Introduction
Le terme "hiatus de Fallope" n'est pas une expression standard en anatomie médicale. Cependant, en explorant les composantes de cette expression, on peut comprendre les concepts anatomiques et physiologiques auxquels elle pourrait se référer. Cet article vise à clarifier les termes, à décrire l'anatomie des trompes de Fallope et à discuter des conditions pathologiques qui peuvent les affecter. Bien que l'expression "hiatus de Fallope" ne soit pas reconnue, cet article explorera des concepts anatomiques et physiologiques pertinents, ainsi que les pathologies associées aux trompes utérines.
Anatomie et Fonction des Trompes de Fallope (Trompes Utérines)
Les trompes de Fallope, également appelées trompes utérines, sont deux conduits musculaires reliant les ovaires à l'utérus. Elles jouent un rôle essentiel dans la fertilité féminine.
Structure Anatomique
Chaque trompe de Fallope est divisée en plusieurs parties :
- Infundibulum: L'extrémité distale de la trompe, en forme d'entonnoir, qui s'étend vers l'ovaire. Elle est bordée de franges, ou fimbriae, qui captent l'ovule libéré par l'ovaire lors de l'ovulation.
- Ampoule: La partie la plus large et la plus longue de la trompe, où la fécondation a généralement lieu.
- Isthme: Une portion plus étroite qui relie l'ampoule à la partie intramurale.
- Partie intramurale (ou utérine): La section de la trompe qui traverse la paroi de l'utérus et s'ouvre dans la cavité utérine.
Fonctions Principales
Les trompes de Fallope remplissent plusieurs fonctions cruciales :
- Capture de l'ovule: Les fimbriae de l'infundibulum captent l'ovule libéré par l'ovaire.
- Transport de l'ovule: Les contractions musculaires de la paroi de la trompe et les cils présents dans la muqueuse tubaire transportent l'ovule vers l'utérus.
- Site de fécondation: L'ampoule est le site où l'ovule est généralement fécondé par un spermatozoïde.
- Transport de l'embryon: Après la fécondation, la trompe de Fallope transporte l'embryon précoce vers la cavité utérine pour l'implantation.
Pathologies Affectant les Trompes de Fallope
Plusieurs conditions peuvent affecter la fonction des trompes de Fallope, entraînant des problèmes de fertilité.
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Obstruction Tubaire
L'obstruction des trompes de Fallope est une cause fréquente d'infertilité féminine. Cette situation est comparable à une trompe de Fallope obstruée chez la femme. Les obstructions peuvent être dues à plusieurs facteurs :
- Infections: La chlamydia peut aussi infecter les tubes de Fallope sans provoquer de symptômes. Les infections pelviennes, telles que celles causées par la chlamydia ou la gonorrhée, peuvent entraîner une inflammation et des cicatrices dans les trompes.
- Endométriose: La présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus peut affecter les trompes de Fallope, entraînant une obstruction ou des adhérences.
- Chirurgie antérieure: Une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour réparer une trompe de Fallope endommagée. Des interventions chirurgicales pelviennes antérieures, comme une appendicectomie ou une césarienne, peuvent causer des adhérences qui bloquent les trompes.
Grossesse Extra-utérine
Les dommages causés aux tubes de Fallope donnent parfois lieu à des grossesses extra-utérines et de l'infécondité. Une grossesse extra-utérine se produit lorsque l'embryon s'implante en dehors de l'utérus, le plus souvent dans une trompe de Fallope. Cela peut être dû à des lésions ou des obstructions tubaires qui empêchent l'embryon d'atteindre l'utérus.
Salpingite
La salpingite est une inflammation des trompes de Fallope, souvent causée par une infection bactérienne. Elle peut entraîner des douleurs pelviennes chroniques et une infertilité.
Diagnostic et Traitement des Pathologies Tubaires
Diagnostic
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour diagnostiquer les problèmes affectant les trompes de Fallope :
- Hystérosalpingographie (HSG): Un examen radiologique où un colorant est injecté dans l'utérus pour visualiser les trompes de Fallope. Cela permet de détecter les obstructions ou les anomalies.
- Laparoscopie: Une intervention chirurgicale mini-invasive où une petite caméra est insérée dans l'abdomen pour visualiser directement les trompes de Fallope et les autres organes pelviens.
Traitement
Le traitement dépend de la nature et de la gravité de la pathologie tubaire :
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- Antibiotiques: Pour traiter les infections telles que la salpingite.
- Chirurgie: Une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour réparer une trompe de Fallope endommagée. La chirurgie peut être nécessaire pour enlever les adhérences, réparer les trompes obstruées ou traiter une grossesse extra-utérine. Les techniques chirurgicales peuvent inclure la laparoscopie ou la laparotomie (chirurgie ouverte).
