La ligature des trompes est une méthode de stérilisation à visée contraceptive chez la femme, considérée comme irréversible et supprimant ainsi toute capacité de procréer. En 2023, plus de 20 000 femmes en France ont eu recours à cette intervention chirurgicale, également appelée occlusion tubaire bilatérale (OTB). Cette méthode contraceptive consiste à empêcher le passage des spermatozoïdes dans les trompes de Fallope, empêchant ainsi la fécondation de l’ovule. La technique chirurgicale coupe une partie du conduit ou enlève une partie importante des trompes. Elle est considérée comme une méthode contraceptive sûre, permanente et irréversible.

Qu'est-ce que la ligature des trompes ?

Les trompes de Fallope sont des conduits de 10 à 14 cm reliant les ovaires à l'utérus. Elles jouent un rôle essentiel dans la reproduction en accueillant l'ovocyte, en aidant au déplacement des spermatozoïdes et en transportant l'ovocyte fécondé vers l'utérus. La ligature des trompes vise à fermer le passage de ces tubes utérins pour éviter la fécondation.

Motifs pouvant motiver la ligature des trompes

Plusieurs raisons peuvent amener une femme à opter pour cette méthode de stérilisation définitive :

  • Souhait de contraception permanente : Pour celles qui ne souhaitent plus avoir d'enfants. Que votre foyer soit complet ou que vous soyez sûre de ne pas vouloir d’enfant, ni maintenant, ni dans le futur, opter pour une contraception définitive peut être une bonne option.
  • Contre-indications médicales : Lorsque les contraceptifs temporaires sont impossibles ou pour prévenir une grossesse à risque pour la mère ou l'enfant en raison de conditions médicales préexistantes. La ligature des trompes peut être recommandée dans le cas ou le recours à des dispositifs contraceptifs temporaires tels que la pilule, le patch, l’implant ou les dispositifs intra-utérins n’est pas possible pour des raisons médicales ou pour prévenir une grossesse dans le cas où cette dernière représenterait un risque pour la santé de la future mère ou de l’enfant à venir en raison de conditions médicales préexistantes.

Procédure administrative

La loi du 4 juillet 2001 a introduit le recours à la ligature des trompes. Cette méthode de stérilisation à visée contraceptive a ensuite fait l’objet d’une circulaire, afin que les professionnels de santé connaissent la marche à suivre avant l’intervention de leurs patientes. La ligature des trompes étant irréversible, le corps médical doit s’assurer de bien respecter les étapes suivantes avant cette méthode définitive.

  1. Première consultation : Le médecin informe la patiente des risques, conséquences et alternatives, lui remet un dossier d'information écrit et s'assure de sa volonté libre et éclairée. Cette première consultation a un objectif double : le médecin s’assure que la personne intéressée par la stérilisation à visée contraceptive est bien majeure, consentante. Sa volonté doit être libre, motivée et délibérée. Pour cela, il lui transmet toutes les informations sur les techniques de stérilisation proposées, les modalités de l’intervention, ses conséquences, ainsi que ses risques éventuels via un dossier écrit. Quant à la patiente, celle-ci doit soumettre sa demande de stérilisation et la justifier auprès du médecin. Une fois la consultation finie, une attestation de consultation médicale est remise à la patiente. Si le médecin ne souhaite pas pratiquer cet acte à visée contraceptive, l’intéressée est informée de son refus au cours de cette première consultation.
  2. Délai de réflexion : Un délai de 4 mois est obligatoire avant de confirmer la décision. Le médecin ne peut procéder à une stérilisation à visée contraceptive qu’à l’issue d’un délai de quatre mois après la première consultation médicale préalable. Ce temps de réflexion est indispensable pour permettre à la personne concernée d’exercer un choix responsable.
  3. Deuxième consultation : La patiente confirme par écrit sa décision. Si la réflexion menée au cours de ce délai conduit la personne concernée à maintenir sa demande initiale de stérilisation, l’intéressée confirme par écrit sa volonté d’accéder à cette intervention. Toutefois, un désistement de dernière minute peut très bien arriver. Dans ce cas, la loi autorise la future patiente à retirer son consentement à tout moment avant l’intervention.

