La menace d’accouchement prématuré (MAP) est une complication de la grossesse qui se définit par un risque d’accouchement spontané avant la 37e semaine d’aménorrhée (8 mois et demi de grossesse). Elle est la première cause d’hospitalisation pendant la grossesse et concerne environ 10% des femmes enceintes.

Reconnaître une menace d'accouchement prématuré

Il est essentiel de savoir reconnaître les signes d'alerte d'une MAP pour une prise en charge rapide et efficace. Certains signes comme des contractions utérines régulières ou un col raccourci avant la 37e semaine d’aménorrhée peuvent faire craindre un accouchement prématuré.

Signes et symptômes à ne pas négliger

Les signes annonciateurs d’un accouchement prématuré sont peu ou prou les mêmes que ceux d’un accouchement à terme. Si vous êtes enceinte et que vous ressentez l'un de ces symptômes, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé pour évaluer la situation :

  • Contractions utérines fréquentes : lorsqu’une femme ressent des contractions régulières (plus de 4 par heure) ;
  • Douleurs abdominales ou pelviennes : des douleurs persistantes ou une sensation de pression accrue dans le bas de l'abdomen ou dans la région pelvienne ;
  • Saignements vaginaux : des saignements vaginaux, même légers, avant la date prévue d'accouchement.
  • Des contractions associées à une modification du col de l’utérus.
  • Parfois des saignements ou un écoulement de liquide.

Diagnostic de la MAP

Le diagnostic de la menace d’accouchement prématuré est avant tout clinique. « On utilise également l’échographie par voie endo-vaginale pour mesurer la longueur du col utérin », ajoute le Dr Multon. Pour la diagnostiquer, votre gynécologue procédera à un examen gynécologique et à un prélèvement pour rechercher la présence d’un agent microbien. Une hospitalisation peut être nécessaire pour réaliser un monitoring.

Causes de la menace d'accouchement prématuré

Les causes de la menace d’accouchement prématuré sont multiples. Il est souvent impossible d'attribuer une cause unique, car plusieurs facteurs se combinent.

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  • Infections: Une infection urinaire (fréquente pendant la grossesse) peut être à l’origine d’une menace d’accouchement prématuré. Une infection du col de l’utérus et du vagin peut aussi être responsable d’une MAP. Les infections de la mère sont la cause la plus fréquente des accouchements prématurés. Qu’elles se situent au niveau du vagin, des voies urinaires ou des dents, ces infections se traduisent toutes par une inflammation qui favorise l’apparition des contractions.
  • Grossesses multiples: Le risque d’accouchement prématuré est plus important lorsque la future maman attend des jumeaux ou des triplés. « L’utérus est un peu trop petit pour contenir deux ou trois enfants, expliquent les auteurs du Grand livre de ma grossesse. Cet accouchement prématuré peut être prévenu et retardé par un repos plus important et un arrêt de travail avant l’accouchement précoce (12 semaines avant le terme pour des jumeaux, 24 semaines pour des triplés).
  • Antécédents de MAP: Les femmes qui ont des antécédents de MAP sont plus à risque d’accoucher précocement.
  • Facteurs socio-économiques, psychologiques et environnementaux: Enfin, des facteurs socio-économiques, psychologiques et environnementaux peuvent entraîner un accouchement prématuré. Toutes les études montrent que le risque d’accouchement prématuré est d’autant plus important que le niveau socio-économique de la femme enceinte est moins élevé. De plus, les conditions de travail ont un rôle non négligeable.
  • Problèmes médicaux: Des pathologies comme le diabète, l'hypertension, et les infections peuvent augmenter le risque d'accouchement prématuré.
  • Tabagisme, alcool et drogues: La consommation de ces substances peut augmenter le risque d'accouchement prématuré.
  • Stress: Un niveau élevé de stress chez la mère peut contribuer à déclencher un accouchement prématuré.
  • Âge maternel: Les adolescentes et les femmes de plus de 35 ans ont un risque légèrement plus élevé d'accouchement prématuré.
  • Problèmes utérins ou cervicaux: Les anomalies anatomiques peuvent parfois entraîner un accouchement prématuré. Certaines menaces d’accouchement prématuré sont dues à une béance du col utérin.
  • Décollement prématuré du placenta: Lorsque le placenta se détache trop tôt, cela peut conduire à un accouchement prématuré. Un placenta bas, inséré près du col de l’utérus, peut également être à l’origine d’un accouchement prématuré, surtout lorsqu’il est accompagné de saignements.
  • Facteurs génétiques: Les femmes qui sont elles-mêmes nées prématurément ou qui ont un frère ou une sœur né(e) prématurément ont un risque 50 à 60 % plus élevé d'accoucher prématurément.