- Fécondation in vitro (FIV): Dans les cas d'obstruction tubaire sévère ou d'autres problèmes tubaires irréversibles, la FIV peut être une option pour concevoir. La FIV contourne les trompes de Fallope en fécondant l'ovule en laboratoire et en transférant l'embryon directement dans l'utérus.
Importance de la Terminologie Médicale
Comme tout domaine de spécialité, la médecine a son propre langage, souvent abscons pour le commun des mortels. Et c’est bien là sa première difficulté. En effet, chacun d’entre nous sera un jour confronté au jargon médical. Que ce soit pour une simple consultation afin d’obtenir un certificat d’aptitude à la pratique d’un sport, pour une toux qui ne passe pas, un suivi de grossesse, une entorse ou quelque chose de bien plus grave, nous serons tous amenés à nous rendre chez le médecin au moins une fois dans notre vie.
Ainsi, le grand public a besoin de comprendre et d’être rassuré. Il est donc essentiel de lui expliquer avec des mots simples les symptômes, diagnostics, examens et autres traitements, mais aussi de lui présenter les structures anatomiques et biologiques concernées de manière accessible. Une maman à qui on annonce aux urgences que son fils présente « une fracture de l’ulna sur le tiers distal de la diaphyse » risque fort d’être interloquée. En revanche, si le radiologue lui parle d’une « fracture du cubitus à proximité du poignet », elle sera vite rassurée et comprendra immédiatement que trois semaines à un mois de plâtre suffiront à son enfant pour se rétablir. Ulna et cubitus désignent la même chose, l’os externe de l’avant-bras.
Cette différence de niveau de langue entre deux publics amenés à se rencontrer régulièrement est l’une des principales difficultés auxquelles est confronté tout traducteur médical, car jongler avec les nomenclatures implique de les connaître sur le bout des doigts (ou à défaut d’avoir les bons outils pour faire les vérifications nécessaires). Ainsi, la TA, la CIM (Classification Internationale des Maladies) 10, et bientôt 11, ou les DCI (Dénominations Communes Internationales des molécules pharmaceutiques), pour n’en citer que quelques-unes, ne doivent avoir aucun secret pour lui. Et naturellement, afin d’éviter les incohérences, pas question d’alterner entre la nomenclature grand public et celle destinée aux spécialistes dans un même texte.
Evolution de la Terminologie Anatomique
Arrêtons-nous sur la Terminologia Anatomica. Sa difficulté découle de son application très tardive en France. En effet, dès la fin du xixe siècle naît la Basiliensa Nomina Anatomica (BNA), nomenclature latine établie par des anatomistes allemands. Rapidement reconnue dans plusieurs pays européens et outre-Atlantique, la BNA n’est cependant pas adoptée par les francophones qui lui préfèrent la nomenclature classique. Malgré tout, après des années de résistance, au début des années 1950, une traduction visant à franciser la BNA est entreprise par des comités internationaux d’anatomie. La Parisiensa Nomina Anatomica paraît en 1955, suivie en 1956 par la première édition de la Nomina Anatomica (NA) qui contient déjà 5 640 termes francisés. Le processus est bien lancé et 1989 marque la parution de la 6e édition de la NA.
Dans les années 1990, le Comité fédératif international de terminologie anatomique ou FCAT (pour Federative Committee on Anatomical Terminology) lance une ultime révision de la NA, et en 1998, la Fédération internationale des associations d’anatomistes publie la version actuelle, qui s’appelle désormais la Terminologia Anatomica ou TA. Organisée en 16 systèmes, riche de plus de 7 500 termes, la TA s’impose peu à peu, mais il faudra attendre le début des années 2000 pour que les atlas d’anatomie l’intègrent enfin.
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Si les étudiants en médecine apprennent désormais l’anatomie version TA, face aux patients l’ancienne nomenclature, seule connue du grand public… et de très nombreux médecins en exercice depuis de longues années, reste de mise. Lors de colloques médicaux, combien de fois ai-je entendu des médecins, généralistes ou spécialistes, formés avant l’apparition de la TA, se plaindre de ces changements ? Une amie médecin généraliste qui suit une formation en échographie me faisait récemment part de ses difficultés à retenir les « nouveaux termes », notamment les noms des muscles. Et cela se comprend !
