Revue par le Dr Camille Thevenin-Lemoine, Chirurgien orthopédiste, Mise à jour le 12/12/2023.
Cet article aborde la fracture de l'humérus chez l'enfant, en détaillant les causes, les symptômes et les différentes options de traitement disponibles. Il est essentiel de comprendre que la prise en charge d'une fracture de l'humérus est différente chez l'enfant et chez l'adulte, en raison de la nature de leurs os.
Qu'est-ce qu'une Fracture de l'Humérus chez l'Enfant ?
L’humérus est l’os long situé dans le bras. Ses deux extrémités sont appelées épiphyses : elles s’articulent en haut avec la scapula (anciennement omoplate) et en bas avec les deux os de l’avant-bras : le radius et l’ulna (anciennement cubitus). On appelle tête humorale l’épiphyse au contact de la scapula.
Chez l’enfant, l’os est encore en maturation et moins dur que chez l’adulte. La croissance de l’humérus se termine à 16 ans chez les filles et à 18 ans chez les garçons. C’est pourquoi les enfants sont davantage sujets aux fractures que les adultes, pour un choc équivalent. Les fractures de la tête humérale représentent 20 % de toutes les fractures de l’humérus chez l’enfant. Les garçons sont davantage touchés que les filles (60 % contre 40 %).
Il existe différents types de fractures de l'humérus :
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- Au niveau de l’humérus proximal, c’est-à-dire proche de l’épaule.
- Au niveau de l’humérus distal, c’est-à-dire proche de l’articulation du coude.
- Au niveau de la diaphyse de l’humérus. On parle dans ce cas de fracture de la diaphyse de l’humérus.
Pourquoi un Deuxième Avis est-il Pertinent ?
Un deuxième avis est tout à fait pertinent dans le cadre d’une fracture de la tête humérale chez l’enfant. La capacité de remodelage est certes excellente car l’os est en pleine croissance, c’est pourquoi le traitement orthopédique est souvent adopté. Cependant, une chirurgie est nécessaire dans les situations graves ou complexes, par exemple lorsqu’il subsiste un doute quant à la préservation des fonctions du bras suite à un traitement orthopédique. Dans ce cas, un deuxième avis permet d’apporter des clés supplémentaires et d’impliquer le patient dans la stratégie thérapeutique la plus adaptée à sa situation. En effet, si les fractures simples sont le plus souvent traitées orthopédiquement (c'est-à-dire une immobilisation sans opération), la prise en charge des cas complexes ne fait pas toujours consensus. Différentes techniques chirurgicales existent, dépendant de la situation unique de chaque patient. Elles méritent d’être soigneusement exposées. Certaines complications de ces techniques chirurgicales ne sont pas exclues : lésion du nerf radial (qui paralyse les muscles extenseurs du poignet et de la main), pseudarthrose (absence de consolidation de la fracture) ou encore algodystrophie. La coopération du patient lors de la rééducation est essentielle.
Voici quelques questions à poser lors d'une consultation pour un deuxième avis :
- Ma fracture est-elle grave ? Déplacée ?
- Mes médicaments ne soulagent pas ma douleur. Puis-je augmenter la dose ?
- Puis-je bénéficier d’un traitement orthopédique ?
- On me propose une chirurgie. Quelles en sont les modalités ? Quels sont les avantages et les risques ? Quels résultats sont attendus ?
- Devrais-je suivre une rééducation ?
- Quelle est la localisation de ma fracture sur l’humérus ? Quelle est sa gravité ?
- Mon traitement actuel ne parvient pas à soulager mes douleurs. Quelle est la prise en charge la plus adaptée à ma situation ?
- On me propose de porter un plâtre ou un gilet de contention. Combien de temps devrais-je le porter ?
- On me propose une intervention chirurgicale. En quoi consiste-t-elle ? Quelles en sont les modalités ? Quels sont les risques et les bénéfices ?
- Devrais-je être immobilisé ? Devrais-je porter un plâtre ou une attelle (encore appelée orthèse) ? Vais-je avoir mal ?
- Mais aussi toutes les autres questions spécifiques que vous vous posez.
Quel est le Spécialiste de la Fracture de l'Humérus chez l'Enfant ?
Un chirurgien orthopédiste. Il réalise les opérations chirurgicales sur l’appareil locomoteur (os, muscles, tendons, articulations et ligaments). Il est spécialiste des pathologies de l’appareil locomoteur (os, muscles, tendons, articulations, ligaments).