Prise en charge de la menace d'accouchement prématuré

La prise en charge d’une menace d’accouchement prématuré dépend du degré de sévérité de celle-ci. Face à une MAP, l'objectif de l’équipe médicale est de retarder le plus possible l'accouchement spontané et de réduire le risque de complications pour le bébé.

Hospitalisation et repos

Si la menace d’accouchement prématuré est confirmée, il peut être nécessaire d’hospitaliser la future maman. « La prise en charge va dépendre de la modification du col, de l’importance des contractions et des causes de la menace d’accouchement prématuré, poursuit le spécialiste. Une hospitalisation permet de mettre un coup d’arrêt à l’activité de la future maman - rappelons que la menace d’accouchement prématuré survient souvent dans un contexte de suractivité ! Devant des contractions peu importantes et un col peu modifié, la mise au repos strict peut suffire. Levez le pied ! « N’hésitez pas à vous reposer quand cela est possible et à mener une vie calme pendant la grossesse ! Ce n’est pas le moment d’entreprendre des grands voyages ni de pratiquer des sports violents. Il faut tout mettre en œuvre pour que l’enfant naisse à terme », confirme les auteurs du Grand livre de ma grossesse.

Traitements médicaux

Le traitement dépendra ensuite de la cause de la menace d’accouchement prématuré, de sa sévérité et du terme de la grossesse auquel elle survient.

  • Tocolytiques: « Si les contractions sont nombreuses et persistent avec le repos, on mettra en place un traitement (tocolytique) par voie intraveineuse afin de stopper les contractions. Outre un antagoniste de l’ocytocine pour arrêter les contractions.
  • Corticostéroïdes: En fonction de l’avancée de son terme, la future maman sera alors hospitalisée dans une maternité de type III (avec réanimation néonatale) ou de type II. On lui administrera également des corticoïdes afin d’accélérer la maturation des alvéoles pulmonaires du fœtus. Si une menace d’accouchement prématuré est détectée, vous serez orientée avant la naissance vers un centre périnatal adapté, de façon à éviter le transfert de l’enfant après la naissance. Des corticoïdes vous seront administrés à deux reprises par voie intramusculaire ou intraveineuse à 24 heures d’intervalle. Ces médicaments permettront, entre autres, d’augmenter la production de surfactant de votre enfant afin de l’aider à s’adapter à l’air libre. Corticostéroïdes : ils sont administrés pour stimuler le développement pulmonaire du fœtus en cas de risque d'accouchement prématuré imminent.
  • Cerclage: Certaines menaces d’accouchement prématuré sont dues à une béance du col utérin. Afin d’y remédier, votre gynécologue peut vous proposer de réaliser un cerclage. « Cette intervention, réalisée vers 12-14 SA sous anesthésie locale ou péridurale, consiste à passer un gros fil non résorbable entre la muqueuse et le muscle utérin de façon à faufiler le col utérin, explique le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Le fil est serré et noué, de façon à fermer le col. Bien entendu, ce fil sera retiré vers 37 SA, voire avant, si, malgré le cerclage, un accouchement prématuré survient. L’ablation du fil est simple et indolore : pour le praticien, il suffit de mettre un spéculum pour voir le bout du fil au-dessus du nœud et de le sectionner avec des ciseaux.