Prenons les muscles fessiers, que tout le monde situera facilement. En latin gluteus, dans la TA, glutéal/glutéaux. Le muscle grand fessier, en latin gluteus maximus, est donc le muscle grand glutéal, le moyen fessier et le petit fessier (gluteus medius et gluteus minimus, respectivement), sont, en toute logique, le moyen glutéal et petit glutéal. Le muscle couturier (dans la cuisse), a pris son appellation latine de muscle sartorius, et en cas de crampe au mollet, il vous faudra étirer non plus les muscles jumeaux mais les muscles gastrocnémiens.
Et les muscles sont loin d’être les seuls à avoir ainsi changé de nom. De multiples veines, artères, nerfs ou autres vaisseaux lymphatiques ont été renommés. Tous les ganglions sont devenus des nœuds, certains conduits sont aujourd’hui des canaux, et inversement ! Les trous sont désormais des foramens, les méats, des ostiums, les sommets, des apex, et certains organes ont été latinisés, comme l’iléon devenu l’iléum, qui forme l’intestin grêle avec le duodénum et le jéjunum. Le liquide céphalorachidien (LCR) devient cérébrospinal (LCS), la moelle épinière est maintenant spinale, et la colonne vertébrale est devenue le rachis. N’oublions pas non plus les os. La rotule, le cubitus, l’omoplate ou le péroné, pour ne citer que les plus connus, ont cédé la place à la patella, l’ulna, la scapula et la fibula, respectivement, avec au passage un changement de genre pour certains d’entre eux.
Enfin, dans la TA, la tendance est à la suppression des éponymes (noms propres). Ainsi, les trompes d’Eustache sont renommées trompes auditives, les trompes de Fallope sont remplacées par les trompes utérines, le canal de Santorini est désormais le conduit pancréatique accessoire, et les aires de Wernicke et de Broca, grâce auxquelles nous comprenons ce qu’on nous dit et nous nous faisons comprendre, ont été renommées aire de perception des mots et des symboles du langage et aire motrice du langage, respectivement.
Outre les noms des différentes structures anatomiques de base, la TA modifie les appellations relatives aux positions anatomiques.
Défis de la Traduction Médicale
Autre difficulté à laquelle le traducteur médical est régulièrement confronté : les abréviations, sigles et acronymes, dont la liste, quelle que soit la langue, est interminable. Prenons par exemple le sigle AA. En anglais dans le domaine de la cardiologie, il peut signifier aortic aneurysm, abdominal aorta, ascending aorta, aortic amplitude ou aortic arch et en addictologie, active alcoholic, alcohol abuse ou alcoholics anonymous. Mais AA a aussi bien d’autres sens comme acetabular anteversion, acupuncture analgesia, acute appendicitis, adrenocortical autoantibody, acetic acid ou aplastic anemia, pour n’en citer que quelques-uns. Le Jablonski’s Dictionary of Medical Acronyms and Abbreviations répertorie pas moins de 40 significations possibles pour ce seul sigle, uniquement dans le domaine médical !
Pour corser le tout, il n’est pas rare que le français conserve l’abréviation anglaise. Citons par exemple le LDL cholesterol (LDL = low density lipoprotein) traduit par cholestérol LDL à l’attention des professionnels de santé, et plus connu du grand public sous le nom de mauvais cholestérol. Le français (comme la plupart des autres langues d’ailleurs) garde LDL pour désigner les lipoprotéines de basse densité, dont l’abréviation française, qui serait plutôt LBD, n’est pas usitée. De plus, il arrive que par convention ou par habitude, un sigle anglais soit utilisé quelles que soient les langues source et cible, ou qu’un texte rédigé en espagnol conserve un sigle anglais, là où le français et l’allemand préféreront l’adapter.
Enfin, les textes sources, notamment anglais, contiennent fréquemment des abréviations latines dont la graphie varie, comme q.d., qd ou QD pour quaque die, soit une fois par jour, b.i.d., bid ou BID, pour bis in die, soit deux fois par jour, p.r.n., prn ou PRN pour pro re nata, qui signifie si besoin, q.h., qh, QH pour quaque hora, soit toutes les heures, etc.
Autre problème auquel il peut être confronté, même si ce n’est pas le plus fréquent, la polysémie, qui ne concerne pas uniquement les sigles. Pour ne citer qu’un exemple, peu connu, en anatomie, le trapèze désigne à la fois un muscle du dos composé de trois faisceaux et un os du carpe qui joue un rôle essentiel dans la mobilisation du pouce.
