour un motif étranger à la maternité (fermeture de l'entreprise, par exemple).
Toute sanction ou discrimination liée à la grossesse ou au congé maternité est illégale et peut être contestée devant le Conseil de Prud’hommes.
Formalités Administratives
Le congé maternité implique certaines formalités administratives pour garantir le maintien des droits et le versement des indemnités. Pour percevoir les indemnités journalières de maternité, il est nécessaire de déclarer la grossesse auprès de l’Assurance Maladie et de la Caisse d'Allocations familiales (CAF) avant la fin du troisième mois. Cette déclaration peut être faite par le médecin ou la sage-femme directement en ligne.
L’employeur doit recevoir un justificatif médical mentionnant la grossesse et la date présumée d’accouchement. Ce document peut être un certificat médical ou le récépissé de déclaration de grossesse transmis à l’Assurance Maladie.
Conditions d'Éligibilité aux Indemnités Journalières
Pour percevoir les indemnités journalières, la salariée doit remplir plusieurs conditions :
- Être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois en tant que salariée (depuis le 20 août 2023) ou 10 mois (avant le 20 août 2023).
- Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois ou au moins 600 heures au cours des 12 mois précédant l'arrêt de travail.
- Avoir cotisé au cours des 6 mois civils précédant l'arrêt de travail sur la base d'une rémunération au moins égale à 11 824,75 € (depuis le 20 août 2023) ou au cours des 12 mois civils précédant l'arrêt de travail sur la base d'une rémunération au moins égale à 24 116,40 €.
- Cesser obligatoirement de travailler pendant au moins 8 semaines durant le congé de maternité, dont 6 après l'accouchement.
Ces indemnités sont versées sans délai de carence et couvrent l’ensemble de la période légale du congé maternité.
Si la salariée justifie d’au moins un an d’ancienneté, elle peut bénéficier d’un complément de salaire versé par l’employeur, si sa rémunération habituelle dépasse le plafond des indemnités journalières versées par la CPAM. Ce maintien partiel ou total du salaire peut être prévu par la convention collective ou un accord d’entreprise.
Congé de Paternité et d'Accueil de l'Enfant
À la naissance d’un enfant, le père peut bénéficier d’un congé de paternité et d’accueil de l’enfant. Ce droit s’applique également au conjoint, partenaire de Pacs ou personne vivant maritalement avec la mère. La durée et les conditions de ce congé sont définies par la législation en vigueur et peuvent être complétées par des dispositions prévues par certaines conventions collectives.
Questions Fréquentes
- Quand débute le congé maternité ? Le congé maternité commence avant la date prévue de l’accouchement. En général, il débute 6 semaines avant l’accouchement pour un premier ou un deuxième enfant.
- Comment est calculé le congé maternité ? Le calcul du congé maternité dépend de la date présumée d’accouchement et du nombre d’enfants à charge ou à naître. Il comprend une période prénatale et une période postnatale, dont la durée varie selon la situation de la salariée.
- Peut-on travailler pendant le congé maternité ? Non, il est interdit de travailler pendant toute la durée du congé maternité, y compris pour une autre entreprise ou en tant qu’indépendante.
- Quelles sont les démarches en cas de naissance multiple ? En cas de grossesse multiple, la durée du congé maternité est plus longue. Il faut informer l’Assurance Maladie et l’employeur dès confirmation du nombre d’enfants attendus.
- Comment prolonger son congé maternité de 6 mois ? Pour prolonger son congé au-delà du congé maternité légal, plusieurs options existent : congé parental d’éducation, congé pathologique, congés payés ou congé sans solde.
- Qui paie le congé maternité ? Les indemnités journalières du congé maternité sont versées par l’Assurance Maladie, sous conditions d’éligibilité.
Congé Pathologique : Particularités et Indemnisation
Lors de sa grossesse, une salariée enceinte peut rencontrer des complications médicales. Pour éviter les risques, la loi prévoit qu’un médecin prescrive un congé pathologique. Ce temps de repos permet d’augmenter la durée du congé maternité et ainsi protéger la santé de la mère et de son enfant. Il peut être accordé avant ou après l’accouchement.
Le congé pathologique allonge la durée du congé maternité, dans une limite de :
- 2 semaines avant la date de l’accouchement (pour le congé pathologique prénatal).
- 4 semaines après la naissance (pour le congé pathologique postnatal).
Le congé pathologique prénatal ne peut pas être reporté sur la période postnatale. Il peut être pris en intégralité ou de manière fractionnée sans excéder 14 jours. Comme pour le congé maladie, la salariée en congé pathologique doit à priori rester à domicile.
Pour le calcul des dates du congé pathologique postnatal, le premier jour du décompte est celui de la naissance du nouveau-né. Ce congé est souvent appelé “suite de couches pathologiques”.
Le calcul des indemnités prend en compte les 3 derniers salaires bruts avant la date d’arrêt de travail, divisés par un coefficient de 91,25. À cela, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) retire un taux forfaitaire de charges salariales de 21 %. En principe, il n’y a aucun délai de carence si l’arrêt mentionne un "état pathologique résultant de la grossesse". Autrement, l’indemnisation applique la règle des jours de carence en arrêt maladie à partir du 4ᵉ jour.
Si l’état pathologique se prolonge au-delà des 2 semaines prévues par le congé, le surplus est considéré comme un arrêt maladie non professionnel. Dans ce cas, le délai de carence de 3 jours relatifs aux arrêts maladie s’applique alors aux indemnités.
Le congé pathologique postnatal ouvre les mêmes droits que le congé maternité (par exemple, les salariées bénéficient de la même protection contre le licenciement). Il n’en est pas moins soumis au régime d’indemnisation de l’arrêt maladie. Si les salariées enceintes remplissent les conditions d’attribution, elles peuvent percevoir une indemnité correspondant à 50 % de leur rémunération habituelle.
Formalités pour l'Employeur en Cas de Congé Pathologique
Dès réception de l’arrêt de travail de sa salariée pour congé pathologique (ou maternité), l’employeur doit établir une attestation de salaire. Il doit ensuite faire parvenir le document à la caisse primaire d’assurance maladie pour permettre le calcul des droits aux indemnités journalières.
Pour un congé pathologique prénatal, l’attestation de salaire doit être réalisée au titre de la maternité en précisant le nombre exact de jours couverts. Si l’arrêt de travail est supérieur à 14 jours, l’employeur doit émettre deux attestations distinctes : une pour maternité et l’autre pour maladie avec le surplus de jours.
Pour un congé pathologique postnatal (après l’accouchement), l’employeur doit établir une attestation de salaire au titre de l’arrêt maladie.
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