L'hépatite désigne une inflammation du foie. Chez l’enfant, l’origine de cette inflammation est très majoritairement virale. Bien qu'il existe plusieurs types d'hépatites (A, B, D…), la plus courante chez l’enfant est l’hépatite A. Celle-ci est très majoritairement bénigne et passe toute seule en quelques semaines. Les autres formes de la maladie peuvent en revanche se révéler plus inquiétantes pour un bébé.

Causes de l'hépatite A chez le nourrisson

L’hépatite A, également nommée hépatite alimentaire, est une maladie infectieuse du foie due au virus de l’hépatite A (VHA). Le virus de l’hépatite A (VHA) est le plus répandu.

La contamination par le virus de l’hépatite A est principalement due à l’ingestion du virus à partir d’aliments (mollusques, crustacés crus, légumes, salades et fruits) ou d’eau souillés. Mais le risque de contamination n’est pas uniquement oral mais aussi fécal en cas de cohabitation avec une personne infectée ; le virus se trouvant dans les selles. D’où le risque accru de contamination dans les régions du monde (pays émergents Afrique, Amérique latin, Asie du sud) où les conditions sanitaires et d’hygiène, l’accès à l’eau potable, l’assainissement sont très insuffisants.

En ce qui concerne les virus de l’hépatite B (VHB), C (VHC) et G (VHG), ils infectent principalement les enfants par voie sanguine. Ils sont surtout transmis au bébé durant l’accouchement, si la maman est porteuse de l’un des virus. Quant au virus de l’hépatite D (VHD), il a un mode de propagation très particulier.

Symptômes de l'hépatite A chez le nourrisson

Les symptômes se manifestent une fois la période d’incubation de l’hépatite A terminée : le virus se multiplie dans les cellules du foie ou hépatocytes et les cellules de Kupffer, les macrophages du foie. Celle-ci dure généralement de 14 à 28 jours.

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Une fatigue, une perte d’appétit, une coloration jaune de la peau et des muqueuses, des urines foncées et des selles décolorées (un ictère (jaunisse) est présent dans 70 % des cas), de la diarrhée, des nausées, des vomissements, parfois des douleurs au niveau de la partie supérieure droite de l’abdomen font partie des symptômes habituellement rencontrés, à des degrés divers, chez une personne infectée par le virus de l’hépatite A. Les symptômes sont plus fréquents chez les adultes que chez les enfants. Les moins de 6 ans ne présentent en général aucun symptôme visible et seuls 10 % d’entre eux développent un ictère (jaunisse).

Jaunisse, fièvre, foie plus volumineux… Certaines formes de la maladie sont plus discrètes que les autres, comme la redoutable hépatite B. Toutefois, les principaux symptômes d’une hépatite virale chez bébé restent globalement les mêmes. De grosses douleurs au ventre accompagnées de vomissements sont ainsi habituellement observées. Une jaunisse est souvent présente, les urines sont très foncées et forment un peu de mousse.

Biologiquement, on note des signes de cytolyse hépatique avec une augmentation des transaminases (ALAT et ASAT).

Tous les symptômes régressent en moins d’un mois mais la convalescence est parfois longue (15 % des cas) car la fatigue peut persister pendant six mois. Parfois, les symptômes peuvent même réapparaître avec une moindre intensité alors qu’ils avaient régressés. Ces formes dites "biphasiques" représentent 2 % des cas.

Diagnostic de l'hépatite A chez le nourrisson

Le pédiatre va tout d’abord examiner les symptômes de bébé : certains d’entre eux, comme la jaunisse, sont très caractéristiques d’un problème au foie. À la palpation, environ 8 enfants sur 10 souffrant d’hépatite ont également un foie bien plus gros que la normale. Une prise de sang à la recherche d’anticorps de type IgM (immunoglobuline M) dirigés spécifiquement contre le virus permet le diagnostic rapide et fiable d’une hépatite A.