À ces difficultés déjà nombreuses, s’ajoute la proximité sémantique ou fausse synonymie dont le domaine médical regorge, l’anatomie étant un peu l’exception qui confirme la règle. Prenons les termes anglais wound et injury, qui de prime abord ne sont pas les plus difficiles à comprendre. Leur traduction en français, loin d’être figée, dépendra du contexte. Blessure, écorchure, égratignure, lésion, plaie, voire ulcère, font partie des solutions possibles. Mais si dans le langage courant, à l’exception d’ulcère, ces termes semblent plus ou moins interchangeables, dans la réalité médicale ils sont loin de l’être et l’utilisation de l’un à la place de l’autre est souvent incorrecte. Seul lésion, qui désigne l’altération morphologique d’un tissu ou d’un organe, convient dans la plupart des cas. Et si une plaie (rupture accidentelle de la barrière cutanée présentant un risque de souillure ou d’infection) est souvent une blessure, de nombreuses blessures (lésions traumatiques provoquées par un agent extérieur physique ou chimique), comme une fracture du tibia non ouverte ou une rupture (éclatement) de la rate sans lésion de la barrière cutanée, ne sont pas des plaies.
Autre exemple sur lequel on pourrait passer des heures, le terme anglais condition, qui, loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît, est souvent mal traduit. En français, son équivalent strict condition doit être proscrit. Un patient ne souffre pas d’une condition. Il peut être atteint d’une affection, d’une maladie, d’un trouble, d’un syndrome, d’un désordre, d’une infirmité, faire un malaise, une crise (d’angoisse, d’épilepsie), une poussée (de polyarthrite, de sclérose en plaques, d’eczéma) et bien d’autres choses encore, mais en aucun cas ici le traducteur français ne doit utiliser condition. Il doit s’interroger sur le sens précis de chacun de ces termes, en rechercher la définition et évaluer les différentes possibilités dans son contexte avant de choisir celui qui convient le mieux. Attention, le terme pathologie [du grec pathos, souffrance, et logos, connaissance, étude], trop souvent utilisé au sens de maladie pour traduire notamment l’anglais pathology, mais aussi sickness, disease ou illness, désigne exclusivement la « science qui étudie les maladies ».
Les exemples choisis pour illustrer le problème de proximité sémantique ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan de la terminologie médicale, où l’utilisation du bon terme est parfois d’autant plus difficile que l’usage courant est erroné. Le terme anglais side effect est ainsi souvent traduit par effet secondaire. Or, ce terme est impropre. Selon le cas, on parlera plutôt d’effet indésirable (phénomène observé pendant l’étude clinique et dont on est sûr qu’il est dû au principe actif), d’événement indésirable (phénomène observé pendant l’étude clinique mais qui n’est pas nécessairement induit par le principe actif) ou encore d’événement secondaire (phénomène observé après la mise sur le marché, et qui n’est pas forcément nocif/indésirable).
Une fois venu à bout de toutes ces difficultés, reste l’ultime étape de la relecture. Tout d’abord, l’accentuation systématique des « e » dans les termes latins comme iléum, duodénum ou jéjunum dont nous avons déjà parlé, mais aussi placébo, nocébo ou sénior. Après des années passées à supprimer les accents lors des relectures, il faut désormais les mettre ! J’avoue que j’ai un peu de mal. Ensuite, la francisation du pluriel des mots latins par l’ajout d’un « s » si nécessaire. Et enfin, dernière recommandation de l’Académie française, et non des moindres, la suppression du trait d’union sauf en cas de hiatus, ce qui est à l’origine de certaines bizarreries. Agglutination par juxtaposition simple : la plus courante et la plus simple. Elle consiste à supprimer le trait d’union pour souder les deux mots. C’est le cas notamment des éléments formés avec auto (autogreffe, autoanticorps, mais auto-immune pour éviter un hiatus), ou aéro (aérotympanique), semi (semilunaire, semitendineux) ou ciné (cinédensitométrie), poly (polytraumatisme), etc. Agglutination par soudure avec contraction : disparition d’une lettre, généralement une voyelle, soit à la fin du premier mot soit au début du deuxième. Agglutination avec doublement de consonne : la dernière lettre du premier mot et la première lettre du deuxième mot sont identiques.
Les pièges et difficultés qui jalonnent chaque texte médical renforcent la nécessité pour le traducteur de connaître le domaine, de se former et de lire la littérature médicale en particulier dans la langue cible pour se familiariser avec la terminologie et la syntaxe, et être ainsi capable de s’adapter à tout public. Il doit en outre disposer des bons outils pour faire les recherches, à commencer par des dictionnaires spécialisés monolingues dans les différentes langues, mais aussi des ouvrages qui récapitulent les principes et les difficultés de la terminologie et de la traduction médicales, sur lesquels il pourra s’appuyer en cas de doute. Le domaine médical est vaste, et le traducteur se constituera sa propre bibliographie en fonction des sous domaines dans lesquels il est spécialisé.
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