La stérilisation est remboursée à 65 % par l'assurance-maladie. La part supplémentaire peut éventuellement être prise en charge par la mutuelle santé.

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Déroulement de l'opération

La ligature des trompes est une intervention chirurgicale qui est réalisée sous anesthésie générale ou locale, par un médecin en établissement de santé (public ou privé). Cette opération nécessite une hospitalisation de 1 à 3 jours. L’intervention est courte, et l'hospitalisation le plus souvent en ambulatoire, c'est-à-dire que la patiente peut rentrer à son domicile le soir de l’intervention. Plusieurs techniques de stérilisation féminine permettent de parvenir à l’occlusion des trompes, empêchant ainsi la rencontre des spermatozoïdes et de l’ovules : soit en les ligaturant et en les sectionnant ; soit en les électro-coagulant ; soit en les pinçant avec un anneau ou un « clip ». Une fois l'accès obtenu, le chirurgien procède à la ligature des trompes en utilisant différentes techniques telles que l'application de clips spéciaux, la ligature avec des sutures, des agrafes ou encore en brûlant ou en coupant une petite partie des trompes. Une fois que les trompes sont ligaturées et que le chirurgien s'assure qu'il n'y a pas de saignement excessif, les incisions sont refermées.

  • Techniques chirurgicales :

    • Coelioscopie : Petite ouverture de l'abdomen permettant une intervention par voie endoscopique. Coelioscopie ;
    • Laparotomie : Incision autour du nombril. Ouverture de l’abdomen (par exemple lors d’une césarienne) ;
    • Colpotomie : Ouverture en intravaginal. Incision réalisée au-dessus du pubis ou au fond du vagin.
  • Méthodes d'occlusion des trompes :

    • Application de clips spéciaux
    • Ligature avec des sutures
    • Agrafes
    • Cautérisation (électrocoagulation)
    • Section des trompes

Avant 2017, il existait une méthode par hystéroscopie, en passant par les voies naturelles sous anesthésie locale pour mettre en place un implant provoquant une inflammation locale puis disparition progressive et totale des trompes en 3 mois. Mais de nombreux effets secondaires ont conduit à l’arrêt de cette méthode.

Risques et complications

Bien que la ligature des trompes soit considérée comme sûre, elle comporte des risques :

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  • Complications chirurgicales : Infection, saignement excessif, réactions à l'anesthésie. Comme pour toute opération, il existe un risque d'infection, de saignement excessif ou de réactions négatives à l'anesthésie
  • Syndrome post-ligature : Douleurs pelviennes, changements hormonaux, cycles irréguliers, bouffées de chaleur (rare). Certaines femmes peuvent ressentir des symptômes tels que des douleurs pelviennes, des changements hormonaux, des cycles menstruels irréguliers ou des bouffées de chaleur après la ligature des trompes
  • Grossesse extra-utérine : Risque accru si l'occlusion est incomplète ou en cas de réversion. Si l’occlusion n’est pas complète, ou en cas de volonté de réversion de la procédure, l’inflammation et la modification de l’aspect des trompes pour empêcher la nidation de l’embryon dans l'utérus, et provoquer ainsi des grossesses extra utérine. Tout retard de règle à la suite d'une telle intervention doit amener à consulter un médecin au plus vite
  • Échec de la procédure : Bien que rare, une grossesse peut survenir.

Les premiers jours qui suivent l’opération nécessitent une surveillance, car la plupart des complications surviennent pendant cette période.