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En cas d’infection à VHB ou VHC, il est généralement conseillé de pratiquer une biopsie du foie. Cette petite intervention chirurgicale, plus bénigne qu’on le croit, est la meilleure façon d’évaluer précisément le niveau d’inflammation du foie.

Traitement de l'hépatite A chez le nourrisson

L’hépatite A de bébé, se résolvant d’elle-même, ne bénéficie d’aucun traitement particulier. On se borne ainsi à soigner les symptômes : faire baisser la fièvre, combattre les maux de ventre… Faute de traitement spécifique, une personne contaminée par le virus de l’hépatite A doit protéger son foie en bannissant l’alcool et certains médicaments (paracétamol, antiémétiques) et remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée. Elle doit aussi absolument veiller à éviter tout risque de contamination pour son entourage en appliquant des règles simples d’hygiène (lavage systématique et précautionneux des mains, désinfection des toilettes etc.).

Dans le cadre d’une infection à VHB, il s’agit notamment d’injection d’interféron associée à une prise de médicaments antiviraux. Les derniers traitements donnent de bons résultats et permettent de stabiliser la maladie. La prise en charge du VHC a aussi beaucoup progressé depuis quelques années.

Prévention de l'hépatite A chez le nourrisson

Pour prévenir l’infection, il existe des vaccins sûrs et efficaces contre l'hépatite A. Ils contiennent des virus de l'hépatite A inactivés et assurent une immunité active contre l'infection. Les anticorps protecteurs apparaissent dès la première injection chez 80 % des individus vaccinés après deux semaines et presque 100 % au bout de trois semaines.

Il existe néanmoins un vaccin anti VHA, intéressant avant d’emmener bébé explorer d’autres régions du monde. Le vaccin contre l’hépatite B est particulièrement recommandé aux bébés nés d’une mère portant le virus VHB, car il réduit les risques de développer la maladie par la suite.

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Le vaccin est très efficace contre la maladie. Les anticorps contre le virus apparaissent dans 98 à 100% des cas après la première dose. Le vaccin contre l’hépatite A est un vaccin inactivé.

Vaccins disponibles

Trois vaccins sont actuellement disponibles contre l’hépatite A seule (dont deux avec un dosage pédiatrique).

  • Avaxim 160 U® à partir de l’âge de 16 ans et Avaxim 80® en usage pédiatrique Ils s’administrent selon le même protocole : 1 injection, rappel 6 à 12 mois plus tard pour une protection à vie.
  • VAQTA 50 U recommandé chez les adultes sains à partir de 18 ans.
  • Le Twinrix® est un vaccin combiné contre les hépatites A et B. Il existe une forme pour l’adulte (>16 ans) et une pour l’enfant (1 à 15 ans). Le schéma recommandé comprend trois doses, les deux premières à un mois d’intervalle, la troisième six mois plus tard. Pour le vaccin combiné de l’hépatite A et de la fièvre typhoïde Tyavax®, indiqué à partir de 16 ans, la protection est obtenue quatorze jours après l’administration d’une seule dose.
  • HAVRIX NOURRISSONS ET ENFANTS 720 U/0,5 mL est indiqué pour l’immunisation active contre l'infection par le virus de l’hépatite A (VHA) chez les sujets âgés de 1 à 15 ans inclus. Après la primovaccination avec HAVRIX NOURRISSONS ET ENFANTS 720 U/0,5 mL, une dose de rappel est recommandée pour assurer une protection à long terme. Afin d'assurer une protection à long terme, une dose de rappel doit être administrée entre 6 et 12 mois après la première dose de HAVRIX NOURRISSONS ET ENFANTS 720 U/0,5 mL ou HAVRIX 1440 U/1 mL ADULTES. Cependant, si la dose de rappel n'a pas été administrée entre 6 et 12 mois après la primovaccination, l'administration de cette dose de rappel peut se faire jusqu'à 5 ans après la première dose. Havrix peut être administré en même temps que des immunoglobulines.