Prévention de l'accouchement prématuré

Certaines mesures peuvent aider à réduire le risque d’accouchement prématuré :

  • Suivi médical régulier : Assurez-vous de vous rendre à tous vos examens prénataux mensuels et suivez les recommandations du médecin qui suit votre grossesse. Le suivi médical au cours de la grossesse permet de repérer des situations à risques et de dépister des complications susceptibles de conduire à un accouchement prématuré (retard de croissance, hypertension maternelle…).
  • Adopter un mode de vie sain : Manger équilibré et rester active (avec l'approbation de votre médecin).
  • Éviter les substances : Arrêter ou réduire drastiquement sa consommation de tabac, d'alcool et de drogues peut contribuer à réduire le risque.
  • Gestion du stress : Trouver des moyens efficaces pour gérer le stress peut être bénéfique. Des techniques de relaxation ou des activités apaisantes telles que le yoga prénatal peuvent aider.
  • Éviter les infections : Prenez des précautions en adoptant une bonne hygiène des mains afin de réduire le risque de transmission virale. Pendant la grossesse, il est également nécessaire d’adapter ses habitudes alimentaires afin d’éviter toute infection alimentaire (nettoyage des fruits et légumes, pas de consommation d’aliment à base de lait cru, éviter certains aliments crus tels que la viande, le poisson et l’œuf…).
  • Traitement des problèmes médicaux : Si vous vous présentez des problèmes médicaux comme du diabète ou de l'hypertension, assurez-vous de bien les contrôler avec l'aide de votre médecin.
  • Éviter les grossesses rapprochées : Un intervalle d’au moins 12 mois entre les grossesses peut aider à réduire le risque de travail prématuré.
  • Prenez des précautions supplémentaires si vous êtes à risque : Si vous avez des antécédents d’accouchement prématuré, une pathologie gynécologique ou d'autres facteurs de risque, discutez-en avec votre gynécologue ou votre sage femme afin d’élaborer un plan de prévention adapté.

Risques associés à l'accouchement prématuré

Un accouchement prématuré peut engendrer de nombreux risques pour la santé de l'enfant et de la mère.

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Risques pour le bébé

Lorsque bébé naît prématurément, certaines fonctions de son organisme ne sont pas encore matures. Les bébés prématurés, nés avant terme, sont exposés à des risques importants liés à l’immaturité de leurs organes. Plus la naissance survient tôt, plus les risques sont élevés. Il n’existe pas de données scientifiques précises qui relient le développement normal d’un nouveau-né prématuré à son poids ou son âge de naissance. Le pronostic est très variable et dépend du contexte dans lequel votre bébé a évolué pendant la grossesse. Hypertension, maladies durant la grossesse, infections de la mère, peuvent modifier la résistance de l’enfant. Le dialogue est très important, il s’agit de trouver le meilleur projet pour le bien-être de votre nouveau-né et de votre famille.

  • Problèmes respiratoires : Les poumons du bébé prématuré peuvent ne pas être suffisamment développés, ce qui peut entraîner des difficultés respiratoires, nécessitant parfois une assistance respiratoire.
  • Problèmes cardiaques : Certains bébés prématurés peuvent avoir des troubles cardiaques en raison de l'immaturité de leur système cardiovasculaire.
  • Problèmes neurologiques : Un accouchement prématuré peut augmenter le risque de troubles neurologiques chez le bébé, tels que des saignements dans le cerveau.
  • Difficultés alimentaires : Les bébés prématurés peuvent avoir des difficultés à téter ou à avaler, nécessitant parfois une alimentation spéciale ou une nutrition par sonde.
  • Infections : Les bébés nés prématurément peuvent être plus sensibles aux infections en raison d'un système immunitaire moins développé.
  • Problèmes de croissance et de développement : Les prématurés peuvent avoir un retard de croissance ou des retards dans le développement moteur, cognitif ou sensoriel.