  • Complications pendant l’intervention
    • Blessure des organes de voisinage Les organes voisins sont les vaisseaux (artères et veines iliaques), les uretères, l’utérus, la vessie. Ces lésions peuvent être favorisées par la complexité de l’intervention ou par une anatomie atypique.
    • Hémorragie Une hémorragie peut intervenir pendant l’intervention. Sa maitrise peut amener le chirurgien à modifier le déroulement de l’opération pour réparer le vaisseau endommagé. Une transfusion peut être nécessaire.
  • Complications à distance
    • Infection Malgré les précautions d’asepsie et les antibiotiques administrés préventivement au début de l’opération, une infection peut survenir. Son traitement sera adapté à son type, superficiel ou profond et sa sévérité : antibiotiques, évacuation, ponction radiologique, chirurgie de drainage.
    • Hémorragie Malgré une opération sans incident, un saignement peut apparaitre dans les jours qui suivent. Ils peuvent être à l’origine d’hématomes ou imposer une transfusion, une réintervention ou un geste sous contrôle radiologique pour les stopper.
    • Phlébite, embolie Une phlébite, définie par l'apparition d'un caillot dans une veine profonde, voire une embolie pulmonaire définie par la migration d'un tel caillot dans les poumons, sont des complications rares. Dans certain cas, un traitement anticoagulant préventif et l’utilisation de contentions veineuses (bas de contention) seront nécessaires.
    • Complication nerveuse Des lésions nerveuses peuvent survenir lors de la procédure chirurgicale avec des séquelles fonctionnelles. Des compressions nerveuses peuvent survenir en lien avec la position du patient pendant l’intervention. Une compression des nerfs peut entraîner une paralysie temporaire ou définitive de certains muscles. Ces lésions disparaissent en général, en quelques semaines, sans séquelle. Des examens de diagnostic (électromyogramme) et des séances de kinésithérapie peuvent être envisagées pour faciliter la récupération.
    • Occlusion intestinale Elle est le plus souvent fonctionnelle et se lève après une surveillance. Toute chirurgie comporte des risques, y compris vitaux, pas toujours prévisibles.

Après votre retour au domicile, la survenue de certains signes que vous jugez anormaux doivent vous conduire à contacter votre chirurgien sans attendre la consultation postopératoire : essoufflement, douleurs abdominales aigues ou intenses, fièvre, douleurs sur les cicatrices, vomissements, absence de transit.

Il faut noter que la ligature des trompes n'a pas d'effet sur l'équilibre hormonal, le désir et le plaisir sexuels.

Grossesse après ligature des trompes

Bien que la ligature des trompes soit considérée comme une méthode de contraception permanente, des grossesses peuvent survenir dans de rares cas (environ 1 cas sur 200). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela :

  • Échec de la ligature : Les trompes ne sont pas totalement obstruées.
  • Récanalisation spontanée : Les trompes se reconnectent naturellement avec le temps.
  • Grossesse extra-utérine : L'œuf fécondé s'implante en dehors de l'utérus, généralement dans une trompe.

Symptômes d'une grossesse après ligature

Les symptômes sont similaires à ceux d'une grossesse normale :

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  • Retard de règles
  • Nausées matinales
  • Seins tendus et douloureux
  • Fatigue intense
  • Prise de poids
  • Ballonnements
  • Changements d'humeur
  • Besoin d'uriner fréquent
  • Sensibilité aux odeurs accrue

Il est crucial de consulter un médecin rapidement en cas de suspicion de grossesse après ligature, en raison du risque accru de grossesse extra-utérine. Si tu ressens ces symptômes, fonce aux urgences sans attendre : douleurs abdominales intenses d’un seul côté, saignements vaginaux anormaux, douleurs à l’épaule (bizarrement, c’est un signe typique), malaise ou évanouissement, nausées et vomissements très intenses

Options en cas de grossesse désirée

Si une grossesse survient après une ligature des trompes et est désirée, plusieurs options sont possibles :

  • Suivi médical renforcé : Pour surveiller l'évolution de la grossesse et dépister d'éventuelles complications.
  • Fécondation in vitro (FIV) : Technique de procréation assistée permettant de contourner les trompes obstruées. La fécondation in vitro est la technique de choix pour ces patientes. Une autre option est le traitement de réception de gamètes (ovules et/ou sperme), qui consiste à faire appel à un donneur d’ovules ou de sperme parce que la fertilité de l’un des partenaires peut être altérée, soit en raison de l’âge, ce qui serait le cas le plus fréquent, soit en raison d’une cause médicale ou d’une altération. L’adoption d’embryons est une autre option très courante dans les traitements après ligature des trompes, car il existe des personnes qui, pour des raisons médicales ou autres, doivent ou décident de renoncer à leur patrimoine génétique. Si vous avez subi une ligature des trompes et que vous avez encore des doutes sur la façon de redevenir mère après une ligature, ou si vous ne savez toujours pas quels sont les traitements de procréation assistée disponibles qui pourraient vous aider à réaliser votre rêve, vous pouvez nous contacter par téléphone au 966 87 87 82.