Havrix est une suspension liquide trouble. Pendant le stockage, un fin dépôt blanc avec un surnageant incolore peut se former. Avant administration, le vaccin doit être inspecté visuellement pour mettre en évidence la présence de toute particule étrangère et/ou altération de l'aspect physique. Avant l'utilisation de Havrix, la seringue préremplie doit être bien agitée pour obtenir une suspension blanche légèrement opaque.

Recommandations particulières concernant la vaccination

  • Vaccination autour d’une personne infectée : Afin d’éviter une contamination de ses proches, la vaccination est recommandée dans un délai maximal de 14 jours pour l’entourage familial d’une personne atteinte d’hépatite A (ou vivant sous le même toit). Pour les autres personnes de l’entourage, une prise de sang sera d’abord réalisée pour vérifier l’absence d’antécédent d’hépatite A (la vaccination est inutile si une personne a déjà eu une hépatite A).
  • La vaccination est également recommandée au sein d’une communauté en situation d’hygiène précaire, lorsqu’il existe un cas d’hépatite A.
  • La vaccination contre l’hépatite A est pratiquée de manière systématique chez les militaires depuis 1994.
  • La vaccination est recommandée à partir de l’âge d’1 an pour tous les voyageurs devant séjourner dans une région du monde où l’hygiène est précaire, quelles que soient les conditions du séjour.
  • Sont également concernés les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées, les personnes atteintes de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire susceptible d’évoluer vers une hépatopathie chronique (notamment dues au virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool), les enfants à partir de l’âge d’un an nés de familles dont au moins l’un des membres est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner et enfin les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Informations complémentaires sur les vaccins

Le vaccin est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C. Il ne doit pas être congelé. La vaccination peut être réalisée en libéral, à l’hôpital, en pharmacie, en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans) ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public, dans un Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) ou dans un centre de vaccinations internationales. Dans ce dernier cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place. L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles. Il n’y a pas d’avance de frais dans les centres de vaccination publics, en PMI et dans les CeGIDD. Le vaccin est administré par voie intramusculaire. Comme pour les autres vaccins, l'administration de Havrix doit être différée chez les sujets souffrant d'une maladie fébrile aiguë et sévère. Une syncope (évanouissement) peut survenir après toute vaccination, voire même avant, en particulier chez les adolescents, en réaction psychogène à l'injection avec une aiguille. Ceci peut s'accompagner de plusieurs signes neurologiques comme des troubles visuels transitoires, une paresthésie et des mouvements tonico-cloniques des membres pendant la phase de récupération. Des sujets peuvent être dans la période d'incubation d'une infection par le virus de l'hépatite A au moment de la vaccination. La réponse immunitaire à Havrix peut être altérée chez les sujets immunodéprimés. Ces sujets nécessitent toujours l'administration d’un schéma de vaccination à 2 doses. Havrix doit être administré avec prudence aux sujets présentant une thrombocytopénie ou un trouble de la coagulation, car un saignement peut survenir après une administration intramusculaire. Exceptionnellement et conformément aux recommandations officielles, le vaccin peut être administré par voie sous-cutanée à ces patients. Toutefois, cette voie d'administration peut entraîner une réponse sous-optimale des anticorps anti-VHA. Ce vaccin contient 25 microgrammes de polysorbate 20 par dose. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination.

Évolution et complications potentielles

Contrairement aux hépatites B et C, cette infection n’évolue pas vers une hépatite chronique. Cependant, il existe quelques formes sévères appelées « fulminantes » : une insuffisance hépatique aiguë se développe alors en quelques semaines, conduisant au décès en l’absence de transplantation hépatique. La sévérité de la maladie augmente avec l’âge. Le taux de mortalité est inférieur à 0,5 % des personnes infectées mais peut atteindre 1,5 % chez les plus de 50 ans. La majorité des hépatites A guérissent en quelques semaines. Néanmoins, le virus peut entraîner, dans de rares cas, une hépatite fulminante et conduire au décès.

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