Il est important de noter que tous les bébés prématurément ne présentent pas nécessairement ces complications et que de nombreux prématurés se développent normalement avec des soins médicaux appropriés. Cependant, le risque de pathologies est plus élevé chez les bébés nés prématurément par rapport à ceux nés à terme.

Risques pour la mère

Un accouchement prématuré peut également comporter des risques pour la santé de la mère :

  • Stress émotionnel : L'expérience d'un accouchement prématuré peut être très stressante et émotionnellement difficile pour la jeune mère, en raison des préoccupations pour la santé de son enfant né prématurément.
  • Risque accru pour les grossesses futures : Les femmes ayant déjà eu un accouchement prématuré ont un risque plus élevé de connaître des accouchements prématurés pour leurs grossesses futures.
  • Problèmes de santé mentale : Le stress et l'anxiété liés à un accouchement prématuré peuvent augmenter le risque de problèmes de santé mentale tels que la dépression post-partum.

Suite à une naissance prématurée, il est important d’avoir un soutien médical et émotionnel approprié pour récupérer au mieux de l’accouchement.

L'après-MAP : Soins et suivi du bébé prématuré

Lorsque bébé naît prématurément, certaines fonctions de son organisme ne sont pas encore matures. « Les nouveau-nés prématurés devront donc bénéficier de soins particuliers dans des services de soins intensifs, car ils peuvent avoir de la peine à respirer et à digérer, confirme le CNGOF. Votre bébé est tout petit. Il pèse parfois moins de 1000 grammes. Sa peau est fine et de couleur rouge sombre. Vous pourrez observer que sa pilosité, ses mamelons et les sillons de sa main ne sont pas encore développés. Il va dormir beaucoup mais parfois il sera bien éveillé et il vous sera tout à fait possible d’entrer en relation avec lui, d’abord par le regard et par le toucher. Parlez-lui. L’équipe médicale vous expliquera que, immédiatement après l’accouchement, votre bébé a besoin d’une stabilisation. Votre enfant doit en effet s’adapter à ce changement radical de milieu. On lui procure ensuite si besoin une assistance respiratoire ainsi que du surfactant pulmonaire dès les premières minutes. Il s’agit toutefois rarement d’une véritable réanimation. La survenue de complications respiratoires et circulatoires, ainsi que de troubles digestifs sont les principaux risques liés à la prématurité, c’est pourquoi votre nourrisson va être surveillé avec attention par l’équipe médicale pendant plusieurs semaines. Il va évoluer peu à peu vers une alimentation et une respiration normale. Une fois son état stabilisé, le peau-à-peau lui permettra de retrouver les sensations (odeur, toucher, bruits du cœur, voix, etc.) qu’il connaît et qui vont le rassurer. Cette méthode favorise la régulation de la température corporelle de votre bébé, lui offrant un environnement sécurisé et stimulant pour son système immunitaire. En établissant ce contact direct, vous renforcez également votre connexion affective avec votre enfant, ce qui est vital pour son bien-être émotionnel et psychologique. L’allaitement maternel est possible et même fortement recommandé pour les prématurés (à défaut, avant 33 semaines, il recevra du lait maternel donné par d’autres mères, provenant du lactarium).

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Importance de l'information et du soutien

Vous êtes enceinte et il existe une menace d’accouchement prématuré ? En tant que parent, vous pouvez vous sentir déstabilisé face aux complications, mais il existe des soins adaptés pour aider votre enfant à grandir dans les meilleures conditions possibles. Après un suivi intensif et un parcours parfois compliqué, le retour à domicile est anxiogène pour les jeunes parents. Le bébé est plus fragile selon son degré de prématurité. In fine, il est essentiel de ne pas hésiter à se faire accompagner par son médecin, sa sage-femme, ou des associations de parents, afin de vivre au mieux cette période délicate.

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