Alternatives à la ligature des trompes

Si vous hésitez encore à passer le cap de la ligature des trompes, d’autres méthodes de contraception, autre que la stérilisation, permettent d’éviter de façon réversible la grossesse et concerne aussi bien les hommes que les femmes.

  • Contraception hormonale : Pilule, anneau contraceptif, patch contraceptif. La pilule, l’anneau contraceptif ou le timbre contraceptif bloquent l’ovulation.
  • Dispositifs intra-utérins (stérilet) : Empêche l'implantation de l'œuf. Le stérilet, quant à lui, empêche l’implantation de l'œuf
  • Préservatifs : Féminin ou masculin, ils font barrage à la fécondation. Le préservatif fait barrage à la fécondation.

La ligature des trompes est-elle réversible ?

Contrairement à la vasectomie, la ligature des trompes n'est généralement pas considérée comme réversible. Bien que des procédures de réversion des trompes, telles que la chirurgie de recanalisation ou la fécondation in vitro avec insémination intra-tubaire, puissent être tentées dans certains cas, elles ne garantissent pas le rétablissement de la fertilité avec succès. De plus, même si une grossesse réussie survient après une réversion des trompes, il existe un risque accru de grossesse extra-utérine, ce qui peut être dangereux pour la santé de la femme.

Par conséquent, il est important pour les femmes qui envisagent une ligature des trompes de comprendre que cette procédure est généralement permanente et irréversible. Souvent, les circonstances de chaque personne changent au fil des ans, ce qui fait que des décisions qui, a priori, pouvaient sembler les meilleures, finissent par ne plus avoir de sens à l’avenir.

Réversion de la ligature des trompes

Bien que la ligature des trompes soit généralement considérée comme irréversible, il existe des options pour tenter de rétablir la fertilité :

  • Chirurgie de recanalisation : Vise à reconnecter les trompes sectionnées.
  • Fécondation in vitro (FIV) : Technique de procréation assistée permettant de contourner les trompes obstruées.

Cependant, ces procédures ne garantissent pas le succès et peuvent augmenter le risque de grossesse extra-utérine.

Idées reçues sur la ligature des trompes

  • La ligature des trompes est très efficace : VRAI La ligature des trompes est une procédure permettant un taux de réussite de la contraception de 99,5 %. La pilule contraceptive n’est quant à elle efficace qu’à 91 %. Attention toutefois : elle ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles.
  • La ligature des trompes est irréversible : VRAI ET FAUX Comme c’est le cas pour la vasectomie, la ligature des trompes est une procédure qui pourrait, en théorie, être réversible. Toutefois, il vaut mieux la considérer comme permanente et être sûre de sa décision car revenir en arrière peut être difficile : les procédures de réversion, appelées anastomoses tubaires, ne garantissent pas toujours le rétablissement de la fertilité. Leur fiabilité dépend aussi de la technique utilisée pour l’occlusion et du temps écoulé depuis la chirurgie.
  • La ligature des trompes entraîne des déséquilibres hormonaux : FAUX La ligature des trompes n’est pas une méthode de contraception hormonale et n'affecte pas le cycle menstruel ni la libido. Vous ne prendrez ainsi pas de poids des suites de l’opération. Les ovaires continuent simplement de produire des ovules, sans pouvoir atteindre l'utérus.
  • La ligature des trompes réduit le risque de cancers : VRAI ET FAUX Si elle ne permet pas de réduire le risque de tous les cancers dits féminins, elle réduirait le risque de cancer de l’ovaire chez les femmes qui sont porteuses du gène BRCA1.
  • La ligature des trompes coûte cher : FAUX L’intervention est remboursée à 65 % par l’Assurance maladie. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle pour le remboursement de la part supplémentaire.

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