Causes et Diagnostic
La cause est traumatique : chute ou coup sur le membre supérieur. Les fractures de la diaphyse de l’humérus représentent 3 % de toutes les fractures. Elles surviennent chez des adultes de tout âge suite à un choc violent comme un coup, une chute sur le coude ou le poignet ou encore un accident de la voie publique. Elle peut survenir par torsion après un “bras de fer”. Leur incidence augmente avec l’âge. Chez les personnes âgées, la diaphyse humérale peut se fracturer même en cas de simple chute à cause de l’ostéoporose (maladie de l’os entraînant sa fragilité). Une métastase osseuse (tumeur dans l’os) peut également entraîner une fracture.
Le diagnostic repose sur :
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- Un examen clinique. Le médecin recense les symptômes par interrogatoire, inspection et palpation. Il recherche d’éventuelles lésions vasculaires (en palpant le pouls au poignet) ou nerveuses (en recherchant une paralysie ou une diminution de la sensibilité cutanée).
- Une radiographie du bras de face et de profil. Une radiographie de l’humérus de face et de profil. Elle permet généralement d’identifier la localisation de la fracture le long de la diaphyse, le nombre de fragments et la forme du trait de fracture.
- Une IRM ou un scanner.
Traitements
La prise en charge dépend de la localisation de la fracture, de sa gravité, de la direction du trait de la fracture, du nombre et de la taille des fragments osseux et de la présence de lésions nerveuses, vasculaires ou cutanées associées. La prise en charge d’une fracture de la tête humérale est différente chez l’enfant et chez l’adulte, du fait de la nature de leurs os.
Traitement Médical: Des médicaments anti-inflammatoires (en l’absence de contre indication) et des antalgiques permettent de lutter contre la douleur.
Traitement Orthopédique: Un traitement orthopédique même en cas de fracture déplacée. Il s’agit de repositionner puis d’immobiliser les articulations et le bras par un plâtre ou une attelle dans la position appelée « coude au corps ». Il s’agit d’immobiliser le bras dans une écharpe ou un plâtre pendant 3 semaines. L’articulation de l’épaule ne doit pas être mobilisée activement pendant 4 à 6 semaines et le système d’immobilisation est retiré uniquement lorsque la fracture est complètement consolidée, ce qui parfois peut prendre 3 mois. Une rééducation avec un kinésithérapeute peut alors commencer. La récupération de l’amplitude articulaire et de la force est naturelle dès que le bras est mobilisé à nouveau.
Traitement Chirurgical: Une chirurgie dans les situations graves ou complexes, engageant le pronostic fonctionnel de l’épaule. Le traitement chirurgical est indiqué dans les fractures très déplacées, pathologiques (métastase osseuse, ostéoporose), chez les patients ne souhaitant pas être immobilisés, présentant des lésions vasculaires ou nerveuses ou chez qui le traitement orthopédique n’a pas fonctionné. Les fractures ouvertes constituent une urgence chirurgicale en raison du risque d’infection. Les os sont fixés à l’aide de matériel comme des agrafes, des vis ou des broches. Différentes techniques d’ostéosynthèse existent, c’est-à-dire visant à maintenir l’alignement de fragments osseux grâce à du matériel : par enclouage (la moins invasive), par plaque, c’est la méthode utilisée en cas de paralysie radiale pour vérifier si le nerf est simplement contus ou bien s’il est sectionné, ou par fixateur externe : on réserve généralement cette méthode aux fractures ouvertes en attendant de pouvoir utiliser une autre technique.
Complications Possibles
Les complications principales de ces fractures sont la paralysie du nerf radial et une pseudarthrose qui peuvent nécessiter une opération chirurgicale complexe.
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- Une lésion du nerf radial par étirement, section ou compression, soit directement à cause de la fracture, soit suite à un geste chirurgical.
- Une pseudarthrose, c’est-à-dire que la fracture ne consolide pas et que les fragments osseux restent mobiles. La pseudarthrose nécessite une nouvelle chirurgie et souvent une greffe osseuse.
- Un cal vicieux, c’est-à-dire la consolidation de l’os dans une position anormale, souvent visible à l’œil nu. Il survient généralement suite à un traitement orthopédique, le plus souvent sans grandes conséquences sur les articulations de l’épaule et du cou.
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