L'omniprésence des ralentisseurs, communément appelés "gendarmes couchés", sur les routes françaises suscite un débat passionné. Conçus pour réduire la vitesse des véhicules et assurer la sécurité des usagers, ces dispositifs sont souvent critiqués pour leur non-conformité aux normes, leur signalisation défectueuse et les dommages qu'ils peuvent causer aux véhicules. Cet article se penche sur l'origine, les différents types et la réglementation des gendarmes couchés, ainsi que sur les recours possibles en cas de dommages ou d'accidents.

Origine et Évolution des Ralentisseurs

L'histoire des ralentisseurs remonte au début du 20e siècle aux États-Unis, où les premières mesures pour lutter contre la vitesse excessive des automobiles ont été prises. En 1906, la municipalité de Newark, dans le New Jersey, a installé des pavés aux croisements de la route principale suite à un accident mortel. Ces blocs de pierre partiellement enterrés sont considérés comme les premiers dos d'âne.

En 1953, le scientifique Arthur Holly Compton a revendiqué l'invention d'une "barrière anti-vitesse" en installant un dos d'âne devant l'université de Washington. En Europe, les premiers dispositifs de ce type sont apparus dans les années 1970 aux Pays-Bas, où Joost Váhl a installé des bordures artificielles dans les rues de Delft pour protéger les enfants.

Types de Ralentisseurs

Aujourd'hui, on distingue plusieurs types de ralentisseurs, chacun ayant ses propres caractéristiques et réglementations:

  • Dos d'âne (gendarme couché) : C'est le ralentisseur le plus connu, avec une hauteur de 10 cm et une longueur de 4 m. Il est reconnaissable aux trois triangles implantés au niveau du rampant d'attaque.
  • Ralentisseur trapézoïdal (plateau) : Il est surélevé de 10 cm et sa longueur est variable (de 2,5 à 4 m pour le plateau avec des rampants d'une longueur comprise entre 1 et 1,4 m). L'implantation d'un passage piéton est obligatoire.
  • Coussin berlinois : C'est une plaque carrée surélevée (hauteur 6 à 7 cm, largeur 1,80 m environ), (blanche ou rouge) posée sur chaque côté d'une voie avec 4 bords obliques. Il est conçu pour ne pas gêner la circulation des poids lourds et des deux-roues.

Réglementation des Ralentisseurs

L'implantation et la construction des ralentisseurs sont soumises à des réglementations strictes, notamment le décret 94-447 et la norme NF 98-300. Ces textes définissent les caractéristiques dimensionnelles, la signalisation et les conditions d'implantation des ralentisseurs de type dos d'âne et trapézoïdal.

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Selon la réglementation, les ralentisseurs doivent être signalés par un panneau approprié et surlignés d'une peinture en "dents de requin" sur la partie montante. Ils ne peuvent être implantés que dans les zones 30, à l'entrée de ces zones, et ne doivent pas se trouver sur une route en pente (4 %), à moins de 40 mètres d'un virage (rayon de 200 mètres) ou à moins de 200 mètres d'une limite d'agglomération. Ils sont également interdits sur les voies à grande circulation, celles où passent plus de 3 000 véhicules par jour.

Non-conformité et Dangerosité

Malgré la réglementation, de nombreux ralentisseurs ne respectent pas les normes en vigueur. Des études ont révélé que jusqu'à 33 % des ralentisseurs sont non conformes, présentant des défauts tels que :

  • Hauteur excessive (plus de 10 cm)
  • Pentes trop raides ou trop courtes
  • Signalisation absente ou défectueuse
  • Implantation dans des endroits interdits

Ces non-conformités peuvent rendre les ralentisseurs dangereux pour les usagers, en particulier les deux-roues, et causer des dommages aux véhicules, notamment aux pneus, aux amortisseurs et aux carters.

Recours en Cas de Dommages ou d'Accidents

En cas de dommages causés par un ralentisseur non conforme, l'usager peut engager un recours indemnitaire en responsabilité pour défaut d'entretien de la voirie devant le tribunal administratif compétent. Il devra démontrer la non-conformité du ralentisseur en s'appuyant sur le non-respect de sa hauteur ou de sa longueur.

La procédure à suivre est la suivante:

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  1. Adresser une demande d'indemnité à la municipalité, responsable de la voirie, en lettre recommandée avec accusé de réception. La demande doit contenir un exposé détaillé des faits, une description des dommages et le montant des réparations.
  2. En cas de refus de la commune, un recours auprès du tribunal administratif est possible. Il faudra établir le lien de causalité entre l'état de la route et les préjudices subis.
  3. En cas d'accident grave, une enquête sera ouverte par un juge, qui mandatera des experts pour vérifier si le ralentisseur est conforme ou non.

Il est également possible de saisir la Commission départementale de sécurité routière ou de rechercher des soutiens et des témoignages auprès de riverains ou d'autres usagers.

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